Notez bien..

 Dorénavant, les horaires des Messes célébrées par des prêtres de l'USML sont annoncés dans 

 Apostolat - Messes - Conférences

_________________

 

La Fraternité Saint Pie X et les ordinations sacerdotales

 

Note de France Fidèle : En été, il y a beaucoup de décisions importantes qui passent inaperçues. En voici une grave et énorme qui concerne la fsspx  :

Une nouvelle « normalisation » irrégulière…


Une étude récente a prouvé que Mgr Bernard Fellay, Supérieur général de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, avait contrevenu à une disposition expresse du Chapitre -instance qui lui est supérieure-, en acceptant de sa seule autorité la juridiction « ordinaire » de l’Eglise, concédée par le pape dans une lettre en date du 1er septembre 2015.

Cette étude, datée du 13 juin 2016, est parue sur plusieurs sites internet à partir du 21 juin, notamment sur le site Gloria.tv, auquel on peut se reporter pour de plus amples précisions.

Bien que limitée et temporaire, puisque s’appliquant à deux sacrements seulement (pénitence et extrême-onction) et pour la seule Année jubilaire de la miséricorde, la mesure papale n’en exigeait pas moins, pour être valablement reçue par Mgr Fellay, une délibération préalable d’un Chapitre extraordinaire de la Fraternité, selon ce qu’avait prescrit le Chapitre général de juillet 2012.

Le 22 juin 2016, l’évêque de Ratisbonne a publié un communiqué déclarant « tolérées et acceptées, sans sanction », au terme d’une « concession » accordée par le Saint-Siège « sans contrepartie », les ordinations sacerdotales annoncées pour le 2 juillet à Zaitzkofen (Allemagne). Selon le même communiqué, Mgr Pozzo, secrétaire de la Commission Ecclesia Dei, aurait indiqué que ces ordinations « ne présentent aucun danger, à l’heure actuelle » (sic).

A la comparer au geste de septembre 2015, cette deuxième initiative du Saint-Siège en direction de la Fraternité, touchant cette fois le sacrement de l’ordre, n’est pas substantiellement différente, malgré l’énoncé de prudentes réserves doctrinales et canoniques : il s’agit sans conteste d’un nouveau pas dans la « normalisation » « par paliers » de la situation ecclésiale de l’œuvre de Mgr Lefebvre.

Il faut ajouter que l’interposition d’un évêque résidentiel, Ordinaire du lieu, ne saurait dissimuler que le promoteur de la démarche est évidemment le pape lui-même.

Il résulte de ces éléments qu’un Chapitre extraordinaire de la FSSPX devait, cette fois encore, être réuni -en l’occurrence entre le 22 juin et le 2 juillet 2016- pour statuer sur la position exprimée par l’évêque de Ratisbonne au nom des autorités romaines à propos de ces ordinations sacerdotales en Allemagne.

S’étant abstenu de procéder à la convocation de ce Chapitre, Mgr Fellay a une deuxième fois enfreint la disposition impérative du Chapitre général de 2012 réglant la procédure à observer dans l’éventualité d’une « normalisation canonique », fût-elle unilatérale et partielle, de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X.

7.07.2016 Recuerdo Marcelli
__________________________

Communiqué du 28 juin 2016

 

Suite au communiqué interne à la fsspx du 28 juin dernier, quelques petites réactions ... 

 

- Tout d'abord, le texte envoyé par l'abbé Girouard à ses amis : 

 

Chers paroissiens et amis,

 

DICI a publié aujourd’hui un communiqué qui  a été envoyé par Mgr Fellay aux membres de la FSSPX (prêtres, frères,…) le 28 juin dernier. (Ce n’est pas le même que celui qui a été publié le 29 juin)  Vous pouvez trouver l’entièreté du communiqué ici :

 

http://www.dici.org/actualites/declaration-du-superieur-general-a-tous-les-membres-de-la-fraternite-saint-pie-x-a-lissue-de-la-reunion-des-superieurs-majeurs-a-anzere-valais-le-28-juin-2016/

 

Laissez-nous essayer de résumer et clarifier ce document afin de mieux comprendre sa réelle signification.  Je mettrai les numéros de paragraphe entre parenthèses.  Après le résumé, je ferai un commentaire de ce document.

 

Résumé du communiqué :

 

(1)  La FSSPX a un droit à une reconnaissance canonique mais ne la recherche pas, puisqu’elle a une juridiction de suppléance.

(2)  Pascendi dit que la racine du modernisme est l’esprit d’indépendance.  Donc la Croix n’est désormais plus l’axe du monde, mais l’homme l’est (Paul VI à la fin de Vatican II)

(3)  L’homme moderne a détrôné le Christ et s’est fait lui-même le roi de l’univers, cherchant sa propre satisfaction en tout.

(4)  La FSSPX est opposée à ce déplacement de la Croix vers l’Homme.

(5)  Dans le but de lutter contre l’esprit d’indépendance et restaurer la Croix comme axe de l’univers, Dieu a envoyé Mgr Lefebvre qui a fondé une société hiérarchique dédiée aux Ordres Sacrés.  Elle continue le combat pour la vérité.

(6)  C’est pour cela que la FSSPX n’est ni conciliaire (qui promeut la royauté de l’Homme), ni factieuse (qui refuse l’aspect social de l’Eglise)

(7)  Dieu aide Son Eglise et Son Vicaire, le Pape, et pour cette raison une restauration viendra un jour.  Le signe que ce temps est venu, ce sera quand le Pape exprimera sa volonté de garantir les moyens de restaurer les Ordres Sacrés, la Foi et la Tradition.  Ce signe apportera aussi l’unité nécessaire du mouvement traditionnel.

 

Commentaires :

 

(A) LA MALADIE

La racine du modernisme est l’esprit d’indépendance, qui conduit l’homme à chercher sa propre satisfaction en tout, donc se mettant lui-même au centre de l’univers, donc détrônant le Christ et Sa Croix, comme ce fut confirmé avec Vatican II.

 

(B) LE REMÈDE

Pour corriger cela, Dieu a envoyé la FSSPX, qui est hiérarchique, et donc opposée par sa véritable structure à cet esprit d’indépendance, et ainsi au Modernisme. La restauration de la royauté du Christ et de Sa Croix par les Ordres Sacrés continue d’être le but de la FSSPX.  Par là, elle est contre le conciliarisme, alors qu’en même temps, elle ne veut pas être indépendante de la structure de l’Eglise, qui est aussi hiérarchique et guidée par le Vicaire de Dieu.

 

(C) LE MÉDECIN

Dieu utilisera le Pape pour terminer cette crise et restaurer le Christ et Sa Croix comme axe de l’univers.  Le signe de cette restauration sera indiqué par Pape qui exprimera sa détermination à utiliser le remède envoyé par Dieu.  Ce signe unifiera tous les membres de la famille de la Tradition.  Effectivement, lequel d’entre eux osera s’opposer à la Volonté manifeste de Dieu ?

 

(D) L’ACTE MÉDICAL

Le Pape va gérer le remède envoyé par Dieu à l’Eglise malade en réintégrant officiellement la FSSPX dans la structure de l’Eglise.

 

(E) LE TRAITEMENT

Cela prendra du temps de guérir l’Eglise (et le monde par l’Eglise guérie), mais nous sommes confiants que nous allons réussir.  Ne sommes-nous ce remède envoyé par Dieu ?

 

Chers paroissiens et amis, cela ne vous rappelle-t-il pas quelque chose ?  Souvenez-vous de ce que j’ai écrit il y a quelques jours (4 juillet) à propos de la dernière Croisade du Rosaire ?  Souvenez-vous des paroles que je mettais dans la bouche de Mgr Fellay comme future annonce à l’issue de la Croisade ?  N’est-ce pas l’essentiel de ce communiqué du 28 juin disant à peu près la même chose ?

 

J’en suis maintenant à me demander si la reconnaissance ne pourrait avoir lieu plus tôt que le 22 août 2017…  Cela arrive, mes amis !

 

Dieu vous bénisse,

 

 

Father Girouard

 

 ____________

 

- L'analyse qu'en donnait Marguerite sur Christus vincit :

 

Le 28 juin, à l'issue de la réunion des Supérieurs de la fsspx, le Supérieur Général a envoyé une déclaration à tous les membres de la fsspx. 

Citation:
Dans l’état présent de grave nécessité de l’Eglise, qui lui donne le droit de distribuer les secours spirituels aux âmes qui recourent à elle, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X ne recherche pas avant tout une reconnaissance canonique à laquelle elle a droit parce qu’elle est catholique. La solution n’est pas simplement juridique. Elle relève d’une position doctrinale qu’il est impératif de manifester.



http://www.dici.org/actualites/declaration-du-superieur-general-a-tous-les-membres-de-la-fraternite-saint-pie-x-a-lissue-de-la-reunion-des-superieurs-majeurs-a-anzere-valais-le-28-juin-2016/

Nous savons tous ce qu'a déclaré Mgr de Galarreta le 2 juillet à Paris : 

Citation:
J’ai avec moi la lettre qui m’a été donnée par Son Excellence Monseigneur Fellay, où la Congrégation de la doctrine de la Foi nous dit, a dit à Monseigneur, que nous pouvons procéder aux ordinations sans demander la permission des Ordinaires du lieu ; qu’il suffit de leur donner les noms des ordonnés, chose que nous ferons bien sûr, opportunément. Alors nous ne sommes ni schismatiques, ni des illégaux.



http://laportelatine.org/mediatheque/sermonsecrits/galarreta_160702_st_nicolas_sabur/galarreta_160702_st_nicolas_sabur.php

Croirons-nous les paroles ou les actes ? 

D'autre part, à quel aspect de ce texte le Pape actuel correspond-il ? 

Citation:
Lorsque saint Pie X condamne le modernisme, il ramène toute l’argumentation de l’encyclique Pascendi a un principe initial : l’indépendance. Or voici que désormais le monde emploie tous ses efforts pour changer l’axe autour duquel il doit tourner. Et il est évident pour les catholiques, comme pour ceux qui ne le sont pas, que la Croix n’est plus cet axe. Paul VI l’a très bien dit, c’est l’homme (Cf. Discours de clôture du concile Vatican II, 7 décembre 1965).



Et pourtant, ce texte se termine ainsi : 

Citation:
Est-ce vraiment le moment de la restauration générale de l’Eglise ? La Divine Providence n’abandonne pas son Eglise dont le chef est le Pape, vicaire de Jésus-Christ. C’est pourquoi un signe incontestable de cette restauration sera dans la volonté signifiée du Souverain Pontife de donner les moyens de rétablir l’ordre du sacerdoce, de la foi et de la Tradition, – signe qui sera, de surcroît, le garant de la nécessaire unité de la famille de la Tradition.



Nous n'en sommes plus à une contradiction près ... C'est la folie libérale : 2+2 = 4 ... ou 5 ... Une fois de plus, Mgr Williamson est bien clairvoyant dans son dernier Kyrie Eleison :

Citation:
Par exemple, le bon site hispanique « Non Possumus » fait remarquer que là où le Communiqué du 29 juin met ses espérances dans un Pape « qui favorise concrètement le retour à la Sainte Tradition » (2+2=4 ou 5 ), ce n’est pas la même chose qu’un Pape « qui est revenu à la Tradition » (2+2=4, et exclusivement 4).



http://stmarcelinitiative.com/email/fr-commentaire-eleison-par-mgr-williamson-numero-cdlxx-470.html

 

_________________________________

 

« Je suis bien conscient que cela ne sert à rien de dire : ‘‘faites confiance’’. C’est après les faits, par les actes, que petit à petit cela pourra revenir. » (Mgr Fellay, Ecône, 7-9-2012)

Rome et la réintégration de la Fraternité St Pie X de Alpha à l'oméga.

Petite étude chronologique inspirée d' une publication récente.


Nous savons que Mgr Lefebvre et ses prêtres ont été écartés de l’Eglise conciliaire de 1976 à 1988 .
Mais quelle date retiendront les historiens du futur pour la réintégration de la fsspx dans cette même Eglise conciliaire ? En réalité, le processus se fait par étapes depuis le début du XXIe siècle: premiers contacts sous Jean-Paul II; tolérance politique à l’égard de la messe traditionnelle et levée des « excommunications » sous Benoît XVI; multiples petits pas sous le pape François. Le processus de ralliement avance et nul ne sait quelle borne millaire elle se donnera. L’octroi d’un statut (prélature à venir) vient à l’esprit, mais d’autres éléments sont des "candidats" sérieux, comme la levée des sanctions ou l’octroi d’une juridiction pour confesser. En attendant que l’avenir retienne ce qui est peut-être déjà notre passé, voici un rappel des éléments d’union sous l’actuel pontificat. Nous avons prévu des renvois visibles aux différents liens des articles sur Internet qui permettent d'illustrer ce dossier.

a) Bergoglio avant François

www.dici.org/…/le-cardinal-ber…
En tant qu’évêque de Buenos Aires, le cardinal Bergoglio a facilité l’action de la FSSPX en Argentine. L’abbé Bouchacourt, alors Supérieur du disctict sud-américain de la FSSPX, a indiqué à DICI: “Je l’ai rencontré 5 ou 6 fois et il m’a toujours reçu avec bienveillance, cherchant à m’accorder ce que je demandais, sans se démener en cas d’obstacle...”
Concrètement, le cardinal Bergoglio avait obtenu des visas aux séminaristes non argentins de La Reja à la suite de l’éviction de Mgr Williamson du sol argentin.

b) 13 décembre 2013

www.dici.org/…/a-propos-dune-r…
Un première et brève rencontre entre Mgr Fellay et le Pape à la Maison Sainte-Marthe, à Rome.
DICI relativise:
“Mgr Fellay et ses assistants se sont rendus à Rome, à la demande de la Commission Ecclesia Dei, pour une rencontre informelle. À l’issue de cet entretien, Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la Commission, a invité ses interlocuteurs à déjeuner à la salle à manger de la Maison Sainte-Marthe où ils ont été rejoints par Mgr Augustine Di Noia, secrétaire-adjoint de la Congrégation de la foi. C’est dans ce vaste réfectoire que le pape prend quotidiennement ses repas, à l’écart des autres convives. Mgr Pozzo a tenu à présenter Mgr Fellay au pape au moment où celui-ci quittait la salle à manger. Il y eut un bref échange où François a dit à Mgr Fellay, selon la formule de politesse habituelle, « enchanté de faire votre connaissance » ; à quoi Mgr Fellay a répondu qu’il priait beaucoup, et le pape lui a demandé de prier pour lui. Telle fut cette « rencontre » qui a duré quelques secondes.”

c) 23 septembre 2014

http://www.dici.ora/actualites/entretien-avec-mar-fellay-apres-sa-rencontre-avec-le-cardinal-muller/
Rencontre à Rome entre Mgr Fellay et le cardinal Müller, le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. DICI évoque notamment:
"le désir réciproque, à Rome et dans la Fraternité Saint-Pie X, de maintenir des entretiens doctrinaux dans un cadre élargi et moins formel que celui des précédents entretiens” la suite de cette rencontre, le cardinal Brandmüller et Mgr Schneider visitent plusieurs séminaires de la FSSPX, ainsi que Mgr Huonder et Mgr Arrieta.

d) 20 octobre 2014

tradinews.blogspot.fr/…/jean-marie-dumo…
Dans un entretien à Famille Chrétienne, Mgr Pozzo déclare:
"C’est précisément pour dépasser les difficultés de nature doctrinale qui subsistent encore que le Saint-Siège entretient des rapports et des discussions avec la FSSPX, par le biais de la commission pontificale Ecclesia Dei. Celle-ci est étroitement liée à la Congrégation pour la doctrine de la foi, puisque le président de la commission est le préfet de la Congrégation lui-même.

e) 5 décembre 2014

www.dici.org/actualites/allemagne-renco…brandmuller/
Le cardinal Walter Brandmüller, visite le Séminaire Herz Jesu à Zaitzkofen (Allemagne), et y discute de l’autorité magistérielle du concile Vatican II.

f) 16 janvier 2015

www.dici.org/…/etats-unis-mgr-…
Visite de Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana au Kazakhstan, au Séminaire Saint-Curé d’Ars à Flavigny (France).

g) 11 février 2015

www.dici.org/…/etats-unis-mgr-…
Mgr Schneider rencontre Mgr Bernard Fellay, ainsi que plusieurs prêtres de la Fraternité, au Séminaire Saint-Thomas d’Aquin à Winona (États-Unis). Cette visite coïncide “avec la réunion sacerdotale annuelle, où quelque 80 prêtres du District des Etats-Unis se retrouvaient au séminaire
Ces deux rencontres portent sur la réforme liturgique de Paul VI et les présupposés doctrinaux du Nouvel Ordo Missae.

h) 14 avril 2015

www.cath.ch/…/letat-argentin-…
L’État argentin reconnait la FSSPX comme catholique. Apic note que :
L'archevêque de Buenos Aires, le cardinal Mario Poli, apporte son appui à la Fraternité sacerdotale saint Pie X de Mgr Lefebvre (FSSPX) en vue de l'obtention de sa reconnaissance par l'Etat argentin. Cette démarche n'a probablement pas pu se faire sans l'aval du pape François, estiment les observateurs

i) 5 juin 2015

www.lavie.fr/…/mgr-fellay-mand…
La Congrégation pour le doctrine de la foi (CDF) mandate Mgr Bernard Fellay, comme juge de première instance pour le procès d'un de ses prêtres, accusé de crime grave. Mgr Fellay note avec ironie: “J’ai été mandaté par Rome pour rendre des jugements selon le droit canon, concernant certains de nos prêtres appartenant à un groupe qui, pour le Saint-Siège, n'existe pas.”

