Notez bien..

 Dorénavant, les horaires des Messes célébrées par des prêtres de l'USML sont annoncés dans 

 Apostolat - Messes - Conférences

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1976 - 2016

Note de France Fidèle : En cet fin d'été chaude, nous fêtons un autre "été chaud", celui de 1 976, au cours duquel Mgr Lefebvre allait se confronter à la Rome moderniste.  C'est à la suite de ce sermon du 29 août à Lille que la rupture avec la Rome de tendance moderniste allait se confirmer parce qu'en vérité, il ne peut y avoir d'union entre la Tradition et la Rome conciliaire. 

 

 

Avant de vous adresser quelques mots d’exhortation, je voudrais dissiper des malentendus, et d’abord au sujet de cette réunion elle-même.

Non un défi, mais une manifestation de la foi catholique

Vous pouvez voir, par la simplicité de cette cérémonie, que nous n’avions point préparé une cérémonie qui aurait réuni une foule comme celle qui se trouve dans cette salle. Nous avions pensé que nous aurions célébré la sainte messe le 29 août, comme il était convenu, au milieu de quelques centaines de fidèles de la région de Lille, ainsi que je le fais fréquemment en France, en Europe et même en Amérique, sans histoire. Et voici que tout à coup, cette date du 29 août est devenue, par la presse, par la radio, par la télévision, comme une espèce de manifestation qui ressemblerait, dit-on, à un défi. Et bien, non ! cette manifestation n’est pas un défi. Cette manifestation c’est vous qui l’avez désirée, chers fidèles, chers frères, qui êtes venus ici de loin. Pourquoi ? Pour manifester votre foi catholique. Pour manifester votre désir de prier et de vous sanctifier comme l’ont fait nos pères dans la foi, comme l’ont fait des générations et des générations avant nous.

 

Voilà quel est l’objet véritable de cette cérémonie, pendant laquelle nous désirons prier, prier de tout notre cœur, adorer Notre-Seigneur Jésus-Christ qui descendra dans quelques instants sur cet autel, et qui renouvellera le Sacrifice de la Croix dont nous avons tant besoin.

Je ne suis pas le chef des “traditionalistes”

Je voudrais également dissiper un autre malentendu, et là je suis désolé, mais je suis obligé de le dire, ce n’est pas moi qui me suis appelé le chef des traditionalistes. Vous savez qui l’a fait il y a peu de temps, dans des circonstances tout à fait solennelles et mémorables à Rome. On a dit que Mgr Lefebvre était le chef des traditionalistes. Je ne veux point être le chef des traditionalistes, et je ne le suis point. Pourquoi ? Parce que je suis moi aussi, un simple catholique, certes prêtre, certes évêque, mais qui suis dans les mêmes conditions dans lesquelles vous vous trouvez et qui ai les mêmes réactions devant la destruction de l’Église, devant la destruction de notre Foi, devant les ruines qui s’accumulent sous nos yeux.

Ayant eu les mêmes réactions, j’ai pensé qu’il était de mon devoir de former des prêtres, de former de vrais prêtres dont l’Église a besoin. Ces prêtres, je les ai formés dans une Société Saint-Pie-X qui a été reconnue par l’Église, et je ne faisais que ce que tous les évêques ont fait pendant des siècles et des siècles. Je n’ai pas fait autre chose que ce que j’ai fait pendant trente années de ma vie sacerdotale, et qui m’a valu d’être évêque, délégué apostolique en Afrique, membre de la Commission centrale préconcilaire, assistant au Trône pontifical. Que pouvais-je désirer de plus comme preuve que Rome estimait que mon travail était profitable à l’Église et au bien des âmes ? Et voici que, alors que je fais une œuvre tout à fait semblable à celle que j’ai accomplie pendant trente années, tout à coup je suis suspens a divinis peut-être bientôt excommunié, séparé de l’Église, renégat, que sais-je ? Est-ce possible? Est-ce donc que ce que j’ai fait pendant trente ans était susceptible aussi d’une suspens a divinis ? Je pense au contraire que si, à ce moment-là, j’avais formé les séminaristes comme on les forme maintenant dans les nouveaux séminaires, j’aurais été excommunié ; si j’avais à ce moment-là enseigné le catéchisme que l’on enseigne aujourd’hui, on m’aurait dit hérétique. Et si j’avais dit la sainte messe comme on la dit maintenant, on m’aurait dit suspect d’hérésie, on m’aurait dit aussi hors de l’Église. Alors je ne comprends plus. Quelque chose précisément a changé dans l’Église et c’est à cela que je veux en venir.

Raison de notre attitude: la défense de la foi

Nous devons justement revenir aux raisons qui nous font prendre cette attitude. Oh! attitude extrêmement grave, je le reconnais. S’opposer aux autorités les plus hautes dans l’Église, être suspens a divinis, pour un évêque, c’est une chose grave, une chose très pénible. Comment peut-on supporter une chose comme celle-là, sinon pour des raisons excessivement graves. Eh oui ! les raisons de notre attitude et de votre attitude, sont des raisons graves, il s’agit de la défense de notre foi. La défense de notre foi! mais alors est-ce que les autorités qui se trouvent à Rome mettraient en péril notre foi ? Je ne juge pas ces autorités, je ne veux pas les juger personnellement. Je voudrais, si je puis dire, les juger comme le Saint-Office autrefois jugeait un livre, et le mettait à l’Index. Rome étudiait le livre, et n’avait pas besoin de connaître la personne qui l’avait écrit. Il lui suffisait d’étudier ce qu’il y avait dans les propos qui étaient écrits. Et si ces propos étaient contraires à la doctrine de l’Église, ce livre était condamné et mis à l’Index, sans qu’il soit nécessaire d’interpeller la personne. Certes, au concile, certains évêques se sont élevés contre cette procédure en disant : « Il est inadmissible qu’on mette un livre à l’Index alors qu’on n’a même pas entendu celui qui l’a écrit ». Mais on n’a pas besoin de voir celui qui a écrit un livre, si on a dans les mains un texte absolument contraire à la doctrine de l’Église. C’est le livre qui est condamné, parce que ces paroles sont contraires à la doctrine catholique et non la personne qui l’a écrit. C’est donc de cette manière que nous devons juger les choses, nous devons les juger par les faits. Comme l’a dit très bien Notre-Seigneur Jésus-Christ dans l’Évangile que nous lisions il y a peu de temps encore et à propos précisément, de ces loups qui sont couverts de peaux de brebis : « Vous reconnaîtrez l’arbre à ses fruits ». Eh bien ! les fruits sont devant nous, ils sont évidents, ils sont clairs. Ces fruits qui viennent du deuxième concile de Vatican et des réformes post-conciliaires, ce sont des fruits amers, des fruits qui détruisent l’Église. Et lorsqu’on me dit : « Ne touchez pas au concile, parlez des réformes post-conciliaires », je réponds que ceux qui ont fait les réformes – ce n’est pas moi qui ai fait ces réformes – disent eux-mêmes : « Nous les faisons au nom du concile, nous avons fait la réforme du catéchisme au nom du concile. » Ce sont eux les autorités de l’Église. Ce sont eux par conséquent qui interprètent légitimement le concile.

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Or, que s’est-il passé dans ce concile ? Nous pouvons le savoir facilement en lisant les livres de ceux qui ont été précisément les instruments de ce changement dans l’Église qui s’est opéré sous nos yeux. Lisez par exemple :L’Œcuménisme vu par un franc-maçon de Marsaudon. Lisez le livre du sénateur du Doubs, M. Prélot, Le Catholicisme libéral, écrit en 1969. Il vous dira que c’est le concile qui est à l’origine de ce changement, lui catholique libéral, il le dit dans les premières pages de son livre : « Nous avons lutté pendant un siècle et demi pour faire prévaloir nos opinions à l’intérieur de l’Église, et nous n’y avons pas réussi. Enfin est venu Vatican II et nous avons triomphé. Désormais les thèses et les principes du catholicisme libéral sont définitivement et officiellement acceptés par la Sainte Église ». Vous croyez que ce n’est pas là un témoignage ? Ce n’est pas moi qui le dis, cela. Mais lui le dit en triomphant, nous, nous le disons en pleurant.

Qu’est-ce qu’ont voulu en effet les catholiques libéraux pendant un siècle et demi ? Marier l’Église et la Révolution, marier l’Église et la subversion, marier l’Église et les forces destructrices de la société et de toutes sociétés, la société familiale, civile, religieuse. Ce mariage de l’Église, il est inscrit dans le concile. Prenez le schéma Gaudium et Spes, et vous y trouverez : « Il faut marier les principes de l’Église avec les conceptions de l’homme moderne ». Qu’est-ce que cela veut dire? Cela veut dire qu’il faut marier l’Église, l’Église catholique, l’Église de Notre-Seigneur Jésus-Christ, avec des principes qui sont contraires à cette Église, qui la minent, qui ont toujours été contre l’Église.

C’est précisément ce mariage qui a été tenté dans le concile par des hommes d’Église, et non par l’Église, car jamais l’Église ne peut admettre une chose comme celle-là. Pendant un siècle et demi précisément, tous les Souverains Pontifes ont condamné ce catholicisme libéral, ont refusé ce mariage avec les idées de la Révolution, de ceux qui ont adoré la Déesse-Raison. Les papes n’ont jamais pu accepter des choses semblables. Et pendant cette révolution, des prêtres sont montés à l’échafaud, des religieuses ont été persécutées et également assassinées. Souvenez-vous des pontons de Nantes où étaient amassés tous les prêtres fidèles et que l’on coulait au large. Voilà ce qu’a fait la Révolution ! Eh bien ! je vous le dis, mes biens chers frères, ce qu’a fait la Révolution n’est rien à côté de ce qu’a fait le concile Vatican II, rien! Il eut mieux valu que les 30, les 40, les 50 000 prêtres qui ont abandonné leur soutane, qui ont abandonné leur serment fait devant Dieu soient martyrisés, aillent à l’échafaud, ils auraient au moins gagné leur âme. Maintenant, ils risquent de la perdre.

On nous dit que parmi ces pauvres prêtres mariés, beaucoup déjà sont divorcés, beaucoup ont fait des demandes en nullité de mariage à Rome. Qu’est ce que cela signifie, ces choses-là ? Combien de religieuses – 20000 aux États-Unis – qui ont abandonné leur congrégation religieuse et leurs serments, qu’elles avaient faits d’une manière perpétuelle, rompu ce lien qu’elles avaient avec Notre-Seigneur Jésus-Christ, pour courir aussi au mariage ? Il aurait mieux valu également qu’elles montent à échafaud, au moins elles auraient témoigné de leur foi !

En définitive, la Révolution française lorsqu’elle faisait des martyrs accomplissait l’adage des premiers siècles :« Sanguis martyrum, semen christianorum », le sang des martyrs est une semence de chrétiens. Et ils le savent bien ceux qui persécutent les chrétiens, ils ont peur d’en faire des martyrs. Et on ne veut plus faire de martyrs ! Cela a été le summum de la victoire du démon : détruire l’Église par obéissance. Détruire l’Église par obéissance. Nous la voyons détruite tous les jours sous nos yeux : les séminaires vides, ce beau séminaire de Lille qui était rempli de séminaristes, où sont-ils ces séminaristes ? Qui sont-ils encore ces séminaristes ? Savent-ils qu’ils vont être prêtres ? Savent-ils ce qu’ils vont faire quand ils vont être prêtres ? Ah ! Et cela précisément parce que cette union voulue par les catholiques libéraux entre l’Église et la Révolution est une union adultère ! De cette union adultère ne peut venir que des bâtards. Et qui sont ces bâtards ? Ce sont nos rites. Le rite de la nouvelle messe est un rite bâtard. Les sacrements sont des sacrements bâtards. Nous ne savons plus si ce sont des sacrements qui donnent la grâce ou qui ne la donnent pas. Nous ne savons plus si cette messe nous donne le Corps et le Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ ou si elle ne les donne pas. Les prêtres qui sortent des séminaires ne savent plus eux-mêmes ce qu’ils sont. C’est le cardinal de Cincinnati qui, à Rome, disait pourquoi il n’y a plus de vocations, parce que l’Église ne sait plus ce qu’est un prêtre. Alors, comment peut-elle encore former des prêtres si elle ne sait plus ce qu’est un prêtre ? Les prêtres qui sortent des séminaires sont des prêtres bâtards. Ils ne savent pas ce qu’ils sont. Ils ne savent pas qu’ils sont faits pour monter à l’Autel, pour offrir le Sacrifice de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et pour donner Jésus-Christ aux âmes, et appeler les âmes à Jésus-Christ. Voilà ce que c’est qu’un prêtre, et nos jeunes qui sont ici le comprennent bien. Toute leur vie va être consacrée à cela, à aimer, à adorer, à servir Notre-Seigneur Jésus-Christ dans la Sainte Eucharistie, parce qu’ils y croient, à la présence de Notre-Seigneur dans la Sainte Eucharistie !

On ne dialogue pas avec l’erreur

Cette union adultère de l’Église et de la Révolution se concrétise par le dialogue. L’Église, si elle a à dialoguer, c’est pour convertir. Notre-Seigneur a dit : « Allez, enseignez toutes les nations, convertissez-les ». Mais il n’a pas dit : « Dialoguez avec elles pour ne pas les convertir, pour essayer de vous mettre sur le même pied qu’elles ». L’erreur et la vérité ne sont pas compatibles. Si on a de la charité pour les autres – et, comme vient de le rappeler l’Évangile, celui qui a la charité, c’est celui qui sert les autres – si on a de la charité pour les autres, on doit leur donner Notre-Seigneur, leur donner la richesse que l’on a et non pas converser avec eux, dialoguer avec eux sur un pied d’égalité. La vérité et l’erreur ne sont pas sur un pied d’égalité. Ce serait mettre Dieu et le diable sur le même pied, puisque le diable est le père du mensonge, le père de l’erreur.

Nous devons par conséquent être missionnaires. Nous devons prêcher l’Évangile, convertir les âmes à Jésus-Christ, et non pas dialoguer avec elles en essayant de prendre leurs principes. C’est cette volonté de dialogue avec les protestants qui nous a valu cette messe bâtarde, et ces rites bâtards. Les protestants nous ont dit : « Nous ne voulons pas de votre messe parce qu’elle comporte des choses incompatibles avec notre foi protestante, alors changez cette messe et nous pourrons prier avec vous, nous pourrons faire des intercommunions, nous pourrons recevoir vos sacrements, vous pourrez venir dans nos églises, nous, nous irons dans les vôtres, et tout sera fini, et nous aurons l’unité ». Oui, nous aurons l’unité, mais dans la confusion, dans la bâtardise. Nous ne voulons pas de cela. Jamais l’Église ne l’a voulu. Nous aimons les protestants, nous voudrions les convertir, mais ce n’est pas les aimer que de leur faire croire qu’ils ont la même religion que la religion catholique.

Il en est de même avec les francs-maçons. On veut maintenant dialoguer avec les francs-maçons, non seulement dialoguer avec eux, mais permettre aux catholiques de faire partie de la Franc-Maçonnerie. C’est encore un dialogue abominable. Nous savons parfaitement que les personnes qui dirigent la Franc-Maçonnerie, au moins les responsables, sont foncièrement contre Notre-Seigneur Jésus-Christ. Et ces messes noires qu’ils font, ces messes abominables, sacrilèges, horribles qu’ils font. Ce sont des parodies de la messe de Notre-Seigneur ! Et ils veulent des hosties consacrées, eux, pour faire ces messes noires ! Ils savent que Notre-Seigneur est dans l’Eucharistie, car le diable le sait que Notre-Seigneur est dans l’Eucharistie ! Ils ne veulent pas des hosties qui viennent de messes dont ils ne savent pas si le Corps de Notre-Seigneur est là ou pas. Alors, dialoguer avec des gens qui veulent la mort de Notre-Seigneur Jésus-Christ une seconde fois, dans la personne de leurs membres, dans la personne de l’Église ? Nous ne pouvons pas admettre ce dialogue ! Nous savons ce qu’a valu le dialogue avec le diable, le premier dialogue d’Eve avec le diable. Elle nous a perdus, elle nous a mis tous dans l’état de péché, parce qu’elle a dialogué avec le diable. On ne dialogue pas avec le diable. On prêche à tous ceux qui sont sous l’influence du diable, afin qu’ils se convertissent, qu’ils viennent à Notre-Seigneur Jésus-Christ.

On ne dialogue pas avec les communistes. On dialogue avec les personnes. Mais on ne dialogue pas avec l’erreur. Nous verrons ce qui arriverait si les armées groupées derrière le rideau de fer le passaient, si un jour, après les nombreuses séances du Soviet Suprême, si jamais il y avait une voix de majorité, pour que ces armées déferlent sur nos pays, en cinq jours…

Mes bien chers frères, ne soyez pas émus. Laissons ceux qui ne comprennent pas les choses comme nous, mais demandons au bon Dieu de nous donner la lumière.

