Attention !

 

Dorénavant, les horaires des Messes célébrées par des prêtres de l'USML sont annoncés dans 

 Apostolat - Messes - Conférences

______________________________________________________

 

 

Sermon de Mgr Thomas d’Aquin

"Continuons!"

 

Le Puy – 15 mai 2016

 

 

 

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.

 

Excellence, bien chers confrères, bien chers révérends, chers fidèles,

 

Notre-Seigneur a dit que ceux qui L’aiment garderont Sa parole. Qu’est-ce que c’est que la Tradition ? Qu’est-ce que c’est que l’exemple de Mgr Lefebvre ? Sinon celui d’avoir gardé la parole de Notre-Seigneur, dans son enseignement et dans ses actes. Et c’est ça la Tradition. La Tradition, c’est garder, malgré toutes les difficultés, la parole de Notre-Seigneur. Et pour cela, il nous faut les dons du Saint-Esprit, les dons du Saint Esprit par lesquels nous pouvons comprendre ce grand évêque qui, nous en sommes persuadé, sera un jour mis sur les autels. Mgr Marcel Lefebvre nous a montré le chemin, défendre la Foi d’une manière intrépide, sans pareille dans des circonstances jamais vues dans l’histoire de l’Eglise. Pour cela, il lui a fallu un conseil supérieur.  Certainement il a été mu par les dons du Saint-Esprit : le don de Conseil, le don de Force, tous les dons pour pouvoir accomplir ce qu’il a accompli.

 

Et qu’est-ce que nous voulons faire ? Nous voulons continuer de même ce que nous avons reçu de lui. Lui, tout ce qu’il a reçu, il l’a reçu de la Sainte Eglise, il l’a reçu des Papes qui ont condamné les erreurs modernes ; il l'a reçu, il l'a conservé, il l'a illustré, il l'a expliqué, il l'a approfondi.  Et c’est ça que nous voulons continuer.  Nous ne voulons pas autre chose.  Être des fidèles disciples de Mgr Lefebvre, comme lui un fidèle disciple de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

 

Un jour, au Barroux, je n’étais pas présent au parloir mais j’étais présent au monastère, il avait raconté une entrevue, une conversation qu’il avait eue avec le Cardinal Ratzinger (si je ne me trompe) et il a dit au Cardinal : "Pour vous, Notre-Seigneur Jésus-Christ est facultatif. Pour nous, non ! Pour nous, Notre-Seigneur Jésus-Christ est tout."  Et en disant ça, les larmes ont coulé de ses yeux ; les moines ont été très émus, très édifiés. Pour lui, Notre-Seigneur est tout. Aujourd’hui, on veut donner seulement une partie; on veut Lui donner une place mesurée, une place restreinte. Et pour ça, nous disons non. Et aujourd’hui, ce qui se passe dans la Tradition, on veut régulariser la Tradition. La Tradition n’a pas besoin de régularisation : la Tradition est la règle. La Tradition ne se régularise pas. C’est pourquoi nous poursuivons sereinement, étant sûr que nous sommes dans la Vérité ; la Vérité parce que la Tradition, c’est la Vérité.

 

Et si un jour il y a un changement, ce sont eux qui sont à Rome qui viendront à nous et non pas nous qui irons à eux. Au mieux, ils viendront à la Foi que nous défendons, vers la Tradition que nous défendons. Comment cela se fera ? Je ne sais. C’est Dieu qui mène Son Eglise, Dieu qui conduit Son Eglise.  Les solutions viendront d’elles-mêmes au moment où la Foi reviendra de nouveau à Rome. Et c’est pour ça que nous prions ; nous prions pour que la Foi revienne à Rome, la doctrine revienne à Rome. Il n’y a pas de solution à chercher en dehors de ce retour à la Foi catholique. Nous demandons à l’Esprit-Saint Ses dons pour pouvoir continuer dans la lignée de Mgr Lefebvre. Nous remercions de toute notre gratitude Mgr Williamson dont la devise est : « Fidelis inveniatur » « Qu’il soit trouvé fidèle. » Et bien, il a été fidèle. C’est grâce à lui que nous sommes ici, que nous sommes réunis ici. Grâce à Mgr Lefebvre, grâce aussi à Mgr Williamson. Remercions de tout notre cœur d’avoir été fidèle, de continuer fidèlement à transmettre ce qu’il a reçu. C’est ça aussi l’Eglise.

 

On voit cette transmission des apôtres, qui passe par Saint Pie V, par Mgr Lefebvre et arrive jusqu’à nous.

 

Il est dit aujourd’hui, au jour de la Pentecôte, quand les apôtres prêchent, lorsque Saint Pierre commence à prêcher, il convertit trois mille personnes, qui sont baptisées sur le champ, ça c’est l’Eglise catholique qui convertit toutes les nations. Un évêque français qui sauve la situation Eglise, un évêque anglais qui donne suite à cette opération de survie et maintenant qui continue. On continue. Je me rappelle : Mgr Lefebvre finissait souvent ses conférences, ses sermons : "On continue, on continue Jésus-Christ, on continue l’Eglise, on continue les sacrements, on continue les sources de salut."  Ce que nous voulons, c’est seulement ça : le salut pour la gloire de Dieu. Nous voulons travailler pour la gloire de Dieu.  Nous voulons le bien de ceux qui ne sont pas avec nous, nous prions pour eux, nous prions pour leur conversion, nous prions pour leur salut. Mais si nous refusons d’être avec eux, c’est parce que nous pensons qu’ils dévient, qu’ils se trompent en cherchant la régularisation qui va les mener à la ruine, à la ruine. A Campos, il y a une petite région avec des paysans qui au début étaient très contents des accords de Rome parce que on leur avait dit que ce n’était pas des accords, que c’était une reconnaissance : Rome reconnaissait la Tradition, ils étaient heureux. Mais avec le temps, ils ont vu que c’était pas ça. Les paysans qui n’avaient jamais quitté leur région, ne connaissaient même pas Mgr Lefebvre, dont le monde est assez restreint à la région où ils habitent. Ils ont eu du mal à comprendre la situation ; ils ont vu ensuite que ce n’était pas vrai, que Mgr Riffan déviait de la route, que cette soumission à Rome était en train d’entraîner des changements substantiels dans les conseils qu’ils recevaient au confessionnal, dans les conseils qu’ils recevaient sur la crise de l’Eglise. Alors ils ont commencé à devenir inquiets, ils sont venus nous chercher, ils nous ont demandé si nous pouvions faire le lien entre eux et la Fraternité Saint-Pie X pour qu’elle puisse les aider vers les années 2005 à peu près –je ne me souviens pas exactement- mais vers 2005. Et la Fraternité a commencé à les aider. Et puis sont venues ces années qui s’approchent de 2012. Alors, ils ont été troublés : le prêtre qui était là a commencé à parler que la régularisation ne serait pas un accord: un accord, c’est donnant-donnant et la Fraternité ne ferait pas ça. Simplement elle continuerait à recevoir de Rome des choses qui ne changeraient pas. Les fidèles ont alors dit : « Il parle de la même manière que Mgr Riffan ; il parle, il dit les mêmes arguments, il parle de la même manière ». Alors ces commentaires sont revenus à l’oreille des prêtres et le prêtre a appelé un des paysans qui s’appelle Gabriel, un homme très sensé, vrai paysan. Et il dit à Gabriel : « On dit que je parler comme Mgr Riffan ; qu’est-ce que c’est que ça ? C’est pas possible ; comment on peut dire une chose pareille.» Et le paysan, avec beaucoup de bon sens, lui a répondu : " Monsieur l’abbé, je ne connais pas , je ne sais pas quelles sont vos intentions. Mais que vos paroles sont les mêmes que Mgr Riffan disait à son époque, oui, ce sont les mêmes." Donc c’est ça le danger, on voit les mêmes arguments, on voit les mêmes paroles, on voit les mêmes procédés mèneront à la même ruine : la ruine de Campos . Aujourd'hui, à Campos, il y a les deux messes.  Mgr Riffan dit les deux messes. Et pour Mgr Riffan , celui qui refuse systématiquement de dire la nouvelle messe a un esprit schismatique.

 

Et voilà comment on détruit une œuvre qui paraissait être indestructible. Et bien, parce qu’ils n’ont pas eu la piété filiale, piété filiale vis-à-vis de Mgr de Castro-Mayer.  Ils l'ont perdu.

 

Ils ont cru que Mgr de Castro-Mayer était un évêque dépassé. Et bien, c’est Mgr Riffan qui est un évêque dépassé. Il faut garder la piété filiale, il faut garder ceux qui nous ont sauvés, ceux qui nous ont apporté le salut, ceux qui nous ont apporté la doctrine, qui ont donné la clé de la crise actuelle : c’est Mgr Lefebvre et Mgr de Castro-Mayer, Mgr Lefebvre plus que Mgr de Castro-Mayer ; Mgr Lefebvre avait une vision plus haute, plus complète mais il a été énormément aidé par Mgr de Castro-Mayer qu’il a aidé aussi énormément à se positionner mieux dans la crise actuelle. Mgr de Castro-Mayer a beaucoup reçu de Mgr Lefebvre ; c’était de vrais amis. L’amitié, c’est ça : donner à l'autre ce qu’on a de meilleur.  Ils se sont ainsi aidé l’un et l’autre.