 

j) 1er septembre 2015

w2.vatican.va/…/papafrancesco_20150901_lettera-indulaenza-aiubileo-misericordia.html
Le pape autorise les prêtres de la FSSPX a confesser durant l’Année de la Miséricorde. Dans une lettre au Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation, il écrit:

Une dernière considération s’adresse aux fidèles qui, pour diverses raisons, désirent fréquenter les églises où les offices sont célébrés par les prêtres de la Fraternité Saint Pie X. Cette Année jubilaire de la Miséricorde n’exclut personne. Certains confrères évêques m’ont fait part en plusieurs occasions de leur bonne foi et pratique sacramentelle, unie toutefois à la difficulté de vivre une situation pastorale difficile. J’espère que dans un proche avenir, l’on pourra trouver les solutions pour retrouver une pleine communion avec les prêtres et les supérieurs de la Fraternité. Entre temps, animé par l’exigence de répondre au bien de ces frères, j’établis, par ma propre disposition, que ceux qui, au cours de l’Année Sainte de la Miséricorde, s’approcheront, pour célébrer le Sacrement de la Réconciliation, des prêtres de la Fraternité Saint Pie X recevront une absolution valide et licite de leurs péchés.”

Le soir même, Mgr Fellay remerciera le pape de ce geste canonique.

k) 22 septembre 2015

blog.messainlatino.it/…/arcivescovo-di-…
L'archevêque de Ravenne invite la FSSPX à célébrer régulièrement dans une de ses paroisses, pour répondre aux besoin des fidèles faisant une demande de messe traditionnelle. Le blog Missa in Latino observe:
après l'annonce du pape sur les confessions licites de la part des prêtres FSSPX, l'épiscopat italien ne tarde pas à s'aligner. Ainsi ce qui était impensable hier est aujourd'hui permis, voire souhaité”.

l) 17 janvier 2016

www.dici.org/…/mgr-de-galarret…
Dans une conférence à Bailly, Mgr de Galarreta déclare: “Je pense que le pape va aller dans le sens d’une reconnaissance unilatérale.”

m) 22 janvier 2016

www.dici.org/…/etats-unis-conf…
Dans une conférence aux USA, Mgr Fellay précise divers points. Sur la juridiction accordée pour confesser “Ce n’est pas juste une délégation de pouvoir, c’est un pouvoir ordinaire d’entendre les confessions. En temps normal, ce pouvoir est accordé au prêtre par l’évêque. Mais, dans le cas présent, nous l’avons reçu directement du pape. C’est très rare mais il peut le faire. (...) Et cela implique aussi, nécessairement, que toutes les sanctions qui pesaient sur les prêtres de la Fraternité Saint-Pie X, sont levées. Les sanctions et la permission de confesser ne pourraient aller de pair, ce serait absurde.”

Sur les relations avec Rome:

il n’y a absolument aucun doute que le pape est personnellement impliqué dans notre dossier [...] Il nous connaît très bien et la façon dont il se comporte nous oblige à penser qu’il éprouve de la sympathie à notre égard... Cela peut sembler contradictoire ! Personnellement, je pensais vraiment que nous allions de nouveau être condamnés par Rome, mais c’est le contraire qui arrive.”

Sur le pape François et la Fraternité Saint-Pie X

On lui a offert la biographie de Mgr Lefebvre, il l’a lue deux fois ! Ce qui ne se fait pas si l’on ne s’intéresse pas à ce sujet. Il dit souvent publiquement qu’il ne faut pas se renfermer sur soi, qu’il ne faut pas rester entre nous mais prendre soin de ‘la périphérie’, etc. Et il voit que c’est exactement ce que nous faisons. Nous allons chercher les âmes là où elles se trouvent, nous essayons de les aider, et je suis à peu près sûr que le pape voit tout cela et qu’il en est satisfait. Peut-être qu’il n’est pas content de tout ce que nous faisons, mais de cet aspect-là, oui.”

Sur la régularisation de la Fraternité:

“Il est impossible de vous dire ce qui va se passer demain. Est-ce que nous allons être reconnus ? Sincèrement, je n’en ai aucune idée. Pourquoi ? A cause de la situation de l’Eglise ! A Rome même, certains veulent notre mort. Ils veulent que nous soyons condamnés ! Qui va l’emporter ? Le pape ou les autres ? Je suis navré de vous dire que je ne sais pas.”

n) 1er avril 2016
fr.radiovaticana.va/…/1220135

Le pape François et Mgr Fellay se rencontrent à Rome. Mgr Pozzo évoque une rencontre "très cordiale et constructive qui représente un pas supplémentaire sur le chemin de la réconciliation que nous souhaitons".

o) 10 avril 2016

www.dici.org/…/les-joies-melee…
Dans un sermon au Puy-en-Velay, Mgr Fellay donne des détails sur sa rencontre avec le pape François.... “il nous a expliqué que sous Benoît XVI, à la fin de son pontificat, avait été fixée une date butoir, et que si la Fraternité n’acceptait pas la proposition romaine jusqu’à cette date, il était décidé que la Fraternité serait excommuniée, et le pape François de nous dire : c’est probablement le Saint-Esprit qui a inspiré le pape Benoît XVI et qui lui a fait dire quelques jours avant sa démission d’abandonner cette idée, car Benoît XVI a dit : Je laisse cette affaire à mon successeur. Et au successeur, le pape François, a été proposé... on a mis sur son bureau notre excommunication en disant : il n’y a qu’à mettre la date et la signature. Et le pape François de dire : Non, je ne les excommunie pas, je ne les condamne pas

et aussi:

il nous a dit : le pouvoir de confesser, bien évidemment il continue après (l’Année sainte), et aussi donner l’extrême onction, et aussi pour l’absolution de l’avortement, tout cela continue. A ce moment-là je lui ai dit : Pourquoi pas pour les autres sacrements alors ? Il était tout à fait ouvert, on va voir comment les choses vont se développer.”

.... et avec Mgr Pozzo:

il nous a dit : Vous avez le droit de défendre votre opinion sur la liberté religieuse, sur l’œcuménisme, sur les relations avec les autres religions, exposées dans Nostra ætate. C’était tellement surprenant que je lui ai dit : Ce n’est pas impossible que je vous demande de venir nous dire cela chez nous.”

Et aussi:

Mgr Pozzo nous a dit : Il faudrait bientôt penser à établir un séminaire en Italie!”

p) 22 juin 2016

http://tradinews.blogspot.fr/2016/06/diocese-de-ratisbonne communique de.html
L’évêque de Ratisbonne, sur le territoire duquel est situé le séminaire de Zaitkofen (FSSPX), annonce que les ordinations sacerdotales n’entraine plus de sanctions, à la demande de Rome:
Les ordinations sont simplement tolérées et acceptées, sans sanction. Cela résulte d’une concession que le Saint Siège accorde sans contrepartie, en vue du rapprochement espéré de la Fraternité, après un temps de réflexion intense et d'examen.”

q) 29 juin 2016

http://www.dici.ora/actualites/communique-du-superieur-aeneral/
La FSSPX réaffirme ses principes de manière forte à la suite d’une réunion de ses membres les plus éminents: “La Fraternité Saint-Pie X, dans l’état présent de grave nécessité qui lui donne le droit et le devoir de distribuer les secours spirituels aux âmes qui recourent à elle, ne recherche pas avant tout une reconnaissance canonique, à laquelle elle a droit en tant qu’œuvre catholique. Elle n’a qu’un désir : porter fidèlement la lumière de la Tradition bimillénaire qui montre la seule route à suivre en cette époque de ténèbres où le culte de l’homme se substitue au culte de Dieu, dans la société comme dans l’Eglise.”

r) 30 juin 2016

www.la-croix.com/…/Le-Vatican-esti…
Commentant la déclaration de la veille, Mgr Pozzo estime qu’il n’y pas là de quoi se formaliser:
Certaines de ces déclarations sont prévisibles, dans le sens où ils ont toujours dit cela, et d’autres sont attentistes dans le sens où ils n’entrent pas dans le détail des questions qui font actuellement l’objet des discussions et dont nous devons encore parler

s) 2 juillet 2016

Mgr de Galarreta se réjouit de la reconnaissance des ordinations de la fsspx par Rome. Il rajoute aussi :

laportelatine.org/…/galarreta_16070…
"Et alors le Patriarche de Babylone, qui est chaldéen, dit que nous sommes schismatiques. Et l’Ordinaire en France pour les Eglises orientales dit que nous sommes des illégaux. Or le Pape lui-même dit que la Fraternité, nous sommes des catholiques. Alors nous sommes des catholiques ou nous sommes des schismatiques ? J’ai avec moi la lettre qui m’a été donnée par Son Excellence Monseigneur Fellay, où la Congrégation de la doctrine de la Foi nous dit, a dit à Monseigneur, que nous pouvons procéder aux ordinations sans demander la permission des Ordinaires du lieu ; qu’il suffit de leur donner les noms des ordonnés, chose que nous ferons bien sûr, opportunément."

Oméga)
En attendant l'Oméga de la réconciliation qui sera l'acceptation totale et inconditionnelle du concile Vatican II... mais pour cela, il faudra encore un peu de patience.

 

Source : https://gloria.tv/article/5nfCofPd5LBH1K1CSF6PfCFE7

_____________________________

 

Petite synthèse des analyses de S.E. Mgr Williamson au sujet de la nouvelle messe.

Il y a des textes profondément théologiques de Mgr Williamson au sujet de la réforme liturgique. Si seulement certains se donnaient la peine de les lire..

Par Titus sur Christus Vincit

 

3 octobre 2009 :

 

Citation:

[...] C’est une évidence que la réforme de la liturgie Latine de la Messe qui a suivi Vatican II (1962–1965) n’est pas responsable de tous les maux du monde, mais elle l’est pour une large part des maux du monde moderne. Premièrement, la religion Catholique Romaine est la seule et unique religion instituée par le seul vrai Dieu quand, une seule fois, il y a 2000 ans, Il s’incarna dans la nature humaine de l’homme-Dieu Jésus-Christ. Deuxièmement, le sacrifice sanglant de Jésus-Christ sur la Croix est seul capable d’apaiser le juste courroux de Dieu enflammé par l’apostasie générale de notre époque ; de même que seul le renouvellement non-sanglant de ce sacrifice à la Messe est capable de maintenir cet apaisement. Troisièmement, l’ancien rite latin de la Messe, qui remonte au tout début de l’Eglise pour ses parties essentielles, a été modifié de façon significative par Paul VI après Vatican II dans le but de le rendre moins déplaisant aux Protestants, comme ce pape l’a dit lui-même à son ami Jean Guitton.

Mais les Protestants tirent leur nom de leurs oppositions au Catholicisme. C’est pourquoi le rite de la Messe réformé dans « l’esprit de Vatican II » déprécie considérablement des vérités catholiques essentielles qui s’emboîtent les unes dans les autres : 1/ la Transsubstantiation du pain et du vin, et du fait même : 2/ le Sacrifice de la Messe, et du fait même : 3/ le prêtre en tant que celui qui sacrifie, et tout ceci par : 4/ l’intercession de la Bienheureuse Mère de Dieu. En fait, la liturgie Latine ancienne est l’expression même de la totalité de la doctrine Catholique.

Si donc c’est principalement en assistant à la Messe et non pas en lisant des livres ni en écoutant des conférences que le grand nombre des Catholiques pratiquants absorbe ces doctrines et les met en pratique dans la vie, et si c’est ainsi qu’ils se font la lumière du monde contre l’erreur et le sel de la terre contre la corruption, alors il n’est pas très difficile de comprendre pourquoi le monde moderne est dans une telle confusion et dans une telle immoralité. « Détruisons d’abord la Messe, et nous détruirons l’Eglise » disait Luther. « Le monde peut plus facilement survivre à la disparition de la lumière du Soleil qu’à la disparition du sacrifice de la Messe » disait le Padre Pio.[....]

 

 

28 juillet 2012

 

Citation:

 [....]

La raison fondamentale, c’est que la foi catholique est plus importante que la messe. En effet, si pendant longtemps, sans faute de ma part, je ne peux assister à la messe mais je garde la foi, je peux encore sauver mon âme. Par contre, si je perds la foi mais continue pour quelque autre raison d’assister à la messe, je ne peux sauver mon âme (« Sans la foi il est impossible de plaire à Dieu » – Héb. XI, 6). Ainsi j’assiste à la messe pour vivre ma foi, et puisque la foi et le culte sont interdépendants, j’assiste à la vraie messe pour garder la vraie foi, mais je ne garde pas la foi pour assister à la messe

[.....]

 

4 octobre 2014:

 

Citation:

 [....] Q : Existe-t’il un danger à rester ami avec des Traditionalistes qui ont rejoint Rome, et à assister à leurs Messes ?

R : Oui, parce qu’à la Messe il n’y a pas seulement la Messe mais il y a aussi le sermon, l’atmosphère, l’ambiance, les conversations avant et après la Messe, et ainsi de suite. Toutes ces choses font que petit à petit on change d’idées. C’est un climat d’ambigüité. On se retrouve dans une atmosphère de soumission au Vatican, soumission en fin de compte au Concile, et l’on finit par se faire œcuménique.

[.....]

 

 

 

28 novembre 2015

 

 Citation:

 [...]