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Notre Seigneur Jésus-Christ est Dieu…

Mais précisément, pourquoi sommes-nous fermement résolus de ne pas accepter cette union adultère de l’Église avec la Révolution ? Parce que nous affirmons la divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ. Pourquoi Pierre a-t-il été fait Pierre ? Rappelez-vous l’Évangile. Pierre est devenu Pierre parce qu’il a professé la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Et tous les apôtres ont professé aussi cette foi publiquement après la Pentecôte et on les a poursuivis immédiatement. Les Princes des Prêtres leur ont dit : « Ne parlez plus de ce nom, nous ne voulons plus entendre ce nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ ». Et les apôtres ont dit : « Non possumus, nous ne pouvons pas ne pas parler de Notre-Seigneur Jésus-Christ, de notre Roi ». Mais vous me direz : est-ce possible ? Vous semblez accuser Rome de ne pas croire à la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ ! Le libéralisme a toujours deux faces : il affirme la vérité qu’il prétend être la thèse, et ensuite dans la réalité, dans la pratique, dans l’hypothèse, comme il dit, il agit comme les ennemis et avec les principes des ennemis de l’Église. De telle manière qu’on est toujours dans l’incohérence.

Mais que veut dire la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ ? C’est que Notre-Seigneur est la seule personne au monde, le seul être humain au monde qui a pu dire :« Je suis Dieu ». Et par le fait même qu’Il a pu dire : « Je suis Dieu », Il était le seul Sauveur de l’humanité, Il était le seul Prêtre de l’humanité, et Il était le seul Roi de l’humanité. Par sa nature, et non par privilège, ni par titre, par sa propre nature, parce qu’il était Fils de Dieu !

…et il n’y a de salut qu’en Lui

Or maintenant, que dit-on ? Il n’y a pas seulement de salut en Jésus-Christ. Il y a du salut en dehors de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Il n’y a pas seulement de sacerdoce en Notre-Seigneur Jésus-Christ. Tous les fidèles sont des prêtres, tout le monde est prêtre, alors qu’il faut participer sacramentellement au sacerdoce de Notre-Seigneur Jésus-Christ pour pouvoir offrir le Saint Sacrifice de la messe

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Nous voulons que Jésus-Christ règne sur nous…

Et enfin, troisième erreur, on ne veut plus du Règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ, sous prétexte qu’il n’est plus possible. Et cela, je l’ai entendu de la bouche du Nonce de Berne, je l’ai entendu de la bouche de l’envoyé du Vatican, le P. Dhanis, ancien recteur de l’Université grégorienne, qui est venu me demander au nom du Saint-Siège de ne pas faire les ordinations du 29 juin. Il était à Flavigny, le 27 juin, lorsque je prêchais la retraite aux séminaristes. Il m’a dit : « Pourquoi êtes-vous contre le concile ? » Je lui ai répondu : « Est-il possible d’accepter le concile, alors qu’au nom du concile vous dites qu’il faut détruire tous les Etats catholiques, qu’il ne faut plus d’Etats catholiques, donc plus d’Etats sur lesquels règne Notre-Seigneur Jésus-Christ ? – Ce n’est plus possible ! » Mais autre chose est que cela ne soit plus possible, autre chose est que nous prenions cela comme principe et que par conséquent nous ne recherchions plus ce règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Que disons-nous alors tous les jours dans le Notre Père : « Que votre règne arrive, que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel » ? Qu’est-ce que c’est que ce règne ? Tout à l’heure vous avez chanté dans le Gloria : « Tu solus Dominus, tu solus Altissimus, Jesu Christe – Vous êtes le seul Seigneur, Vous êtes le seul Très-Haut, Jésus-Christ ». Nous le chanterions, et dès que nous serions sortis nous dirions : « Non, il ne faut plus que Notre-Seigneur Jésus-Christ règne sur nous ? »Alors, vivons-nous dans l’illogisme, sommes-nous catholiques ou non, sommes-nous chrétiens ou non?

…condition indispensable de la paix

Il n’y aura de paix sur cette terre que dans le Règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Les Etats se débattent tous les jours; dans les journaux vous avez des pages et des pages, à la télévision, à la radio, et encore maintenant avec le changement du Premier Ministre. Qu’allons-nous faire pour que la situation économique se redresse ? Qu’allons-nous faire pour que l’argent revienne ? Qu’allons-nous faire pour que les industries prospèrent ? Tous les journaux en sont pleins dans le monde entier.

Eh bien ! même du point de vue économique, il faut que Notre-Seigneur Jésus-Christ règne. Parce que le Règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ, c’est justement le règne de ces principes d’amour que sont les commandements de Dieu et qui mettent de l’équilibre dans la société, qui font régner la justice et la paix dans la société. Ce n’est que dans l’ordre, la justice, la paix dans la société que l’économie peut régner, que l’économie peut refleurir. On le voit bien. Prenez l’image de la République argentine. Dans quel état était-elle il y a seulement deux, trois mois ? Une anarchie complète, les brigands tuant à droite, à gauche, les industries complètement ruinées, les patrons des usines enfermés et pris en otage, une révolution invraisemblable. Dans un pays pourtant aussi beau, aussi équilibré, aussi sympathique que la République argentine, une République qui pourrait être d’une prospérité incroyable, avec des richesses extraordinaires. Vient un gouvernement d’ordre, qui a des principes, qui a une autorité, qui met un peu d’ordre dans les affaires, qui empêche les brigands de tuer les autres, et voilà que l’économie revient, et que les ouvriers ont du travail et qu’ils peuvent rentrer chez eux en sachant qu’ils ne vont pas être assommés par quelqu’un qui voudrait leur faire faire grève alors qu’ils ne le désirent pas.

C’est le Règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ que nous voulons, et nous professons notre foi en disant que Notre-Seigneur Jésus-Christ est Dieu. Et c’est pourquoi, nous voulons aussi la messe dite de Saint-Pie V. Parce que cette messe est la proclamation de la royauté de Notre-Seigneur Jésus-Christ. La nouvelle messe est une espèce de messe hybride qui n’est plus hiérarchique, qui est démocratique, où l’assemblée prend plus de place que le prêtre, et donc ce n’est plus une messe véritable qui affirme la royauté de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Car comment Notre-Seigneur Jésus-Christ est-il devenu roi ? Il a affirmé sa royauté par la Croix. « Regnavit a ligno Deus ». Jésus-Christ a régné par le bois de la Croix. Car il a vaincu le péché, il a vaincu le démon, il a vaincu la mort par sa Croix ! Ce sont donc trois victoires magnifiques de Notre-Seigneur Jésus-Christ. On dira que c’est du triomphalisme. Et bien! oui, d’accord, nous voulons bien le triomphalisme de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Et c’est pourquoi nos ancêtres ont construit ces magnifiques cathédrales. Pourquoi ont-ils épuisé tant d’argent, ces gens qui étaient beaucoup plus pauvres que nous ? Pourquoi ont-ils dépensé tant de temps pour faire ces cathédrales magnifiques que nous admirons encore maintenant, même ceux qui ne croient pas? Pourquoi ? À cause de l’Autel. À cause de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Pour marquer le triomphe de la Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Eh bien ! oui, nous voulons professer le triomphe de la Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ dans notre messe. Et c’est pourquoi, nous nous agenouillons, nous aimons nous agenouiller devant la Sainte Eucharistie. Si nous avions le temps, si nous ne voulions pas vous retenir trop, nous aurions circulé dans vos rangs avec le Saint-Sacrement pour que vous manifestiez à Notre-Seigneur Jésus-Christ, à son Eucharistie sainte que vous l’adoriez : « Seigneur, Vous êtes notre Dieu ! Oh ! Jésus-Christ, nous Vous adorons ! Nous savons que c’est par Vous que nous sommes nés, c’est par Vous que nous avons été chrétiens, c’est par Vous que nous avons été rachetés, c’est Vous qui nous jugerez à l’heure de notre mort. C’est Vous qui nous donnerez la gloire du ciel si nous l’avons méritée ».

Car Notre-Seigneur Jésus-Christ est présent dans la Sainte Eucharistie comme Il l’était sur la Croix

Voilà ce que nous devons faire, voilà ce que nous devons demander

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Nous ne sommes contre personne. Nous ne sommes pas des commandos. Nous ne voulons de mal à personne. Nous voulons seulement qu’on nous laisse professer notre foi en Notre-Seigneur Jésus-Christ. Et à cause de cela on nous chasse de nos églises, on chasse ces pauvres prêtres qui disent la messe traditionnelle par laquelle ont été sanctifiés tous nos saints et nos saintes : sainte Jeanne d’Arc, le saint Curé d’Ars, sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Et voici que des prêtres sont chassés, cruellement, brutalement de leurs paroisses parce qu’ils disent cette messe qui a sanctifié des saints pendant des siècles ! C’est absurde ! Je dirais presque que c’est une histoire de fous. Nous nous demandons si nous rêvons! Ce n’est pas possible que cette messe soit devenue une espèce d’horreur pour nos évêques, pour ceux qui devraient conserver notre foi. Eh bien ! nous garderons la messe de saint Pie V ! Pourquoi ? Parce que la messe de saint Pie V, elle représente notre foi, elle est un rempart pour notre foi et nous avons besoin de ce rempart pour notre foi.

Alors on nous dira que nous en faisons une question de latin et de soutane. Évidemment, c’est facile de discréditer ceux avec lesquels on n’est pas d’accord de cette manière-là. Certes, le latin a son importance et quand j’étais en Afrique, il était magnifique de voir toutes ces foules africaines qui avaient une langue différente. Nous avions parfois cinq, six tribus différentes qui ne se comprenaient pas, assistant à la messe dans nos églises et chantant les mêmes chants en latin avec une ferveur extraordinaire. Allez maintenant voir : ils se disputent dans les églises parce qu’on dit la messe dans une langue qui n’est pas la leur et ils demandent qu’il y ait une messe dans leur langue. C’est la confusion totale. Alors qu’autrefois, cette unité était parfaite. C’est un exemple. Sans doute vous avez bien vu, nous avons lu en français l’épître et l’évangile, nous n’y voyons absolument aucun inconvénient, et même si on y ajoutait quelques prières communes en français, nous n’y verrions aucun inconvénient. Mais il nous semble tout de même que le corps de la messe, l’essentiel de la messe qui va de l’offertoire à la communion du prêtre devrait rester dans une langue unique, afin que tous les hommes de toutes les nations puissent assister à la messe ensemble et se sentir unis dans cette unité de la foi, dans cette unité de la prière. Aussi nous demandons vraiment, nous adressons un appel aux évêques et nous adressons un appel à Rome: qu’ils veuillent bien prendre en considération le désir que nous avons de prier comme nos ancêtres, le désir que nous avons de garder la foi catholique, le désir que nous avons d’adorer Notre-Seigneur Jésus-Christ et de vouloir son Règne. C’est ce que j’ai dit au Saint-Père dans ma dernière lettre – et je croyais vraiment que c’était la dernière car je ne pensais pas que le Saint-Père m’aurait encore adressé d’autres lettres – je lui ai dit :

« Très Saint-Père, rendez-nous le droit public de l’Église, c’est-à-dire le règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; rendez-nous la vraie Bible et non pas une Bible œcuménique, mais la vraie Bible qu’était la Vulgate autrefois et qui a été tant et tant de fois consacrée par des conciles et par des papes ; rendez-nous la vraie messe, une messe hiérarchique, une messe dogmatique qui défend notre foi et qui a été celle de tant et tant de siècles et qui a sanctifié tant de catholiques ; enfin, rendez-nous notre catéchisme suivant le modèle du catéchisme du concile de Trente, car sans un catéchisme précis, que seront nos enfants demain, que seront les générations futures ? Elles ne connaîtront plus la foi catholique, et nous le constatons déjà aujourd’hui.

Hélas ! je n’ai eu aucune réponse, sinon la suspens a divinis. Et c’est pourquoi, je ne considère pas ces peines comme des peines valables, aussi bien canoniquement que théologiquement. Je pense en toute sincérité, en toute paix, en toute sérénité, que je ne puis pas contribuer par ces suspenses, par ces peines dont je suis frappé, par la fermeture de mes séminaires, par le refus de faire des ordinations, à la destruction de l’Église catholique. Je veux qu’à l’heure de ma mort, lorsque Notre-Seigneur me demandera : « Qu’as-tu fait de ta grâce épiscopale et sacerdotale ? », je n’aie pas à entendre de la bouche du Seigneur : « Tu as contribué à détruire l’Église avec les autres ».

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Que faire ?

Mes bien chers frères, je termine en vous disant : « Que devez-vous faire ? » Oh ! je le sais bien, beaucoup de groupes nous demandent : « Monseigneur, donnez-nous des prêtres, donnez-nous de vrais prêtres, c’est de cela que nous avons besoin. Nous avons la place pour les mettre, nous construirons une petite chapelle, ils seront là chez nous, ils instruiront nos enfants selon le vrai catéchisme, selon la vraie foi. Nous voulons garder la vraie foi, comme ont fait les Japonais pendant trois siècles lorsqu’ils n’avaient pas de prêtres. Donnez-nous des prêtres ! » Eh bien ! mes bien chers frères, je ferai tout mon possible pour vous en préparer et je puis dire que c’est ma grande consolation de sentir en ces séminaristes une foi profonde, de vrais prêtres. Ils ont compris ce qu’est Notre-Seigneur Jésus-Christ. Ils ont compris ce qu’est le Saint Sacrifice de la messe, les sacrements. Ils ont une foi profondément enracinée dans leur cœur. Ils sont – si je puis dire – mieux que ce que nous pouvions être il y a cinquante ans dans nos séminaires, parce qu’ils vivent, justement, dans une situation difficile. Beaucoup d’entre eux d’ailleurs ont fait des études universitaires. Et l’on nous jette à la figure que ces jeunes gens ne sont pas adaptés et ne sauront pas parler aux générations modernes. Mais, voilà des jeunes gens qui ont fait trois, quatre, cinq ans d’université, ne connaissent-ils donc pas leur génération ? Pourquoi sont-ils donc venus à Écône, pour devenir prêtres ? C’est précisément pour s’adresser à leur génération. Ils la connaissent bien, mieux que nous, bien mieux que tous ceux qui nous critiquent. Alors, ils seront bien capables de parler le langage qu’il faut pour convertir les âmes. Et c’est pourquoi – je suis très heureux de le dire – nous aurons encore cette année 25 nouvelles recrues au séminaire d’Écône, malgré les difficultés, nous en aurons dix nouvelles en notre séminaire des Etats-Unis à Armada et quatre nouvelles dans notre séminaire de langue allemande en Suisse alémanique. Vous le voyez, malgré les difficultés qu’on nous fait, les jeunes gens comprennent très bien que nous formons de vrais prêtres catholiques. Et c’est pourquoi nous ne sommes pas dans le schisme, nous sommes les continuateurs de l’Église catholique. Ce sont ceux qui font les nouveautés qui vont dans le schisme. Nous, nous continuons la Tradition, et c’est pourquoi nous devons avoir confiance, nous ne devons pas désespérer même devant la situation actuelle, nous devons maintenir, maintenir notre foi, maintenir nos sacrements, appuyés sur vingt siècles de tradition, appuyés sur vingt siècles de sainteté de l’Église, de foi de l’Église. Nous n’avons pas à craindre. Certains journalistes m’ont demandé quelquefois : « Monseigneur, vous sentez-vous isolé ? »« Pas du tout, pas du tout, je ne me sens pas isolé, je suis avec vingt siècles d’Église, et je suis avec tous les saints du ciel ! » Pourquoi ? Parce qu’ils ont prié comme nous, parce qu’ils se sont sanctifiés comme nous essayons de le faire, avec les mêmes moyens. Alors je suis persuadé qu’ils se réjouissent de cette assemblée d’aujourd’hui. Ils se disent : « Au moins voilà des catholiques qui prient, qui prient vraiment, qui ont vraiment dans leur cœur ce désir de prier, ce désir d’honorer Notre-Seigneur Jésus-Christ. » Les saints du ciel se réjouissent. Alors ne soyons pas désemparés, mais prions, prions et sanctifions-nous.

Pas de divisions entre nous.