 

Et bien c’est ce que nous désirons, nous devons rester unis, les évêques unis et amis, unis dans la fidélité à ce que nous avons reçu de Mgr Lefebvre. « J’ai transmis ce que j’ai reçu » Et c’est notre programme aussi : transmettre ce que nous avons reçu.

 

« Veritatem dilexisti » : cette devise m’a été proposée par Mgr Williamson : « J’ai aimé la Vérité ». C’est le roi David qui dit ça à Dieu dans son psaume Miserere. Et bien, il a écouté la Vérité, Nathan lui a dit la Vérité et ainsi il s’est converti parce qu’il a écouté la Vérité. Et bien, les Papes ont condamné le monde moderne, ils ont dit la Vérité sur le monde moderne ; nous devons les écouter.  Ils ont dit la Vérité sur le libéralisme, ils ont dit que le libéralisme est un péché, donc nous ne devons pas faire ça. Les Papes ont parlé comme Nathan. Et nous sommes nés dans ce monde libéral : il y a toujours quelque chose en nous qui est encore un peu… Nous sommes des fils d’Adam et Ève. Le baptême a effacé le péché originel ; les plaies, les cicatrices qu’il a causées dans notre intelligence, dans notre volonté, dans notre sensibilité sont toujours là. C’est pourquoi nous avons besoin de beaucoup prier, de demander à l’Esprit-Saint qu’Il achève cette œuvre qui a été commencée au baptême, qu’Il nous simplifie et qu’Il nous rende fidèles en tout ; qu’on écoute les Papes, les Papes qui ont condamné le libéralisme et les erreurs modernes, qu’on écoute l’Eglise, l’Eglise catholique, non pas l’église conciliaire. C’est un grand mystère qui se passe devant nous. Écoutons Mgr Lefebvre qui a bien compris, bien analysé, nous a donné la solution.

 

Continuons ! Et bien on continue avec la grâce de Dieu et l’intercession de la Vierge Marie. Ainsi soit-il.

 

___________________________________________________________________________________________

 

 

Camp itinérant des Amis du Sacré-Cœur

En Italie

Du 1er au 21 août prochain

De 15 à 25 ans.

 

Télécharger
tract été 2016
tract été 2016 bis.pdf
Document Adobe Acrobat 2.3 MB
Télécharger
Soutien des ASC
soutien.pdf
Document Adobe Acrobat 130.8 KB

____________________________________________________

 

J'étais au Puy....

par un pèlerin (Archet de Jeanne)

 

Quelle joie et quel réconfort que ces deux journées mémorables! Une petite troupe fidèle a parcouru quelques 25km pour rejoindre Le Puy depuis Saint-Privat d’Allier, soit la première étape du Camino en sens inverse… On peut y trouver une symbolique: tous nous avons quitté quelque lieu qui avait été notre havre catholique, avec à l’esprit la nécessité de poursuivre un combat, alors que tout semblait perdu. Tous sur les routes de Saint-Jacques! Après les premiers combats nécessairement dispersés, représentés par les lointaines routes qui mènent à Compostelle au patronage saintement belliqueux, nous faisons comme un retour pour nous rassembler sous la protection de la Notre-Dame du Puy, Notre-Dame de France, générale en chef des batailles de son divin fils.

Depuis Saint-Privat d’Allier, l’église et l’esplanade dominant une petite et profonde vallée étaient idéales pour la bénédiction et l’envoi des pèlerins. Temps frais et humide jusqu’au dimanche matin sur les plateaux et dans les gorges du Velay.


Ce fut les retrouvailles de la fidélité catholique, avec les heureuses surprises, et puis avec nos deux religieuses radieuses, la sérénité de nos prêtres, les confessions continuelles, l’exemple des séminaristes, une croisade eucharistique pieuse, des Amis du Sacré-Cœur pleins d’allant, de vaillants basques, une organisation simple (extérieurement) et réussie, une chorale venue des quatre coins de France et qui n’eut pas le temps de chauffer ses voix avant la messe de samedi soir mais elle n’en eut pas besoin, un sermon de M. l’abbé Pinaud qui se verra sans doute refuser celui du prochain jubilé, à moins que d’ici-là (voyez comme nous gardons l’espérance) Jean-Paul II soit descendu des autels, disons des tables, conciliaires, un Mgr Dom Thomas d’Aquin déjà à son rôle d’évêque. Pour marquer ce temps jubilaire, le Saint-Sacrement a été exposé toute la nuit du samedi au dimanche afin que les pèlerins y puisent une nouvelle ferveur avant de rejoindre leurs périphéries.

 

Sur le parvis, M. l’abbé Rioult proposait ses livres, dont L’Eglise et l’apostasie, dans lequel il pose les graves questions de l’heure, notamment celle de la considération à porter sur l’Eglise conciliaire et les changements de position de la fsspx. L’esprit n’est pas polémique dans le sens du plaisir à ferrailler, mais il prend acte du changement indéniable, sur la base notamment des textes de l’abbé Gleize, théologien de la fsspx. Et sans esprit partisan, il ose se poser des questions plus générales qui concernent la foi… pour ne pas la perdre.

 

________________________________________________________________________________________

 

Conférences et Messes de Mgr Thomas d'Aquin en France et en Belgique

 "Le combat de Mgr Lefebvre continue"

 

 

 * Mercredi 18 mai (soir) : Brest

          Contact : francefidele.org@gmail.com

 

 * Jeudi 19 mai (soir) : Rennes

           Contact : francefidele.org@gmail.com

 

 * Dimanche 22 Mai à Namur ( 25, rue Hector Fontaine à Vedrin

                         Tél :  00 32 81 20 10 29 ou maisondelasaintefamille@gmail.com)

                         Messe à 10 h 30 - conférence à 14 h 30

    

* Lundi 23 mai à Paris à 20h00

         Hôtel Mercure (37, place René Clair à Boulogne Billancourt - Porte de St Cloud)

 

 

 

____________________________________________________________________________________

 

Passage de Dom Thomas d'Aquin au séminaire Saint Louis-Marie Grignion de Montfort.

_____________________________________________________________________________________________

 

La Résistance Catholique au Puy pour la Pentecôte...

Le combat de la Foi continue !

 

Plus de 700 pèlerins sont venus des quatre coins de la France pour honorer leur Reine et gagner l'indulgence jubilaire du Puy. Le samedi soir, après une longue marche, ils ont pu entendre le vibrant sermon de M. l'abbé Pinaud qui encourageait tous les pèlerins à ne pas faiblir dans la Foi de toujours afin de ressembler à ces milliers de chevaliers qui partaient en croisade contre le musulman au chant du Salve.

Le lendemain, dimanche de la Pentecôte, les pèlerins eurent la joie d'assister  à la Messe pontificale célébrée par Dom Thomas d'Aquin.  Le pontife a instamment invité les fidèles à continuer le combat de la Foi à la suite de Mgr Lefebvre .

 

 _____________________________________________________________________________________

 

FSSPX – Objections à une paix canonique avec Rome

Reproduction d'une étude récente publiée sur le forum catholique par "Germain"

 

 

 

Considérations préalables

 

Ce qui suit concerne essentiellement les personnes se reconnaissant dans le combat de la Fraternité Saint Pie X et qui l’ont jusqu’à présent soutenue dans les choix qu’ils ont été amenés à faire. D’autres liront probablement ce texte : il est bien évident que dès lors qu’ils considèrent que la position actuelle de la FSSPX est illégitime (schismatique, non en communion avec Rome…) la question des accords ne peut se poser de la même façon et toutes sortes d’objections sont possibles. Mais le débat, aussi intéressant soit-il, n’est pas le même, puisque l’accord canonique devient une nécessité en soi. Je n’entends pas répondre ici à des objections tirées de l’illégitimité de l’actuelle position de la Fraternité Saint Pie X. Personne ne peut nier qu’une paix pratique avec Rome aurait des conséquences majeures, d’où un devoir approfondi de réflexion préalable. Certains espèrent beaucoup de cette paix canonique. En ce qui me concerne, je tente d’expliquer ici pourquoi je la redoute beaucoup plus que je ne l’espère au point que je la vois comme un désastre prévisible. La question n’est ici abordée que sous l’angle prudentiel : autrement dit, si la fin à atteindre est le retour de l’Église à toute la Tradition, qu’attendre de ce moyen que seraient des accords avec Rome ? Un tel jugement ne saurait être complet ; je me contenterai ici du point de vue historique. Un mot à propos de quelques termes employés ici. Ils risqueront sans doute d’en heurter quelques uns, qui parleront de raccourci ou simplification ; je les emploie néanmoins pour faciliter certains développements. J’entends par ralliée toute personne, qui historiquement a eu l’occasion d’initier ou de suivre un accord ou une paix avec la révolution, pratique ou doctrinale. J’entends par révolution, le mouvement défendant les idées révolutionnaires que ce soit sur le plan politique ou religieux (Mgr Suenens n’a t-il pas parlé du concile comme 1789 dans l’Église ?), mouvement contre lequel nous luttons depuis plus de deux-cents ans. Enfin, j’entends par paix les arrangements politiques, canoniques ou doctrinaux qu’ils soient négociés ou unilatéraux (comprenant donc dedans une éventuelle reconnaissance canonique unilatérale, en débat actuellement).