Les Catholiques traditionnels boivent avec le lait de leur mère le fait que le nouveau rite de la Messe (NOM) est une abomination aux yeux de Dieu et a contribué à la perte de la Foi chez d’innombrables fidèles. Ceci s’explique parce que le NOM, comme Vatican II qu’il a suivi, est ambigu, favorise l’hérésie et a fait sortir de l’Église d’innombrables âmes, lesquelles, par l’assistance régulière au rite protestantisé, sont devenues virtuellement des Protestants. La plupart des Catholiques traditionnels devraient bien connaître le sérieux du problème doctrinal de ce nouveau rite, conçu pour diminuer les doctrines catholiques essentielles de la Présence Réelle, du Sacrifice propitiatoire et du sacerdoce sacrificateur, entre autres. Alors comment Dieu peut-Il en profiter pour faire des miracles eucharistiques et par là, par exemple, faire de Sokólka un centre national de pèlerinage des Polonais ?

Doctrinalement, le NOM est ambigu, à mi-chemin entre la religion de Dieu et la religion Conciliaire de l’homme. Or, en matière de Foi, l’ambiguïté est mortelle, étant conçue normalement pour saper la Foi, comme le fait fréquemment le NOM. Mais, tout comme l’ambiguïté est ouverte précisément à deux interprétations, ainsi le NOM n’exclut pas absolument l’ancienne religion. Aux mains d’un prêtre dévot, ses ambiguïtés peuvent s’orienter dans le sens catholique. Cela ne rend pas le NOM acceptable pour autant, car son ambiguïté intrinsèque favorise toujours la nouvelle religion, mais cela signifie, par exemple, que la Consécration peut toujours être valide, ce que Mgr Lefebvre n’a jamais nié. En outre, si les miracles eucharistiques sont authentiques, la Consécration des évêques et l’Ordination des prêtres dans le Novus Ordo ne sont manifestement pas toujours invalides. Bref, le NOM, en tant que tel, est mauvais dans l’ensemble et mauvais dans ses parties, mais pas mauvais dans toutes ses parties.

[....]

 

 23 janvier 2016

 

Citation:

 [....]

 Le fait d’avoir dit il y a six mois qu’un prêtre n’est pas obligé à chaque fois d’interdire à un Catholique d’assister à la nouvelle messe ( Novus Ordo Missæ – NOM) ne voulait évidemment pas dire qu’ il n’ y a aucun problème à y assister. Le rite du NOM en lui-même est l’acte cultuel central de la fausse religion anthropocentrique établie par Vatican II, et suivie par ce rite en 1969. En réalité, l’obligation de s’éloigner du NOM est proportionnée à la connaissance que l’on a de son mal intrinsèque. Il a énormément contribué à la perte de la foi d’innombrables Catholiques, presque à leur insu.

Mais il y a deux facteurs qui jusqu’à ce jour ont facilité l’illusion des Catholiques par rapport au NOM. Premièrement, il fut imposé à toute l’Église de rite latin par Paul VI, qui fit tout ce qu’Il put pour faire paraître qu’ il l’imposait avec toute la force de son autorité papale, laquelle en 1969 semblait immense. Encore aujourd’hui, le NOM passe pour le rite « ordinaire » alors que la Messe de toujours est officiellement classée comme rite « extraordinaire », ce qui fait que même quarante-sept ans plus tard, un Catholique honnête peut se sentir obligé en obéissance à assister au NOM. Bien sûr, dans les faits, il ne peut y avoir aucune telle obligation, car aucune loi de l’Église ne peut obliger un Catholique à mettre en danger sa foi, ce qu’il fait normalement en assistant au NOM, tellement ce rite est faux.

Et deuxièmement, le NOM fut introduit petit à petit moyennant une série de changements fort habiles, notamment en 1962, 1964 et en 1967, en sorte que la révolution totale de 1969 trouva les Catholiques tout ouverts aux nouveautés. En réalité, même aujourd’hui le rite du NOM inclut des options pour le célébrant qui lui permettent de le célébrer soit comme cérémonie qui correspond pleinement à la nouvelle religion humaniste, soit comme cérémonie qui ressemble encore d’assez près à la vraie Messe pour permettre à maint Catholique de s’illusionner qu’il n’y a pas de différence significative entre le vieux rite et le nouveau. Évidemment, en réalité, comme le disait Monseigneur Lefebvre, mieux vaut célébrer le vieux rite dans une langue moderne que le nouveau rite en latin, à cause de la diminution ou falsification nette de la doctrine catholique de la Messe par le rite du NOM.

De plus, ces deux facteurs, à savoir l’imposition officielle des changements et leur caractère parfois optionnel, suffisent bien à expliquer qu’ il doit y avoir jusqu’à ce jour une multitude de Catholiques qui veulent être catholiques et qui concluent que la bonne manière de l’être et de le rester est d’assister au NOM chaque dimanche. Et qui osera dire que dans toute cette multitude, il n’y en a aucun qui nourrisse encore sa foi en obéissant à ce qui semble pour lui (subjectivement) être son devoir (objectif) ? Dieu est leur juge, mais pour combien d’années la plupart des fidèles de la Tradition catholique auront-ils assisté au NOM jusqu’à ce qu’ils comprissent que leur foi les obligeait à ne plus le faire ? Et si le NOM leur avait fait perdre la foi dans le cours de ces années, comment en seraient-ils venus à la Tradition catholique ? En fonction des options du NOM choisies par le célébrant, pas tous les éléments capables de nourrir la foi n’en sont nécessairement éliminés, surtout si la Consécration est valide, possibilité que personne ne nie qui connaisse sa théologie sacramentelle.

Or, étant donné la faiblesse de la nature humaine et le risque par le moindre mot prononcé en faveur de son rite cultuel central d’encourager les Catholiques à suivre la nouvelle religion tellement plus facile, pourquoi dire un seul mot en faveur de quoi que ce soit de la Néo-église ? Pour deux raisons au moins. Deuxièmement, pour repousser tout mépris pharisaïque par rapport aux Catholiques encore croyants à l’extérieur du mouvement Traditionnel, et premièrement, pour écarter ce qu’on commence à appeler l’« ecclesiavacantisme », à savoir l’idée que la Néo-église n’a plus absolument rien de catholique. En sa théorie, la Néo-église est une pure déliquescence, mais en pratique cette pourriture ne pourrait exister sans quelque chose de pas encore pourri qui attend de l’être. Tout parasite a besoin d’un hôte. De plus, cet hôte particulier, la véritable Église, eût-elle complètement disparu, comment les portes de l’Enfer n’auraient-elles pas prévalu contre elle ? Impossible (S. Mat. XVI, 18).

 

 _______________________________

 

Opération survie

Arsenius, Monastère Sainte Croix de Nova-Friburgo, le 27 Juin 2016 

 

 Compte tenu du fait que Rome a toujours refusé de revenir à la foi traditionnelle de l'Église et, par conséquent, n’a jamais considéré la reconnaissance officielle de la FSSPX de la même manière que Mgr Lefebvre la considérait, et donc logiquement n’offre aucune garantie que cette reconnaissance officielle ne sera pas un piège, le même Mgr Lefebvre jugeait qu’il n’était pas à propos de reprendre les pourparlers avec Rome tant que celle-ci n’affirmait pas devoir revenir à la foi dans les vérités révélées que la Sainte Église a toujours préservées et transmises sans faille. En bref : un accord pratique avec Rome n’aurait lieu que quand leur doctrine redeviendra conforme à la doctrine que nous professons dans la "Famille de la Tradition", qui est tout simplement la doctrine de l'Église. 

 

C’est ainsi que le comprit la Fraternité, lors du Chapitre Général de 2006, en se fondant sur ce qu'elle pensait alors être la pensée de Mgr Lefebvre, qui décida donc qu'elle ne ferait d’accord pratique avec Rome, que lorsqu’il y aurait un accord doctrinal. 

 

 Mais en 2012, le nouveau Chapitre Général en jugea différemment : il propose la possibilité d'un accord pratique sans exiger de Rome un changement dans sa doctrine moderniste. 

 

Pour lors, ils veulent instiller en nous que la pensée de Mgr Lefebvre était la suivante : on se contente de Rome des «garanties» concernant la continuation de la «Tradition», comme si cela suffisait de le part de ceux qui sont attachés à une doctrine délétère qui règne dans la tête de l'église de Rome, comme s’ils étaient dignes de confiance. 

 

Mais nous, qu'on appelle la «résistance», nous préférons penser, comme lors du Chapitre de 2006, que nous devons attendre des temps meilleurs pour accepter que Rome nous accorde un statut officiel. 

 

Dans cette même ligne de pensée Mgr Lefebvre se décida à consacrer des évêques en 1988, sans l'approbation de Rome : pour le moment notre situation ne peut pas être régularisée, nous devons donc faire ce que nous pouvons pour que nous puissions survivre. Il a appelé cela « l’opération survie ». 

 

On voit bien que ceux qui devraient perpétuer cette « opération » ont pris une voie différente pour faire face à la crise actuelle (ou du moins se soumirent au Chapitre de 2012. Mais le fait est que, officiellement, la Fraternité a pris ce nouveau chemin) il nous revient de donner à ceux qui pensent comme Mgr Lefebvre, les moyens de continuer, avec l'indispensable soutien d’évêques. 

 

Il est vrai que cette posture qui est la nôtre nous a mérité l'abandon par une partie de notre parentèle et de ceux qui hier étaient nos amis, et, de même, nous ont été gracieusement accordées les épithètes de "groupuscule" et de "tortueux". Ainsi honnis et réduits à un petit nombre, que nous importe !, nous sommes avec Celui qui est le centre de notre vie : notre Seigneur Jésus-Christ crucifié, qui est tout pour nous. Nous savons que Lui aussi, sur sa Croix, avait pour seule compagnie « un groupuscule», un petit nombre d'amis : Sa Très Sainte Mère, la Vierge douloureuse, dont le cœur triomphera, écrasant la tête du démon (« Ipsa conteret »), un évêque seulement, des douze qu’Il consacra – Saint Jean l’Évangéliste – fidèle là, à ses pieds, (« Fidelis inveniatur ») et quelques autres âmes ; lui, qui aimait la vérité (« Veritatem dilexisti »), et qui par-dessus tout désirait la fidélité à celle-ci, qu’importe le nombre de ceux qui le rejoignent. N’appliquons pas aux saintes âmes du Calvaire l'adjectif « tortueux », car il est très humiliant pour elles : alors qu’il peut très bien être juste en ce qui nous concerne. 

 

Nous ne désirons pas que le « temps » de Menzingen (pour rester dans la veine de ceux qui nous attaquent) mène à « l’échec », mais nous croyons que la déroute est aussi certaine que l’est la mort de celui qui saute du pinacle du temple. Nous croyons que s’applique à cette présente tentative ce que notre Seigneur a dit, à propos de la tentation évoquée en dernier lieu : c’est tenter Dieu.

 

____________________________

 

La Fraternité Saint-Pie X et l’acte du pape du 1er septembre 2015. Quand Mgr Fellay oublie de réunir son chapitre…

source :  https://gloria.tv/article/eXXQx8R4KJhk4FY2PCSkyuDfQ

 

Comme on le sait, pendant l’« Année de la miséricorde » (du 8 décembre 2015 au 20 novembre 2016), les absolutions délivrées par les prêtres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X sont couvertes par la juridiction concédée par le pape François au terme de sa lettre du 1er septembre 2015 à Mgr Rino Fisichella, président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation.

Selon le droit de l’Eglise, la juridiction accordée est dite « ordinaire ».

Telle qu’elle ressort de cette lettre, la mesure apparaît modeste, s’appliquant à un seul sacrement et pour la durée d’une année jubilaire.

Il a été précisé que l’absolution de l’avortement était incluse, et que le geste de Rome concernait également le sacrement de l’extrême-onction. Par ailleurs, la Maison générale de Menzingen a confirmé que le bénéfice de la juridiction ordinaire pour le sacrement de pénitence rendait sans objet le recours au régime de la suppléance canonique qui était invoqué depuis 1976 par la Fraternité pour ce sacrement (comme pour d’autres) conformément aux normes générales du droit.

Avec un recul de plusieurs mois, que doit-on penser aujourd’hui de cette mesure du 1er septembre 2015 ? Qu’implique-t-elle pour l’avenir ?

1) Il faut rappeler que le Chapitre général de l’été 2012 de la Fraternité Saint-Pie X avait expressément soumis une « éventuelle normalisation canonique » (sans précision quant à ses modalités) à la délibération préalable d’un Chapitre extraordinaire, chargé de vérifier que six conditions -trois obligatoires, trois simplement facultatives- étaient satisfaites (ou non), lui permettant d’autoriser (ou de refuser) une telle normalisation (cf. communiqué du 14 juillet).

On note que, parmi ces conditions, ne figurait plus l’exigence posée par le Chapitre de 2006 d’un retour (préalable) de Rome à sa tradition bimillénaire.

2) On rappelle également que l’« entretien cordial » de septembre 2014 entre le Cardinal Müller et Mgr Fellay constituait l’amorce d’un rapprochement entre Rome et la Fraternité en termes non équivoques : « procéder par paliers (…) dans un délai raisonnable vers le dépassement des difficultés (…) dans la perspective désirée d’une pleine réconciliation » (cf. communiqué du Vatican du 23 septembre).

3) Le 1er septembre 2015 était diffusée la lettre du pape concédant la juridiction. La mesure ne résulte pas d’un « accord » entre Rome et la Fraternité, mais d’un acte unilatéral du pape usant de son pouvoir plénier dans l’Eglise (Mgr Fellay a précisé que « comme tout le monde », il l’avait « appris par la presse »).

4) Le même jour 1er septembre, le Supérieur général faisait publier un communiqué exprimant « sa reconnaissance au souverain pontife pour ce geste paternel ».

                                                                                                                                                                             

5) Les modalités de la concession sont atypiques : la juridiction est attribuée aux prêtres de la Fraternité selon un procédé inhabituel, elle est au surplus très limitée et d’application temporaire. L’acte du 1er septembre 2015 n’en demeure pas moins une « normalisation canonique » au sens de la décision du Chapitre de juillet 2012, celui-ci n’ayant pas opéré de distinctions entre normalisation partielle ou complète, unilatérale ou consensuelle, temporaire ou définitive, etc… et la vérification des six « conditions préalables » posées par ce Chapitre n’ayant plus de raison d’être, du fait de l’acceptation de la mesure papale par le Supérieur général.

6) A l’analyse, cette « mini-normalisation » (deux sacrements, pour une année) se présente comme une première expérience de coexistence entre la Fraternité et son environnement « conciliaire », et un test de sa docilité envers l’autorité détentrice du pouvoir légitime dans l’Eglise.

Depuis la rencontre au « climat cordial » de Mgr Fellay avec le pape, début avril 2016 à Rome, il est acquis que la juridiction actuelle sera prorogée après le 20 novembre, et qu’une extension à d’autres sacrements n’est pas écartée.

Ce qui montre bien que, loin de rechercher avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X une « pleine communion » dans la foi et la tradition authentiques de l’Eglise, l’habile démarche du pape vise en réalité à placer progressivement la FSSPX sous son contrôle, pour neutraliser en douceur son opposition au Concile et lui faire oublier à terme la protestation catholique de son Fondateur.

Ainsi comprise, la mesure d’apparence anodine du 1er septembre 2015 prend tout son sens, celui du premier pas discret d’un processus d’assimilation-intégration.

7) A l’automne dernier, les risques de ce processus ne pouvaient échapper au Conseil général de Menzingen, rendant alors d’autant plus impérative la réunion du Chapitre prévue dans le communiqué du 14 juillet 2012. Et pourtant, le Supérieur général n’a pas convoqué ce Chapitre extraordinaire. La procédure d’autorisation mise en place par l’instance suprême de la Fraternité dans un but de protection, n’a donc pas été appliquée ; et le motif de cette omission n’a pas été donné.