C’est maintenant un conseil que je voudrais vous donner. Il ne faut pas que l’on puisse dire de nous, de ces catholiques que nous sommes – je n’aime pas tellement le terme de catholiques traditionalistes car je ne vois pas ce que peut être un catholique qui n’est pas traditionaliste, étant donné que l’Église est une Tradition, et d’ailleurs que seraient des hommes qui ne seraient pas dans la tradition ? Ils ne pourraient pas vivre ; nous avons reçu la vie de nos parents, nous avons reçu l’éducation de ceux qui étaient avant nous, nous sommes une tradition. Le Bon Dieu l’a voulu ainsi. Le Bon Dieu a voulu que des traditions se passent de génération en génération, aussi bien pour les choses humaines que pour les choses divines. Par conséquent, ne pas être traditionnel, ne pas être traditionaliste, c’est la destruction de soi-même, c’est un suicide, c’est pourquoi nous sommes catholiques, nous continuons à demeurer catholiques, il ne faut pas, vous disais-je, qu’il y ait des divisions entre nous. Précisément parce que nous sommes catholiques, nous sommes dans l’unité de l’Église, l’unité de l’Église qui est dans la foi. Alors on nous dit : « Vous devez être avec le Pape, le Pape est le signe de foi dans l’Église ». Oui, dans la mesure où le pape manifeste sont état de successeur de Pierre, dans la mesure où il se fait l’écho de la foi de toujours, dans la mesure où il transmet le trésor qu’il doit transmettre. Car qu’est-ce qu’un pape, encore une fois, sinon celui qui nous donne les trésors de la Tradition et le trésor du dépôt de la foi, et la vie surnaturelle par les sacrements et par le sacrifice de la messe ? L’évêque n’est pas autre chose, le prêtre n’est pas autre chose que celui qui transmet la vérité, qui transmet la vie qui ne lui appartient pas. L’épître le disait tout à l’heure, la vérité ne nous appartient pas. Elle n’appartient pas plus au Pape qu’à moi. Il est le serviteur de la vérité, comme je dois être le serviteur de la vérité. S’il arrivait que le pape ne fût plus le serviteur de la vérité, il ne serait plus pape. Je ne dis pas qu’il ne le soit plus – notez-le bien, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit – mais s’il arrivait que ce soit vrai, nous ne pourrions pas suivre quelqu’un qui nous entraînerait dans l’erreur. C’est évident.

On nous dit : « Vous jugez le pape ». Mais où est le critère de la vérité ? Mgr Benelli m’a jeté à la figure :« Ce n’est pas vous qui faites la vérité ». Bien sûr, ce n’est pas moi qui fais la vérité, mais ce n’est pas le pape non plus. La Vérité, c’est Notre-Seigneur Jésus-Christ et donc il faut nous reporter à ce que Notre Seigneur Jésus-Christ nous a enseigné, à ce que les Pères de l’Église et toute l’Église nous ont enseigné, pour savoir où est la vérité. Ce n’est pas moi qui juge le Saint-Père, c’est la Tradition. Un enfant de cinq ans avec son catéchisme peut très bien répondre à son évêque. Si son évêque venait à lui dire : « Notre-Seigneur n’est pas présent dans la Sainte Eucharistie. C’est moi qui suis le témoin de la vérité et je te dis que Notre-Seigneur n’est pas présent dans la Sainte Eucharistie ». Eh bien ! cet enfant, malgré ses cinq ans a son catéchisme. Il répond :« Mais, mon catéchisme dit le contraire ». Qui a raison ? L’évêque ou le catéchisme ? Le catéchisme évidemment qui représente la foi de toujours, et c’est simple, c’est enfantin comme raisonnement. Mais nous en sommes là. Si on nous dit aujourd’hui que l’on peut faire des inter-communions avec les protestants, qu’il n’y a plus de différence entre nous et les protestants, eh bien! ce n’est pas vrai. Il y a une différence immense. C’est pourquoi, nous sommes vraiment stupéfaits quand nous pensons que l’on a fait bénir par l’archevêque de Cantorbéry – qui n’est pas prêtre, puisque les ordinations anglicanes ne sont pas valides, le pape Léon XIII l’a déclaré officiellement et définitivement, et qui est hérétique comme le sont tous les anglicans (je le regrette on n’aime plus ce nom-là, mais c’est quand même la réalité, ce n’est pas pour donner une insulte que je l’emploie, je ne demande que sa conversion ) – quand on pense donc qu’il est hérétique et qu’on lui demande de bénir avec le Saint-Père la foule des cardinaux et des évêques présents dans l’église de Saint-Paul ! C’est là une chose absolument inconcevable !

Je conclus en vous remerciant d’être venus nombreux, vous remerciant aussi de continuer à faire de cette cérémonie, une cérémonie profondément pieuse, profondément catholique. Nous prierons donc ensemble, demandant au Bon Dieu de nous donner les moyens de résoudre nos difficultés. Ce serait si simple si chaque évêque, dans son diocèse, mettait à notre disposition, à la disposition des catholiques fidèles, une église en leur disant : « Voilà l’église qui est la vôtre ». Quand on pense que l’évêque de Lille a donné une église aux musulmans, je ne vois pas pourquoi il n’y aurait pas une église pour les catholiques de la Tradition. Et, en définitive, la question serait résolue. Et c’est ce que je demanderai au Saint-Père s’il veut bien me recevoir :« Laissez-nous faire, Très Saint-Père, l’expérience de la Tradition. Au milieu de toutes les expériences qu’on fait actuellement qu’il y ait au moins l’expérience de ce qui a été fait pendant vingt siècles ! ».

 

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Prière pour la glorification de SE Mgr Marcel Lefebvre

Note de France Fidèle : En raison des nombreux périls qui menacent la chrétienté ( destruction des nations chrétiennes, invasions migratoires organisées, apostasie romaine, trahison au sein de la tradition etc..), nous convions les fidèles à prier Mgr Lefebvre pour nous aider à tenir dans la Foi de toujours sans aucun compromis avec le monde et la Rome apostate. 

 PRIÈRE POUR LA GLORIFICATION de Son Excellence Monseigneur Marcel LEFEBVRE

 

« O JÉSUS, SOUVERAIN PRÊTRE ÉTERNEL, qui avez daigné élever votre serviteur fidèle Monseigneur Marcel LEFEBVRE à la dignité épiscopale et lui avez concédé la grâce d'être un défenseur intrépide de la sainte messe, du sacerdoce catholique, de votre sainte Eglise et du Siège apostolique, un courageux apôtre de votre règne sur la terre, un zélé serviteur de votre très sainte Mère et un exemple lumineux de charité, d'humilité et de toutes les vertus, daignez maintenant, en vue de ses mérites, nous accorder les grâces que nous vous demandons, afin que, assurés de son efficace intercession auprès de vous, nous puissions le voir un jour élevé à la gloire des autels. ». Ainsi soit-il.

 

Prière composée par le Révérend Père André (+) spiritain enterré au cimetière du couvent des Dominicains d’Avrillé.

 


Décret d'érection de la  "Société Sacerdotale des Apôtres de Jésus et Marie "

Note de France Fidèle : A la demande de prêtres qui souhaitent intégrer une structure régulière et pour pouvoir incardiner certains séminaristes qui rentrent au séminaire Saint Louis-Marie Grignion de Montfort et qui ne seraient pas incardinés dans une autre structure (Compagnie de Marie de l'abbé Chazal par exemple ) , Mgr Faure a donc signé le 22 août un décret d'érection de la "Société sacerdotale des Apôtres de Jésus et de Marie" pour répondre à ces demandes.  

Décret d'érection de la « Société Sacerdotale des Apôtres de Jésus et Marie »

 

Étant donné la très grave crise causée à l’Église par le Concile Vatican II et les réformes qui l'ont suivi, et l’état de nécessité qui en découle;
Etant donné la nécessité urgente, en ces temps d'apostasie, de prêtres formés dans la Tradition de l’Église qui consacrent leur vie à la restauration du Règne du Christ, en combattant sans relâche contre le libéralisme et le modernisme qui prévalent actuellement parmi les catholiques;
Etant donné la trahison des autorités actuelles de la Fraternité Saint-Pie X à l'esprit et à l'œuvre de Monseigneur Marcel Lefebvre:

 Nous, Christian Jean Michel Faure, Evêque de l'Eglise Catholique, le Saint Nom de Dieu invoqué, décrétons ce qui suit:

 

1. Est érigée la Société Sacerdotale des Apôtres de Jésus et Marie, au titre de « Société cléricale de vie commune », aux termes du Canon 673 du Code de Droit Canonique (1917). 

 2. Le siège de la Société est fixé au 1 Chemin de la Petite Garde, 49240 Avrillé, France.

 

3. Nous approuvons et confirmons les statuts de la Société.

 Nous implorons les bénédictions divines sur cette Société afin qu'elle atteigne son but principal qui est la formation de saints Prêtres.

 Fait à Avrillé, le 22 août 2016 en la fête du Cœur Immaculé de Marie.

 

+ Christian Jean Michel Faure, Evêque de l'Eglise Catholique. 

 

« Depuis le concile Vatican II, le Saint Sacrifice de la Messe, la doctrine catholique et toute la vie de l'Eglise, sont attaqués par la hiérarchie libérale et moderniste. Parce que le sacerdoce catholique a le devoir essentiel de combattre le libéralisme et le modernisme dans la défense des droits divins violés, la Société écarte toute possibilité de régularisation canonique par voie d'accord bilatéral, reconnaissance unilatérale, ou de quelque façon que ce soit, tant que la hiérarchie catholique ne revient pas à la Tradition de l'Eglise. »  (Statuts, II, 5) 

 


Les jolies fioretti de la Compagnie de Marie contées par l'abbé Chazal

La dernière ascension d’un bon soldat

L’esprit était vaillant, mais la chair fut emportée : pendant quatre longs mois après sa sortie du coma l’abbé Suelo est resté conscient, mais tout ce que la médecine moderne put offrir, ce fut de prolonger son agonie, humiliante et douloureuse.

Dès que son état fut stabilisé, il fut sorti du coûteux hôpital chinois où il était (nous n’avons pas fini de régler les factures) et fut emmené tant bien que mal au séminaire, porté sur son brancard par les séminaristes et ses confrères. C’est d’une attaque cardiaque qu’il est mort deux semaines plus tard, mais avec nous -et non abandonné dans un hôpital- entouré de gens venus le visiter et prier pour lui. Il pouvait répondre par oui et par non, et nous montrait sans relâche le ciel du doigt : « Je rentre à la maison, mes amis, suivez-m’y et nous nous retrouverons ».

Nous sommes très reconnaissants à sa famille de nous avoir permis de l’enterrer dans le sanctuaire de la future chapelle. Son neveu a peut-être la vocation et pourrait venir porter glorieusement son nom.

Durant tout ce temps, le frère Jean a pris soin de l’abbé Suelo, restant auprès de son lit d’hôpital, jour après jour, et me soulageant de tout le fardeau de la bureaucratie, ce dont je ne pourrai jamais lui être assez reconnaissant.

Un enterrement épique

Quatre jours avant l’enterrement, nous nous sommes fait voler 85.000 pesos (environ 1600 €) et nous avons appelé la police… qui au lieu de trouver le malfaiteur, nous en a amené d’autres à la place : 1) trois jours avant l’enterrement, arrive le chef de canton, accompagné de la police, nous interdisant la sépulture. 2) deux jours avant la cérémonie, c’est au tour du géographe local de nous faire la même prohibition 3) puis, le jour J, le responsable de la santé publique vint avec la police, de nouveau pour nous interdire l’inhumation.

Tout en vain :

D’abord, le frère de l’abbé Suelo est avocat et a pris la situation en main avec beaucoup de calme ; ensuite, ce n’est pas nous qui sommes les propriétaires du terrain, mais Mme Coyogue ; et enfin, nous avions dûment notifié notre intention d’enterrer l’abbé Suelo dans notre caveau sept jours auparavant, et invoqué le précédent canonique des emplacements spéciaux pour les grands religieux.

Il y a deux semaines, est venu un représentant de l’office des forêts, (le chef de canton est vraiment obstiné) demandant que les constructions de bambou cessent d’exister. Nous les avons de nouveau invité à faire part de leurs pertinentes observations au propriétaire local… et ils sont repartis comme tous les autres.

C’est que notre profil est trop bas, les balles ne font que siffler au-dessus de nos têtes.

L’abbé Suelo a dû voir tout ça de là-haut avec amusement. Ses funérailles furent magnifiques et eurent lieu avec un grand concours de fidèles. Il repose à l’emplacement du sanctuaire de la future chapelle, au-dessus du séminaire. Dans un latin décadent[1], une épitaphe de marbre tente de rappeler le souvenir de ce héros de la Foi.

Les tribulations de l’abbé Picot

A côté des difficultés australiennes de l’abbé Picot, celui-ci a contracté une tuberculose, qui grâce aux soins des docteurs coréens, ne lui vaudra pas d’enterrement de héros… Alors que des cavernes (aujourd’hui disparues) s’étaient développées dans ses poumons, il s’est mis à cracher du sang ; et aujourd’hui, il est toujours pour six mois sous un traitement assez lourd. La « bénédictine » a merveilleusement réparé les dommages des antibiotiques sur son sommeil, et ma prise en charge des missions d’Iloilo vont le soulager des corvées d’avion.

Ses missions ont continué à croître, surtout à Hindang (50 fidèles la dernière fois), Cebu et Masbate, que j’espère visiter en juillet. L’abbé Picot est assez populaire en Corée et a également desservi Singapour, la Thaïlande, la Malaisie et le Japon. Les effectifs ont chuté en Australie, mais tous nos centres tiennent malgré tout, sauf Streaky Bay. L’abbé est en train d’achever l’hôtellerie au séminaire, doubler la taille de la chapelle d’Hindang, pendant qu’une superbe chapelle est prévue pour Maasin, qui compte 30 enfants à catéchiser. C’est un catéchiste né et il dirige aussi les « Marian Corps Publications » (Publications de la Compagnie de Marie). Il y a donc plein de choses qu’on peut faire avec la tuberculose, mais j’espère qu’il ne se fatigue pas trop avant ses prochaines vacances. […]

Les précipices de Pamutan

La route du ciel est bordée de précipices, et notre camionnette Suzuki a pu expérimenter le sens profond de l’image. Je savais que notre séminariste coréen conduisait trop vite (du temps où il était laïc, il a été poursuivi quatre fois par la police et a même écrasé sa moto sur une voiture de police). De tels incidents ne constituent pas d’empêchements canoniques, mais nous avons eu de la chance qu’il n’y ait pas eu de passager à bord, et que le véhicule se soit arrêté après dix mètres de manière inexplicable. La réparation nous a coûté 40.000 pesos, mais, étonnamment, notre camion jouit maintenant d’une santé meilleure qu’avant l’accident : nous devions l’emmener au garage d’une semaine sur l’autre, mais maintenant, plus de trace de ses anciens problèmes. De nouveau, la pauvreté paie : si nous avions eu une camionnette plus élégante, sauter la falaise aurait été plus lourd de conséquences, et l’abbé Suelo aurait eu de la compagnie… Arsène (le séminariste) dit que de tels accidents le rendent plus prudent et que rien ne lui arrivera dans les quatre prochaines années… Nous verrons bien.

Nouveaux fidèles

Le nombre de séminaristes va peut-être diminuer (vu le départ du Frère Jean comme expliqué par la suite), et notre seule entrée décidée va au séminaire d’Avrillé ; mais les fidèles continuent de nous rejoindre, sauf en Australie, mais cela pourrait finir par changer.

Il y a maintenant 80 fidèles à Cebu, mais il est difficile aux gens d’un côté de la ville d’assister à la messe de l’autre côté, comme à Manille, où notre groupe est encore très petit. 70 personnes ont assisté à la cérémonie de Mgr Williamson à Camiguin, et les choses prennent là-bas un tour très favorable, surtout si nos menuisiers construisent un beau triptyque, pour améliorer l’ornementation discutable de la chapelle.

Quand Ariel, notre principal appui à Hindang (Leyte), est là, l’assistance à la messe monte à 50, et nous pensons donc à doubler la taille de la cathédrale de bambou, avant de construire le clocher (Ariel a négocié le déplacement de « Petite Marie », notre chère petite cloche bénie par Mgr Williamson il y a trois ans). L’abbé Picot est catégorique : des catéchistes locaux, des « agents de publicité » et les notables du village sont la clef du succès dans les zones reculées. Dans les villes, ce sont plus les réseaux électroniques et les œuvres de charité qui remportent la partie. Ensuite la Providence envoie d’autres occasions, comme cette famille qu’a rencontrée l’abbé Picot alors qu’il allait à Masbate (un nouveau petit groupe d’une quinzaine de personnes). Ensuite il y a aussi la mission d’Asturias, sur l’île de Cebu, environ 40 fidèles ; ils furent d’abord visités par l’abbé Suelo, et tiennent bon, avec même une famille de 13 enfants, ce que je n’avais jamais croisé pendant mes sept années de ministère aux Philippines… et devinez quoi… c’est une famille très heureuse…

Il n’y a néanmoins pas d’augmentation significative à signaler ailleurs, et nous ne sommes pas tout à fait sûrs que toutes les familles échappent au libéralisme pratique, mais au moins, elles ont eu un franc avertissement. Tel est le cas en Corée, et avec n’importe quelle famille un peu aisée aux Philippines. En Nouvelle Zélande, les familles sont assez frugales, et il y a quelques bonnes familles en Australie. A partir du moment où les gadgets électroniques ont été introduits dans la vie des enfants, l’anarchie intellectuelle règne et l’amour de la prière est mort. Après 8.000 emails, j’ai renvoyé mon propre gadget à mon bienfaiteur, en le remerciant, mais il ne semble pas y avoir de meilleure manière d’appeler à la prudence.