 

Objections historiques

 

Trois exemples de « paix » historiques me paraissent à bien des égards montrer des similitudes avec la situation actuelle. Le concordat de 1801, le ralliement à la république en 1892 et le ralliement de certaines communautés traditionnelles en 1988 ou après, présentent autant de situations très différentes, cependant elles ont pour point commun la réalisation d’une paix, qui se veut « stratégique » ou « pratique » avec la révolution. À partir de là, les points de comparaison sont tels que la prudence oblige à les analyser pour apprécier le bien fondé d’une telle stratégie dans le contexte actuel. Ils dépassent d’ailleurs le simple point de vue historique, il est possible d’en tirer une véritable « psychologie » du ralliement. Tout un chacun, qui a caressé ou caresse l’illusion d’une paix pratique pourra se demander s’il s’y reconnaît. Je ne ferai ici qu’ébaucher certains traits, il y aurait un livre à écrire.

 

Il faut bien sûr se garder d’être trop schématique. Il est difficile de savoir précisément ce qui se serait passé si dans chaque cas l’Église avait refusé la paix proposée. Il est impossible de refaire l’histoire au conditionnel. Il faut, notamment, mettre à part le cas du concordat ; valait-il mieux une époque de persécution pour l’Église de France ou la paix napoléonienne ? Que serait-t-il advenu si le pape avait refusé le concordat ? Il faut reconnaître qu’à vue humaine sur ce cas précis il est impossible de répondre. Il est difficile de porter un jugement définitif sur ce qui a constitué, de fait, la première paix pratique avec la révolution.

 

En revanche, inévitables ou pas, que ce soit en 1801, en 1892, ou en 1988 il y a le bilan bien réel des conséquences de ces paix. De ce point de vue aussi tout n’est pas si simple ; dans les exemples cités, il y a aussi eu des conséquences positives, quoique partielles, toujours temporaires et au final mineures par rapport à des effets globalement négatifs. Certes, le concordat a permis une certaine renaissance de l’Église en France (bien plus relative qu’on ne le présente souvent, il n’est qu’à citer les chiffres des ordinations : 6000 estimées annuellement avant la révolution, 2350 au plus haut au XIXème siècle (1830), pour une population nettement plus nombreuse). Le ralliement de 1892 a eu de manière marginale à son commencement et avant l’arrivée des gouvernements radicaux, quelques (très modestes) effets bénéfiques sous le gouvernement Méline en 1895. Les communautés ralliées, après 1988 ont permis à certains fidèles de connaître la messe saint Pie V, les plus cohérents d’entre eux arrivant ensuite jusqu’à la Fraternité Saint Pie X.

 

C’est vrai, il faut le reconnaître et le prendre en compte, par souci d’exactitude et pour ne pas tomber dans la caricature. Mais c’est avec le même souci d’exactitude qu’on doit reconnaître que ces quelques effets positifs sont bien peu de chose par rapport à un bilan fondamentalement négatif.

 

Pourtant chaque fois nombreux sont ceux qui ont milité pour ces paix et qui de ce fait, en se séparant des « intransigeants » en ont rendu possibles l’application. Plutôt que de refaire l’histoire de ces accords, ce qui a déjà été fait et ne pourrait tenir en quelques lignes, il est intéressant d’essayer de décrypter les motivations profondes, puis l’évolution de ceux qui ont été les défenseurs puis, souvent, les victimes (consentantes).

 

On note ainsi qu’à chaque fois, cette paix semble agir comme une tentation sous apparence de bien.

 

Une tentation…

 

La tentation est le ressort le plus difficile à cerner, car c’est aussi le moins avouable, mais également, à y regarder de plus près, le plus profond et le plus puissant. La plupart du temps, elle ne s’avoue pas à l’intéressé lui-même, qui a besoin d’un retour sur soi pour la reconnaître honnêtement. Dans tous les cas elle n’est bien entendue jamais publiquement avouée par ceux qui y cèdent, que ce soit consciemment ou inconsciemment.

 

Cette tentation peut avoir des ressorts et formes différents selon les contextes et les époques avec cependant comme point commun le plus fondamental à chaque fois la lassitude du combat. Ce peut être tout simplement le confort d’une vie paisible enfin retrouvée pour le chouan ou le paysan vendéen (1801). Ce peut être une carrière politique plus brillante pour des députés monarchistes tenants d’une cause qui apparaît presque perdue à la fin du XIXème siècle, ou plus largement la perspective de la fin d’une marginalisation au sein de la société pour les électeurs catholiques et monarchistes (1892). Ce peut être encore les honneurs retrouvés ou recherchés, les amitiés reconstituées, la peur de la marginalisation (mai 1988). Ce peut être enfin, aujourd’hui, la fin des persécutions verbales, la pression sociale et mondaine, des modes de vie et d’être plus relâchés au jour le jour, à moins qu’il ne s’agisse de tout cela à la fois…

 

…sous apparence de bien.

 

Il est d’autant plus difficile démasquer ces tentations que parallèlement elles se cachent derrière une illusion ou une apparence de bien : penser que la paix retrouvée rendra à l’Église son rayonnement d’antan (1801), penser que les Français vont majoritairement élire un gouvernement catholique (1892) (alors même qu’il avaient depuis déjà deux décennies la possibilité de le faire en élisant des députés monarchistes…), penser qu’ayant respecté la nécessité d’éviter un schisme on réussira à ramener l’Église conciliaire de l’intérieur vers la Tradition (alors même qu’on sera condamné au silence, voire à la compromission active) (1988)

 

L’apparence de bien est bâtie, consciemment ou inconsciemment avec une argumentation factice. Le raisonnement spécieux qui en est issu laisse penser que la victoire sera facilitée par une paix pratique avec la révolution.

 

On y croit d’autant plus volontiers qu’en son for interne on est disposé à céder à la tentation. Elle permet de se justifier, tant vis-à-vis de soi-même que vis-à-vis des autres, à tel point qu’on finit par s’en convaincre. C’est d’ailleurs une nécessité morale de croire à cette illusion pour éviter de ressentir la partie la moins avouable de ses motivations.

 

Il n’est bien entendu pas question de juger les partisans d’une paix avec Rome ou même toute personne éprouvant quelque hésitation. Cependant, tout un chacun qui réfléchit honnêtement sur le sujet pourra se poser la question.

 

Conséquences

 

L’accord passé, un seul souci va guider l’action des ralliés : celui de maintenir coûte que coûte l’accord, la paix avec les révolutionnaires. Si l’accord échoue c’est la preuve de l’erreur qui a été commise, c’est le retour forcé vers ceux qui ont refusé de marcher, qui sont devenus le repoussoir dont on ne cesse de vouloir se démarquer (les schismatiques de la Fraternité Saint Pie X, mais aussi les monarchistes intransigeants, ou encore les chouans irréductibles qui continuent de s’opposer à Napoléon) Les évêques concordataires, choisis par Napoléon, sont pieds et poings liés. Le député rallié ne peut plus défendre les intérêts de l’Église et combattre certaines lois, sous peine de casser l’alliance avec les républicains. Le prêtre Ecclesia Dei vit dans la peur des conséquences d’une prédication contre le concile.

 

L’efficacité de toute action est comme paralysée par ce souci de sauvegarder la paix. Là où l’ex-combattant devenu rallié, avait toute liberté pour agir autrefois, le rallié d’aujourd’hui doit toujours calculer, soupeser, composer et s’effrayer de toute initiative trop clairement hostile à la révolution. Comme gage de bonne volonté, et pour donner davantage de solidité à l’accord, les ralliés se trouvent forcés d’encenser les autorités révolutionnaires. Ce sont les louanges sans cesse répétées des évêques concordataires à Napoléon « restaurateur de l’Église en France » (forcément, ils lui doivent tous leur place), c’est la défense acharnée de la démocratie désormais vue comme seul régime légitime possible (Sangnier, Piou), c’est la papolâtrie des communautés ralliées à l’égard d’un Jean-Paul II ou d’un Benoît XVI. En retour, les ralliés ne gagnent pas pour autant la confiance des autorités révolutionnaires qui, méfiantes, demandent de nouveaux gages.