8) Ayant accepté seul et sans l’autorisation du Chapitre cet acte préliminaire du pape, Mgr Fellay pourra-t-il s’opposer aux mesures complémentaires de normalisation déjà envisagées (cf. son sermon du Puy du 10 avril 2016) ou à une reconnaissance canonique plus complète ? Pourra-t-il refuser de ratifier l’« accord fondamental » sur « la valeur du Concile », tel que le requiert le pape pour une érection de la Fraternité en prélature personnelle (cf. interview au journal La Croix du 16 mai 2016) ? A considérer l’évolution en cours, on ne saurait désormais l’affirmer.

9) Le désir de remédier à une situation canonique prétendue « irrégulière » a conduit la Fraternité à différer sans cesse l’affrontement décisif sur la doctrine. Faute d’avoir exigé une renonciation de Rome aux erreurs conciliaires avant de consentir à recevoir la juridiction ordinaire attribuée par l’acte du 1er septembre, elle s’est enfermée dans un piège : elle ne pourra plus invoquer l’état de nécessité et prendre, s’il y a lieu sans l’accord de l’autorité, les dispositions utiles à la sauvegarde de la foi et du sacerdoce, mis à mal par Vatican II et ses réformes.

La capitulation de la Fraternité Saint-Pie X, face à la Rome néo-moderniste et néo-protestante dénoncée par Mgr Lefebvre dans sa déclaration de 1974, est donc devenue effective au 8 décembre 2015, date de l’ouverture de l’Année de la miséricorde par le pape François.

13.06.2016                                                                              Recuerdo Marcelli

 

Le texte censuré par le forum catholique

 

 

Un ami , inscrit sur le forum "catholique", a publié l'analyse de ce juriste sur le processus de ralliement de la fsspx (cf document ci-dessus). Curieusement, tout le fil ainsi que le texte ont été supprimés quelques heures après sa publication. Ce texte doit donc gêner au plus haut point les instantes dirigeantes de la fsspx.

_________________

 

Confirmations

 

 Dom Thomas d'Aquin conférera le sacrement de Confirmation

le dimanche 31 juillet dans la région lyonnaise.

 

Pour tout renseignement : s'adresser à M. l’abbé Pinaud au 06 61 31 72 05 ou pinaudnicolas@yahoo.fr

 

_______________________________

 

Lettre ouverte aux fidèles du Québec et d’Acadie

 

 

Note de France Fidèle : Après mûres réflexions et prières, Monsieur l'abbé Pierre Roy a pris la décision de quitter la fsspx.  Il en donne ici les motifs.  Nous l'assurons de nos prières sacerdotales. 

 

 

Lakeville, 3 juin 2016

Fête du Sacré-Cœur de Jésus

 

 

« La nuit est avancée; le jour approche. Laissons donc là les œuvres des ténèbres; revêtons les armes de la lumière. Conduisons-nous comme en plein jour. » Romains 13; 12-13

 

 

Chers fidèles,

 

 

Cette lettre a pour but de vous faire part de ma décision de quitter la Fraternité Saint-Pie X. Malgré mon sermon du 17 avril dernier, plusieurs seront étonnés d’apprendre mon départ. Je voudrais par conséquent que ces quelques lignes vous manifestent plus clairement les raisons pour lesquelles je pars.

 

Je voudrais tout d’abord vous dire que je ne souhaitais pas que mon sermon du 17 avril dernier soit publié urbi et orbi et j’ai moi-même fait tout ce que j’ai pu pour empêcher sa diffusion. Je prêchais pour la chapelle de Montréal, portion du troupeau du Seigneur qui m’a été confiée par mon supérieur. Cela dit, le Seigneur a voulu qu’il en soit autrement. Que son saint Nom soit béni!

 

Je suis né et j’ai grandi au sein de la Fraternité. Je dois tout à l’œuvre de Mgr Lefebvre. C’est pourquoi je suis bien conscient de la gravité du geste que je pose devant Dieu et devant vous et conscient aussi de devoir en rendre compte un jour au Tribunal du Juste Juge.

 

Depuis plusieurs années déjà les autorités de la Fraternité – elles ne s’en cachent plus – organisent notre ralliement à la Rome apostate. Est-il légitime de se mettre sous des autorités qui ont abandonné la vraie Foi ou d’accepter de leur part une reconnaissance à condition qu’on ne nous demande « aucun compromis[1] »? Je vous laisse en juger par ces paroles du pape Pie XI : « Personne sans doute n’ignore que saint Jean lui-même, l’Apôtre de la charité, que l’on a vu dans son Évangile, dévoiler les secrets du Cœur Sacré de Jésus et qui ne cessait d’inculquer dans l’esprit de ses fidèles le précepte nouveau:  « Aimez-vous les uns les autres », interdisait de façon absolue tout rapport avec ceux qui ne professaient pas la doctrine du Christ, entière et pure:  « Si quelqu’un vient à vous et n’apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison et ne le saluez même pas  » (Joan. II, 10). C’est pourquoi, puisque la charité a pour fondement une foi intègre et sincère, c’est l’unité de foi qui doit être le lien principal unissant les disciples du Christ. Comment, dès lors, concevoir la légitimité d’une sorte de pacte chrétien, dont les adhérents, même dans les questions de foi, garderaient chacun leur manière particulière de penser et de juger, alors même qu’elle serait en contradiction avec celles des autres? Et par quelle formule, Nous le demandons, pourraient-ils constituer une seule et même société de fidèles, des hommes qui divergent en opinions contradictoires?» Mortalium Animos

 

Vous savez également, chers fidèles, que la Fraternité a toujours dit dans le passé qu’il était illégitime de s’accorder avec ceux qui se sont écartés de la Tradition et qui ne professent plus la Foi catholique dans son intégrité. Pourquoi donc nous sommes-nous permis de critiquer pendant trente ans la Fraternité Saint-Pierre? Pourquoi avons-nous plus récemment critiqué Campos? Pourquoi avons-nous rejeté les accords de l’Institut du Bon-Pasteur en 2006? Ayant récemment affirmé à un supérieur qu’il faudra que nous cessions de critiquer ces communautés, j’ai reçu la réponse suivante : « Ah, mais nous continuerons de les critiquer! » J’ai alors demandé pourquoi, au nom de quel principe. Je n’ai évidemment pas reçu de réponse.

 

Non, soit nous nous sommes trompés depuis 1988 et même depuis 1975, soit nous nous trompons depuis 2012. À moins qu’on ne se soit rallié également à une conception subjective de la vérité : ce qui était vrai en 1988 ne l’est plus désormais. Dernière solution – qui est celle au nom de laquelle on semble tout légitimer – : la situation a changé. Nous assistons, dit notre supérieur général, à un tournant dans l’histoire de l’Église : on ne veut plus nous imposer le Concile; le pape François «paraît comme quelqu’un qui voudrait voir tout le monde sauvé, que tout le monde ait accès à Dieu[2] », dit-il encore. Jésus n’a-t-il pas dit : « Celui qui m’aime garde mes commandements » (Jean XIV,15)? On peut légitimement se demander si le pape François, qui nie pratiquement les commandements de Dieu à la face de la terre entière, cherche vraiment à sauver les âmes. D’autre part, Mgr Lefebvre n’a-t-il pas écrit dans son Itinéraire Spirituel, qui est son testament à ses prêtres : « Il est du strict devoir de tout prêtre et tout fidèle qui veut rester catholique de se séparer clairement de l'Eglise conciliaire, aussi longtemps qu'elle ne retrouvera la tradition du Magistère de l'Eglise et de la foi catholique ! " [3], comme nous le rappelait Mgr Tissier de Mallerais il n’y a pas si longtemps?

 

Certains diront : « Ce n’est pas encore fait. Attendez que ce soit fait! » C’est ce que j’ai moi-même dit à plusieurs d’entre vous, chers fidèles, depuis des années, espérant et croyant sincèrement que les autorités de notre Fraternité feraient demi-tour. Mais je dois me rendre à l’évidence qu’il n’en est rien. Jour après jour, déclaration après déclaration, on continue d’inoculer dans l’âme des fidèles et des prêtres, l’erreur pernicieuse selon laquelle il serait légitime de rechercher de la part des autorités conciliaires une reconnaissance et une juridiction qui, en raison des défaillances quotidiennes dans la Foi des dites autorités, sont plus que douteuses. Cette erreur qui s’insinue dans les esprits de chacun fait que des prêtres qui étaient connus pour leur intransigeance doctrinale (ce qui est une vertu) deviennent de moins en moins combatifs et seront bientôt prêts à toutes les trahisons.

 

Cela se fait de façon progressive et sans que nous nous rendions vraiment compte des ambiguïtés qu’on introduit. On a commencé par nous convaincre qu’un Motu Proprio qui met sur le même pied et même qui subordonne le Sacrifice de Notre-Seigneur Jésus-Christ à ce que Mgr Lefebvre appelait très justement la « messe de Luther » était bienvenu et bénéfique. On a remercié les autorités conciliaires pour ce geste, tout en maintenant timidement que seule la messe de Saint Pie V est légitime. C’était un premier pas, ou plutôt un premier faux pas. On nous dira : Le Motu Proprio n’a-t-il pas produit des résultats merveilleux? Mais depuis quand les résultats pratiques sont-ils devenus plus importants que la pureté de la doctrine du Christ? Depuis quand la vérité profite-t-elle de nos compromis humains? «Ne faites pas le mal pour qu’il en sorte du bien», nous dit l’Apôtre. (Romains 3;8)

 

On nous a ensuite convaincus qu’il était acceptable de chanter un Te Deum solennel pour la publication d’un document qui, en levant les « excommunications » des quatre évêques consacrés par Mgr Lefebvre, redit en principe que nos évêques étaient bel et bien excommuniés. Ce décret de levée des fausses sentences portées à l’encontre de nos évêques n’est rien d’autre en définitive qu’une nouvelle condamnation du geste posé par Mgr Lefebvre que nous avons encore l’insolence après cela d’appeler « notre vénéré fondateur ».

 

Ne mettant pas en pratique les conseils de Saint Jean ni ceux de Notre-Seigneur Jésus-Christ («Gardez-vous des faux prophètes.» Matthieu 7; 15), de discussions en discussions, de rencontres en rencontres on finit par faire tomber les méfiances qui sont plus que légitimes et salutaires devant des personnes qui nient la royauté de Notre-Seigneur Jésus-Christ. C’est ainsi que notre supérieur est devenu selon le pape François un homme « avec qui on peut dialoguer [4] », avec qui celui qui dirige en ce moment la subversion et la destruction de l’Église de Notre-Seigneur Jésus-Christ estime qu’on fait «du bon travail.[5]» Comment s’étonner après cela qu’on nous accorde de grand cœur une juridiction pour les confessions (juridiction qui ne nous faisait pas défaut)? Comment dire que nous ne demandons rien, que c’est Rome qui nous donne tout? N’avons-nous pas naguère demandé la juridiction douteuse de la Rome conciliaire pour les autres sacrements? Non, vraiment, nous ne demandons rien! Rome qui flagelle Notre-Seigneur Jésus-Christ nous veut du bien! C’est plutôt inquiétant : de quel côté sommes-nous?

 

Cette nouvelle ligne de conduite de notre Fraternité est imposée aux prêtres, à de nombreux prêtres qui ne l’ont jamais désirée. Réduction au silence, mutations, promotions, procès, menaces, promesses, exclusion, tout devient légitime quand il s’agit de défendre la « position de la Fraternité » qui est en fait – comme toujours dans les révolutions – la position d’une minorité qui a pris le pouvoir et qui manipule avec habileté une majorité passive. Après mon sermon du 17 avril dernier, outre la réaction désespérée de certains confrères, on m’a donné l’ordre de me taire. On a voulu me faire promettre sur mon sacerdoce (!) de ne plus parler du haut de la chaire de la question d’un accord avec Rome qui a perdu la Foi. « Vous avez beaucoup d’autres choses dont vous pouvez parler » m’a-t-on dit. Bien sûr, je suis conscient que l’objet principal de notre prédication n’est pas le ralliement de notre Fraternité à Rome, mais l’Évangile de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Mais je tiens à faire remarquer – vous en êtes témoins, chers fidèles – que c’était la première fois en cinq ans de ministère, que je parlais directement de cette question du haut de la chaire. J’ai refusé d’être réduit au silence. J’ai cependant promis que j’avertirais les supérieurs avant de parler de nouveau de cette question en chaire. « Si vous avez l’intention d’en parler de nouveau, m’a-t-on dit, vous aurez droit de confesser et de dire la messe, mais vous ne pourrez plus prêcher. Sinon, partez de la Fraternité et dites ce que vous voulez. » C’est ce que je fais, chers fidèles, car un prêtre doit prêcher et mettre en garde le troupeau contre les loups qui risquent de le dévorer.

 

Je n’ai pas de certitude absolue que la Fraternité se ralliera à Rome. Cependant, j’ai la certitude morale qu’elle le fera, étant donnée la volonté exprimée clairement et à de nombreuses reprises de la part aussi bien de Rome que de la Fraternité d’en arriver à un arrangement et étant donné également le ralliement de ces derniers mois des dernières voix épiscopales qui s’y opposaient fermement. Que Dieu nous préserve de ce malheur, cela continuera malgré mon départ d’être ma prière fervente!

 

En attendant, ayant le jour de mon baptême renoncé non seulement à Satan et aux œuvres de Satan, mais également à ses séductions, je ne peux accepter que mon âme immortelle soit vendue à la secte conciliaire, mais je ne peux accepter non plus qu’elle soit mise en vente. Le fait par conséquent que les supérieurs de la Fraternité aient manifesté à de nombreuses reprises leur acceptation d’un accord pratique sans que les autorités de Rome ne soient revenues à la vraie Foi me suffit à poser prudemment le geste que je pose non sans avoir prié longuement et pris conseil auprès de prêtres prudents. Il n’est absolument pas question pour moi de me taire plus longtemps sur ce qui se fait. J’ai gardé le silence trop longtemps, espérant et vous promettant, chers fidèles, que les supérieurs finiraient par ouvrir les yeux. Mais plus le temps est passé, plus j’ai dû me rendre à l’évidence que ceux qui nous dirigent n’ont pas l’intention de rebrousser chemin.

 

J’ai dû l’avouer moi-même, parler ouvertement de la trahison que nous vivons est affaire très délicate si l’on reste à l’intérieur de la Fraternité. C’est pourquoi je pars : pour pouvoir prêcher la vérité dans son intégrité, puisque j’aurai un jour à rendre compte de chacune des âmes qui m’aura été confiée. Garder le silence ne m’est plus possible sans me rendre coupable devant Dieu.

 

J’ai moi-même par le passé sévèrement critiqué les agissements de ce qu’on appelle la «Résistance», que d’autres appellent la «Subversion», d’autres encore la «Fidélité». Je dois dire qu’outre le fait que je ne voyais pas à ce moment les choses aussi clairement que je les vois à présent par la grâce de Dieu, je réagissais principalement aux exactions de certains des confrères qui ont visité notre province et qui ont vu clair mais se sont comportés de façon plutôt cavalière, jetant ainsi le discrédit sur la position courageuse de ceux qui n’acceptent pas la trahison qu’on nous impose. Je tâcherai donc avec la grâce de Dieu d’éviter les attitudes que je dénonçais et de consacrer mon énergie à reconstruire plutôt qu’à m’en prendre à ceux qui veulent nous mettre dans les mains de Rome. Cela dit, dénoncer les erreurs et les tromperies demeure une nécessité et je le ferai avec le secours de Dieu.