Malgré toutes os difficultés en Corée, nous avons eu 7 servants de messe dimanche dernier (8 juillet), et la mort de Peter Ahn a été un grand signe. Après qu’il ait atterri en Corée, Mgr Williamson lui a donné l’Extrême Onction et le Viatique, après quoi il est mort le 29 juin - alors que Mgr Williamson était à Cebu-, fête de son saint patron, totalement conscient, partant vers Dieu entouré de toute sa famille, et, au retour de l’évêque, il a eu droit à tout un enterrement épiscopal. Alors que nous n’avions été que très peu de jours en Corée, j’y vois un vrai signe. Le japon tient par lui-même, comme la Thaïlande, la Malaisie et Singapour. […] L’Australie reste un terrain difficile, comme prévu ; je donnerai donc deux récollections à Brisbane et aux autres groupes.

L’abbé Macdonald s’est sérieusement blessé à l’épaule et sera inapte au combat pendant trois mois après son opération. Notre espoir est donc…

L’ordination du Frère Jean

Elle est maintenant effectivement approuvée par l’évêque, qui en avait d’abord une certaine crainte et a retardé le candidat ; rien de plus légitime. Je n’ai interféré dans aucun des deux sens, car notre travail au séminaire est de former et présenter les candidats à l’évêque qui porte seul la responsabilité de les ordonner ou non.

La pilule fut dure à avaler pour le frère, mais il a supporté avec grâce son humiliation lors de la cérémonie du 29 juin. Monseigneur l’a vu à l’œuvre à Camiguin et a été favorablement impressionné. Maintenant que l’ordination est approuvée, nous cherchons une date, mais il n’est pas si facile de faire voyager un évêque… Nous avons aussi entendu dire qu’en Colombie, des carmes venus du modernisme (un profès et deux postulants) sont en train de nous rejoindre, mais peut être que rien ne pourra se faire. J’aurais aussi aimé que le frère Jean soit ordonné par Dom Thomas d’Aquin, le rencontre et puisse garder des liens monastiques, liés au « promitto » de l’ordination. Mais ce n’est qu’un souhait, et le frère a déjà suffisamment attendu, beaucoup d’obstacles se sont déjà élevés sur sa route (l’abbé Griego, Julia Cordova…), je ne veux pas en être un de plus… même si la croix est notre meilleure garantie.

La Compagnie de Marie

Une véritable branche carmélitaine de la Résistance n’est pas encore pour demain, mais dans la Compagnie de Marie, les choses progressent bien, puisque l'abbé Salenave rejoint les quatre autres[2]. […] Nous abandonnons la dénomination FSSPX, mais nous gardons Saint Pie X comme notre patron (CM SPX), même si notre nom courant est Compagnie de Marie (CM).

Par ailleurs, de peur de répéter les erreurs de Menzingen, nous sommes tous d’accord pour réduire les pouvoirs du Supérieur Général : mandat de 6 ans non immédiatement renouvelable, et « décentralisation » des pouvoirs au profit du district. Il est clair pour nous que, à moins que Pierre II et le Grand Monarque n’apparaissent tous les deux, plus nous accumulons les pouvoirs sur un ego sujet à la vanité, plus il va accumuler les erreurs.

Mais il n’y a pas encore assez d’Indiens pour élire de chef à plumes, même si j’ai dit à l’abbé Macdonald qu’il ferait un bon supérieur, vu qu’il est le plus âgé et qu’il a les pieds sur terre.

Certains confrères ne sont pas d’accord avec nous pour continuer la société sacerdotale de vie commune selon l’esprit laissé par Mgr Lefebvre, l’USML est donc bien pour eux, que Dieu les bénisse et multiplie leurs fruits ; mais nous ne voulons pas jeter le bébé avec l’eau du bain… et ce bébé est un statut canonique clairement défini, d’excellentes constitutions, fondées sur la pratique des dons du Saint Esprit, de grandes cérémonies, spécialement l’engagement du 8 décembre ; et la possibilité d’avoir des frères et des sœurs.

Pas besoin de réinventer la roue, et pas besoin non plus de se transformer en quelque chose de trop différent de ce que nous avons été, puisque c’est la néo-FSSPX qui perd son identité sacerdotale en rejoignant l’église conciliaire, si anti-sacerdotale et anti-sacrificielle. D’ailleurs, c’est Mgr Williamson lui-même qui note que, quand un prêtre est trop laissé à lui-même, il développe des défauts. Et, comme nous le voyons en Australie et en Nouvelle-Zélande, il y a un grand besoin de déployer la force là où elle est particulièrement nécessaire. Les bénédictins, dominicains (et peut être aussi les capucins et les carmes) sont super-anti-désorganisation (« superundisorganised »).

Fixons la roue, ne la réinventons pas, surtout quand ce qui a besoin d’être réparé est évident et facile à faire.


A plus grande échelle, l’humanité se prépare une grande correction divine avec une entrée graduelle dans la guerre mondiale… Encore une fois, Dieu veut toujours réparer, même si cela implique d’émonder les branches basses.

Espérons et prions afin de reconnaître, accepter et tirer profit de toutes les aimables corrections, croix, contretemps et tribulations que notre Père nous envoie parce qu’Il nous aime, et que comme tous les bons pères, il peut prendre des décisions sévères ; que Son nom soit sanctifié.

François Chazal +

Membres de la Compagnie de Marie :
Abbé Chazal
Abbé Suneel
Abbé Valan
Abbé Picot
Abbé Salenave

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Un aspect de la crise de la fsspx

 

Note de France Fidèle :  le dernier numéro du Rocher ( organe officiel de la fsspx en Suisse) a heurté beaucoup de catholiques.  A juste titre.  Pour éclairer la gravité des propos du supérieur de district, FF vous propose deux textes : le premier, celui de Mgr Lefebvre, rappelle quelle doit être la charge d'un évêque de la tradition et le second nous donne quelques indications précieuses sur la notion de secte ...

 

Mgr Lefebvre à Lille le 29 août 1976 (à partir 2 : 52)

 

« Je voudrais également dissiper un autre malentendu, et là je suis désolé, mais je suis obligé de le dire, ce n’est pas moi qui me suis appelé le chef des traditionalistes. Vous savez qui l’a fait il y a peu de temps, dans des circonstances tout à fait solennelles et mémorables à Rome. On a dit que Mgr Lefebvre était le chef des traditionalistes. Je ne veux point être le chef des traditionalistes, et je ne le suis point. Pourquoi ? Parce que je suis moi aussi, un simple catholique, certes prêtre, certes évêque, mais qui suis dans les mêmes conditions dans lesquelles vous vous trouvez et qui ai les mêmes réactions devant la destruction de l’Église, devant la destruction de notre Foi, devant les ruines qui s’accumulent devant nos yeux. »

 

Qu’est-ce qu’une secte (du latin : suivre) ?

 

Le mot secte a d'abord désigné soit un ensemble d'individus partageant une même règle de conduite, une même doctrine philosophique, religieuse, etc., soit un groupe plus ou moins important de fidèles détachés d'un enseignement officiel et ayant créé leur propre doctrine. Le mot secte peut aussi désigner une branche d'une religion, une école particulière (voir aussi coterie, cénacle). En ce sens, il ne possède pas de dénotation péjorative.

 

Le terme a pris une dimension polémique, et désigne de nos jours un groupe ou une organisation, souvent à connotation religieuse, dont les croyances ou le comportement sont jugés obscurs ou malveillants par le reste de la société.

 

Les responsables de ces groupes sont souvent suspectés d'une part de brimer des libertés individuelles au sein du groupe ou de manipuler mentalement leurs disciples, s'appropriant parfois leurs biens et les maintenant sous contrôle entre autres par la fatigue, et d'autre part de menacer l'ordre social.

 

 

 

Dans le dernier « Rocher », revue du district de Suisse :

 

24 au 27 juin 2016

 

Afin de réfléchir avec sérénité aux bouleversements actuels, Mgr Fellay a convoqué la trentaine de supérieurs sur les hauts de Sion, à Anzère précisément. Les faits se suivent dans l’Église mais ne se ressemblent pas : de la louange de la fidélité des concubins, on passe à l’autorisation de confesser pour la Fraternité ! Comme si vous preniez une direction avec votre voiture mais que vous ne cessiez de changer de sens. Est-ce pour brouiller les pistes ? Est-ce une forme de folie qui inspire un tel agir ?

Personne n’a trop envie de monter dans un tel véhicule, cela provoque une véritable crainte. La perspective d’accords avec les autorités romaines fait naître une réelle angoisse. Pourtant il est possible que la question se pose autrement, puisque Rome se montre disposée à nous fournir un autre véhicule pour tracer la route par nous-mêmes. Et là il est moins facile de refuser absolument. La grande et peut-être unique difficulté est de savoir si le Saint-Esprit veut que nous prenions ce moyen ou pas ! Car, c’est sûr, on peut continuer à pied, et si c’est plus lent c’est également moins dangereux. Mais tous ne peuvent pas utiliser leurs savates : tous ceux que la vie a rendus plus ou moins impotents.

Le but est clair pour tous : à tout prix nous voulons rester aux trésors de l’Église, mais on hésite donc à aller à pied ou à prendre le bus. Là, il est capital de saisir que c’est au chef qu’il revient de décider, car c’est lui qui pilote. S’il décide d’aller tranquillement à travers des bocages et des paysages, nous irons avec lui. S’il prend les commandes du bus, nous montons derrière lui.

Il me semble que cela peut être affirmé avec force, que le Saint-Esprit attend cela de nous tous : nous voir comme un seul homme derrière celui qu’Il a choisi pour conduire le combat de la Tradition. Si on ne croit plus en cela, je ne sais vraiment comment on va pouvoir s’en sortir.

Nous nous sommes resserrés derrière Mgr Fellay et avons écouté ses volontés de fixer la route sur le sacerdoce, tel que voulu par notre vénéré fondateur. La foi est notre étoile polaire, mais le sacerdoce reste ce qui donne la stabilité à notre marche en avant.

D’ailleurs vous avez pu entendre cela sur le pré d’Ecône dans le communiqué du Supérieur de la Fraternité le jour des ordinations.

 

Abbé Henry Wuilloud

 

http://www.piusx.ch/suisse/generelle-neuigkeiten/journal-de-route-du-district-de-suisse

 

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Les jeunes prêtres de la fsspx bien ralliés selon Mgr Fellay

 

Note de France Fidèle : L'extrait suivant est tiré d'un sermon donné par Mgr Fellay au séminaire Notre-Dame de Guadalupe (USA) en juillet dernier lors de la cérémonie où il a conféré des ordres mineurs. (Min 7 à 13)

 

http://www.ourladyofguadalupemonastery.com/

 

 

Que signifie « être incardiné » ?  C’est un lien très spécial, unissant le prêtre à l’Eglise.  L’Eglise n’est pas prête à donner ces pouvoirs, pouvoir de la sanctification, de donner aux âmes le trésor de Dieu, si ce prêtre n’est pas incardiné.  Il y a deux moyens pour être incardiné : soit appartenir à un diocèse, soit appartenir à une congrégation religieuse.  L’Eglise refuse de donner ce sacrement à –appelons-les ainsi- des prêtres « vagus ».  Il faut qu’ils sous la juridiction, sous un ordre.

 

Et il est très intéressant de voir que  le principal argument que Rome utilise contre nous est de dire que nous sommes, et que les futurs prêtres sont, suspendus. Ils disent: «Vous n'êtes pas incardinés, donc votre ordination est illégitime." C’est ce qu’ils disent depuis le moment où ils prétendent avoir suspendu la Fraternité.

 

Maintenant, ce qui est très intéressant, et vous fera comprendre l'importance de nos discussions avec Rome, discussions qui ne cherchent pas à faire un accord avec Rome, ou faire des concessions à Rome. Non, ces discussions sont destinées à faire appel à ces autorités, que nous reconnaissons toujours comme légitimes, afin qu’elles reconnaissent que notre action est authentiquement catholique, est légitime. Et l’un des derniers pas accompli récemment par Rome, c’est précisément à propos des ordinations que nous faisons.

 

En fait, il y a environ un peu plus de deux ans que cela est déjà effectif, mais comme c’est fait avec la politique subtile de Rome, je ne l’avais moi-même pas réalisé. Et c’est seulement il y a quelques mois que j’ai reçu une lettre écrite noir sur blanc par Rome, déclarant: «Vous pouvez librement ordonner les prêtres de la Fraternité -et bien sûr cela implique aussi les communautés amiessans demander la permission de l'ordinaire local ».

 

Donc Rome déclare que nous pouvons ordonner librement nos candidats. Cela signifie que Rome reconnaît comme légitime l'action que nous faisons aujourd'hui. Nous pouvons voir à quel point nous sommes loin de la condamnation de l'ordinaire local. Mais, oui, c’est vrai, c’est très compliqué, nous sommes dans une situation très compliquée, non par notre faute, mais c’est la situation de l'Eglise, qui est -excusez le mot- un véritable gâchis.

 

Nous disons que, dans cette situation, il y a beaucoup de confusion et c’est la conséquence du Concile Vatican II, par lequel les graines de la confusion ont été inoculées dans l'Église. Et c’est précisément parce que nous combattons contre cette maladie que nous avons été punis.  Bien sûr, nous disons que ce n’est pas juste, mais c'est la situation.  Et c'est la raison pour laquelle nous continuons à faire ce que l'Eglise a toujours fait, mais il est intéressant de voir que peu à peu, dans les faits, Rome reconnaît que nous existons et que ce que nous faisons est juste ".

 

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Histoire d'une approche

 

Note de France Fidèle : Cette analyse est celle des modernistes mais elle n’en demeure pas moins intéressante car la trahison de Mgr Fellay n’en est que plus flagrante .

 

 Mgr Pozzo – 28 juillet 2016

 

 

http://www.christundwelt.de/detail/artikel/seid-gehorsam-bitte/

 

 

A première vue, le pape François et la FSSPX sont étrangers.  La FSSPX représente un catholicisme traditionaliste, qui célèbre la Messe tridentine et qui reste hostile à quelques-unes des réalisations du Concile Vatican II comme l’œcuménisme ou la liberté religieuse.  Par contre, Jorge Bergoglio passe pour un réformateur libéral.  De nombreux observateurs ont été surpris de l’orientation donnée par François en matière de rapprochement entre le Vatican et la FSSPX fondée à la suite du Concile par Mgr Lefebvre (190(-1991) et excommuniée en 1988 suite à des sacres non autorisés.  Le prédécesseur de Bergoglio, Benoît XVI, avait cherché la réconciliation avec la FSSPX.  Le scandale entourant les déclarations de l’évêques lefebvriste Richard Williamson sur la shoah et la démission de Benoît XVI en février 2013 ont ralenti le processus de rapprochement.  Depuis ce moment, la voie vers une reconnaissance canonique de la FSSPX semble aplanie. 

 

G & W : Pourquoi une réunion de la FSSPX à l’Eglise catholique est-elle si importante ?

 

Pozzo : L’Eglise souffre de tout manque d’unité.  La FSSPX se compose d’environ 600 prêtres, 200 séminaristes et d’autres membres, et elle est présente dans 70 pays.  Vous ne pouvez passer outre d’une telle réalité.

 

G & W : Il y  a eu récemment une accélération des relations.  Pourquoi ?

 

Pozzo : Je ne parlerais pas d’une accélération, mais d’un patient processus de rapprochement.  Le Vatican ne pose pas d’ultimatum, mais nous avions prévu conjointement des mesures pour parvenir à la pleine réconciliation.  Etant donné que des étapes ont été établies, il est plus facile de progresser.  Il ne s’agit plus que de clarifier certaines questions doctrinales et canoniques.  Il est très important de promouvoir un climat de connaissance et de compréhension mutuelles.  A cet égard, beaucoup de progrès ont été réalisés.

 

G & W : Qu’est-ce qui a changé dans l’attitude du Vatican depuis le début du pontificat ?