 

La réalisation de l’illusion qui avait justifié l’accord est comme paralysée, repoussée à plus tard, une fois la confiance des révolutionnaires gagnée et l’accord définitivement solidifié. Cette illusion qui était le motif officiel de l’accord, devient une stratégie de plus en plus floue dont la réalisation concrète est sans cesse repoussée ou réduite à presque rien, au nom de la prudence travestie par des raisons purement humaines. A la place du combat contre la révolution et les autorités révolutionnaires, fait place un silence assourdissant, ponctué tout au plus quelques demandes ou textes timides et édulcorés. L’évêque concordataire qui doit tout à Napoléon, se trouve bien embarrassé pour critiquer les articles organiques qui constituent dès 1802 un empiétement considérable sur les garanties apportées par le concordat. Le député rallié est tétanisé pour critiquer la politique anti-cléricale du gouvernement ; toute opposition le ferait suspecter de crypto-monarchisme. Le père Louis-Marie de Blignières presse – avec succès – dom Gérard de ne pas remettre le petit mémorandum de l’abbé Schaeffer sur Dignitatis humanae au cardinal Ratzinger ; « Vous allez tout mettre par terre en remettant ce texte ! ». Et dom Gérard cède ! (résultat, dix ans plus tard, le Barroux par l’intermédiaire du père Basile défendra désormais la continuité de Dignitatis Humanae et du magistère traditionnel)

 

En revanche, chacun peut désormais pleinement céder à la motivation obscure du ralliement, c’est à dire la tentation elle-même, pour ainsi dire en toute impunité, d’autant plus qu’elle n’apparaît pas directement peccamineuse, et que les barrières qui empêchaient d’y succomber sont levées. Le fait d’y céder sera le premier pas qui amènera plus ou moins rapidement à épouser les idées de la révolution.

 

Exemple, 1802 : le paysan vendéen est réinstallé dans sa ferme et peut enfin savourer une tranquillité retrouvée, qui plus est avec la bénédiction de son curé, fût-il un ancien réfractaire. Il « subit » les exhortations de son évêque prêchant le respect des autorités temporelles constituées sous le régime du concordat. La fin du combat au sens physique, entraîne petit à petit, parallèlement, l’affaiblissement du combat au niveau spirituel et moral, puis enfin au niveau doctrinal ou idéologique. Progressivement l’ancien soldat, et surtout les générations qui le suivent, deviennent plus perméables aux discours qui leur sont dispensés. Cela, d’autant plus facilement que les gouvernements révolutionnaires, malgré des tensions de plus en plus vives au fur et à mesure que le siècle avance, bénéficient toujours de la reconnaissance officielle de l’Église. Vers la fin du XIXème siècle, une politique clairement anti-cléricale fait son retour. Mais les descendants des paysans vendéens, en 1882 ou en 1905 n’ont plus la force de s’y opposer moralement et physiquement comme leurs ancêtres, alors que leur religion se trouve à nouveau persécutée. Les meilleurs se contenteront de manifester de façon plus ou moins musclée au moment des inventaires, tandis qu’une proportion non négligeable de ces mêmes paysans, descendants des chouans, aura élu ces gouvernements ouvertement anti-cléricaux. Sans même s’en rendre compte, ils seront passés dans le camp de la révolution.

 

1892 : à la fin du XIXème, les ex-députés monarchistes travaillent maintenant main dans la main avec leurs adversaires d’hier ; ils peuvent désormais penser à leur carrière au sein de l’action libérale populaire ou des chrétiens démocrates. Certains poussent la « bonne volonté » jusqu’à voter les lois anti-cléricales de séparation de l’Église et de l’État, ou des inventaires, poussant à son paroxysme la logique du ralliement. Quant aux électeurs catholiques, les voilà pleinement intégrés dans cette société de la fin du XIXème siècle. Désormais, ils voient la république comme un régime acceptable, bientôt respectable, sinon le seul légitime, rassurés en cela par le pape, l’évêque, le curé et le virage de bon nombre de leurs chefs politiques d’hier. Certes, ce n’est pas ce que veut ni dit Léon XIII, ni certaines élites catholiques qui, au départ, jouent la carte du ralliement comme pure stratégie politique. Beaucoup de fidèles doivent se sentir mal à l’aise en défendant des idées et un régime dont ils étaient les adversaires hier. Mais personne n’est là pour les mettre en garde et les inviter à redoubler de prudence envers la nature révolutionnaire des institutions républicaines : forcément, comme leurs prédécesseurs un siècle avant, comme leurs successeurs un siècle après, les clercs partisans du ralliement sont bâillonnés sous peine de voir la stratégie du ralliement condamnée.

 

1995 : des communautés Ecclesia Dei défendent désormais avec acharnement les textes du concile (Le Barroux, avec dom Basile défend Dignitatis Humanae). Suffisamment de clercs ou de revues ont décrit cette trajectoire, pour qu’il soit besoin d’y revenir ici.

 

Une grande partie des « ralliés », notamment les masses, adoptent très vite les mœurs puis les idées révolutionnaires ; ce sont souvent ceux dont les modes de vie s’en rapprochaient le plus avant, et à qui ne seront plus rappelés les principes de doctrine et de prudence.

 

En effet, qui était là en 1802 pour rappeler que la signature du concordat n’empêchait pas Napoléon d’être attaché aux principes de la révolution et d’en continuer l’œuvre insidieusement ? Certainement pas l’épiscopat concordataire qui lui était tout acquis. Qui en 1892, dans les milieux ralliés, était là pour expliquer aux électeurs que le ralliement prêché par Léon XIII n’était qu’une tactique temporaire pour christianiser le régime républicain « de l’intérieur » ? Qui en 1988, dans les milieux Ecclesia Dei avait encore suffisamment de liberté de parole pour expliquer que le refus des sacres ne signifiait pas l’acceptation de la nouvelle messe et des textes du concile ? Rappels pénibles auparavant mais qui aidaient à se maintenir dans la voie droite, devenus impossibles, au-moins publiquement, au nom de la sauvegarde de l’accord.

 

Bon nombre passent très vite du ralliement pratique au ralliement idéologique c’est à dire doctrinal. Ce reniement est souvent précédé ou accompagné d’un relâchement moral, dû aux contacts permanents avec les modes de vie des révolutionnaires, ce qui est une autre conséquence du ralliement. Ce relâchement moral facilite le changement doctrinal car, « A force de ne pas vivre comme on pense on finit par penser comme on vit ». Cependant, une minorité de ralliés, sans passer aussi vite dans le camp révolutionnaire, se tait. Les meilleurs ne rappellent leurs idées que si faiblement et si subtilement qu’ils deviennent inaudibles. Ces derniers ne représentent après quelques années qu’un pourcentage très minoritaire des ralliés qui avaient accepté l’accord à ses débuts, les autres sont devenus révolutionnaires. À ce stade, une toute petite partie fait peut-être demi-tour, quand les événements les éclairent (1999 : crise de la Fraternité saint Pierre. 1905: séparation de l’Église et de l’État) ; malheureusement, il ne s’agira que de cas isolés, trop tard pour faire réfléchir efficacement les plus faibles, qui depuis longtemps sont des révolutionnaires (au sens idéologique du terme qui peut prendre selon les époques les dénominations de « bonapartistes » (1802), « républicains » (1892) ou « conciliaires » (ces dernières décennies). Les derniers ralliés, trop orgueilleux pour reconnaître l’impasse dans laquelle ils sont, continueront à se taire et verront la génération qui suit épouser pleinement les idées révolutionnaires, faute d’avoir pu leur rappeler efficacement les principes, pour les avoir fait grandir en contact permanent avec de fausses doctrines et pour les avoir fait vivre en contact permanent avec des modes de vie et des façons d’être plus relâchés.

 

Application à la situation actuelle

 

Comparaison n’est pas raison ai-je marqué plus haut et on trouvera certainement beaucoup de différences entre aujourd’hui et les situations passées. Cependant, pour passer outre les leçons de l’histoire et s’engager sans crainte dans la voie d’une paix pratique, la prudence exigerait qu’on prouve une différence fondamentale entre la situation actuelle et les trois situations antérieures.

 

Or les similitudes avec les situations antérieures l’emportent bien au contraire et de très loin. Quel partisan actif d’un « accord » peut dire, au fond de lui-même qu’il est totalement indemne du genre de tentations décrites plus haut (fin des persécutions verbales pour certains, pression sociale et mondaine pour d’autres, ou encore relâchement dans les modes de vie et d’être plus faciles à embrasser au jour le jour, levée d’un scrupule, ou tout cela à la fois…) ?