 

Plusieurs prêtres clairvoyants n’ont pas le courage de réagir à ce qui nous est imposé. Je crois que la raison principale qui les retient est la crainte de briser l’unité des institutions qui ont été si difficiles à construire. Comment accepter qu’en divisant les fidèles, on risque de contribuer à la fermeture de telle ou telle chapelle? Il faut répondre à cela que ce ne sont pas les prêtres fidèles qui sont à l’origine de la division qui gronde dans nos rangs, mais bien les autorités de la Fraternité qui veulent nous faire croire qu’on assiste en ce moment à un tournant dans la situation de l’Église alors que la situation n’a pas changé, seules les têtes ont tourné. Chers fidèles, si les dirigeants de la Fraternité continuent de semer par leurs positions troubles méfiance et confusion, la division ira croissante et il pourra même devenir nécessaire de la faire éclater au grand jour dans nos régions pour le bien de tous.

 

Pour ma part, je voudrais que le Seigneur m’épargne de devoir briser prématurément l’unité des quelques chapelles que nous avons au Canada-français. C’est pourquoi j’ai pris la décision de me retirer pour l’instant en Acadie. Les fidèles de ces régions n’ont pas accès de façon habituelle à la vraie Messe et aux vrais Sacrements. Ils sont la plupart du temps sans les secours spirituels. Ils doivent élever leurs enfants sans le soutien de l’Église. Aussi ai-je cru bon de me retirer dans ces régions et de concentrer mes efforts à développer les petits groupes qui n’ont que bien peu d’accès aux sacrements, espérant un jour pouvoir remettre dans les mains de la Fraternité des communautés rendues plus ferventes et plus nombreuses par la grâce de Dieu et par mon ministère. Car c’est bien mon espérance la plus grande : que la Fraternité fasse demi-tour de façon claire et sans équivoque, que je puisse lui remettre les missions et que je puisse moi-même rentrer dans les rangs et profiter de nouveau du cadre sacerdotal que nous offre notre Fraternité. Je me fais peu d’illusion sur cette possibilité, mais un miracle demeure toujours possible…

 

Il demeure cependant évident que plus la situation ira se dégradant, plus il deviendra nécessaire de s’occuper des âmes qui se sentent trahies et trompées au Québec. Mon espérance est que d’autres prêtres se lèvent et viennent porter le secours de la vérité à ceux qui la désirent pour eux et pour leurs enfants. Car s’il est évident que la Fraternité continue de nous donner le secours des sacrements – dont il serait illégitime de se priver sans raisons très graves – ce n’est pas une petite chose dans cette crise de l’Église d’avoir accès à une prédication intègre de la vérité et de continuer de voir clair dans les événements pénibles que nous traversons.

 

Pour terminer, je vous demande de prier que d’autres prêtres trouvent la force de se joindre à ceux qui élèvent la voix pour que de véritables prieurés puissent être fondés pour le bien des prêtres et des fidèles. Vous devez bien sûr toujours prier pour que ceux qui nous dirigent ouvrent les yeux et reviennent aux positions que la Fraternité a toujours tenues. Mais le Seigneur donne-t-il sa grâce à ceux qui s’obstinent malgré toute évidence dans un chemin douteux et dangereux?

 

            Vous suppliant de prier pour moi, je vous assure également, chers fidèles, de ma prière à l’autel et de ma bénédiction.

 

 

« Servez le Seigneur dans la joie! » Ps. 99

 

Abbé Pierre Roy

Mission Notre-Dame-de-Joie

1974 Route 134

Lakeville, E1H 1A6

Nouveau-Brunswick

 

 


[1]http://laportelatine.org/publications/entret/2016/fellay_national_catholic_register_160513/fellay_national_catholic_register_160513.php

[2] http://www.dici.org/actualites/entretien-avec-mgr-bernard-fellay-dans-le-national-catholic-register/

[3]http://laportelatine.org/mediatheque/sermonsecrits/tissier_150101_chicago/tissier_150101_chicago.php

[4] http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2016/05/pape-fran%C3%A7ois-mgr-fellay-est-un-homme-avec-qui-on-peut-dialoguer.html

[5] Idem

 

 

________________________________

 

Normalisation canonique?

 

Avril 2016

 

Dans une lettre du 19 février, Monsieur l’abbé Franz Schmidberger a exposé les raisons pour lesquelles lui paraît arrivée l'heure de normaliser la situation de la Fraternité Saint-Pie X et, sans doute, des communautés amies.  

Dans les raisons avancées par l’ancien Supérieur Général, nous trouvons le fait que Mgr Lefebvre aurait recherché une régularisation canonique pour sa congrégation. A vrai dire, Mgr Lefebvre recherchait beaucoup plus que cela: il recherchait la survie de l’Eglise. La question canonique a son importance, mais ce que recherchait surtout Mgr Lefebvre, c’était la sauvegarde de la Tradition, sans les entraves par lesquelles les libéraux la paralysent.

Parlant de Mgr Antonio de Castro Mayer, Mgr Lefebvre disait (il me semble que c’était en 1985) qu’il fallait que l'évêque émérite de Campos comprenne qu’il était nécessaire de rentrer dans l’illégalité. Mgr de Castro Mayer, malgré une analyse théologique profonde de la crise actuelle, restait prisonnier d’un légalisme qui le paralysait. Par crainte de l’illégalité, Mgr de Castro Mayer n’ordonna aucun prêtre entre 1981, date où il fut contraint de quitter la charge d’évêque titulaire de Campos, et 1988, date des sacres des quatre évêques de la FSSPX. Mgr Lefebvre avait mieux compris ce que dit Saint Paul: “la lettre tue, mais l’esprit vivifie”. Il avait discerné que le coup de maître de Satan avait été de lancer toute l’Eglise dans la désobéissance à la Tradition, précisément par obéissance; l’obéissance retournée contre sa finalité; le bien au service du mal.

Que Mgr Lefebvre ait, un temps, recherché une solution canonique est évident, mais qu’il ne l’ait pas trouvée est plus évident encore. Et il ne l’a pas trouvée parce qu’elle n’existait pas, et n’existera pas tant que Rome sera occupée par les ennemis de la Royauté universelle de Notre-Seigneur Jésus-Christ. C’est pour cette raison que Mgr Lefebvre sacra quatre évêques en 1988. Il en aurait probablement sacré plus si Mgr de Castro Mayer avait désigné des prêtres pour recevoir l’épiscopat, comme il lui fut proposé par l’intermédiaire de Dom Gérard qui vint au Brésil en 1987, avec la mission de lui faire cette requête.

Mgr Lefebvre pensait que Mgr de Castro Mayer aurait pu refuser d’abandonner sa charge et aurait pu choisir son successeur, luttant ouvertement contre la Rome moderniste, pour préserver son diocèse des erreurs actuelles. C’est ce que Mgr de Castro Mayer fit ensuite, mais dans des conditions plus difficiles, ayant accepté sa démission comme évêque titulaire de Campos.

Certes, Mgr Lefebvre souhaitait une solution canonique, mais une solution qui ne fût pas fausse, mais conforme à la Vérité.

Pour l’abbé Schmidberger, le moment de cette vraie normalisation paraît arrivé, parce que Rome ne parle plus d’accepter Vatican II ni la légitimité du Novus Ordo. Il dit aussi que la Fraternité ne se taira pas au sujet des erreurs modernes.

Ces garanties semblent assez fragiles, car Dom Gérard et Campos disaient aussi qu’aucune limitation ne serait imposée à leur combat anti-moderniste. Ils nous promettaient de continuer le combat et certains allaient même jusqu’à dire que c’était maintenant que le combat allait vraiment commencer, parce qu’ils allaient lutter de l’intérieur même de l’Eglise. Pure illusion, comme les faits le montrèrent. Illusion et fausse doctrine, selon laquelle la Tradition serait hors de l’Eglise.

Mgr Lefebvre voyait bien ces illusions chez Dom Gérard. Tant qu’à Rome règnera le modernisme, tout espoir d’une normalisation véritable sera vain.

L’abbé Schmidberger affirme également que la Résistance a perdu le sens et l’amour de l’Eglise. Nous devrions bien sûr avoir plus de vertu, plus de foi et plus de charité. Nous pouvons cependant dire en notre défense que, dans la Résistance, on étudie Pascendi, le Syllabus, Quanta Cura, Quas Primas, Quadragesimo Anno, etc. Dans la Résistance on lit l’Histoire du catholicisme libéral du Père Emmanuel Barbier. Dans la Résistance, on traduit le livre Pierre m’aimes-tu de Daniel le Roux. Dans la Résistance on publie le Sel de la Terre, on y vénère NN. SS. Lefebvre et de Castro Mayer et leurs oeuvres sont étudiées et expliquées aux fidèles.

Si nous ne faisons pas plus, c’est de notre faute, mais nous faisons quelque chose, et cela, je crois que nous le faisons parce que nous avons le sens et l’amour de l’Eglise.

Si nous manquons d’amour de l’Eglise, que Dieu nous le donne. Si nous l’avons déjà, que Dieu nous le conserve et le fasse croître par l’intercession du Coeur Immaculé et Douloureux de Marie.

 

 

 

+ Thomas d’Aquin OSB

________________________________________________________________________________

 

De la subversion

 

Par Alexis  Curvers

Pensées choisies dans Itinéraires de nov. et déc. 1971.

 

SOURCE:  Dominicains d'Avrillé

 

C’est à se demander pourquoi on se fatigue à écrire, dans une époque où les gens ne savent plus lire.

 

Le grand secret, le grand œuvre, le grand art de la subversion sous toutes ses formes c’est de parler véhémentement dans un sens et d’agir d’autant plus énergiquement dans le sens contraire. Le peuple croit ce qu’il entend et il ne comprend pas ce qu’il voit. Du moins fait-il semblant pour peu qu’on l’y décide par l’endoctrinement et par la terreur. Ainsi le régime fonctionne en perfection quand tout le monde fait semblant : ceux qui commandent et ceux qui obéissent…

 

Docteurs qui prêchent le oui et le non ensemble. Ils savent très bien que le non sera seul suivi d’effet dans l’événement que leur discours prépare, au lieu que le oui restera lettre morte. Leur oui et leur non sont l’aile droite et l’aile gauche d’une armée qu’un stratège déploie sur le terrain pour cacher ses desseins par une fausse symétrie : l’aile droite a pour mission de se faire tuer sur place, à seule fin de couvrir et de favoriser la manœuvre que l’aile gauche se réserve d’exécuter sans coup férir.

 

Il est bon de se rappeler qu’on est presque toujours trahi, et qu’on ne l’est jamais que par ses chefs. Le grand art de la subversion, et la première condition de sa victoire, c’est de prendre pour agents d’exécution les représentants légitimes de l’autorité qu’elle cherche à détruire. C’est pourquoi elle commence par maintenir ou porter au pouvoir deux sortes d’hommes : soit des hommes faibles qu’elle sait incapables de lui résister, soit des hommes forts qu’elle sait être à sa dévotion, et seuls capables d’organiser eux-mêmes le désordre qui à leur tour les anéantira.

 

La seule chose qui m’étonne encore, c’est que la dégringolade ait été si rapide, et traîne cependant en longueur.

 

N’est-il pas très utile, s’il en est encore temps, de détromper les indécis, les ignorants et les crédules sur les véritables fins et moyens de la Révolution qui va les engloutir ? Non, car de deux choses l’une : ou bien ils n’ont pas encore vu ce qui crève déjà les yeux, ou bien ils préfèrent ne pas le voir ; et dans les deux cas, ils ne se laisseront pas éclairer, encore moins convertir. Les preuves les plus éclatantes ne les réveilleront pas. Aveugle ou s’aveuglant, ce troupeau se réglera toujours sur le parti du plus fort.

 

Mille fois dénoncée, et par ses propres actes, la Révolution quant à elle, ne s’avouera jamais pour ce qu’elle est. Peu lui importe qu’on la croie quand elle proteste de ses bonnes intentions. Il lui importe seulement qu’on feigne de la croire, par une obéissance qu’on obtient sans peine en feignant d’être elle-même le parti le plus fort.

 

Le docteur Goebbels avait raison : les plus gros mensonges, les trucs les plus éculés sont toujours ceux qui prennent le mieux. Ils prévalent aujourd’hui avec un renouveau de succès…

La vérité rend fous furieux les partisans de l’erreur et du mensonge, tandis que l’erreur et le mensonge laissent en général fort tranquilles ceux qui pourtant connaissent la vérité.

La vérité n’a pas de chance. Elle se laisse attaquer par des gens sans scrupules, et volontiers se fait défendre par des gens sans courage. A peine sort-elle du puits qu’elle reçoit de ses ennemis l’ordre d’y redescendre, et de ses amis le conseil d’aller se rhabiller.

 

Pascal : « Dire la vérité est utile à ceux à qui on la dit, mais désavantageux à ceux qui la disent, parce qu’ils se font haïr. » D’où il suit que dire des mensonges est désavantageux à ceux à qui on en dit, mais utile à ceux qui en disent, parce qu’ils se font aimer.

Le premier trait de la corruption des mœurs est le bannissement de la vérité.

 

__________________

 

Conférence de Monseigneur Thomas d'Aquin.                   Le 22 mai 2016 à Namur.

 

___________________

 

Sermon de Mgr Thomas d’Aquin   :   "Continuons!"

 

Le Puy – 15 mai 2016

 

 Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.

 

Excellence, bien chers confrères, bien chers révérends, chers fidèles,

 

Notre-Seigneur a dit que ceux qui L’aiment garderont Sa parole. Qu’est-ce que c’est que la Tradition ? Qu’est-ce que c’est que l’exemple de Mgr Lefebvre ? Sinon celui d’avoir gardé la parole de Notre-Seigneur, dans son enseignement et dans ses actes. Et c’est ça la Tradition. La Tradition, c’est garder, malgré toutes les difficultés, la parole de Notre-Seigneur. Et pour cela, il nous faut les dons du Saint-Esprit, les dons du Saint Esprit par lesquels nous pouvons comprendre ce grand évêque qui, nous en sommes persuadé, sera un jour mis sur les autels. Mgr Marcel Lefebvre nous a montré le chemin, défendre la Foi d’une manière intrépide, sans pareille dans des circonstances jamais vues dans l’histoire de l’Eglise. Pour cela, il lui a fallu un conseil supérieur.  Certainement il a été mu par les dons du Saint-Esprit : le don de Conseil, le don de Force, tous les dons pour pouvoir accomplir ce qu’il a accompli.

 

Et qu’est-ce que nous voulons faire ? Nous voulons continuer de même ce que nous avons reçu de lui. Lui, tout ce qu’il a reçu, il l’a reçu de la Sainte Eglise, il l’a reçu des Papes qui ont condamné les erreurs modernes ; il l'a reçu, il l'a conservé, il l'a illustré, il l'a expliqué, il l'a approfondi.  Et c’est ça que nous voulons continuer.  Nous ne voulons pas autre chose.  Être des fidèles disciples de Mgr Lefebvre, comme lui un fidèle disciple de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

 

Un jour, au Barroux, je n’étais pas présent au parloir mais j’étais présent au monastère, il avait raconté une entrevue, une conversation qu’il avait eue avec le Cardinal Ratzinger (si je ne me trompe) et il a dit au Cardinal : "Pour vous, Notre-Seigneur Jésus-Christ est facultatif. Pour nous, non ! Pour nous, Notre-Seigneur Jésus-Christ est tout."  Et en disant ça, les larmes ont coulé de ses yeux ; les moines ont été très émus, très édifiés. Pour lui, Notre-Seigneur est tout. Aujourd’hui, on veut donner seulement une partie; on veut Lui donner une place mesurée, une place restreinte. Et pour ça, nous disons non. Et aujourd’hui, ce qui se passe dans la Tradition, on veut régulariser la Tradition. La Tradition n’a pas besoin de régularisation : la Tradition est la règle. La Tradition ne se régularise pas. C’est pourquoi nous poursuivons sereinement, étant sûr que nous sommes dans la Vérité ; la Vérité parce que la Tradition, c’est la Vérité.