 

Pozzo : On a introduit de nouvelles considérations.  De 2009 à 2012, on s’est attaché avant tout à des questions théologiques.  Des difficultés doctrinales entravaient la reconnaissance canonique de la Fraternité.  Cependant, nous savons que la vie est plus importante que la doctrine.  Au cours des discussions théologiques de ces trois dernières années, on a pris connaissance de ce qu’était vraiment la Fraternité.

 

G & W : Comment cela s’est-il produit ?

 

Pozzo : Si vous voulez, les discussions avaient auparavant lieu dans une salle de conférence, maintenant dans une ambiance fraternelle et conviviale, même si l’objet de la discussion est le même.  Au nom du Vatican, un cardinal et quatre évêques ont rendu visite aux séminaires et maisons de la Fraternité pour en avoir une image réelle.  Cela ne s’était pas produit auparavant, mais ces visites ont contribué au rapprochement.

 

G & W : La Fraternité avait aussi depuis longtemps des membres extrémistes dans ses rangs, entre autres Mgr Richard Williamson qui a nié l’holocauste.  Cela a-t-il été un frein aux négociations ?

 

Pozzo : Mgr Richard Williamson et d’autres éléments extrémistes et anti-romains ont été exclus ou se sont séparés d’elle, ce qui a été très favorable au rapprochement.

 

G & W : Quelles directives le pape François vous a-t-il données pour mener ces négociations ?

 

Pozzo : Quand le pape m’a à nouveau nommé en août 2013 comme secrétaire de la Commission Ecclesia Dei, il m’a invité à reprendre le dialogue avec patience, détermination et sans aucune hâte.  Il a particulièrement insisté sur le maintien de relations personnelles afin de créer un climat de confiance.

 

G & W : Bergoglio connaissait la Fraternité en Argentine.  Quelle en a été l’incidence sur les négociations ?

 

Pozzo : C’est assurément un élément important.  Quand il était encore archevêque de Buenos Aires, François a eu des contacts avec la Fraternité.  Il s’est rendu compte à quel point ils sont engagés dans l’évangélisation et les œuvres caritatives.  La Fraternité n’accorde pas seulement, comme il est dit souvent, une valeur à la liturgie, mais elle a aussi de la « substance ».

 

G & W : François accorde toujours de l’importance à l’aspect pastoral.  Est-ce en cela que réside la clé d’une entente avec la FSSPX ?

 

Pozzo : La théologie pastorale et dogmatique sont inséparables.  Le style et la volonté concrète de François sont non seulement de penser à l’unité des personnes, mais aussi à la pratiquer.  Bien sûr, certains gestes sont importants.  Il a permis aux prêtres de la FSSPX d’entendre les confessions, il a reçu le Supérieur Général en audience privée. On ne peut envisager le rapprochement sans tenir compte ni de la levée des excommunications prononcée par Benoît XVI en 2009, ni de la reprise des pourparlers.

 

G & W : Pourquoi donne-t-on à la FSSPX la perspective d’une prélature personnelle ?

 

Pozzo : Cela semble être la forme canonique la plus appropriée.  Mgr Fellay a accepté cette proposition, même si dans les prochains mois, il reste à préciser certains détails.  Seule l’Opus Dei possède cette structure, ce qui est une preuve qui doit mettre la FSSPX en confiance.  Il est clair que la solution relative à la structure canonique suppose au préalable que les questions doctrinales soient résolues.

 

(...)

 

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Les musulmans selon Charles de Foucauld

 

Étonnante lettre de Charles de Foucauld...bien loin des utopies œcuméniques du Concile Vatican II et du pape François.

" Ma pensée est que si, petit à petit, doucement, les musulmans de notre empire colonial du nord de l'Afrique ne se convertissent pas, il se produira un mouvement nationaliste analogue à celui de la Turquie : une élite intellectuelle se formera dans les grandes villes, instruite à la française, sans avoir l'esprit ni le coeur français, élite qui aura perdu toute foi islamique, mais qui en gardera l'étiquette pour pouvoir par elle influencer les masses ; d'autre part, la masse des nomades et des campagnards restera ignorante, éloignée de nous, fermement mahométane, portée à la haine et au mépris des Français par sa religion, par ses marabouts, par les contacts qu'elle a avec les Français (représentants de l'autorité, colons, commerçants), contacts qui trop souvent ne sont pas propres à nous faire aimer d'elle. Le sentiment national ou barbaresque s'exaltera dans l'élite instruite : quand elle en trouvera l'occasion, par exemple lors de difficultés de la France au dedans ou au dehors, elle se servira de l'islam comme d'un levier pour soulever la masse ignorante, et cherchera à créer un empire africain musulman indépendant.
L'empire Nord-Ouest-Africain de la France, Algérie, Maroc, Tunisie, Afrique occidentale française, etc., a 30 millions d'habitants ; il en aura, grâce à la paix, le double dans cinquante ans. Il sera alors en plein progrès matériel, riche, sillonné de chemins de fer, peuplé d'habitants rompus au maniement de nos armes, dont l'élite aura reçu l'instruction dans nos écoles. Si nous n'avons pas su faire des Français de ces peuples, ils nous chasseront. Le seul moyen qu'ils deviennent Français est qu'ils deviennent chrétiens. Il ne s'agit pas de les convertir en un jour ni par force mais tendrement, discrètement, par persuasion, bon exemple, bonne éducation, instruction, grâce à une prise de contact étroite et affectueuse, œuvre surtout de laïcs français qui peuvent être bien plus nombreux que les prêtres et prendre un contact plus intime.
Des musulmans peuvent-ils être vraiment français ? Exceptionnellement, oui. D'une manière générale, non.
Plusieurs dogmes fondamentaux musulmans s'y opposent ; avec certains il y a des accommodements ; avec l'un, celui du « Medhi », il n'y en a pas : tout musulman, (je ne parle pas des libre-penseurs qui ont perdu la foi), croit qu'à l'approche du jugement dernier le Medhi surviendra, déclarera la guerre sainte, et établira l'islam par toute la terre, après avoir exterminé ou subjugué tous les non musulmans. Dans cette foi, le musulman regarde l'islam comme sa vraie patrie et les peuples non musulmans comme destinés à être tôt ou tard subjugués par lui musulman ou ses descendants ; s'il est soumis à une nation non musulmane, c'est une épreuve passagère ; sa foi l'assure qu'il en sortira et triomphera à son tour de ceux auxquels il est maintenant assujetti ; la sagesse l' engage à subir avec calme son épreuve; " l'oiseau pris au piège qui se débat perd ses plumes et se casse les ailes ; s'il se tient tranquille, il se trouve intact le jour de la libération ", disent-ils. Ils peuvent préférer telle nation à une autre, aimer mieux être soumis aux Français qu'aux Allemands, parce qu'ils savent les premiers plus doux. Ils peuvent être attachés à tel ou tel Français, comme on est attaché à un ami étranger. Ils peuvent se battre avec un grand courage pour la France, par sentiment d'honneur, caractère guerrier, esprit de corps, fidélité à la parole, comme les militaires de fortune des XVIe et XVIIe siècles. Mais, d'une façon générale, sauf exception, tant qu'ils seront musulmans, ils ne seront pas Français, ils attendront plus ou moins patiemment le jour du Medhi, en lequel ils soumettront la France. De là vient que nos Algériens musulmans sont si peu empressés à demander la nationalité française : comment demander à faire partie d'un peuple étranger qu'on sait devoir être infailliblement vaincu et subjugué par le peuple auquel on appartient soi-même ?
Ce changement de nationalité implique vraiment une sorte d'apostasie, un renoncement à la foi du Medhi..."


Charles de FOUCAULD

 

( Medhi = Le Bien-aimé = le Sauveur de l’Islam )


Extrait d'une lettre du Père Charles de Foucauld, datée de juillet 1916 et adressée à René Bazin de l'Académie Française. Cette lettre fut publiée dans le Bulletin du Bureau catholique de presse, n° 5, d'octobre 1917. Le texte complet de cette lettre se trouve ici. Charles de Foucauld, abattu en décembre 1916 par des musulmans.

 

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La Fraternité Saint-Pie X et les ordinations sacerdotales

 

Note de France Fidèle : En été, beaucoup de décisions importantes passent inaperçues. En voici une grave et énorme qui concerne la fsspx  :

Une nouvelle « normalisation » irrégulière…


Une étude récente a prouvé que Mgr Bernard Fellay, Supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, avait contrevenu à une disposition expresse du Chapitre -instance qui lui est supérieure-, en acceptant de sa seule autorité la juridiction « ordinaire » de l’Eglise, concédée par le pape dans une lettre en date du 1er septembre 2015.

Cette étude, datée du 13 juin 2016, est parue sur plusieurs sites internet à partir du 21 juin, notamment sur le site Gloria.tv, auquel on peut se reporter pour de plus amples précisions.

Bien que limitée et temporaire, puisque s’appliquant à deux sacrements seulement (pénitence et extrême-onction) et pour la seule Année jubilaire de la miséricorde, la mesure papale n’en exigeait pas moins, pour être valablement reçue par Mgr Fellay, une délibération préalable d’un Chapitre extraordinaire de la Fraternité, selon ce qu’avait prescrit le Chapitre général de juillet 2012.

Le 22 juin 2016, l’évêque de Ratisbonne a publié un communiqué déclarant « tolérées et acceptées, sans sanction », au terme d’une « concession » accordée par le Saint-Siège « sans contrepartie », les ordinations sacerdotales annoncées pour le 2 juillet à Zaitzkofen (Allemagne). Selon le même communiqué, Mgr Pozzo, secrétaire de la Commission Ecclesia Dei, aurait indiqué que ces ordinations « ne présentent aucun danger, à l’heure actuelle » (sic).

A la comparer au geste de septembre 2015, cette deuxième initiative du Saint-Siège en direction de la Fraternité, touchant cette fois le sacrement de l’ordre, n’est pas substantiellement différente, malgré l’énoncé de prudentes réserves doctrinales et canoniques : il s’agit sans conteste d’un nouveau pas dans la « normalisation » « par paliers » de la situation ecclésiale de l’œuvre de Mgr Lefebvre.

Il faut ajouter que l’interposition d’un évêque résidentiel, Ordinaire du lieu, ne saurait dissimuler que le promoteur de la démarche est évidemment le pape lui-même.

Il résulte de ces éléments qu’un Chapitre extraordinaire de la FSSPX devait, cette fois encore, être réuni -en l’occurrence entre le 22 juin et le 2 juillet 2016- pour statuer sur la position exprimée par l’évêque de Ratisbonne au nom des autorités romaines à propos de ces ordinations sacerdotales en Allemagne.

S’étant abstenu de procéder à la convocation de ce Chapitre, Mgr Fellay a une deuxième fois enfreint la disposition impérative du Chapitre général de 2012 réglant la procédure à observer dans l’éventualité d’une « normalisation canonique », fût-elle unilatérale et partielle, de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X.

7.07.2016 Recuerdo Marcelli
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Communiqué du 28 juin 2016

 

Suite au communiqué interne à la fsspx du 28 juin dernier, quelques petites réactions ... 

 

- Tout d'abord, le texte envoyé par l'abbé Girouard à ses amis : 

 

Chers paroissiens et amis,

 

DICI a publié aujourd’hui un communiqué qui  a été envoyé par Mgr Fellay aux membres de la FSSPX (prêtres, frères,…) le 28 juin dernier. (Ce n’est pas le même que celui qui a été publié le 29 juin)  Vous pouvez trouver l’entièreté du communiqué ici :

 

http://www.dici.org/actualites/declaration-du-superieur-general-a-tous-les-membres-de-la-fraternite-saint-pie-x-a-lissue-de-la-reunion-des-superieurs-majeurs-a-anzere-valais-le-28-juin-2016/

 

Laissez-nous essayer de résumer et clarifier ce document afin de mieux comprendre sa réelle signification.  Je mettrai les numéros de paragraphe entre parenthèses.  Après le résumé, je ferai un commentaire de ce document.

 

Résumé du communiqué :

 

(1)  La FSSPX a un droit à une reconnaissance canonique mais ne la recherche pas, puisqu’elle a une juridiction de suppléance.

(2)  Pascendi dit que la racine du modernisme est l’esprit d’indépendance.  Donc la Croix n’est désormais plus l’axe du monde, mais l’homme l’est (Paul VI à la fin de Vatican II)

(3)  L’homme moderne a détrôné le Christ et s’est fait lui-même le roi de l’univers, cherchant sa propre satisfaction en tout.

(4)  La FSSPX est opposée à ce déplacement de la Croix vers l’Homme.

(5)  Dans le but de lutter contre l’esprit d’indépendance et restaurer la Croix comme axe de l’univers, Dieu a envoyé Mgr Lefebvre qui a fondé une société hiérarchique dédiée aux Ordres Sacrés.  Elle continue le combat pour la vérité.

(6)  C’est pour cela que la FSSPX n’est ni conciliaire (qui promeut la royauté de l’Homme), ni factieuse (qui refuse l’aspect social de l’Eglise)

(7)  Dieu aide Son Eglise et Son Vicaire, le Pape, et pour cette raison une restauration viendra un jour.  Le signe que ce temps est venu, ce sera quand le Pape exprimera sa volonté de garantir les moyens de restaurer les Ordres Sacrés, la Foi et la Tradition.  Ce signe apportera aussi l’unité nécessaire du mouvement traditionnel.

 

Commentaires :

 

(A) LA MALADIE

La racine du modernisme est l’esprit d’indépendance, qui conduit l’homme à chercher sa propre satisfaction en tout, donc se mettant lui-même au centre de l’univers, donc détrônant le Christ et Sa Croix, comme ce fut confirmé avec Vatican II.

 

(B) LE REMÈDE

Pour corriger cela, Dieu a envoyé la FSSPX, qui est hiérarchique, et donc opposée par sa véritable structure à cet esprit d’indépendance, et ainsi au Modernisme. La restauration de la royauté du Christ et de Sa Croix par les Ordres Sacrés continue d’être le but de la FSSPX.  Par là, elle est contre le conciliarisme, alors qu’en même temps, elle ne veut pas être indépendante de la structure de l’Eglise, qui est aussi hiérarchique et guidée par le Vicaire de Dieu.

 

(C) LE MÉDECIN

Dieu utilisera le Pape pour terminer cette crise et restaurer le Christ et Sa Croix comme axe de l’univers.  Le signe de cette restauration sera indiqué par Pape qui exprimera sa détermination à utiliser le remède envoyé par Dieu.  Ce signe unifiera tous les membres de la famille de la Tradition.  Effectivement, lequel d’entre eux osera s’opposer à la Volonté manifeste de Dieu ?

 

(D) L’ACTE MÉDICAL

Le Pape va gérer le remède envoyé par Dieu à l’Eglise malade en réintégrant officiellement la FSSPX dans la structure de l’Eglise.

 

(E) LE TRAITEMENT

Cela prendra du temps de guérir l’Eglise (et le monde par l’Eglise guérie), mais nous sommes confiants que nous allons réussir.  Ne sommes-nous ce remède envoyé par Dieu ?

 

Chers paroissiens et amis, cela ne vous rappelle-t-il pas quelque chose ?  Souvenez-vous de ce que j’ai écrit il y a quelques jours (4 juillet) à propos de la dernière Croisade du Rosaire ?  Souvenez-vous des paroles que je mettais dans la bouche de Mgr Fellay comme future annonce à l’issue de la Croisade ?  N’est-ce pas l’essentiel de ce communiqué du 28 juin disant à peu près la même chose ?

 

J’en suis maintenant à me demander si la reconnaissance ne pourrait avoir lieu plus tôt que le 22 août 2017…  Cela arrive, mes amis !

 

Dieu vous bénisse,

 

 

Father Girouard

 

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- L'analyse qu'en donnait Marguerite sur Christus vincit :

 

Le 28 juin, à l'issue de la réunion des Supérieurs de la fsspx, le Supérieur Général a envoyé une déclaration à tous les membres de la fsspx. 

Citation:
Dans l’état présent de grave nécessité de l’Eglise, qui lui donne le droit de distribuer les secours spirituels aux âmes qui recourent à elle, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X ne recherche pas avant tout une reconnaissance canonique à laquelle elle a droit parce qu’elle est catholique. La solution n’est pas simplement juridique. Elle relève d’une position doctrinale qu’il est impératif de manifester.



http://www.dici.org/actualites/declaration-du-superieur-general-a-tous-les-membres-de-la-fraternite-saint-pie-x-a-lissue-de-la-reunion-des-superieurs-majeurs-a-anzere-valais-le-28-juin-2016/

Nous savons tous ce qu'a déclaré Mgr de Galarreta le 2 juillet à Paris : 

Citation:
J’ai avec moi la lettre qui m’a été donnée par Son Excellence Monseigneur Fellay, où la Congrégation de la doctrine de la Foi nous dit, a dit à Monseigneur, que nous pouvons procéder aux ordinations sans demander la permission des Ordinaires du lieu ; qu’il suffit de leur donner les noms des ordonnés, chose que nous ferons bien sûr, opportunément. Alors nous ne sommes ni schismatiques, ni des illégaux.



http://laportelatine.org/mediatheque/sermonsecrits/galarreta_160702_st_nicolas_sabur/galarreta_160702_st_nicolas_sabur.php

Croirons-nous les paroles ou les actes ? 