 

A côté de la tentation, il y a aussi l’illusion, aussi puissante qu’en 1988, « transformer l’Église de l’intérieur », qui ne sonne pas très différemment de « christianiser la république » ou de « L’Église libre dans un État libre » ou encore de « l’Église restaurée par l’empereur ». À chaque fois, de jure ou de facto, même lien de subordination avec les révolutionnaires, même complexe de devoir continuer à s’opposer à ceux qui nous ont tendu la main et nous ont fait si magnanimement cadeau de l’accord. Qui peut nier que tout cela, on ne le retrouve pas cette fois ?

 

La Fraternité Saint Pie X n’échappant pas à cette évolution, les fidèles y échapperont encore moins. Il est déjà bien difficile de transmettre le flambeau à l’heure actuelle, alors que, malgré les rappels insistants et les barrières mises en place, tant de fidèles se compromettent avec les modes de vie et les pratiques contemporains. Dans le contexte d’un accord, beaucoup de digues seront rompues et les contacts avec le monde conciliaire rendront la pression intenable notamment sur la génération d’après. Cédant sur le plan comportemental, ils céderont ensuite sur le plan doctrinal et liturgique. Le courant, qui emporte facilement 80 % de la première génération « signataire », emportera à terme inéluctablement la totalité de la génération suivante, sauf Grâce particulière.

 

De tels accords sont d’autant plus frustrants qu’ils se produisent souvent à un moment où certaines victoires sont à portée de main, où encore un peu de fermeté pourrait enfin payer. Par exemple, Napoléon avoua que trois ans ne se seraient pas passé après 1802 et l’éventuel échec de ses pourparlers avec Pie VII, qu’il lui aurait tout « cédé », tant il avait besoin de l’Église pour stabiliser la société au lendemain de la révolution. Plus récemment, il est certain que le message de la Fraternité Saint Pie X, s’il n’était pas brouillé comme il l’est aujourd’hui, aurait certainement beaucoup plus de portée auprès des milieux ralliés ou conservateurs, à l’heure du pape François I et des troubles qu’il sème dans leurs milieux.

 

L’histoire n’est pas le seul élément d’un jugement prudentiel. Pourtant, force est de reconnaître que dans la situation actuelle elle plaide de toute évidence contre une paix canonique avec Rome.

 

Germain

 

_________________________________________________________________________________________

 

Les Nouvelles du Séminaire n°3

Mars-Avril 2016

 

Télécharger
Les Nouvelles du Séminaire n°3
lettre séminaire 3.pdf
Document Adobe Acrobat 1.7 MB

 

_____________________________________________________________________________________________

 

 Reconnaissance canonique unilatérale : quel danger pour la Foi ?


Peut-être pourra-t-on penser qu’après tout, si cela plaît à Rome de nous reconnaître officiellement sans rien nous demander en échange, tout est très bien et cela va même nous permettre d’avoir un plus grand rayonnement. Était-ce ce que pensait Mgr Lefebvre ?

1. Une reconnaissance canonique nous met sous de nouveaux supérieurs

« Ce transfert d’autorité, c’est cela qui est grave, c’est cela qui est excessivement grave. Il ne suffit pas de dire : "On n’a rien changé dans la pratique [1] C’est ce transfert qui est très grave, parce que l’intention de ces autorités, c’est de détruire la Tradition • »[2]

« Ce ne sont pas les sujets qui font les supérieurs, mais les supérieurs qui font les sujets »[3]

« Nous éprouvons la nécessité absolue d’avoir des autorités ecclésiastiques qui épousent nos préoccupations et nous aident à nous prémunir contre l’esprit de Vatican II et l’esprit d’Assise.[4]

A ceci s’ajoute le fait que, les évêques de la Fraternité vieillissant, lorsqu’il y aura besoin de sacrer de nouveaux évêques pour les remplacer, il faudra, pour le choix de ceux-ci, avoir l’aval de la Rome actuelle, laquelle, si elle n’est toujours pas convertie, n’acceptera jamais de candidats antilibéraux et antimodernistes. C’est courir au suicide de la Tradition.

2. Une reconnaissance canonique, même unilatérale, dans les circonstances actuelles, fait inévitablement arrêter le combat de la foi
Il y a un processus psychologique évident : lorsqu’on s’est mis sous de nouveaux supérieurs, on arrête de critiquer ses nouveaux maîtres pour ne pas risquer de perdre un statut qui a été obtenu après tant d’années de labeurs. Mgr Fellay a d’ailleurs arrêté depuis longtemps ses attaques de la Rome conciliaire, à la demande même de Rome : « Rome souhaite que nous attaquions moins ; et je suis d’accord »[5] A Arcadia en Californie le 10 mai 2015, Mgr Fellay précisera : « Quand nous voyons le pape, des cardinaux, des évêques, dire des choses mauvaises, ne sommes-nous pas prêts à les critiquer rapidement ? Mais pensez-vous que cela les aidera ? Une prière pour eux les aidera davantage. »
Mais le simple fait de ne plus dénoncer les scandales de Rome, ou de ne plus le faire que timidement et sous la pression des fidèles et des prêtres inquiets, en évitant de s’attaquer nommément au pape, fait ressembler de plus en plus la Tradition aux communautés ralliées qui ont abandonné le combat de la foi.

Il est intéressant de relire ce qu’écrivait Mgr Fellay après la reconnaissance unilatérale du clergé traditionnel de Campos (Brésil) par la Rome conciliaire :

« Une attitude de duplicité implicite est devenue comme la norme dans la situation où ils se trouvent : on souligne les points du pontificat actuel qui paraissent favorables, on passe sous un révérencieux silence ce qui ne va pas. On pourra dire tout ce que l’on voudra : le 18 janvier 2002 à Campos, il n’y a pas eu seulement une reconnaissance unilatérale de Campos par Rome, mais il y a une contrepartie : la complicité du silence. Ainsi, petit à petit, le combat s ’estompe, et on finit par s ’accommoder de la situation. A Campos même, tout ce qui est positivement traditionnel est conservé, certes, donc les fidèles ne voient pas de changement, sauf les plus sagaces qui remarquent la tendance à parler davantage et respectueusement des déclarations et événements romains actuels en omettant les mises en garde d'autrefois et les déviations d’aujourd’hui »[6]

Mgr Fellay reprocha en particulier au clergé de Campos de n’avoir pas réagi publiquement lorsque Jean-Paul II avait organisé la même réunion dans la cité de saint François (ce clergé venait de se rallier à la Rome conciliaire) :

« Il faut bien distinguer un manque à la vertu de foi elle-même d’un défaut dans la confession publique de la foi qui est nécessaire dans certaines circonstances comme l’a si bien rappelé Mgr de Castro Mayer le jour des sacres [de 1988]. Or une prévarication comme celle d’Assise réclame cette confession publique... que nous n'avons pas entendue venant de Campos[7] [et que nous n’entendons plus de Menzingen.]»

Cependant, les conséquences de ce silence sont très dangereuses pour la foi elle-même, ainsi que le faisait remarquer Mgr Lefebvre :

« Dès que [ces communautés ralliées] se taisent, elles commencent à glisser, même très lentement, jusqu’à ce qu’elles finissent par admettre les erreurs de Vatican II.[8] »

Benoît XVI lui-même l’avait constaté. Après la levée des «excommunications» et pour rassurer les évêques du monde entier sur une possible reconnaissance de la Fraternité Saint-Pie X, il leur écrivit :

«Moi-même j’ai vu, dans les années qui ont suivi 1988, que, grâce au retour de communautés auparavant séparées de Rome, leur climat interne a changé ; que le retour dans la grande et vaste Eglise commune a fait dépasser des positions unilatérales et des durcissements, de sorte qu 'ensuite en ont émergé des forces positives pour l’ensemble »[9]

3. La prélature personnelle nous fait rentrer de fait dans l’Église conciliaire

Ajoutons que LA PRÉLATURE PERSONNELLE qui serait accordée à Mgr Fellay, comme Rome le laisse entendre, et qui est une innovation du nouveau Code de Droit Canon, ne donne juridiction au prélat que sur ses prêtres. Pour ce qui est de l’apostolat, le canon 297 précise : « Les statuts déterminent également les rapports de la prélature personnelle avec les Ordinaires des lieux des Eglises particulières où, avec le consentement préalable de l’évêque diocésain, la prélature accomplit ou désire accomplir ses tâches pastorales ou missionnaires[10] » Si cette prélature était accordée, la reconnaissance dite unilatérale serait donc, ni plus ni moins un ralliement puisqu’elle mettrait prêtres et fidèles sous la dépendance du nouveau Code qui est la mise en lois des nouveautés de Vatican II.