 

Et si un jour il y a un changement, ce sont eux qui sont à Rome qui viendront à nous et non pas nous qui irons à eux. Au mieux, ils viendront à la Foi que nous défendons, vers la Tradition que nous défendons. Comment cela se fera ? Je ne sais. C’est Dieu qui mène Son Eglise, Dieu qui conduit Son Eglise.  Les solutions viendront d’elles-mêmes au moment où la Foi reviendra de nouveau à Rome. Et c’est pour ça que nous prions ; nous prions pour que la Foi revienne à Rome, la doctrine revienne à Rome. Il n’y a pas de solution à chercher en dehors de ce retour à la Foi catholique. Nous demandons à l’Esprit-Saint Ses dons pour pouvoir continuer dans la lignée de Mgr Lefebvre. Nous remercions de toute notre gratitude Mgr Williamson dont la devise est : « Fidelis inveniatur » « Qu’il soit trouvé fidèle. » Et bien, il a été fidèle. C’est grâce à lui que nous sommes ici, que nous sommes réunis ici. Grâce à Mgr Lefebvre, grâce aussi à Mgr Williamson. Remercions de tout notre cœur d’avoir été fidèle, de continuer fidèlement à transmettre ce qu’il a reçu. C’est ça aussi l’Eglise.

 

On voit cette transmission des apôtres, qui passe par Saint Pie V, par Mgr Lefebvre et arrive jusqu’à nous.

 

Il est dit aujourd’hui, au jour de la Pentecôte, quand les apôtres prêchent, lorsque Saint Pierre commence à prêcher, il convertit trois mille personnes, qui sont baptisées sur le champ, ça c’est l’Eglise catholique qui convertit toutes les nations. Un évêque français qui sauve la situation Eglise, un évêque anglais qui donne suite à cette opération de survie et maintenant qui continue. On continue. Je me rappelle : Mgr Lefebvre finissait souvent ses conférences, ses sermons : "On continue, on continue Jésus-Christ, on continue l’Eglise, on continue les sacrements, on continue les sources de salut."  Ce que nous voulons, c’est seulement ça : le salut pour la gloire de Dieu. Nous voulons travailler pour la gloire de Dieu.  Nous voulons le bien de ceux qui ne sont pas avec nous, nous prions pour eux, nous prions pour leur conversion, nous prions pour leur salut. Mais si nous refusons d’être avec eux, c’est parce que nous pensons qu’ils dévient, qu’ils se trompent en cherchant la régularisation qui va les mener à la ruine, à la ruine. A Campos, il y a une petite région avec des paysans qui au début étaient très contents des accords de Rome parce que on leur avait dit que ce n’était pas des accords, que c’était une reconnaissance : Rome reconnaissait la Tradition, ils étaient heureux. Mais avec le temps, ils ont vu que c’était pas ça. Les paysans qui n’avaient jamais quitté leur région, ne connaissaient même pas Mgr Lefebvre, dont le monde est assez restreint à la région où ils habitent. Ils ont eu du mal à comprendre la situation ; ils ont vu ensuite que ce n’était pas vrai, que Mgr Riffan déviait de la route, que cette soumission à Rome était en train d’entraîner des changements substantiels dans les conseils qu’ils recevaient au confessionnal, dans les conseils qu’ils recevaient sur la crise de l’Eglise. Alors ils ont commencé à devenir inquiets, ils sont venus nous chercher, ils nous ont demandé si nous pouvions faire le lien entre eux et la Fraternité Saint-Pie X pour qu’elle puisse les aider vers les années 2005 à peu près –je ne me souviens pas exactement- mais vers 2005. Et la Fraternité a commencé à les aider. Et puis sont venues ces années qui s’approchent de 2012. Alors, ils ont été troublés : le prêtre qui était là a commencé à parler que la régularisation ne serait pas un accord: un accord, c’est donnant-donnant et la Fraternité ne ferait pas ça. Simplement elle continuerait à recevoir de Rome des choses qui ne changeraient pas. Les fidèles ont alors dit : « Il parle de la même manière que Mgr Riffan ; il parle, il dit les mêmes arguments, il parle de la même manière ». Alors ces commentaires sont revenus à l’oreille des prêtres et le prêtre a appelé un des paysans qui s’appelle Gabriel, un homme très sensé, vrai paysan. Et il dit à Gabriel : « On dit que je parler comme Mgr Riffan ; qu’est-ce que c’est que ça ? C’est pas possible ; comment on peut dire une chose pareille.» Et le paysan, avec beaucoup de bon sens, lui a répondu : " Monsieur l’abbé, je ne connais pas , je ne sais pas quelles sont vos intentions. Mais que vos paroles sont les mêmes que Mgr Riffan disait à son époque, oui, ce sont les mêmes." Donc c’est ça le danger, on voit les mêmes arguments, on voit les mêmes paroles, on voit les mêmes procédés mèneront à la même ruine : la ruine de Campos . Aujourd'hui, à Campos, il y a les deux messes.  Mgr Riffan dit les deux messes. Et pour Mgr Riffan , celui qui refuse systématiquement de dire la nouvelle messe a un esprit schismatique.

 

Et voilà comment on détruit une œuvre qui paraissait être indestructible. Et bien, parce qu’ils n’ont pas eu la piété filiale, piété filiale vis-à-vis de Mgr de Castro-Mayer.  Ils l'ont perdu.

 

Ils ont cru que Mgr de Castro-Mayer était un évêque dépassé. Et bien, c’est Mgr Riffan qui est un évêque dépassé. Il faut garder la piété filiale, il faut garder ceux qui nous ont sauvés, ceux qui nous ont apporté le salut, ceux qui nous ont apporté la doctrine, qui ont donné la clé de la crise actuelle : c’est Mgr Lefebvre et Mgr de Castro-Mayer, Mgr Lefebvre plus que Mgr de Castro-Mayer ; Mgr Lefebvre avait une vision plus haute, plus complète mais il a été énormément aidé par Mgr de Castro-Mayer qu’il a aidé aussi énormément à se positionner mieux dans la crise actuelle. Mgr de Castro-Mayer a beaucoup reçu de Mgr Lefebvre ; c’était de vrais amis. L’amitié, c’est ça : donner à l'autre ce qu’on a de meilleur.  Ils se sont ainsi aidé l’un et l’autre.

 

Et bien c’est ce que nous désirons, nous devons rester unis, les évêques unis et amis, unis dans la fidélité à ce que nous avons reçu de Mgr Lefebvre. « J’ai transmis ce que j’ai reçu » Et c’est notre programme aussi : transmettre ce que nous avons reçu.

 

« Veritatem dilexisti » : cette devise m’a été proposée par Mgr Williamson : « J’ai aimé la Vérité ». C’est le roi David qui dit ça à Dieu dans son psaume Miserere. Et bien, il a écouté la Vérité, Nathan lui a dit la Vérité et ainsi il s’est converti parce qu’il a écouté la Vérité. Et bien, les Papes ont condamné le monde moderne, ils ont dit la Vérité sur le monde moderne ; nous devons les écouter.  Ils ont dit la Vérité sur le libéralisme, ils ont dit que le libéralisme est un péché, donc nous ne devons pas faire ça. Les Papes ont parlé comme Nathan. Et nous sommes nés dans ce monde libéral : il y a toujours quelque chose en nous qui est encore un peu… Nous sommes des fils d’Adam et Ève. Le baptême a effacé le péché originel ; les plaies, les cicatrices qu’il a causées dans notre intelligence, dans notre volonté, dans notre sensibilité sont toujours là. C’est pourquoi nous avons besoin de beaucoup prier, de demander à l’Esprit-Saint qu’Il achève cette œuvre qui a été commencée au baptême, qu’Il nous simplifie et qu’Il nous rende fidèles en tout ; qu’on écoute les Papes, les Papes qui ont condamné le libéralisme et les erreurs modernes, qu’on écoute l’Eglise, l’Eglise catholique, non pas l’église conciliaire. C’est un grand mystère qui se passe devant nous. Écoutons Mgr Lefebvre qui a bien compris, bien analysé, nous a donné la solution.

 

Continuons ! Et bien on continue avec la grâce de Dieu et l’intercession de la Vierge Marie. Ainsi soit-il.

 

__________________________________________

 

Camp itinérant des Amis du Sacré-Cœur

En Italie

Du 1er au 21 août prochain

De 15 à 25 ans.

 

Télécharger
tract été 2016
tract été 2016 bis.pdf
Document Adobe Acrobat 2.3 MB
Télécharger
Soutien des ASC
soutien.pdf
Document Adobe Acrobat 130.8 KB

__________________

 

J'étais au Puy....par un pèlerin (Archet de Jeanne)

 

 

Quelle joie et quel réconfort que ces deux journées mémorables! Une petite troupe fidèle a parcouru quelques 25km pour rejoindre Le Puy depuis Saint-Privat d’Allier, soit la première étape du Camino en sens inverse… On peut y trouver une symbolique: tous nous avons quitté quelque lieu qui avait été notre havre catholique, avec à l’esprit la nécessité de poursuivre un combat, alors que tout semblait perdu. Tous sur les routes de Saint-Jacques! Après les premiers combats nécessairement dispersés, représentés par les lointaines routes qui mènent à Compostelle au patronage saintement belliqueux, nous faisons comme un retour pour nous rassembler sous la protection de la Notre-Dame du Puy, Notre-Dame de France, générale en chef des batailles de son divin fils.

Depuis Saint-Privat d’Allier, l’église et l’esplanade dominant une petite et profonde vallée étaient idéales pour la bénédiction et l’envoi des pèlerins. Temps frais et humide jusqu’au dimanche matin sur les plateaux et dans les gorges du Velay.


Ce fut les retrouvailles de la fidélité catholique, avec les heureuses surprises, et puis avec nos deux religieuses radieuses, la sérénité de nos prêtres, les confessions continuelles, l’exemple des séminaristes, une croisade eucharistique pieuse, des Amis du Sacré-Cœur pleins d’allant, de vaillants basques, une organisation simple (extérieurement) et réussie, une chorale venue des quatre coins de France et qui n’eut pas le temps de chauffer ses voix avant la messe de samedi soir mais elle n’en eut pas besoin, un sermon de M. l’abbé Pinaud qui se verra sans doute refuser celui du prochain jubilé, à moins que d’ici-là (voyez comme nous gardons l’espérance) Jean-Paul II soit descendu des autels, disons des tables, conciliaires, un Mgr Dom Thomas d’Aquin déjà à son rôle d’évêque. Pour marquer ce temps jubilaire, le Saint-Sacrement a été exposé toute la nuit du samedi au dimanche afin que les pèlerins y puisent une nouvelle ferveur avant de rejoindre leurs périphéries.

 

Sur le parvis, M. l’abbé Rioult proposait ses livres, dont L’Eglise et l’apostasie, dans lequel il pose les graves questions de l’heure, notamment celle de la considération à porter sur l’Eglise conciliaire et les changements de position de la fsspx. L’esprit n’est pas polémique dans le sens du plaisir à ferrailler, mais il prend acte du changement indéniable, sur la base notamment des textes de l’abbé Gleize, théologien de la fsspx. Et sans esprit partisan, il ose se poser des questions plus générales qui concernent la foi… pour ne pas la perdre.

 

_______________________________

 

Passage de Dom Thomas d'Aquin au séminaire Saint Louis-Marie Grignion de Montfort.

_______________________________

 

La Résistance Catholique au Puy pour la Pentecôte...

Le combat de la Foi continue !

 

Plus de 700 pèlerins sont venus des quatre coins de la France pour honorer leur Reine et gagner l'indulgence jubilaire du Puy. Le samedi soir, après une longue marche, ils ont pu entendre le vibrant sermon de M. l'abbé Pinaud qui encourageait tous les pèlerins à ne pas faiblir dans la Foi de toujours afin de ressembler à ces milliers de chevaliers qui partaient en croisade contre le musulman au chant du Salve.

Le lendemain, dimanche de la Pentecôte, les pèlerins eurent la joie d'assister  à la Messe pontificale célébrée par Dom Thomas d'Aquin.  Le pontife a instamment invité les fidèles à continuer le combat de la Foi à la suite de Mgr Lefebvre .

 

__________________________________

 

FSSPX – Objections à une paix canonique avec Rome  Reproduction d'une étude récente publiée sur le forum catholique par "Germain"

 

Considérations préalables

 

Ce qui suit concerne essentiellement les personnes se reconnaissant dans le combat de la Fraternité Saint Pie X et qui l’ont jusqu’à présent soutenue dans les choix qu’ils ont été amenés à faire. D’autres liront probablement ce texte : il est bien évident que dès lors qu’ils considèrent que la position actuelle de la FSSPX est illégitime (schismatique, non en communion avec Rome…) la question des accords ne peut se poser de la même façon et toutes sortes d’objections sont possibles. Mais le débat, aussi intéressant soit-il, n’est pas le même, puisque l’accord canonique devient une nécessité en soi. Je n’entends pas répondre ici à des objections tirées de l’illégitimité de l’actuelle position de la Fraternité Saint Pie X. Personne ne peut nier qu’une paix pratique avec Rome aurait des conséquences majeures, d’où un devoir approfondi de réflexion préalable. Certains espèrent beaucoup de cette paix canonique. En ce qui me concerne, je tente d’expliquer ici pourquoi je la redoute beaucoup plus que je ne l’espère au point que je la vois comme un désastre prévisible. La question n’est ici abordée que sous l’angle prudentiel : autrement dit, si la fin à atteindre est le retour de l’Église à toute la Tradition, qu’attendre de ce moyen que seraient des accords avec Rome ? Un tel jugement ne saurait être complet ; je me contenterai ici du point de vue historique. Un mot à propos de quelques termes employés ici. Ils risqueront sans doute d’en heurter quelques uns, qui parleront de raccourci ou simplification ; je les emploie néanmoins pour faciliter certains développements. J’entends par ralliée toute personne, qui historiquement a eu l’occasion d’initier ou de suivre un accord ou une paix avec la révolution, pratique ou doctrinale. J’entends par révolution, le mouvement défendant les idées révolutionnaires que ce soit sur le plan politique ou religieux (Mgr Suenens n’a t-il pas parlé du concile comme 1789 dans l’Église ?), mouvement contre lequel nous luttons depuis plus de deux-cents ans. Enfin, j’entends par paix les arrangements politiques, canoniques ou doctrinaux qu’ils soient négociés ou unilatéraux (comprenant donc dedans une éventuelle reconnaissance canonique unilatérale, en débat actuellement).

 

Objections historiques

 

Trois exemples de « paix » historiques me paraissent à bien des égards montrer des similitudes avec la situation actuelle. Le concordat de 1801, le ralliement à la république en 1892 et le ralliement de certaines communautés traditionnelles en 1988 ou après, présentent autant de situations très différentes, cependant elles ont pour point commun la réalisation d’une paix, qui se veut « stratégique » ou « pratique » avec la révolution. À partir de là, les points de comparaison sont tels que la prudence oblige à les analyser pour apprécier le bien fondé d’une telle stratégie dans le contexte actuel. Ils dépassent d’ailleurs le simple point de vue historique, il est possible d’en tirer une véritable « psychologie » du ralliement. Tout un chacun, qui a caressé ou caresse l’illusion d’une paix pratique pourra se demander s’il s’y reconnaît. Je ne ferai ici qu’ébaucher certains traits, il y aurait un livre à écrire.