D'autre part, à quel aspect de ce texte le Pape actuel correspond-il ? 

Citation:
Lorsque saint Pie X condamne le modernisme, il ramène toute l’argumentation de l’encyclique Pascendi a un principe initial : l’indépendance. Or voici que désormais le monde emploie tous ses efforts pour changer l’axe autour duquel il doit tourner. Et il est évident pour les catholiques, comme pour ceux qui ne le sont pas, que la Croix n’est plus cet axe. Paul VI l’a très bien dit, c’est l’homme (Cf. Discours de clôture du concile Vatican II, 7 décembre 1965).



Et pourtant, ce texte se termine ainsi : 

Citation:
Est-ce vraiment le moment de la restauration générale de l’Eglise ? La Divine Providence n’abandonne pas son Eglise dont le chef est le Pape, vicaire de Jésus-Christ. C’est pourquoi un signe incontestable de cette restauration sera dans la volonté signifiée du Souverain Pontife de donner les moyens de rétablir l’ordre du sacerdoce, de la foi et de la Tradition, – signe qui sera, de surcroît, le garant de la nécessaire unité de la famille de la Tradition.



Nous n'en sommes plus à une contradiction près ... C'est la folie libérale : 2+2 = 4 ... ou 5 ... Une fois de plus, Mgr Williamson est bien clairvoyant dans son dernier Kyrie Eleison :

Citation:
Par exemple, le bon site hispanique « Non Possumus » fait remarquer que là où le Communiqué du 29 juin met ses espérances dans un Pape « qui favorise concrètement le retour à la Sainte Tradition » (2+2=4 ou 5 ), ce n’est pas la même chose qu’un Pape « qui est revenu à la Tradition » (2+2=4, et exclusivement 4).



http://stmarcelinitiative.com/email/fr-commentaire-eleison-par-mgr-williamson-numero-cdlxx-470.html

 

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« Je suis bien conscient que cela ne sert à rien de dire : ‘‘faites confiance’’. C’est après les faits, par les actes, que petit à petit cela pourra revenir. » (Mgr Fellay, Ecône, 7-9-2012)

Rome et la réintégration de la Fraternité St Pie X de Alpha à l'oméga.

Petite étude chronologique inspirée d' une publication récente.


Nous savons que Mgr Lefebvre et ses prêtres ont été écartés de l’Eglise conciliaire de 1976 à 1988 .
Mais quelle date retiendront les historiens du futur pour la réintégration de la fsspx dans cette même Eglise conciliaire ? En réalité, le processus se fait par étapes depuis le début du XXIe siècle: premiers contacts sous Jean-Paul II; tolérance politique à l’égard de la messe traditionnelle et levée des « excommunications » sous Benoît XVI; multiples petits pas sous le pape François. Le processus de ralliement avance et nul ne sait quelle borne millaire elle se donnera. L’octroi d’un statut (prélature à venir) vient à l’esprit, mais d’autres éléments sont des "candidats" sérieux, comme la levée des sanctions ou l’octroi d’une juridiction pour confesser. En attendant que l’avenir retienne ce qui est peut-être déjà notre passé, voici un rappel des éléments d’union sous l’actuel pontificat. Nous avons prévu des renvois visibles aux différents liens des articles sur Internet qui permettent d'illustrer ce dossier.

a) Bergoglio avant François

www.dici.org/…/le-cardinal-ber…
En tant qu’évêque de Buenos Aires, le cardinal Bergoglio a facilité l’action de la FSSPX en Argentine. L’abbé Bouchacourt, alors Supérieur du disctict sud-américain de la FSSPX, a indiqué à DICI: “Je l’ai rencontré 5 ou 6 fois et il m’a toujours reçu avec bienveillance, cherchant à m’accorder ce que je demandais, sans se démener en cas d’obstacle...”
Concrètement, le cardinal Bergoglio avait obtenu des visas aux séminaristes non argentins de La Reja à la suite de l’éviction de Mgr Williamson du sol argentin.

b) 13 décembre 2013

www.dici.org/…/a-propos-dune-r…
Un première et brève rencontre entre Mgr Fellay et le Pape à la Maison Sainte-Marthe, à Rome.
DICI relativise:
“Mgr Fellay et ses assistants se sont rendus à Rome, à la demande de la Commission Ecclesia Dei, pour une rencontre informelle. À l’issue de cet entretien, Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la Commission, a invité ses interlocuteurs à déjeuner à la salle à manger de la Maison Sainte-Marthe où ils ont été rejoints par Mgr Augustine Di Noia, secrétaire-adjoint de la Congrégation de la foi. C’est dans ce vaste réfectoire que le pape prend quotidiennement ses repas, à l’écart des autres convives. Mgr Pozzo a tenu à présenter Mgr Fellay au pape au moment où celui-ci quittait la salle à manger. Il y eut un bref échange où François a dit à Mgr Fellay, selon la formule de politesse habituelle, « enchanté de faire votre connaissance » ; à quoi Mgr Fellay a répondu qu’il priait beaucoup, et le pape lui a demandé de prier pour lui. Telle fut cette « rencontre » qui a duré quelques secondes.”

c) 23 septembre 2014

http://www.dici.ora/actualites/entretien-avec-mar-fellay-apres-sa-rencontre-avec-le-cardinal-muller/
Rencontre à Rome entre Mgr Fellay et le cardinal Müller, le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. DICI évoque notamment:
"le désir réciproque, à Rome et dans la Fraternité Saint-Pie X, de maintenir des entretiens doctrinaux dans un cadre élargi et moins formel que celui des précédents entretiens” la suite de cette rencontre, le cardinal Brandmüller et Mgr Schneider visitent plusieurs séminaires de la FSSPX, ainsi que Mgr Huonder et Mgr Arrieta.

d) 20 octobre 2014

tradinews.blogspot.fr/…/jean-marie-dumo…
Dans un entretien à Famille Chrétienne, Mgr Pozzo déclare:
"C’est précisément pour dépasser les difficultés de nature doctrinale qui subsistent encore que le Saint-Siège entretient des rapports et des discussions avec la FSSPX, par le biais de la commission pontificale Ecclesia Dei. Celle-ci est étroitement liée à la Congrégation pour la doctrine de la foi, puisque le président de la commission est le préfet de la Congrégation lui-même.

e) 5 décembre 2014

www.dici.org/actualites/allemagne-renco…brandmuller/
Le cardinal Walter Brandmüller, visite le Séminaire Herz Jesu à Zaitzkofen (Allemagne), et y discute de l’autorité magistérielle du concile Vatican II.

f) 16 janvier 2015

www.dici.org/…/etats-unis-mgr-…
Visite de Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana au Kazakhstan, au Séminaire Saint-Curé d’Ars à Flavigny (France).

g) 11 février 2015

www.dici.org/…/etats-unis-mgr-…
Mgr Schneider rencontre Mgr Bernard Fellay, ainsi que plusieurs prêtres de la Fraternité, au Séminaire Saint-Thomas d’Aquin à Winona (États-Unis). Cette visite coïncide “avec la réunion sacerdotale annuelle, où quelque 80 prêtres du District des Etats-Unis se retrouvaient au séminaire
Ces deux rencontres portent sur la réforme liturgique de Paul VI et les présupposés doctrinaux du Nouvel Ordo Missae.

h) 14 avril 2015

www.cath.ch/…/letat-argentin-…
L’État argentin reconnait la FSSPX comme catholique. Apic note que :
L'archevêque de Buenos Aires, le cardinal Mario Poli, apporte son appui à la Fraternité sacerdotale saint Pie X de Mgr Lefebvre (FSSPX) en vue de l'obtention de sa reconnaissance par l'Etat argentin. Cette démarche n'a probablement pas pu se faire sans l'aval du pape François, estiment les observateurs

i) 5 juin 2015

www.lavie.fr/…/mgr-fellay-mand…
La Congrégation pour le doctrine de la foi (CDF) mandate Mgr Bernard Fellay, comme juge de première instance pour le procès d'un de ses prêtres, accusé de crime grave. Mgr Fellay note avec ironie: “J’ai été mandaté par Rome pour rendre des jugements selon le droit canon, concernant certains de nos prêtres appartenant à un groupe qui, pour le Saint-Siège, n'existe pas.”

 

j) 1er septembre 2015

w2.vatican.va/…/papafrancesco_20150901_lettera-indulaenza-aiubileo-misericordia.html
Le pape autorise les prêtres de la FSSPX a confesser durant l’Année de la Miséricorde. Dans une lettre au Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation, il écrit:

Une dernière considération s’adresse aux fidèles qui, pour diverses raisons, désirent fréquenter les églises où les offices sont célébrés par les prêtres de la Fraternité Saint Pie X. Cette Année jubilaire de la Miséricorde n’exclut personne. Certains confrères évêques m’ont fait part en plusieurs occasions de leur bonne foi et pratique sacramentelle, unie toutefois à la difficulté de vivre une situation pastorale difficile. J’espère que dans un proche avenir, l’on pourra trouver les solutions pour retrouver une pleine communion avec les prêtres et les supérieurs de la Fraternité. Entre temps, animé par l’exigence de répondre au bien de ces frères, j’établis, par ma propre disposition, que ceux qui, au cours de l’Année Sainte de la Miséricorde, s’approcheront, pour célébrer le Sacrement de la Réconciliation, des prêtres de la Fraternité Saint Pie X recevront une absolution valide et licite de leurs péchés.”

Le soir même, Mgr Fellay remerciera le pape de ce geste canonique.

k) 22 septembre 2015

blog.messainlatino.it/…/arcivescovo-di-…
L'archevêque de Ravenne invite la FSSPX à célébrer régulièrement dans une de ses paroisses, pour répondre aux besoin des fidèles faisant une demande de messe traditionnelle. Le blog Missa in Latino observe:
après l'annonce du pape sur les confessions licites de la part des prêtres FSSPX, l'épiscopat italien ne tarde pas à s'aligner. Ainsi ce qui était impensable hier est aujourd'hui permis, voire souhaité”.

l) 17 janvier 2016

www.dici.org/…/mgr-de-galarret…
Dans une conférence à Bailly, Mgr de Galarreta déclare: “Je pense que le pape va aller dans le sens d’une reconnaissance unilatérale.”

m) 22 janvier 2016

www.dici.org/…/etats-unis-conf…
Dans une conférence aux USA, Mgr Fellay précise divers points. Sur la juridiction accordée pour confesser “Ce n’est pas juste une délégation de pouvoir, c’est un pouvoir ordinaire d’entendre les confessions. En temps normal, ce pouvoir est accordé au prêtre par l’évêque. Mais, dans le cas présent, nous l’avons reçu directement du pape. C’est très rare mais il peut le faire. (...) Et cela implique aussi, nécessairement, que toutes les sanctions qui pesaient sur les prêtres de la Fraternité Saint-Pie X, sont levées. Les sanctions et la permission de confesser ne pourraient aller de pair, ce serait absurde.”

Sur les relations avec Rome:

il n’y a absolument aucun doute que le pape est personnellement impliqué dans notre dossier [...] Il nous connaît très bien et la façon dont il se comporte nous oblige à penser qu’il éprouve de la sympathie à notre égard... Cela peut sembler contradictoire ! Personnellement, je pensais vraiment que nous allions de nouveau être condamnés par Rome, mais c’est le contraire qui arrive.”

Sur le pape François et la Fraternité Saint-Pie X

On lui a offert la biographie de Mgr Lefebvre, il l’a lue deux fois ! Ce qui ne se fait pas si l’on ne s’intéresse pas à ce sujet. Il dit souvent publiquement qu’il ne faut pas se renfermer sur soi, qu’il ne faut pas rester entre nous mais prendre soin de ‘la périphérie’, etc. Et il voit que c’est exactement ce que nous faisons. Nous allons chercher les âmes là où elles se trouvent, nous essayons de les aider, et je suis à peu près sûr que le pape voit tout cela et qu’il en est satisfait. Peut-être qu’il n’est pas content de tout ce que nous faisons, mais de cet aspect-là, oui.”

Sur la régularisation de la Fraternité:

“Il est impossible de vous dire ce qui va se passer demain. Est-ce que nous allons être reconnus ? Sincèrement, je n’en ai aucune idée. Pourquoi ? A cause de la situation de l’Eglise ! A Rome même, certains veulent notre mort. Ils veulent que nous soyons condamnés ! Qui va l’emporter ? Le pape ou les autres ? Je suis navré de vous dire que je ne sais pas.”

n) 1er avril 2016
fr.radiovaticana.va/…/1220135

Le pape François et Mgr Fellay se rencontrent à Rome. Mgr Pozzo évoque une rencontre "très cordiale et constructive qui représente un pas supplémentaire sur le chemin de la réconciliation que nous souhaitons".

o) 10 avril 2016

www.dici.org/…/les-joies-melee…
Dans un sermon au Puy-en-Velay, Mgr Fellay donne des détails sur sa rencontre avec le pape François.... “il nous a expliqué que sous Benoît XVI, à la fin de son pontificat, avait été fixée une date butoir, et que si la Fraternité n’acceptait pas la proposition romaine jusqu’à cette date, il était décidé que la Fraternité serait excommuniée, et le pape François de nous dire : c’est probablement le Saint-Esprit qui a inspiré le pape Benoît XVI et qui lui a fait dire quelques jours avant sa démission d’abandonner cette idée, car Benoît XVI a dit : Je laisse cette affaire à mon successeur. Et au successeur, le pape François, a été proposé... on a mis sur son bureau notre excommunication en disant : il n’y a qu’à mettre la date et la signature. Et le pape François de dire : Non, je ne les excommunie pas, je ne les condamne pas

et aussi:

il nous a dit : le pouvoir de confesser, bien évidemment il continue après (l’Année sainte), et aussi donner l’extrême onction, et aussi pour l’absolution de l’avortement, tout cela continue. A ce moment-là je lui ai dit : Pourquoi pas pour les autres sacrements alors ? Il était tout à fait ouvert, on va voir comment les choses vont se développer.”

.... et avec Mgr Pozzo:

il nous a dit : Vous avez le droit de défendre votre opinion sur la liberté religieuse, sur l’œcuménisme, sur les relations avec les autres religions, exposées dans Nostra ætate. C’était tellement surprenant que je lui ai dit : Ce n’est pas impossible que je vous demande de venir nous dire cela chez nous.”

Et aussi:

Mgr Pozzo nous a dit : Il faudrait bientôt penser à établir un séminaire en Italie!”

p) 22 juin 2016

http://tradinews.blogspot.fr/2016/06/diocese-de-ratisbonne communique de.html
L’évêque de Ratisbonne, sur le territoire duquel est situé le séminaire de Zaitkofen (FSSPX), annonce que les ordinations sacerdotales n’entraine plus de sanctions, à la demande de Rome:
Les ordinations sont simplement tolérées et acceptées, sans sanction. Cela résulte d’une concession que le Saint Siège accorde sans contrepartie, en vue du rapprochement espéré de la Fraternité, après un temps de réflexion intense et d'examen.”

q) 29 juin 2016

http://www.dici.ora/actualites/communique-du-superieur-aeneral/
La FSSPX réaffirme ses principes de manière forte à la suite d’une réunion de ses membres les plus éminents: “La Fraternité Saint-Pie X, dans l’état présent de grave nécessité qui lui donne le droit et le devoir de distribuer les secours spirituels aux âmes qui recourent à elle, ne recherche pas avant tout une reconnaissance canonique, à laquelle elle a droit en tant qu’œuvre catholique. Elle n’a qu’un désir : porter fidèlement la lumière de la Tradition bimillénaire qui montre la seule route à suivre en cette époque de ténèbres où le culte de l’homme se substitue au culte de Dieu, dans la société comme dans l’Eglise.”

r) 30 juin 2016

www.la-croix.com/…/Le-Vatican-esti…
Commentant la déclaration de la veille, Mgr Pozzo estime qu’il n’y pas là de quoi se formaliser:
Certaines de ces déclarations sont prévisibles, dans le sens où ils ont toujours dit cela, et d’autres sont attentistes dans le sens où ils n’entrent pas dans le détail des questions qui font actuellement l’objet des discussions et dont nous devons encore parler

s) 2 juillet 2016

Mgr de Galarreta se réjouit de la reconnaissance des ordinations de la fsspx par Rome. Il rajoute aussi :

laportelatine.org/…/galarreta_16070…
"Et alors le Patriarche de Babylone, qui est chaldéen, dit que nous sommes schismatiques. Et l’Ordinaire en France pour les Eglises orientales dit que nous sommes des illégaux. Or le Pape lui-même dit que la Fraternité, nous sommes des catholiques. Alors nous sommes des catholiques ou nous sommes des schismatiques ? J’ai avec moi la lettre qui m’a été donnée par Son Excellence Monseigneur Fellay, où la Congrégation de la doctrine de la Foi nous dit, a dit à Monseigneur, que nous pouvons procéder aux ordinations sans demander la permission des Ordinaires du lieu ; qu’il suffit de leur donner les noms des ordonnés, chose que nous ferons bien sûr, opportunément."