4. Une reconnaissance canonique supprime nos protections en nous mettant dans une cohabitation dangereuse avec le clergé et les fidèles conciliaires

Donnons ici un extrait des quelques notes que Mgr Lefebvre avait remises aux supérieurs religieux lors d’une réunion qu’il avait tenue au prieuré du Pointet le 30 mai 1988 pour leur demander leur avis sur la possibilité d’une reconnaissance par Rome :

« Relations avec les évêques, un clergé et des fidèles conciliaires :

« malgré l’exemption très étendue, les barrières canoniques disparaissant, il y aura nécessairement des contacts de courtoisie et peut-être des offres de coopération, pour les unions scolaires — union des supérieurs - réunions sacerdotales - cérémonies régionales, etc... Tout ce monde est d’esprit conciliaire - œcuméniste - charismatique.

«Nous étions jusqu’à présent protégés naturellement, la sélection s’assurait d’elle- même par la nécessité d’une rupture avec le monde conciliaire. Désormais, il va falloir faire des dépistages continuels, se prémunir sans cesse des milieux romains, des milieux diocésains. C’est pourquoi nous voulions trois ou quatre évêques et la majorité dans le Conseil romain[11]. Le problème moral se pose donc pour nous : prendre les risques de contacts avec ces milieux modernistes, avec l’espoir de convertir quelques âmes et avec l’espoir de se prémunir, avec la grâce de Dieu et la vertu de prudence, et ainsi demeurer légalement unis à Rome par la lettre, car nous le sommes par la réalité et l’esprit? Ou faut-il avant tout préserver la famille traditionnelle pour maintenir sa cohésion et sa vigueur dans la foi et dans la grâce, considérant que le lien purement formel avec la Rome moderniste ne peut pas être mis en balance avec la protection de cette famille, qui représente ce qui demeure de la véritable Église catholique ? »

« Si nous avions accepté [un accord], nous serions morts ! Nous n’aurions pas duré un an. Il aurait fallu vivre en contact avec les conciliaires [12] »

Citons encore ce qu’il avait dit au cardinal Ratzinger le 14 juillet 1987 :

« Eminence, même si vous nous accordez un évêque, même si vous nous accordez une certaine autonomie par rapport aux évêques, même si vous nous accordez toute la liturgie de 1962, si vous nous accordez de continuer les séminaires et la Fraternité comme nous le faisons actuellement, nous ne pourrons pas collaborer, c’est impossible ; parce que nous travaillons dans des directions diamétralement opposées : vous, vous travaillez à la déchristianisation de la société, de la personne humaine, de l’Eglise. Nous, nous travaillons à la christianisation. On ne peut pas s’entendre. Vous venez de me dire que la société ne peut pas être chrétienne [13] »

C’est pourquoi, après tant d’années où il avait essayé en vain d’obtenir une reconnaissance avec toutes les protections nécessaires, Mgr Lefebvre n’envisageait plus d’accord possible avec Rome sans la conversion du pape et de la hiérarchie actuelle. Il écrivit ainsi aux futurs évêques avant les sacres :

«Je vous conférerai cette grâce [de l’épiscopat], confiant que sans tarder le Siège de Pierre sera occupé par un successeur de Pierre parfaitement catholique[14] en les mains duquel vous pourrez déposer la grâce de votre épiscopat pour qui la confirme[15] »

Il confirmera cette nécessité de la conversion de Rome à plusieurs occasions, par exemple : « C’est un devoir strict, pour tout prêtre voulant demeurer catholique, de se séparer de cette Eglise conciliaire tant qu’elle ne retrouvera pas la Tradition du Magistère de l’Eglise et de la foi catholique » (Itinéraire Spirituel, écrit en 1990). «Quand on nous pose la question de savoir quand il y aura un accord avec Rome, ma réponse est simple : quand Rome recouronnera Notre- Seigneur Jésus-Christ ».[16]

Parlant de la tentative d’accords qu’il fit en 1988, il écrira :

« Je suis allé plus loin même que je n’aurais dû aller. »[17]

On ne comprend donc pas comment Mgr de Galarreta, à Bailly, le 17 janvier 2016, a pu dire : « Refuser la possibilité d’un accord n’était pas la position de Mgr Lefebvre » ; et Mgr Tissier de Mallerais, le 21 mars 2016 : « Mgr Lefebvre n’a jamais posé, comme condition de notre nouvelle reconnaissance, que Rome abandonne les erreurs et les réformes conciliaires[18] » alors qu’un an auparavant, dans un très beau sermon donné à Chicago le 1er janvier 2015, Mgr Tissier avait ces fortes paroles : « Nous allons mettre en œuvre ce que Mgr Lefebvre, notre fondateur, a écrit dans son Itinéraire Spirituel et qui est son testament spirituel : "C’est un devoir strict pour tout prêtre voulant demeurer catholique, etc" (supra). »

La Fraternité Saint Pie X confirmera la position de Mgr Lefebvre à son Chapitre Général de 2006 : « Les contacts que [la Fraternité] entretient épisodiquement avec les autorités romaines ont pour seul but de les aider à se réapproprier la Tradition que l’Église ne peut renier sans perdre son identité, et non la recherche d’un avantage pour elle-même, ou d’arriver à un impossible « accord » purement pratique ».

Cette position fut gardée jusqu’en 2012, et Mgr Fellay la prêchait clairement : « Il est impossible et inconcevable d’envisager des accords avant que les discussions [doctrinales] n’aient abouti à éclairer et corriger les principes de la crise (Fideliter, mai/juin 2006).

La situation se serait-elle tellement améliorée à Rome, que tout ce que nous venons de rappeler ne soit plus vrai aujourd’hui ?

[1] — C’est ce que disent tous les ralliés au début pour se justifier.
[2] — Mgr Lefebvre, Conférence à Écône le 8 octobre 1988.
[3] — Mgr LEFEBVRE, dans Fideliter n° 70, p. 6. Nous en avons eu une preuve nouvelle avec les Franciscains de l’Immaculée, vigoureusement sanctionnés par le pape François (tous les supérieurs importants démis de leur charge) pour être passés à la Messe traditionnelle en s’appuyant pourtant sur le Motu Proprio de Benoît XVI. On fait maintenant signer aux novices un papier où ils s’engagent à célébrer la messe nouvelle plus tard.
[4] — Mgr LEFEBVRE, Lettre au pape Jean-Paul II, 2 juin 1988. Est-ce François qui nous protégera de l’esprit de Vatican II et de l’esprit d’Assise ?
[5] — Mgr Fellay, conférence au séminaire de Winona (USA) en février 2015.
[6] — Mgr FELLAY, Lettre aux amis et bienfaiteurs de la Fraternité Saint-Pie X n° 63, janvier/février 2003
[7]Nouvelles de Chrétienté n° 73, mars/avril 2002.
[8] — Mgr LEFEBVRE, Entretien paru dans Fideliter 79 au mois de mars 1991
[9] - Benoît XVI, Lettre aux évêques de l’Eglise catholique au sujet de la levée de l’excommunication des quatre évêques consacrés par Mgr Lefebvre, 10 mars 2009.
[10] — Le commentaire du nouveau Code par le chanoine Paralieu (Bourges, Tardy, 1985) dit clairement : « Le prélat qui est à la tête de la prélature n’a donc pas son propre peuple » (p. 113). Les fidèles demeurent donc sous la juridiction de l’évêque diocésain. Le commentaire de Caparros (Montréal, Wilson et Lafleur Itée, 1999) précise encore : « Les tâches pastorales ou missionnaires auxquelles le Code fait ici allusion constituent la finalité pour laquelle le Saint-Siège érige les prélatures personnelles. Ces tâches [...] doivent s’insérer harmonieusement dans la pastorale commune de l’Église universelle tout comme dans la pastorale organique des Églises particulières » (p. 231). Il ne restera plus grand chose de la liberté des prieurés. La prélature est un véritable piège. Mgr Lefebvre n’avait jamais envisagé de prélature personnelle, mais un « Ordinariat», structure qui existait avant le Concile, par exemple pour l’évêque aux Armées, et qui exempte les fidèles de la juridiction de l’évêque local (voir la vie de Mgr Lefebvre par Mgr Tissier à la page 580). Rome se garde bien de soulever cette possibilité aujourd’hui.
[11] — Pour nous protéger en cas d’accord, Mgr Lefebvre voulait une Commission à Rome comportant une majorité de traditionalistes pour régler les différents entre les évêques diocésains et la Tradition. Rome n’a jamais accepté ; et il n’en a plus jamais été question, ni pour aucune communauté ralliée ni dans les tractations entre Mgr Fellay et la Rome moderniste. Or c’est le minimum qu’il devrait exiger.
[12] — Conseils aux futurs évêques avant les sacres, publiés dans Le Sel de la terre 28.
[13] — Mgr LEFEBVRE, Conférence aux prêtres à Écône pour la retraite sacerdotale, 1er septembre 1987. Mgr Lefebvre y relate, entre autres, l’entretien qu’il avait eu à Rome avec le Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi le 14 juillet 1987.
[14] — Nous en sommes loin avec François !
[15] — Mgr LEFEBVRE, Lettre aux futurs évêques, 28 août 1987. Si une reconnaissance canonique est acceptée, cela va directement contre l’intention de Mgr Lefebvre lorsqu’il a sacré les quatre évêques.
[16] - Mgr LEFEBVRE, Conférence à Flavigny, décembre 1988. Fideliter n° 68, p. 16.
[17] Entretien, Fideliter 79, janvier/février 1991, deux mois avant sa mort.
[18] — Publié sur La Porte Latine le 22 mars 2016.
_______________________________________________________________________________________