 

Il faut bien sûr se garder d’être trop schématique. Il est difficile de savoir précisément ce qui se serait passé si dans chaque cas l’Église avait refusé la paix proposée. Il est impossible de refaire l’histoire au conditionnel. Il faut, notamment, mettre à part le cas du concordat ; valait-il mieux une époque de persécution pour l’Église de France ou la paix napoléonienne ? Que serait-t-il advenu si le pape avait refusé le concordat ? Il faut reconnaître qu’à vue humaine sur ce cas précis il est impossible de répondre. Il est difficile de porter un jugement définitif sur ce qui a constitué, de fait, la première paix pratique avec la révolution.

 

En revanche, inévitables ou pas, que ce soit en 1801, en 1892, ou en 1988 il y a le bilan bien réel des conséquences de ces paix. De ce point de vue aussi tout n’est pas si simple ; dans les exemples cités, il y a aussi eu des conséquences positives, quoique partielles, toujours temporaires et au final mineures par rapport à des effets globalement négatifs. Certes, le concordat a permis une certaine renaissance de l’Église en France (bien plus relative qu’on ne le présente souvent, il n’est qu’à citer les chiffres des ordinations : 6000 estimées annuellement avant la révolution, 2350 au plus haut au XIXème siècle (1830), pour une population nettement plus nombreuse). Le ralliement de 1892 a eu de manière marginale à son commencement et avant l’arrivée des gouvernements radicaux, quelques (très modestes) effets bénéfiques sous le gouvernement Méline en 1895. Les communautés ralliées, après 1988 ont permis à certains fidèles de connaître la messe saint Pie V, les plus cohérents d’entre eux arrivant ensuite jusqu’à la Fraternité Saint Pie X.

 

C’est vrai, il faut le reconnaître et le prendre en compte, par souci d’exactitude et pour ne pas tomber dans la caricature. Mais c’est avec le même souci d’exactitude qu’on doit reconnaître que ces quelques effets positifs sont bien peu de chose par rapport à un bilan fondamentalement négatif.

 

Pourtant chaque fois nombreux sont ceux qui ont milité pour ces paix et qui de ce fait, en se séparant des « intransigeants » en ont rendu possibles l’application. Plutôt que de refaire l’histoire de ces accords, ce qui a déjà été fait et ne pourrait tenir en quelques lignes, il est intéressant d’essayer de décrypter les motivations profondes, puis l’évolution de ceux qui ont été les défenseurs puis, souvent, les victimes (consentantes).

 

On note ainsi qu’à chaque fois, cette paix semble agir comme une tentation sous apparence de bien.

 

Une tentation…

 

La tentation est le ressort le plus difficile à cerner, car c’est aussi le moins avouable, mais également, à y regarder de plus près, le plus profond et le plus puissant. La plupart du temps, elle ne s’avoue pas à l’intéressé lui-même, qui a besoin d’un retour sur soi pour la reconnaître honnêtement. Dans tous les cas elle n’est bien entendue jamais publiquement avouée par ceux qui y cèdent, que ce soit consciemment ou inconsciemment.

 

Cette tentation peut avoir des ressorts et formes différents selon les contextes et les époques avec cependant comme point commun le plus fondamental à chaque fois la lassitude du combat. Ce peut être tout simplement le confort d’une vie paisible enfin retrouvée pour le chouan ou le paysan vendéen (1801). Ce peut être une carrière politique plus brillante pour des députés monarchistes tenants d’une cause qui apparaît presque perdue à la fin du XIXème siècle, ou plus largement la perspective de la fin d’une marginalisation au sein de la société pour les électeurs catholiques et monarchistes (1892). Ce peut être encore les honneurs retrouvés ou recherchés, les amitiés reconstituées, la peur de la marginalisation (mai 1988). Ce peut être enfin, aujourd’hui, la fin des persécutions verbales, la pression sociale et mondaine, des modes de vie et d’être plus relâchés au jour le jour, à moins qu’il ne s’agisse de tout cela à la fois…

 

…sous apparence de bien.

 

Il est d’autant plus difficile démasquer ces tentations que parallèlement elles se cachent derrière une illusion ou une apparence de bien : penser que la paix retrouvée rendra à l’Église son rayonnement d’antan (1801), penser que les Français vont majoritairement élire un gouvernement catholique (1892) (alors même qu’il avaient depuis déjà deux décennies la possibilité de le faire en élisant des députés monarchistes…), penser qu’ayant respecté la nécessité d’éviter un schisme on réussira à ramener l’Église conciliaire de l’intérieur vers la Tradition (alors même qu’on sera condamné au silence, voire à la compromission active) (1988)

 

L’apparence de bien est bâtie, consciemment ou inconsciemment avec une argumentation factice. Le raisonnement spécieux qui en est issu laisse penser que la victoire sera facilitée par une paix pratique avec la révolution.

 

On y croit d’autant plus volontiers qu’en son for interne on est disposé à céder à la tentation. Elle permet de se justifier, tant vis-à-vis de soi-même que vis-à-vis des autres, à tel point qu’on finit par s’en convaincre. C’est d’ailleurs une nécessité morale de croire à cette illusion pour éviter de ressentir la partie la moins avouable de ses motivations.

 

Il n’est bien entendu pas question de juger les partisans d’une paix avec Rome ou même toute personne éprouvant quelque hésitation. Cependant, tout un chacun qui réfléchit honnêtement sur le sujet pourra se poser la question.

 

Conséquences

 

L’accord passé, un seul souci va guider l’action des ralliés : celui de maintenir coûte que coûte l’accord, la paix avec les révolutionnaires. Si l’accord échoue c’est la preuve de l’erreur qui a été commise, c’est le retour forcé vers ceux qui ont refusé de marcher, qui sont devenus le repoussoir dont on ne cesse de vouloir se démarquer (les schismatiques de la Fraternité Saint Pie X, mais aussi les monarchistes intransigeants, ou encore les chouans irréductibles qui continuent de s’opposer à Napoléon) Les évêques concordataires, choisis par Napoléon, sont pieds et poings liés. Le député rallié ne peut plus défendre les intérêts de l’Église et combattre certaines lois, sous peine de casser l’alliance avec les républicains. Le prêtre Ecclesia Dei vit dans la peur des conséquences d’une prédication contre le concile.

 

L’efficacité de toute action est comme paralysée par ce souci de sauvegarder la paix. Là où l’ex-combattant devenu rallié, avait toute liberté pour agir autrefois, le rallié d’aujourd’hui doit toujours calculer, soupeser, composer et s’effrayer de toute initiative trop clairement hostile à la révolution. Comme gage de bonne volonté, et pour donner davantage de solidité à l’accord, les ralliés se trouvent forcés d’encenser les autorités révolutionnaires. Ce sont les louanges sans cesse répétées des évêques concordataires à Napoléon « restaurateur de l’Église en France » (forcément, ils lui doivent tous leur place), c’est la défense acharnée de la démocratie désormais vue comme seul régime légitime possible (Sangnier, Piou), c’est la papolâtrie des communautés ralliées à l’égard d’un Jean-Paul II ou d’un Benoît XVI. En retour, les ralliés ne gagnent pas pour autant la confiance des autorités révolutionnaires qui, méfiantes, demandent de nouveaux gages.

 

La réalisation de l’illusion qui avait justifié l’accord est comme paralysée, repoussée à plus tard, une fois la confiance des révolutionnaires gagnée et l’accord définitivement solidifié. Cette illusion qui était le motif officiel de l’accord, devient une stratégie de plus en plus floue dont la réalisation concrète est sans cesse repoussée ou réduite à presque rien, au nom de la prudence travestie par des raisons purement humaines. A la place du combat contre la révolution et les autorités révolutionnaires, fait place un silence assourdissant, ponctué tout au plus quelques demandes ou textes timides et édulcorés. L’évêque concordataire qui doit tout à Napoléon, se trouve bien embarrassé pour critiquer les articles organiques qui constituent dès 1802 un empiétement considérable sur les garanties apportées par le concordat. Le député rallié est tétanisé pour critiquer la politique anti-cléricale du gouvernement ; toute opposition le ferait suspecter de crypto-monarchisme. Le père Louis-Marie de Blignières presse – avec succès – dom Gérard de ne pas remettre le petit mémorandum de l’abbé Schaeffer sur Dignitatis humanae au cardinal Ratzinger ; « Vous allez tout mettre par terre en remettant ce texte ! ». Et dom Gérard cède ! (résultat, dix ans plus tard, le Barroux par l’intermédiaire du père Basile défendra désormais la continuité de Dignitatis Humanae et du magistère traditionnel)

 

En revanche, chacun peut désormais pleinement céder à la motivation obscure du ralliement, c’est à dire la tentation elle-même, pour ainsi dire en toute impunité, d’autant plus qu’elle n’apparaît pas directement peccamineuse, et que les barrières qui empêchaient d’y succomber sont levées. Le fait d’y céder sera le premier pas qui amènera plus ou moins rapidement à épouser les idées de la révolution.

 

Exemple, 1802 : le paysan vendéen est réinstallé dans sa ferme et peut enfin savourer une tranquillité retrouvée, qui plus est avec la bénédiction de son curé, fût-il un ancien réfractaire. Il « subit » les exhortations de son évêque prêchant le respect des autorités temporelles constituées sous le régime du concordat. La fin du combat au sens physique, entraîne petit à petit, parallèlement, l’affaiblissement du combat au niveau spirituel et moral, puis enfin au niveau doctrinal ou idéologique. Progressivement l’ancien soldat, et surtout les générations qui le suivent, deviennent plus perméables aux discours qui leur sont dispensés. Cela, d’autant plus facilement que les gouvernements révolutionnaires, malgré des tensions de plus en plus vives au fur et à mesure que le siècle avance, bénéficient toujours de la reconnaissance officielle de l’Église. Vers la fin du XIXème siècle, une politique clairement anti-cléricale fait son retour. Mais les descendants des paysans vendéens, en 1882 ou en 1905 n’ont plus la force de s’y opposer moralement et physiquement comme leurs ancêtres, alors que leur religion se trouve à nouveau persécutée. Les meilleurs se contenteront de manifester de façon plus ou moins musclée au moment des inventaires, tandis qu’une proportion non négligeable de ces mêmes paysans, descendants des chouans, aura élu ces gouvernements ouvertement anti-cléricaux. Sans même s’en rendre compte, ils seront passés dans le camp de la révolution.

 

1892 : à la fin du XIXème, les ex-députés monarchistes travaillent maintenant main dans la main avec leurs adversaires d’hier ; ils peuvent désormais penser à leur carrière au sein de l’action libérale populaire ou des chrétiens démocrates. Certains poussent la « bonne volonté » jusqu’à voter les lois anti-cléricales de séparation de l’Église et de l’État, ou des inventaires, poussant à son paroxysme la logique du ralliement. Quant aux électeurs catholiques, les voilà pleinement intégrés dans cette société de la fin du XIXème siècle. Désormais, ils voient la république comme un régime acceptable, bientôt respectable, sinon le seul légitime, rassurés en cela par le pape, l’évêque, le curé et le virage de bon nombre de leurs chefs politiques d’hier. Certes, ce n’est pas ce que veut ni dit Léon XIII, ni certaines élites catholiques qui, au départ, jouent la carte du ralliement comme pure stratégie politique. Beaucoup de fidèles doivent se sentir mal à l’aise en défendant des idées et un régime dont ils étaient les adversaires hier. Mais personne n’est là pour les mettre en garde et les inviter à redoubler de prudence envers la nature révolutionnaire des institutions républicaines : forcément, comme leurs prédécesseurs un siècle avant, comme leurs successeurs un siècle après, les clercs partisans du ralliement sont bâillonnés sous peine de voir la stratégie du ralliement condamnée.

 

1995 : des communautés Ecclesia Dei défendent désormais avec acharnement les textes du concile (Le Barroux, avec dom Basile défend Dignitatis Humanae). Suffisamment de clercs ou de revues ont décrit cette trajectoire, pour qu’il soit besoin d’y revenir ici.

 

Une grande partie des « ralliés », notamment les masses, adoptent très vite les mœurs puis les idées révolutionnaires ; ce sont souvent ceux dont les modes de vie s’en rapprochaient le plus avant, et à qui ne seront plus rappelés les principes de doctrine et de prudence.

 

En effet, qui était là en 1802 pour rappeler que la signature du concordat n’empêchait pas Napoléon d’être attaché aux principes de la révolution et d’en continuer l’œuvre insidieusement ? Certainement pas l’épiscopat concordataire qui lui était tout acquis. Qui en 1892, dans les milieux ralliés, était là pour expliquer aux électeurs que le ralliement prêché par Léon XIII n’était qu’une tactique temporaire pour christianiser le régime républicain « de l’intérieur » ? Qui en 1988, dans les milieux Ecclesia Dei avait encore suffisamment de liberté de parole pour expliquer que le refus des sacres ne signifiait pas l’acceptation de la nouvelle messe et des textes du concile ? Rappels pénibles auparavant mais qui aidaient à se maintenir dans la voie droite, devenus impossibles, au-moins publiquement, au nom de la sauvegarde de l’accord.

 

Bon nombre passent très vite du ralliement pratique au ralliement idéologique c’est à dire doctrinal. Ce reniement est souvent précédé ou accompagné d’un relâchement moral, dû aux contacts permanents avec les modes de vie des révolutionnaires, ce qui est une autre conséquence du ralliement. Ce relâchement moral facilite le changement doctrinal car, « A force de ne pas vivre comme on pense on finit par penser comme on vit ». Cependant, une minorité de ralliés, sans passer aussi vite dans le camp révolutionnaire, se tait. Les meilleurs ne rappellent leurs idées que si faiblement et si subtilement qu’ils deviennent inaudibles. Ces derniers ne représentent après quelques années qu’un pourcentage très minoritaire des ralliés qui avaient accepté l’accord à ses débuts, les autres sont devenus révolutionnaires. À ce stade, une toute petite partie fait peut-être demi-tour, quand les événements les éclairent (1999 : crise de la Fraternité saint Pierre. 1905: séparation de l’Église et de l’État) ; malheureusement, il ne s’agira que de cas isolés, trop tard pour faire réfléchir efficacement les plus faibles, qui depuis longtemps sont des révolutionnaires (au sens idéologique du terme qui peut prendre selon les époques les dénominations de « bonapartistes » (1802), « républicains » (1892) ou « conciliaires » (ces dernières décennies). Les derniers ralliés, trop orgueilleux pour reconnaître l’impasse dans laquelle ils sont, continueront à se taire et verront la génération qui suit épouser pleinement les idées révolutionnaires, faute d’avoir pu leur rappeler efficacement les principes, pour les avoir fait grandir en contact permanent avec de fausses doctrines et pour les avoir fait vivre en contact permanent avec des modes de vie et des façons d’être plus relâchés.

 

Application à la situation actuelle

 

Comparaison n’est pas raison ai-je marqué plus haut et on trouvera certainement beaucoup de différences entre aujourd’hui et les situations passées. Cependant, pour passer outre les leçons de l’histoire et s’engager sans crainte dans la voie d’une paix pratique, la prudence exigerait qu’on prouve une différence fondamentale entre la situation actuelle et les trois situations antérieures.