Oméga)
En attendant l'Oméga de la réconciliation qui sera l'acceptation totale et inconditionnelle du concile Vatican II... mais pour cela, il faudra encore un peu de patience.

 

Source : https://gloria.tv/article/5nfCofPd5LBH1K1CSF6PfCFE7

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Opération survie

Arsenius, Monastère Sainte Croix de Nova-Friburgo, le 27 Juin 2016 

 

 Compte tenu du fait que Rome a toujours refusé de revenir à la foi traditionnelle de l'Église et, par conséquent, n’a jamais considéré la reconnaissance officielle de la FSSPX de la même manière que Mgr Lefebvre la considérait, et donc logiquement n’offre aucune garantie que cette reconnaissance officielle ne sera pas un piège, le même Mgr Lefebvre jugeait qu’il n’était pas à propos de reprendre les pourparlers avec Rome tant que celle-ci n’affirmait pas devoir revenir à la foi dans les vérités révélées que la Sainte Église a toujours préservées et transmises sans faille. En bref : un accord pratique avec Rome n’aurait lieu que quand leur doctrine redeviendra conforme à la doctrine que nous professons dans la "Famille de la Tradition", qui est tout simplement la doctrine de l'Église. 

 

C’est ainsi que le comprit la Fraternité, lors du Chapitre Général de 2006, en se fondant sur ce qu'elle pensait alors être la pensée de Mgr Lefebvre, qui décida donc qu'elle ne ferait d’accord pratique avec Rome, que lorsqu’il y aurait un accord doctrinal. 

 

 Mais en 2012, le nouveau Chapitre Général en jugea différemment : il propose la possibilité d'un accord pratique sans exiger de Rome un changement dans sa doctrine moderniste. 

 

Pour lors, ils veulent instiller en nous que la pensée de Mgr Lefebvre était la suivante : on se contente de Rome des «garanties» concernant la continuation de la «Tradition», comme si cela suffisait de le part de ceux qui sont attachés à une doctrine délétère qui règne dans la tête de l'église de Rome, comme s’ils étaient dignes de confiance. 

 

Mais nous, qu'on appelle la «résistance», nous préférons penser, comme lors du Chapitre de 2006, que nous devons attendre des temps meilleurs pour accepter que Rome nous accorde un statut officiel. 

 

Dans cette même ligne de pensée Mgr Lefebvre se décida à consacrer des évêques en 1988, sans l'approbation de Rome : pour le moment notre situation ne peut pas être régularisée, nous devons donc faire ce que nous pouvons pour que nous puissions survivre. Il a appelé cela « l’opération survie ». 

 

On voit bien que ceux qui devraient perpétuer cette « opération » ont pris une voie différente pour faire face à la crise actuelle (ou du moins se soumirent au Chapitre de 2012. Mais le fait est que, officiellement, la Fraternité a pris ce nouveau chemin) il nous revient de donner à ceux qui pensent comme Mgr Lefebvre, les moyens de continuer, avec l'indispensable soutien d’évêques. 

 

Il est vrai que cette posture qui est la nôtre nous a mérité l'abandon par une partie de notre parentèle et de ceux qui hier étaient nos amis, et, de même, nous ont été gracieusement accordées les épithètes de "groupuscule" et de "tortueux". Ainsi honnis et réduits à un petit nombre, que nous importe !, nous sommes avec Celui qui est le centre de notre vie : notre Seigneur Jésus-Christ crucifié, qui est tout pour nous. Nous savons que Lui aussi, sur sa Croix, avait pour seule compagnie « un groupuscule», un petit nombre d'amis : Sa Très Sainte Mère, la Vierge douloureuse, dont le cœur triomphera, écrasant la tête du démon (« Ipsa conteret »), un évêque seulement, des douze qu’Il consacra – Saint Jean l’Évangéliste – fidèle là, à ses pieds, (« Fidelis inveniatur ») et quelques autres âmes ; lui, qui aimait la vérité (« Veritatem dilexisti »), et qui par-dessus tout désirait la fidélité à celle-ci, qu’importe le nombre de ceux qui le rejoignent. N’appliquons pas aux saintes âmes du Calvaire l'adjectif « tortueux », car il est très humiliant pour elles : alors qu’il peut très bien être juste en ce qui nous concerne. 

 

Nous ne désirons pas que le « temps » de Menzingen (pour rester dans la veine de ceux qui nous attaquent) mène à « l’échec », mais nous croyons que la déroute est aussi certaine que l’est la mort de celui qui saute du pinacle du temple. Nous croyons que s’applique à cette présente tentative ce que notre Seigneur a dit, à propos de la tentation évoquée en dernier lieu : c’est tenter Dieu.

 

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La Fraternité Saint-Pie X et l’acte du pape du 1er septembre 2015. Quand Mgr Fellay oublie de réunir son chapitre…

source :  https://gloria.tv/article/eXXQx8R4KJhk4FY2PCSkyuDfQ

 

Comme on le sait, pendant l’« Année de la miséricorde » (du 8 décembre 2015 au 20 novembre 2016), les absolutions délivrées par les prêtres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X sont couvertes par la juridiction concédée par le pape François au terme de sa lettre du 1er septembre 2015 à Mgr Rino Fisichella, président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation.

Selon le droit de l’Eglise, la juridiction accordée est dite « ordinaire ».

Telle qu’elle ressort de cette lettre, la mesure apparaît modeste, s’appliquant à un seul sacrement et pour la durée d’une année jubilaire.

Il a été précisé que l’absolution de l’avortement était incluse, et que le geste de Rome concernait également le sacrement de l’extrême-onction. Par ailleurs, la Maison générale de Menzingen a confirmé que le bénéfice de la juridiction ordinaire pour le sacrement de pénitence rendait sans objet le recours au régime de la suppléance canonique qui était invoqué depuis 1976 par la Fraternité pour ce sacrement (comme pour d’autres) conformément aux normes générales du droit.

Avec un recul de plusieurs mois, que doit-on penser aujourd’hui de cette mesure du 1er septembre 2015 ? Qu’implique-t-elle pour l’avenir ?

1) Il faut rappeler que le Chapitre général de l’été 2012 de la Fraternité Saint-Pie X avait expressément soumis une « éventuelle normalisation canonique » (sans précision quant à ses modalités) à la délibération préalable d’un Chapitre extraordinaire, chargé de vérifier que six conditions -trois obligatoires, trois simplement facultatives- étaient satisfaites (ou non), lui permettant d’autoriser (ou de refuser) une telle normalisation (cf. communiqué du 14 juillet).

On note que, parmi ces conditions, ne figurait plus l’exigence posée par le Chapitre de 2006 d’un retour (préalable) de Rome à sa tradition bimillénaire.

2) On rappelle également que l’« entretien cordial » de septembre 2014 entre le Cardinal Müller et Mgr Fellay constituait l’amorce d’un rapprochement entre Rome et la Fraternité en termes non équivoques : « procéder par paliers (…) dans un délai raisonnable vers le dépassement des difficultés (…) dans la perspective désirée d’une pleine réconciliation » (cf. communiqué du Vatican du 23 septembre).

3) Le 1er septembre 2015 était diffusée la lettre du pape concédant la juridiction. La mesure ne résulte pas d’un « accord » entre Rome et la Fraternité, mais d’un acte unilatéral du pape usant de son pouvoir plénier dans l’Eglise (Mgr Fellay a précisé que « comme tout le monde », il l’avait « appris par la presse »).

4) Le même jour 1er septembre, le Supérieur général faisait publier un communiqué exprimant « sa reconnaissance au souverain pontife pour ce geste paternel ».

                                                                                                                                                                             

5) Les modalités de la concession sont atypiques : la juridiction est attribuée aux prêtres de la Fraternité selon un procédé inhabituel, elle est au surplus très limitée et d’application temporaire. L’acte du 1er septembre 2015 n’en demeure pas moins une « normalisation canonique » au sens de la décision du Chapitre de juillet 2012, celui-ci n’ayant pas opéré de distinctions entre normalisation partielle ou complète, unilatérale ou consensuelle, temporaire ou définitive, etc… et la vérification des six « conditions préalables » posées par ce Chapitre n’ayant plus de raison d’être, du fait de l’acceptation de la mesure papale par le Supérieur général.

6) A l’analyse, cette « mini-normalisation » (deux sacrements, pour une année) se présente comme une première expérience de coexistence entre la Fraternité et son environnement « conciliaire », et un test de sa docilité envers l’autorité détentrice du pouvoir légitime dans l’Eglise.

Depuis la rencontre au « climat cordial » de Mgr Fellay avec le pape, début avril 2016 à Rome, il est acquis que la juridiction actuelle sera prorogée après le 20 novembre, et qu’une extension à d’autres sacrements n’est pas écartée.

Ce qui montre bien que, loin de rechercher avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X une « pleine communion » dans la foi et la tradition authentiques de l’Eglise, l’habile démarche du pape vise en réalité à placer progressivement la FSSPX sous son contrôle, pour neutraliser en douceur son opposition au Concile et lui faire oublier à terme la protestation catholique de son Fondateur.

Ainsi comprise, la mesure d’apparence anodine du 1er septembre 2015 prend tout son sens, celui du premier pas discret d’un processus d’assimilation-intégration.

7) A l’automne dernier, les risques de ce processus ne pouvaient échapper au Conseil général de Menzingen, rendant alors d’autant plus impérative la réunion du Chapitre prévue dans le communiqué du 14 juillet 2012. Et pourtant, le Supérieur général n’a pas convoqué ce Chapitre extraordinaire. La procédure d’autorisation mise en place par l’instance suprême de la Fraternité dans un but de protection, n’a donc pas été appliquée ; et le motif de cette omission n’a pas été donné.

8) Ayant accepté seul et sans l’autorisation du Chapitre cet acte préliminaire du pape, Mgr Fellay pourra-t-il s’opposer aux mesures complémentaires de normalisation déjà envisagées (cf. son sermon du Puy du 10 avril 2016) ou à une reconnaissance canonique plus complète ? Pourra-t-il refuser de ratifier l’« accord fondamental » sur « la valeur du Concile », tel que le requiert le pape pour une érection de la Fraternité en prélature personnelle (cf. interview au journal La Croix du 16 mai 2016) ? A considérer l’évolution en cours, on ne saurait désormais l’affirmer.

9) Le désir de remédier à une situation canonique prétendue « irrégulière » a conduit la Fraternité à différer sans cesse l’affrontement décisif sur la doctrine. Faute d’avoir exigé une renonciation de Rome aux erreurs conciliaires avant de consentir à recevoir la juridiction ordinaire attribuée par l’acte du 1er septembre, elle s’est enfermée dans un piège : elle ne pourra plus invoquer l’état de nécessité et prendre, s’il y a lieu sans l’accord de l’autorité, les dispositions utiles à la sauvegarde de la foi et du sacerdoce, mis à mal par Vatican II et ses réformes.

La capitulation de la Fraternité Saint-Pie X, face à la Rome néo-moderniste et néo-protestante dénoncée par Mgr Lefebvre dans sa déclaration de 1974, est donc devenue effective au 8 décembre 2015, date de l’ouverture de l’Année de la miséricorde par le pape François.

13.06.2016                                                                              Recuerdo Marcelli

 

Lettre ouverte aux fidèles du Québec et d’Acadie

 

 

Note de France Fidèle : Après mûres réflexions et prières, Monsieur l'abbé Pierre Roy a pris la décision de quitter la fsspx.  Il en donne ici les motifs.  Nous l'assurons de nos prières sacerdotales. 

 

 

Lakeville, 3 juin 2016

Fête du Sacré-Cœur de Jésus

 

 

« La nuit est avancée; le jour approche. Laissons donc là les œuvres des ténèbres; revêtons les armes de la lumière. Conduisons-nous comme en plein jour. » Romains 13; 12-13

 

 

Chers fidèles,

 

 

Cette lettre a pour but de vous faire part de ma décision de quitter la Fraternité Saint-Pie X. Malgré mon sermon du 17 avril dernier, plusieurs seront étonnés d’apprendre mon départ. Je voudrais par conséquent que ces quelques lignes vous manifestent plus clairement les raisons pour lesquelles je pars.

 

Je voudrais tout d’abord vous dire que je ne souhaitais pas que mon sermon du 17 avril dernier soit publié urbi et orbi et j’ai moi-même fait tout ce que j’ai pu pour empêcher sa diffusion. Je prêchais pour la chapelle de Montréal, portion du troupeau du Seigneur qui m’a été confiée par mon supérieur. Cela dit, le Seigneur a voulu qu’il en soit autrement. Que son saint Nom soit béni!

 

Je suis né et j’ai grandi au sein de la Fraternité. Je dois tout à l’œuvre de Mgr Lefebvre. C’est pourquoi je suis bien conscient de la gravité du geste que je pose devant Dieu et devant vous et conscient aussi de devoir en rendre compte un jour au Tribunal du Juste Juge.

 

Depuis plusieurs années déjà les autorités de la Fraternité – elles ne s’en cachent plus – organisent notre ralliement à la Rome apostate. Est-il légitime de se mettre sous des autorités qui ont abandonné la vraie Foi ou d’accepter de leur part une reconnaissance à condition qu’on ne nous demande « aucun compromis[1] »? Je vous laisse en juger par ces paroles du pape Pie XI : « Personne sans doute n’ignore que saint Jean lui-même, l’Apôtre de la charité, que l’on a vu dans son Évangile, dévoiler les secrets du Cœur Sacré de Jésus et qui ne cessait d’inculquer dans l’esprit de ses fidèles le précepte nouveau:  « Aimez-vous les uns les autres », interdisait de façon absolue tout rapport avec ceux qui ne professaient pas la doctrine du Christ, entière et pure:  « Si quelqu’un vient à vous et n’apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison et ne le saluez même pas  » (Joan. II, 10). C’est pourquoi, puisque la charité a pour fondement une foi intègre et sincère, c’est l’unité de foi qui doit être le lien principal unissant les disciples du Christ. Comment, dès lors, concevoir la légitimité d’une sorte de pacte chrétien, dont les adhérents, même dans les questions de foi, garderaient chacun leur manière particulière de penser et de juger, alors même qu’elle serait en contradiction avec celles des autres? Et par quelle formule, Nous le demandons, pourraient-ils constituer une seule et même société de fidèles, des hommes qui divergent en opinions contradictoires?» Mortalium Animos

 

Vous savez également, chers fidèles, que la Fraternité a toujours dit dans le passé qu’il était illégitime de s’accorder avec ceux qui se sont écartés de la Tradition et qui ne professent plus la Foi catholique dans son intégrité. Pourquoi donc nous sommes-nous permis de critiquer pendant trente ans la Fraternité Saint-Pierre? Pourquoi avons-nous plus récemment critiqué Campos? Pourquoi avons-nous rejeté les accords de l’Institut du Bon-Pasteur en 2006? Ayant récemment affirmé à un supérieur qu’il faudra que nous cessions de critiquer ces communautés, j’ai reçu la réponse suivante : « Ah, mais nous continuerons de les critiquer! » J’ai alors demandé pourquoi, au nom de quel principe. Je n’ai évidemment pas reçu de réponse.