Lettre ouverte à l’abbé Olivier Berteaux,

prêtre de la Fraternité sacerdotale saint Pie X

Assistant du Supérieur du District du Canada

Directeur de l’École Saint-Famille à Lévis (Québec)

30 avril 2016

   ‘Le monde est pourri à force de silence’

Ste Catherine de Sienne

 

Monsieur l’abbé,

 

À Lévis, le dimanche 24 avril 2016, vous avez fait une mise au point, en réaction à l’homélie prononcée le dimanche précédent à Montréal par l’abbé Pierre Roy. À une époque où il n’est plus possible d’éternuer discrètement, vous n’êtes sans doute pas étonné que ces deux interventions se retrouvent sur internet ? Ce qui m’a permis d’en prendre connaissance. Ce que vous y affirmez est tellement erroné qu’il me paraît nécessaire de vous en faire part au moyen de cette lettre ouverte que pourront lire les fidèles que vous trompez.

 

D’abord l’homélie de l’abbé Pierre Roy :

 

Malgré la jeunesse du prédicateur, sa maîtrise et la sérénité de son discours m’impressionnent. Pas un mot n’est à retrancher et cette intervention me paraît d’autant plus courageuse qu’elle survient après la parution du dernier Cor Unum dans lequel Mgr Fellay écrit : « Nous assistons, Dieu merci de manière limitée, à ce pénible spectacle de prêtres, qui se veulent contre-révolutionnaires, mais qui n’hésitent pourtant pas à agir, à publier leurs opinions, comme si les supérieurs n’existaient plus. »

 

Après un commentaire simple et clair de la dernière Exhortation apostolique que l’abbé Roy qualifie légitimement d’apostate, il continue – ce qui vous remplit d’émotion – : « J’ai gardé le silence jusqu’à présent, mais je suis vraiment inquiet de ce qui se passe entre la tête de notre Fraternité et la Rome apostate. Vous le savez, de plus en plus, la volonté est exprimée de façon de plus en plus claire dans la Fraternité, de vouloir réussir à s’arranger avec ces gens. De vouloir au minimum recevoir de leur part une approbation, que ces gens puissent nous déclarer catholiques. …

 

Oui, je suis très inquiet qu’on puisse en arriver à penser que nous pouvons nous accorder avec ces gens-là, que nous pouvons nous établir sur le même fondement sur lequel sont établis ces gens. …Oui, je suis inquiet. Beaucoup de prêtres, comme moi, sont inquiets. Si nous avons jusqu’à présent gardé le silence, c’est toujours dans cette espérance que ces chefs qui nous dirigent en ce moment puissent trouver le chemin, puissent retrouver la lumière. »  L’abbé Roy est un prêtre inquiet. Il n’est pas le seul dans la Fraternité saint Pie X. Il l’a confié à ses fidèles dont certains ne sont pas plus rassurés que lui. Vous le savez. Cette inquiétude, qui provoque votre colère, est-elle surprenante ? Je ne le pense pas. Il suffit de se souvenir de l’avertissement de Mgr de Galaretta à Albano le 11 octobre 2011 : « Pour le bien de la Fraternité et de la Tradition, il faut refermer au plus vite la « boîte de pandore », afin d’éviter le discrédit et la démolition de l’autorité, des contestations, des discordes et des divisions, peut-être sans retour ».

 

Nous y sommes.

 

Mgr Fellay lui-même n’ignore pas cette inquiétude qu’il qualifie de « méfiance » dans le Cor Unum de mars 2016 :

 « …Cette méfiance, nous la constatons malheureusement chez un certain nombre  – assez réduit, il est vrai -, de nos propres membres, non seulement envers les autorités de l’Église officielle, mais aussi envers leurs propres supérieurs ! »

 

Est-il si inconvenant d’être méfiant envers les autorités de l’Église officielle ?! L’abbé Roy serait de ce nombre et quelques autres !

 Mgr Fellay s’interroge sur l’origine de cette méfiance : « Il nous semble que souvent ces attitudes, un peu désespérées, proviennent de blessures personnelles, de frustrations, de déceptions par rapport aux supérieurs...« Nous estimons donc qu’une partie du malaise que certains éprouvent ne provient pas immédiatement de la situation déplorable et incertaine dans laquelle se trouvent la société civile et l’Église, mais de ce manque de proximité ou de facilité d’un contact fréquent entre les supérieurs… »

 

N’ayant jamais eu le moindre contact avec l’abbé Pierre Roy, j’ignore les « frustrations personnelles qui l’auraient plongé dans cette attitude désespérée » ! … par contre il ne peut souffrir de l’éloignement de son supérieur, puisqu’ils vivent tous deux dans la même maison, où l’abbé Roy assume la fonction de directeur de la publication du bulletin du District. Ordinairement, ce n’est pas une fonction qu’un supérieur confie au premier-venu…

 

Les causes semblent donc ailleurs… mais l’enquête-pilote lancée par le Supérieur Général devrait pouvoir fournir des réponses sans tarder !!

 Nous lisons en effet dans le même Cor Unum :

 « Nous avons commencé à lancer une enquête-pilote auprès d’un certain nombre de confrères, leur demandant, tout en leur garantissant l’anonymat, leur avis sur la situation à divers niveaux d’opération. »

 Si Menzingen me faisait parvenir cette enquête-pilote, peut-être pourrais-je faire profiter la FSSPX de mon expérience et apporter mon témoignage en ce qui concerne les « garanties d’anonymat » !

 

Votre réaction du 24 avril dernier.

 

Le dimanche suivant, vous avez fait une mise au point de 17 minutes. Pour donner à vos propos l’illusion de la sagesse, vous prenez l’attitude d’un grognard de la garde impériale à la voix théâtrale. Mais j’ose espérer que vos paroles ont outrepassé votre pensée, parce que vous avez énoncé beaucoup de niaiseries !

 

Comment pouvez-vous affirmer que « la Fraternité est un bien infiniment (!)précieux et que le cadeau qu’elle nous apporte, avant même la Messe, les Sacrements, le Catéchisme, c’est l’AUTORITÉ » ?

 Ne voyez vous pas les conséquences épouvantables de ce primat de l’autorité sur la vérité ? Ce primat ne légitime-t-il pas toutes les idéologies totalitaires que nous connaissons ?

 Vous martelez à plusieurs reprises que « ce principe de l’autorité est intangible. Ce principe disparu, c’est la mort et le chaos. »

 N’êtes-vous pas en train de faire le procès de Mgr Lefebvre ? Niez-vous qu’il a refusé de se soumettre à l’autorité légitime ?

 À vous écouter, Mgr Lefebvre serait la cause de notre situation. S’il n’avait pas désobéi, tout n’irait-il pas mieux dans le meilleur des mondes ?

 

Dès le commencement, votre mise au point est donc fondée sur une erreur ! Ensuite le vocabulaire militaire que vous employez pour vous donner un peu de consistance trahit une émotion mal maîtrisée qui prête à rire.

 

Quelques-unes de vos formules :

 C’est la guerre et dans la guerre les lois changent – Lorsqu’il y a mutinerie, ce sont les lois martiales – C’est un tribunal d’exception – Il faut trancher dans le vif – On fusille sur le champ – Dans la garde impériale certains soldats vont jusqu’à donner leur vie pour l’empereur…

 L’empereur est-ce Mgr Fellay ? Vous apprêtez-vous à mourir pour lui ?

 Être un grand soldat consiste-t-il toujours à servir le Général ? Le Lieutenant Degueldre qui disait : « Je préfère une désobéissance qui me coûte la vie plutôt qu’une obéissance qui me coûte l’honneur », ne fut-il pas un grand soldat ? Le Colonel Bastien-Thiry n’est-il pas un bel exemple de héros chrétien ? Il est mort fusillé pour s’être rebellé contre la politique d’un chef félon. C’était glorieux et l’honneur de la France en était relevé. Les Maréchaux du IIIème Reich, par contre, ont exécuté fidèlement les ordres reçus de l’autorité légitime. Certains d’entre eux ont fondé leur défense sur cette soumission à l’autorité légitime. Ils ont été pendus.

 

« Si on a pas un moral d’acier, dites-vous, si on n’est pas décidé à livrer un combat jusqu’au bout, nous sommes morts et nous ne sommes pas dignes de servir l’Église. »

 Digne de servir quelle église par quel combat ? Celle qui jubile pour les 50 ans de la clôture de Vatican II ? Votre participation à l’année de la Miséricorde est-elle une manifestation de « votre morale d’acier »  ?