 

Or les similitudes avec les situations antérieures l’emportent bien au contraire et de très loin. Quel partisan actif d’un « accord » peut dire, au fond de lui-même qu’il est totalement indemne du genre de tentations décrites plus haut (fin des persécutions verbales pour certains, pression sociale et mondaine pour d’autres, ou encore relâchement dans les modes de vie et d’être plus faciles à embrasser au jour le jour, levée d’un scrupule, ou tout cela à la fois…) ?

 

A côté de la tentation, il y a aussi l’illusion, aussi puissante qu’en 1988, « transformer l’Église de l’intérieur », qui ne sonne pas très différemment de « christianiser la république » ou de « L’Église libre dans un État libre » ou encore de « l’Église restaurée par l’empereur ». À chaque fois, de jure ou de facto, même lien de subordination avec les révolutionnaires, même complexe de devoir continuer à s’opposer à ceux qui nous ont tendu la main et nous ont fait si magnanimement cadeau de l’accord. Qui peut nier que tout cela, on ne le retrouve pas cette fois ?

 

La Fraternité Saint Pie X n’échappant pas à cette évolution, les fidèles y échapperont encore moins. Il est déjà bien difficile de transmettre le flambeau à l’heure actuelle, alors que, malgré les rappels insistants et les barrières mises en place, tant de fidèles se compromettent avec les modes de vie et les pratiques contemporains. Dans le contexte d’un accord, beaucoup de digues seront rompues et les contacts avec le monde conciliaire rendront la pression intenable notamment sur la génération d’après. Cédant sur le plan comportemental, ils céderont ensuite sur le plan doctrinal et liturgique. Le courant, qui emporte facilement 80 % de la première génération « signataire », emportera à terme inéluctablement la totalité de la génération suivante, sauf Grâce particulière.

 

De tels accords sont d’autant plus frustrants qu’ils se produisent souvent à un moment où certaines victoires sont à portée de main, où encore un peu de fermeté pourrait enfin payer. Par exemple, Napoléon avoua que trois ans ne se seraient pas passé après 1802 et l’éventuel échec de ses pourparlers avec Pie VII, qu’il lui aurait tout « cédé », tant il avait besoin de l’Église pour stabiliser la société au lendemain de la révolution. Plus récemment, il est certain que le message de la Fraternité Saint Pie X, s’il n’était pas brouillé comme il l’est aujourd’hui, aurait certainement beaucoup plus de portée auprès des milieux ralliés ou conservateurs, à l’heure du pape François I et des troubles qu’il sème dans leurs milieux.

 

L’histoire n’est pas le seul élément d’un jugement prudentiel. Pourtant, force est de reconnaître que dans la situation actuelle elle plaide de toute évidence contre une paix canonique avec Rome.

 

Germain

 

__________________________________

 

Les Nouvelles du Séminaire n°3                                  Mars-Avril 2016

Télécharger
Les Nouvelles du Séminaire n°3
lettre séminaire 3.pdf
Document Adobe Acrobat 1.7 MB

 

_______________________________

 

Lettre ouverte à l’abbé Olivier Berteaux,prêtre de la Fraternité sacerdotale saint Pie X, Assistant du Supérieur du District du Canada, Directeur de l’École Saint-Famille à Lévis (Québec)

 

30 avril 2016

   ‘Le monde est pourri à force de silence’

Ste Catherine de Sienne

 

Monsieur l’abbé,

 

À Lévis, le dimanche 24 avril 2016, vous avez fait une mise au point, en réaction à l’homélie prononcée le dimanche précédent à Montréal par l’abbé Pierre Roy. À une époque où il n’est plus possible d’éternuer discrètement, vous n’êtes sans doute pas étonné que ces deux interventions se retrouvent sur internet ? Ce qui m’a permis d’en prendre connaissance. Ce que vous y affirmez est tellement erroné qu’il me paraît nécessaire de vous en faire part au moyen de cette lettre ouverte que pourront lire les fidèles que vous trompez.

 

D’abord l’homélie de l’abbé Pierre Roy :

 

Malgré la jeunesse du prédicateur, sa maîtrise et la sérénité de son discours m’impressionnent. Pas un mot n’est à retrancher et cette intervention me paraît d’autant plus courageuse qu’elle survient après la parution du dernier Cor Unum dans lequel Mgr Fellay écrit : « Nous assistons, Dieu merci de manière limitée, à ce pénible spectacle de prêtres, qui se veulent contre-révolutionnaires, mais qui n’hésitent pourtant pas à agir, à publier leurs opinions, comme si les supérieurs n’existaient plus. »

 

Après un commentaire simple et clair de la dernière Exhortation apostolique que l’abbé Roy qualifie légitimement d’apostate, il continue – ce qui vous remplit d’émotion – : « J’ai gardé le silence jusqu’à présent, mais je suis vraiment inquiet de ce qui se passe entre la tête de notre Fraternité et la Rome apostate. Vous le savez, de plus en plus, la volonté est exprimée de façon de plus en plus claire dans la Fraternité, de vouloir réussir à s’arranger avec ces gens. De vouloir au minimum recevoir de leur part une approbation, que ces gens puissent nous déclarer catholiques. …

 

Oui, je suis très inquiet qu’on puisse en arriver à penser que nous pouvons nous accorder avec ces gens-là, que nous pouvons nous établir sur le même fondement sur lequel sont établis ces gens. …Oui, je suis inquiet. Beaucoup de prêtres, comme moi, sont inquiets. Si nous avons jusqu’à présent gardé le silence, c’est toujours dans cette espérance que ces chefs qui nous dirigent en ce moment puissent trouver le chemin, puissent retrouver la lumière. »  L’abbé Roy est un prêtre inquiet. Il n’est pas le seul dans la Fraternité saint Pie X. Il l’a confié à ses fidèles dont certains ne sont pas plus rassurés que lui. Vous le savez. Cette inquiétude, qui provoque votre colère, est-elle surprenante ? Je ne le pense pas. Il suffit de se souvenir de l’avertissement de Mgr de Galaretta à Albano le 11 octobre 2011 : « Pour le bien de la Fraternité et de la Tradition, il faut refermer au plus vite la « boîte de pandore », afin d’éviter le discrédit et la démolition de l’autorité, des contestations, des discordes et des divisions, peut-être sans retour ».

 

Nous y sommes.

 

Mgr Fellay lui-même n’ignore pas cette inquiétude qu’il qualifie de « méfiance » dans le Cor Unum de mars 2016 :

 « …Cette méfiance, nous la constatons malheureusement chez un certain nombre  – assez réduit, il est vrai -, de nos propres membres, non seulement envers les autorités de l’Église officielle, mais aussi envers leurs propres supérieurs ! »

 

Est-il si inconvenant d’être méfiant envers les autorités de l’Église officielle ?! L’abbé Roy serait de ce nombre et quelques autres !

 Mgr Fellay s’interroge sur l’origine de cette méfiance : « Il nous semble que souvent ces attitudes, un peu désespérées, proviennent de blessures personnelles, de frustrations, de déceptions par rapport aux supérieurs...« Nous estimons donc qu’une partie du malaise que certains éprouvent ne provient pas immédiatement de la situation déplorable et incertaine dans laquelle se trouvent la société civile et l’Église, mais de ce manque de proximité ou de facilité d’un contact fréquent entre les supérieurs… »

 

N’ayant jamais eu le moindre contact avec l’abbé Pierre Roy, j’ignore les « frustrations personnelles qui l’auraient plongé dans cette attitude désespérée » ! … par contre il ne peut souffrir de l’éloignement de son supérieur, puisqu’ils vivent tous deux dans la même maison, où l’abbé Roy assume la fonction de directeur de la publication du bulletin du District. Ordinairement, ce n’est pas une fonction qu’un supérieur confie au premier-venu…

 

Les causes semblent donc ailleurs… mais l’enquête-pilote lancée par le Supérieur Général devrait pouvoir fournir des réponses sans tarder !!

 Nous lisons en effet dans le même Cor Unum :

 « Nous avons commencé à lancer une enquête-pilote auprès d’un certain nombre de confrères, leur demandant, tout en leur garantissant l’anonymat, leur avis sur la situation à divers niveaux d’opération. »

 Si Menzingen me faisait parvenir cette enquête-pilote, peut-être pourrais-je faire profiter la FSSPX de mon expérience et apporter mon témoignage en ce qui concerne les « garanties d’anonymat » !

 

Votre réaction du 24 avril dernier.

 

Le dimanche suivant, vous avez fait une mise au point de 17 minutes. Pour donner à vos propos l’illusion de la sagesse, vous prenez l’attitude d’un grognard de la garde impériale à la voix théâtrale. Mais j’ose espérer que vos paroles ont outrepassé votre pensée, parce que vous avez énoncé beaucoup de niaiseries !

 

Comment pouvez-vous affirmer que « la Fraternité est un bien infiniment (!)précieux et que le cadeau qu’elle nous apporte, avant même la Messe, les Sacrements, le Catéchisme, c’est l’AUTORITÉ » ?

 Ne voyez vous pas les conséquences épouvantables de ce primat de l’autorité sur la vérité ? Ce primat ne légitime-t-il pas toutes les idéologies totalitaires que nous connaissons ?

 Vous martelez à plusieurs reprises que « ce principe de l’autorité est intangible. Ce principe disparu, c’est la mort et le chaos. »

 N’êtes-vous pas en train de faire le procès de Mgr Lefebvre ? Niez-vous qu’il a refusé de se soumettre à l’autorité légitime ?

 À vous écouter, Mgr Lefebvre serait la cause de notre situation. S’il n’avait pas désobéi, tout n’irait-il pas mieux dans le meilleur des mondes ?

 

Dès le commencement, votre mise au point est donc fondée sur une erreur ! Ensuite le vocabulaire militaire que vous employez pour vous donner un peu de consistance trahit une émotion mal maîtrisée qui prête à rire.

 

Quelques-unes de vos formules :

 C’est la guerre et dans la guerre les lois changent – Lorsqu’il y a mutinerie, ce sont les lois martiales – C’est un tribunal d’exception – Il faut trancher dans le vif – On fusille sur le champ – Dans la garde impériale certains soldats vont jusqu’à donner leur vie pour l’empereur…

 L’empereur est-ce Mgr Fellay ? Vous apprêtez-vous à mourir pour lui ?

 Être un grand soldat consiste-t-il toujours à servir le Général ? Le Lieutenant Degueldre qui disait : « Je préfère une désobéissance qui me coûte la vie plutôt qu’une obéissance qui me coûte l’honneur », ne fut-il pas un grand soldat ? Le Colonel Bastien-Thiry n’est-il pas un bel exemple de héros chrétien ? Il est mort fusillé pour s’être rebellé contre la politique d’un chef félon. C’était glorieux et l’honneur de la France en était relevé. Les Maréchaux du IIIème Reich, par contre, ont exécuté fidèlement les ordres reçus de l’autorité légitime. Certains d’entre eux ont fondé leur défense sur cette soumission à l’autorité légitime. Ils ont été pendus.

 

« Si on a pas un moral d’acier, dites-vous, si on n’est pas décidé à livrer un combat jusqu’au bout, nous sommes morts et nous ne sommes pas dignes de servir l’Église. »

 Digne de servir quelle église par quel combat ? Celle qui jubile pour les 50 ans de la clôture de Vatican II ? Votre participation à l’année de la Miséricorde est-elle une manifestation de « votre morale d’acier »  ?

 

Voici encore quelques échantillons de votre mauvaise mise au point : « La résistance c’est la subversion  – la perte de confiance dans ses supérieurs c’est la mort… – Si les supérieurs n’ont plus la possibilité d’être souples, félins, manœuvriers, nous sommes morts, nous n’avons plus de raison d’exister… – un peu de bon sens – je crains qu’on étale sa lâcheté… – Il va falloir qu’on fasse le ménage là-dedans… – il faut aller au front, au corps à corps – porter des coups, il faut prendre les armes… – Il faut tout risquer pour l’Église… – l’exemple des zouaves pontificaux… –  J’en appelle à l’honneur, j’en appelle à la loyauté, au bon sens tout simplement…»

 

Vous donnez vraiment l’impression d’être en plein délire.

 

Mais puisque vous qualifiez la Résistance de subversion. Venons-y. L’abbé Quilton l’a fait avant vous lors de mon procès. Il s’appuyait sur saint Thomas IIa IIæ q. 42 a. 2. Ça fait toujours sérieux de citer saint Thomas surtout quand on est professeur de séminaire ! Mais il ne suffit pas de le citer, encore faut-il le comprendre. Je lui ai démontré qu’il n’avait pas su appliquer sa citation à la situation présente. Il ne m’a pas contredit et je n’ai plus entendu parler de subversion.

 

Si vous souhaitez avoir une idée précise sur cette notion de subversion que vous invoquez, lisez les pages 247 à 255 des Actes de mon procès. Ça ne semble pas un effort surhumain. Après cela, vous n’affirmerez plus : « Certains ont pris leur responsabilité, ils se sont fait éjecter de la Fraternité, c’est dans l’ordre des choses. Ah ! les moyens employés n’ont pas été bons ? Encore une fois sur le front quant il y a trahison, il y a tribunal d’exception et on fusille. Ne jouons pas avec l’autorité. »

 

Vous affirmez pour impressionner vos fidèles mais cela ne prouve nullement la véracité de vos paroles. Quand vous parlez de « montez au front,… de corps à corps,… de porter des coups,… de prendre les armes… » pensez-vous à la rencontre cordiale de Mgr Fellay avec François le 1er avril dernier ?! « Vous en appelez à l’honneur… » l’honneur de servir Mgr Fellay ? l’honneur de servir l’autorité avant la Messe, les Sacrements et le Catéchisme ?

 

Votre jeune confrère en appelait à l’honneur de servir le Christ-Roi, c’est autre chose ! Et lorsque vous parlez de « faire le ménage là-dedans, » de quoi parlez-vous ? De Rome ? Est-ce bien cohérent pour qui n’a qu’un unique principe : le respect intangible de l’autorité ? Soyez conséquent avec vous-même ! Vous rappelez le souvenir glorieux des Zouaves. Oubliez-vous que le Pape de l’époque ne s’appelait pas François mais Pie IX ?

 

À la fin de votre mise au point, vous ne pouvez tout de même pas éviter une allusion à l’objection qui doit vous siffler souvent aux oreilles : ce danger que représente une approbation de la Rome moderniste.Votre réponse est toujours la même, il n’y en a qu’une, toujours aussi consternante : « De toute façon on ne peut pas faire l’économie de l’autorité – Gardons indéfectiblement confiance dans nos chefs – Tout nous dit que le premier principe de l’autorité est le principe qu’il faut défendre sinon il n’y aurait plus la Messe. »

 

Pour quelle trahison l’abbé Aulagnier a-t-il donc été éjecté de la Fraternité ? Celle que vous envisagez par soumission ? Celle que souhaite l’abbé Schmidberger dans sa note du 19 février dernier ? Évidemment votre mise au point ne comporte pas un seul mot sur le fond du problème. Vous portez des accusations de lâcheté alors que vous êtes confortablement installé dans votre formule obsessionnelle : Autorité-obéissance !

 

Je doute fort que vous soyez destinataire du formulaire de l’enquête-pilote !

 

Votre mise au point manifeste-t-elle l’âme d’un soldat ou celle d’un petit valet ?

 

En tout cas, laissez-moi vous dire, Monsieur l’abbé : ce que vous avez fait dimanche à Lévis, c’est ben niaiseux !

 

Abbé Nicolas PINAUD

 

_______________________________