 

Non, soit nous nous sommes trompés depuis 1988 et même depuis 1975, soit nous nous trompons depuis 2012. À moins qu’on ne se soit rallié également à une conception subjective de la vérité : ce qui était vrai en 1988 ne l’est plus désormais. Dernière solution – qui est celle au nom de laquelle on semble tout légitimer – : la situation a changé. Nous assistons, dit notre supérieur général, à un tournant dans l’histoire de l’Église : on ne veut plus nous imposer le Concile; le pape François «paraît comme quelqu’un qui voudrait voir tout le monde sauvé, que tout le monde ait accès à Dieu[2] », dit-il encore. Jésus n’a-t-il pas dit : « Celui qui m’aime garde mes commandements » (Jean XIV,15)? On peut légitimement se demander si le pape François, qui nie pratiquement les commandements de Dieu à la face de la terre entière, cherche vraiment à sauver les âmes. D’autre part, Mgr Lefebvre n’a-t-il pas écrit dans son Itinéraire Spirituel, qui est son testament à ses prêtres : « Il est du strict devoir de tout prêtre et tout fidèle qui veut rester catholique de se séparer clairement de l'Eglise conciliaire, aussi longtemps qu'elle ne retrouvera la tradition du Magistère de l'Eglise et de la foi catholique ! " [3], comme nous le rappelait Mgr Tissier de Mallerais il n’y a pas si longtemps?

 

Certains diront : « Ce n’est pas encore fait. Attendez que ce soit fait! » C’est ce que j’ai moi-même dit à plusieurs d’entre vous, chers fidèles, depuis des années, espérant et croyant sincèrement que les autorités de notre Fraternité feraient demi-tour. Mais je dois me rendre à l’évidence qu’il n’en est rien. Jour après jour, déclaration après déclaration, on continue d’inoculer dans l’âme des fidèles et des prêtres, l’erreur pernicieuse selon laquelle il serait légitime de rechercher de la part des autorités conciliaires une reconnaissance et une juridiction qui, en raison des défaillances quotidiennes dans la Foi des dites autorités, sont plus que douteuses. Cette erreur qui s’insinue dans les esprits de chacun fait que des prêtres qui étaient connus pour leur intransigeance doctrinale (ce qui est une vertu) deviennent de moins en moins combatifs et seront bientôt prêts à toutes les trahisons.

 

Cela se fait de façon progressive et sans que nous nous rendions vraiment compte des ambiguïtés qu’on introduit. On a commencé par nous convaincre qu’un Motu Proprio qui met sur le même pied et même qui subordonne le Sacrifice de Notre-Seigneur Jésus-Christ à ce que Mgr Lefebvre appelait très justement la « messe de Luther » était bienvenu et bénéfique. On a remercié les autorités conciliaires pour ce geste, tout en maintenant timidement que seule la messe de Saint Pie V est légitime. C’était un premier pas, ou plutôt un premier faux pas. On nous dira : Le Motu Proprio n’a-t-il pas produit des résultats merveilleux? Mais depuis quand les résultats pratiques sont-ils devenus plus importants que la pureté de la doctrine du Christ? Depuis quand la vérité profite-t-elle de nos compromis humains? «Ne faites pas le mal pour qu’il en sorte du bien», nous dit l’Apôtre. (Romains 3;8)

 

On nous a ensuite convaincus qu’il était acceptable de chanter un Te Deum solennel pour la publication d’un document qui, en levant les « excommunications » des quatre évêques consacrés par Mgr Lefebvre, redit en principe que nos évêques étaient bel et bien excommuniés. Ce décret de levée des fausses sentences portées à l’encontre de nos évêques n’est rien d’autre en définitive qu’une nouvelle condamnation du geste posé par Mgr Lefebvre que nous avons encore l’insolence après cela d’appeler « notre vénéré fondateur ».

 

Ne mettant pas en pratique les conseils de Saint Jean ni ceux de Notre-Seigneur Jésus-Christ («Gardez-vous des faux prophètes.» Matthieu 7; 15), de discussions en discussions, de rencontres en rencontres on finit par faire tomber les méfiances qui sont plus que légitimes et salutaires devant des personnes qui nient la royauté de Notre-Seigneur Jésus-Christ. C’est ainsi que notre supérieur est devenu selon le pape François un homme « avec qui on peut dialoguer [4] », avec qui celui qui dirige en ce moment la subversion et la destruction de l’Église de Notre-Seigneur Jésus-Christ estime qu’on fait «du bon travail.[5]» Comment s’étonner après cela qu’on nous accorde de grand cœur une juridiction pour les confessions (juridiction qui ne nous faisait pas défaut)? Comment dire que nous ne demandons rien, que c’est Rome qui nous donne tout? N’avons-nous pas naguère demandé la juridiction douteuse de la Rome conciliaire pour les autres sacrements? Non, vraiment, nous ne demandons rien! Rome qui flagelle Notre-Seigneur Jésus-Christ nous veut du bien! C’est plutôt inquiétant : de quel côté sommes-nous?

 

Cette nouvelle ligne de conduite de notre Fraternité est imposée aux prêtres, à de nombreux prêtres qui ne l’ont jamais désirée. Réduction au silence, mutations, promotions, procès, menaces, promesses, exclusion, tout devient légitime quand il s’agit de défendre la « position de la Fraternité » qui est en fait – comme toujours dans les révolutions – la position d’une minorité qui a pris le pouvoir et qui manipule avec habileté une majorité passive. Après mon sermon du 17 avril dernier, outre la réaction désespérée de certains confrères, on m’a donné l’ordre de me taire. On a voulu me faire promettre sur mon sacerdoce (!) de ne plus parler du haut de la chaire de la question d’un accord avec Rome qui a perdu la Foi. « Vous avez beaucoup d’autres choses dont vous pouvez parler » m’a-t-on dit. Bien sûr, je suis conscient que l’objet principal de notre prédication n’est pas le ralliement de notre Fraternité à Rome, mais l’Évangile de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Mais je tiens à faire remarquer – vous en êtes témoins, chers fidèles – que c’était la première fois en cinq ans de ministère, que je parlais directement de cette question du haut de la chaire. J’ai refusé d’être réduit au silence. J’ai cependant promis que j’avertirais les supérieurs avant de parler de nouveau de cette question en chaire. « Si vous avez l’intention d’en parler de nouveau, m’a-t-on dit, vous aurez droit de confesser et de dire la messe, mais vous ne pourrez plus prêcher. Sinon, partez de la Fraternité et dites ce que vous voulez. » C’est ce que je fais, chers fidèles, car un prêtre doit prêcher et mettre en garde le troupeau contre les loups qui risquent de le dévorer.

 

Je n’ai pas de certitude absolue que la Fraternité se ralliera à Rome. Cependant, j’ai la certitude morale qu’elle le fera, étant donnée la volonté exprimée clairement et à de nombreuses reprises de la part aussi bien de Rome que de la Fraternité d’en arriver à un arrangement et étant donné également le ralliement de ces derniers mois des dernières voix épiscopales qui s’y opposaient fermement. Que Dieu nous préserve de ce malheur, cela continuera malgré mon départ d’être ma prière fervente!

 

En attendant, ayant le jour de mon baptême renoncé non seulement à Satan et aux œuvres de Satan, mais également à ses séductions, je ne peux accepter que mon âme immortelle soit vendue à la secte conciliaire, mais je ne peux accepter non plus qu’elle soit mise en vente. Le fait par conséquent que les supérieurs de la Fraternité aient manifesté à de nombreuses reprises leur acceptation d’un accord pratique sans que les autorités de Rome ne soient revenues à la vraie Foi me suffit à poser prudemment le geste que je pose non sans avoir prié longuement et pris conseil auprès de prêtres prudents. Il n’est absolument pas question pour moi de me taire plus longtemps sur ce qui se fait. J’ai gardé le silence trop longtemps, espérant et vous promettant, chers fidèles, que les supérieurs finiraient par ouvrir les yeux. Mais plus le temps est passé, plus j’ai dû me rendre à l’évidence que ceux qui nous dirigent n’ont pas l’intention de rebrousser chemin.

 

J’ai dû l’avouer moi-même, parler ouvertement de la trahison que nous vivons est affaire très délicate si l’on reste à l’intérieur de la Fraternité. C’est pourquoi je pars : pour pouvoir prêcher la vérité dans son intégrité, puisque j’aurai un jour à rendre compte de chacune des âmes qui m’aura été confiée. Garder le silence ne m’est plus possible sans me rendre coupable devant Dieu.

 

J’ai moi-même par le passé sévèrement critiqué les agissements de ce qu’on appelle la «Résistance», que d’autres appellent la «Subversion», d’autres encore la «Fidélité». Je dois dire qu’outre le fait que je ne voyais pas à ce moment les choses aussi clairement que je les vois à présent par la grâce de Dieu, je réagissais principalement aux exactions de certains des confrères qui ont visité notre province et qui ont vu clair mais se sont comportés de façon plutôt cavalière, jetant ainsi le discrédit sur la position courageuse de ceux qui n’acceptent pas la trahison qu’on nous impose. Je tâcherai donc avec la grâce de Dieu d’éviter les attitudes que je dénonçais et de consacrer mon énergie à reconstruire plutôt qu’à m’en prendre à ceux qui veulent nous mettre dans les mains de Rome. Cela dit, dénoncer les erreurs et les tromperies demeure une nécessité et je le ferai avec le secours de Dieu.

 

Plusieurs prêtres clairvoyants n’ont pas le courage de réagir à ce qui nous est imposé. Je crois que la raison principale qui les retient est la crainte de briser l’unité des institutions qui ont été si difficiles à construire. Comment accepter qu’en divisant les fidèles, on risque de contribuer à la fermeture de telle ou telle chapelle? Il faut répondre à cela que ce ne sont pas les prêtres fidèles qui sont à l’origine de la division qui gronde dans nos rangs, mais bien les autorités de la Fraternité qui veulent nous faire croire qu’on assiste en ce moment à un tournant dans la situation de l’Église alors que la situation n’a pas changé, seules les têtes ont tourné. Chers fidèles, si les dirigeants de la Fraternité continuent de semer par leurs positions troubles méfiance et confusion, la division ira croissante et il pourra même devenir nécessaire de la faire éclater au grand jour dans nos régions pour le bien de tous.

 

Pour ma part, je voudrais que le Seigneur m’épargne de devoir briser prématurément l’unité des quelques chapelles que nous avons au Canada-français. C’est pourquoi j’ai pris la décision de me retirer pour l’instant en Acadie. Les fidèles de ces régions n’ont pas accès de façon habituelle à la vraie Messe et aux vrais Sacrements. Ils sont la plupart du temps sans les secours spirituels. Ils doivent élever leurs enfants sans le soutien de l’Église. Aussi ai-je cru bon de me retirer dans ces régions et de concentrer mes efforts à développer les petits groupes qui n’ont que bien peu d’accès aux sacrements, espérant un jour pouvoir remettre dans les mains de la Fraternité des communautés rendues plus ferventes et plus nombreuses par la grâce de Dieu et par mon ministère. Car c’est bien mon espérance la plus grande : que la Fraternité fasse demi-tour de façon claire et sans équivoque, que je puisse lui remettre les missions et que je puisse moi-même rentrer dans les rangs et profiter de nouveau du cadre sacerdotal que nous offre notre Fraternité. Je me fais peu d’illusion sur cette possibilité, mais un miracle demeure toujours possible…

 

Il demeure cependant évident que plus la situation ira se dégradant, plus il deviendra nécessaire de s’occuper des âmes qui se sentent trahies et trompées au Québec. Mon espérance est que d’autres prêtres se lèvent et viennent porter le secours de la vérité à ceux qui la désirent pour eux et pour leurs enfants. Car s’il est évident que la Fraternité continue de nous donner le secours des sacrements – dont il serait illégitime de se priver sans raisons très graves – ce n’est pas une petite chose dans cette crise de l’Église d’avoir accès à une prédication intègre de la vérité et de continuer de voir clair dans les événements pénibles que nous traversons.

 

Pour terminer, je vous demande de prier que d’autres prêtres trouvent la force de se joindre à ceux qui élèvent la voix pour que de véritables prieurés puissent être fondés pour le bien des prêtres et des fidèles. Vous devez bien sûr toujours prier pour que ceux qui nous dirigent ouvrent les yeux et reviennent aux positions que la Fraternité a toujours tenues. Mais le Seigneur donne-t-il sa grâce à ceux qui s’obstinent malgré toute évidence dans un chemin douteux et dangereux?

 

            Vous suppliant de prier pour moi, je vous assure également, chers fidèles, de ma prière à l’autel et de ma bénédiction.

 

 

« Servez le Seigneur dans la joie! » Ps. 99

 

Abbé Pierre Roy

Mission Notre-Dame-de-Joie

1974 Route 134

Lakeville, E1H 1A6

Nouveau-Brunswick

 

 


[1]http://laportelatine.org/publications/entret/2016/fellay_national_catholic_register_160513/fellay_national_catholic_register_160513.php

[2] http://www.dici.org/actualites/entretien-avec-mgr-bernard-fellay-dans-le-national-catholic-register/

[3]http://laportelatine.org/mediatheque/sermonsecrits/tissier_150101_chicago/tissier_150101_chicago.php

[4] http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2016/05/pape-fran%C3%A7ois-mgr-fellay-est-un-homme-avec-qui-on-peut-dialoguer.html

[5] Idem

 

 

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De la subversion

 

Par Alexis  Curvers

Pensées choisies dans Itinéraires de nov. et déc. 1971.

 

SOURCE:  Dominicains d'Avrillé

 

C’est à se demander pourquoi on se fatigue à écrire, dans une époque où les gens ne savent plus lire.

 

Le grand secret, le grand œuvre, le grand art de la subversion sous toutes ses formes c’est de parler véhémentement dans un sens et d’agir d’autant plus énergiquement dans le sens contraire. Le peuple croit ce qu’il entend et il ne comprend pas ce qu’il voit. Du moins fait-il semblant pour peu qu’on l’y décide par l’endoctrinement et par la terreur. Ainsi le régime fonctionne en perfection quand tout le monde fait semblant : ceux qui commandent et ceux qui obéissent…

 

Docteurs qui prêchent le oui et le non ensemble. Ils savent très bien que le non sera seul suivi d’effet dans l’événement que leur discours prépare, au lieu que le oui restera lettre morte. Leur oui et leur non sont l’aile droite et l’aile gauche d’une armée qu’un stratège déploie sur le terrain pour cacher ses desseins par une fausse symétrie : l’aile droite a pour mission de se faire tuer sur place, à seule fin de couvrir et de favoriser la manœuvre que l’aile gauche se réserve d’exécuter sans coup férir.

 

Il est bon de se rappeler qu’on est presque toujours trahi, et qu’on ne l’est jamais que par ses chefs. Le grand art de la subversion, et la première condition de sa victoire, c’est de prendre pour agents d’exécution les représentants légitimes de l’autorité qu’elle cherche à détruire. C’est pourquoi elle commence par maintenir ou porter au pouvoir deux sortes d’hommes : soit des hommes faibles qu’elle sait incapables de lui résister, soit des hommes forts qu’elle sait être à sa dévotion, et seuls capables d’organiser eux-mêmes le désordre qui à leur tour les anéantira.

 

La seule chose qui m’étonne encore, c’est que la dégringolade ait été si rapide, et traîne cependant en longueur.

 

N’est-il pas très utile, s’il en est encore temps, de détromper les indécis, les ignorants et les crédules sur les véritables fins et moyens de la Révolution qui va les engloutir ? Non, car de deux choses l’une : ou bien ils n’ont pas encore vu ce qui crève déjà les yeux, ou bien ils préfèrent ne pas le voir ; et dans les deux cas, ils ne se laisseront pas éclairer, encore moins convertir. Les preuves les plus éclatantes ne les réveilleront pas. Aveugle ou s’aveuglant, ce troupeau se réglera toujours sur le parti du plus fort.

 

Mille fois dénoncée, et par ses propres actes, la Révolution quant à elle, ne s’avouera jamais pour ce qu’elle est. Peu lui importe qu’on la croie quand elle proteste de ses bonnes intentions. Il lui importe seulement qu’on feigne de la croire, par une obéissance qu’on obtient sans peine en feignant d’être elle-même le parti le plus fort.

 

Le docteur Goebbels avait raison : les plus gros mensonges, les trucs les plus éculés sont toujours ceux qui prennent le mieux. Ils prévalent aujourd’hui avec un renouveau de succès…

La vérité rend fous furieux les partisans de l’erreur et du mensonge, tandis que l’erreur et le mensonge laissent en général fort tranquilles ceux qui pourtant connaissent la vérité.

La vérité n’a pas de chance. Elle se laisse attaquer par des gens sans scrupules, et volontiers se fait défendre par des gens sans courage. A peine sort-elle du puits qu’elle reçoit de ses ennemis l’ordre d’y redescendre, et de ses amis le conseil d’aller se rhabiller.

 

Pascal : « Dire la vérité est utile à ceux à qui on la dit, mais désavantageux à ceux qui la disent, parce qu’ils se font haïr. » D’où il suit que dire des mensonges est désavantageux à ceux à qui on en dit, mais utile à ceux qui en disent, parce qu’ils se font aimer.

Le premier trait de la corruption des mœurs est le bannissement de la vérité.

 

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