 

Voici encore quelques échantillons de votre mauvaise mise au point : « La résistance c’est la subversion  – la perte de confiance dans ses supérieurs c’est la mort… – Si les supérieurs n’ont plus la possibilité d’être souples, félins, manœuvriers, nous sommes morts, nous n’avons plus de raison d’exister… – un peu de bon sens – je crains qu’on étale sa lâcheté… – Il va falloir qu’on fasse le ménage là-dedans… – il faut aller au front, au corps à corps – porter des coups, il faut prendre les armes… – Il faut tout risquer pour l’Église… – l’exemple des zouaves pontificaux… –  J’en appelle à l’honneur, j’en appelle à la loyauté, au bon sens tout simplement…»

 

Vous donnez vraiment l’impression d’être en plein délire.

 

Mais puisque vous qualifiez la Résistance de subversion. Venons-y. L’abbé Quilton l’a fait avant vous lors de mon procès. Il s’appuyait sur saint Thomas IIa IIæ q. 42 a. 2. Ça fait toujours sérieux de citer saint Thomas surtout quand on est professeur de séminaire ! Mais il ne suffit pas de le citer, encore faut-il le comprendre. Je lui ai démontré qu’il n’avait pas su appliquer sa citation à la situation présente. Il ne m’a pas contredit et je n’ai plus entendu parler de subversion.

 

Si vous souhaitez avoir une idée précise sur cette notion de subversion que vous invoquez, lisez les pages 247 à 255 des Actes de mon procès. Ça ne semble pas un effort surhumain. Après cela, vous n’affirmerez plus : « Certains ont pris leur responsabilité, ils se sont fait éjecter de la Fraternité, c’est dans l’ordre des choses. Ah ! les moyens employés n’ont pas été bons ? Encore une fois sur le front quant il y a trahison, il y a tribunal d’exception et on fusille. Ne jouons pas avec l’autorité. »

 

Vous affirmez pour impressionner vos fidèles mais cela ne prouve nullement la véracité de vos paroles. Quand vous parlez de « montez au front,… de corps à corps,… de porter des coups,… de prendre les armes… » pensez-vous à la rencontre cordiale de Mgr Fellay avec François le 1er avril dernier ?! « Vous en appelez à l’honneur… » l’honneur de servir Mgr Fellay ? l’honneur de servir l’autorité avant la Messe, les Sacrements et le Catéchisme ?

 

Votre jeune confrère en appelait à l’honneur de servir le Christ-Roi, c’est autre chose ! Et lorsque vous parlez de « faire le ménage là-dedans, » de quoi parlez-vous ? De Rome ? Est-ce bien cohérent pour qui n’a qu’un unique principe : le respect intangible de l’autorité ? Soyez conséquent avec vous-même ! Vous rappelez le souvenir glorieux des Zouaves. Oubliez-vous que le Pape de l’époque ne s’appelait pas François mais Pie IX ?

 

À la fin de votre mise au point, vous ne pouvez tout de même pas éviter une allusion à l’objection qui doit vous siffler souvent aux oreilles : ce danger que représente une approbation de la Rome moderniste.Votre réponse est toujours la même, il n’y en a qu’une, toujours aussi consternante : « De toute façon on ne peut pas faire l’économie de l’autorité – Gardons indéfectiblement confiance dans nos chefs – Tout nous dit que le premier principe de l’autorité est le principe qu’il faut défendre sinon il n’y aurait plus la Messe. »

 

Pour quelle trahison l’abbé Aulagnier a-t-il donc été éjecté de la Fraternité ? Celle que vous envisagez par soumission ? Celle que souhaite l’abbé Schmidberger dans sa note du 19 février dernier ? Évidemment votre mise au point ne comporte pas un seul mot sur le fond du problème. Vous portez des accusations de lâcheté alors que vous êtes confortablement installé dans votre formule obsessionnelle : Autorité-obéissance !

 

Je doute fort que vous soyez destinataire du formulaire de l’enquête-pilote !

 

Votre mise au point manifeste-t-elle l’âme d’un soldat ou celle d’un petit valet ?

 

En tout cas, laissez-moi vous dire, Monsieur l’abbé : ce que vous avez fait dimanche à Lévis, c’est ben niaiseux !

 

Abbé Nicolas PINAUD

 

______________________________________________________________________________________

 

La FSSPX est-elle vraiment et officiellement ralliée depuis le 8 décembre 2015 ?

Réponse claire de Menzingen.

source : Christus Vincit

Mgr Fellay reçu par le Pape François le 1er avril.

 

Un éventuel accord ne serait donc plus unilatéral

 

Source MPI :

http://www.medias-presse.info/le-pape-rencontre-mgr-fellay-un-eventuel-accord-ne-serait-donc-plus-unilateral/52242

 

Rome et Mgr Fellay, Supérieur Général de la FSSPX, continuent de préparer les esprits à un accord entre les deux parties.  En effet, le pape François et Mgr Fellay se sont rencontrés à Rome le 1er avril 2016.

 

Le site DICI, organe de presse de la FSSPX, a donné une version « minimaliste » de l’événement :

« Le pape François avait souhaité une rencontre privée et informelle, sans le caractère officiel d’une audience. Elle a duré 40 minutes, et s’est déroulée dans un climat cordial. A l’issue de l’entretien, il a été décidé que les échanges en cours se poursuivraient. Il n’a pas été directement question du statut canonique de la Fraternité, le pape François et Mgr Fellay considérant qu’il faut poursuivre ces échanges sans précipitation.

Le lendemain matin, samedi 2 avril, Mgr Fellay a rencontré Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la commission pontificale Ecclesia Dei, dans le cadre des relations habituelles de la Fraternité avec cette commission depuis les discussions doctrinales de 2009-2011 et les visites de plusieurs prélats en 2015-2016″.

Le quotidien Il Foglio donne une version légèrement différente en disant que la rencontre a été « positive » et « qu’entre François et Fellay le courant est passé. Il a été question d’un pas supplémentaire vers la reconnaissance canonique de la Fraternité de la part du Saint Siège sous la forme d’une prélature élaborée sur mesure sur le modèle de celle de l’Opus Dei avec une plus grande marge d’autonomie et pas seulement sur le plan de l’organisation« .

 

Pourtant, lors du congrès de l’Angelus Press, des 11 et 12 octobre 2013, Mgr Bernard Fellay avait affirmé :

« Quand on voit ce qui se passe maintenant [sous le pape François], nous rendons grâce à Dieu de ce que nous avons été préservés de toute sorte d’accord l’an dernier. Et nous pouvons dire que l’un des fruits de la croisade [du rosaire] que nous avons faite, c’est que nous avons été préservés d’un tel malheur. Dieu merci. »

Pourtant, depuis 2013, le pape François n’a eu de cesse de battre en brèche la doctrine catholique notamment lors du Synode sur la famille, et a posé quantité d’actes relativisant la gravité de l’homosexualité, en concélébrant par exemple avec un prêtre ouvertement homosexuel, et en nommant un de ses proches, Mgr Ricca, homosexuel notoire, à la tête de la Maison Sainte Marthe et de l’IOR (la banque du Vatican).

 

Qu’est-ce qui aurait donc bien pu changer le 1er avril 2016 pour qu’un malheur se transforme subitement en possibilité d’accord ?

 

______________________________________________________________________________________

 

 

 

 

CONFIRMATIONS

 

Mgr Faure administrera le sacrement de confirmation dans l’église du couvent des dominicains d’Avrillé le samedi 28 mai.

 

Les fidèles intéressés voudront bien s’adresser dans les meilleurs délais au

 

Père François Marie

Couvent de la Haye aux Bonshommes

49240 AVRILLÉ

 

saintdominique@gmail.com

 

02 41 69 20 06

_______________________________________________________________________________________

 

Internet ... c'est très mauvais pour qui ?

Note de France Fidèle : la révolution se fait aujourd'hui par le biais de l'autorité civile ou religieuse. C'est ce que Mgr Lefebvre appelait le coup de maître de Satan : par le biais de l'obéissance à des autorités subversives, le mécanisme révolutionnaire gagne en force, en ampleur et en profondeur. Il n'est donc pas surprenant que les autorités civiles et religieuses (aujourd'hui Menzingen)  cherchent à empêcher l'accès aux bonnes informations diffusées par internet en donnant de faux scrupules aux personnes désireuses de connaître les faits et non seulement les dires (cf tous les communiqués officiels, équivoques et diplomatiques, de la maison générale de la FSSPX).

Il va de soi aussi qu'internet ne rend pas intelligent (Nicholas Carr : "Internet rend-il bête ?") et que cet outil médiatique ne pourra jamais remplacer l'enseignement et la culture classique qui apprennent à penser et à juger.

 

_______________________________________________