Cérémonie de consécration de Mgr Faure


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Dossier complet sur le sacre de Mgr Faure (réactualisé le 31 mars 2015)
Vous ne comprenez pas pourquoi Mgr Williamson a sacré un évêque le 19 mars dernier... Vous avez ici une bonne synthèse de tous les documents utiles qui répondront à vos doutes ou aux objections de certains.
Opération Survie le sacre de Mgr Faure 3
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Brève réponse de dom Thomas d’Aquin OSB au communiqué de Menzingen du 19 mars 2015


Menzingen dénonce le sacre de Mgr Jean-Michel FAURE comme n’ayant rien de commun avec les sacres de 1988. Pour ce faire, la maison générale de la Fraternité Saint-Pie X fait un certain nombre de considérations. Examinons quatre d’entre elles.

1) Mgr Williamson et Mgr Faure ont été expulsés de la Fraternité parce qu’ils étaient contre toute relation avec Rome.

C’est faux. Ils sont contre la manière dont s’y prend Mgr Fellay et ses assistants, et même le chapitre général de 2012, qui cherchent un accord pratique sans conversion de Rome.

2) Mgr Williamson et Mgr Faure ne reconnaîtraient pas les autorités de Rome.

C’est également faux. Ni l’un ni l’autre ne sont sédévacantistes.

3) Menzingen insinue que la publicité de l’événement a été insuffisante et la compare à la grande publicité de 1988.Comparée à celle de 1988, celle de 2015 fait piètre figure, mais considérée en elle-même, elle n’est pas si mince que cela. Si on compte tous ceux qui ont participé à la cérémonie, on voit représentés les pays suivants : Angleterre, France, États-Unis, Mexique, Chili, Argentine, Uruguay, Paraguay, Colombie et Brésil. Une centaine de fidèles ont assisté à la cérémonie. Les médias ont soit téléphoné, soit sont venus sur place.

4) La quatrième question regarde l’état de nécessité.

Disons qu‘il nous semble y voir la pointe de l’iceberg bien connu : l’état de nécessité de 1988 ne serait plus celui de 2015. Rome n’est plus aussi agressive contre la Tradition qu’en 1988. C’est une vieille chanson : Rome change ! Oui, Rome change… en pire ! et cela, déjà sous Benoît XVI.

Conclusion : Menzingen désapprouve le sacre de Mgr Faure ; plus que cela, il l’attaque. C’est bien normal. Tant que Menzingen ne comprendra pas qu’elle fait fausse route, elle attaquera toute résistance à sa politique d’approche avec Rome.

Au fond, ce qui est en jeu, c’est ce que Mgr Lefebvre disait lors du sermon historique de Lille en août 1976 :

Je veux qu’à l’heure de ma mort, lorsque Notre-Seigneur me demandera : « Qu’as-tu fait de ta grâce épiscopale et sacerdotale ? » je n’aie pas à entendre de la bouche du Seigneur : « Tu as contribué à détruire l’Église avec les autres. »

Nous non plus. C’est pourquoi nous continuons le combat, et pour cela, nous avons besoin d’évêques. C’est la raison du sacre du 19 mars. Il ne faut pas la chercher ailleurs

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Conférence sur le Sacre de Mgr Faure

 

 

Cette conférence, donnée par Monsieur l'abbé Salenave, est une bonne présentation de cet événement qui n'a laissé personne indifférent.

 

http://gloria.tv/media/dQxJVNL1n77

 

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"FOLLE PRÉCIPITATION"

 

http://nonpossumus-vcr.blogspot.com/2015/04/una-loca-precipitacion.html

 

Source: SYLLABUS

 

«A quoi bon flatter le pauvre? Non. Qu'une langue mielleuse lèche la pompe stupide; que les charnières fécondes du genou se ploient là où il peut y avoir profit à flagorner».  (William Shakespeare, Hamlet, Scène. II, Acte III)

 

La nouvelle déclaration de Menzingen sur le sacre épiscopal de Mgr Faure se propose de convaincre les fidèles de la FSSPX qu'alors que les consécrations épiscopales de 1988 ont été un acte de prudence, celle de 2015 est un acte d'imprudence. Que celle-là a été méditée et celle-ci est précipitée. Que celle-là a été mûrie et celle-ci est impulsive. Que celle-là s'est basée sur des certitudes et celle-ci se base sur des doutes. En définitive, que celle-là se justifiait et celle-ci, non.

 

Enfin, l'argument avancé s'applique mal et faussement, parce qu'il y a un double critère : les sacres de 1988 sont jugés à l'égard de Rome, et le sacre de 2015 est jugé à l'égard de la Fraternité Saint Pie X elle-même. Ceux-là ont été favorables à la FSSPX et par conséquent favorables à l'Église. Celui-ci est "contraire" à la FSSPX et donc contraire à l'Église. L'inconsistance de l'argumentation de Menzingen est remarquable, comme il est indiqué dans l'article de Non Possumus sur la même déclaration.

 

Menzingen agit contradictoirement. Considérez ce qui suit : si en 1988, il y avait état de nécessité par la situation désastreuse de l'Église en raison de ses autorités modernistes destructrices, la réalité de l'Eglise en 2015, loin d'être améliorée, est notoirement pire. Par conséquent, l'état de nécessité n'a pas cessé. La même néo-FSSPX admet qu'il y a un état de nécessité, dans son premier communiqué contre le sacre récent, autrement elle ne pourrait pas justifier ses actions hors de la structure romaine conciliaire.

 

Mais, si l'état de nécessité persiste dans l'Église, alors pourquoi de nouveaux évêques entièrement catholiques ne peuvent-ils être sacrés? Ah, la réponse de Menzingen est : parce que nous sommes là, nous sommes ceux qui représentent la Tradition et déjà nous l'assurons en face de l'état de nécessité. L'Église en 1988 n’avait que deux évêques complètement catholiques et vieux (Mgr Lefebvre et Mgr de Castro Mayer), aujourd'hui l’Eglise a trois évêques entièrement catholiques et pas vieux (Mgr Fellay, Mgr de Galarreta et Mgr Tissier). Cela pourrait être l'argument final de Menzingen. Or, en supposant que les évêques de la Fraternité ne soient pas inclinés vers le libéralisme et en recherche de l'accord avec Rome, en supposant qu'ils sont entièrement et parfaitement catholiques, cela suffit-il pour la situation de crise catastrophique qui est vécue aujourd'hui ? Si la réponse est oui, alors on dit que les choses vont mieux aujourd'hui qu'à l'époque, parce qu'en 1991 aussi des évêques de la FSSPX ont fait un sacre épiscopal. Si la réponse est non, alors le récent sacre épiscopal se justifie pleinement.

 

Si, comme on a pu le vérifier, les trois actuels évêques de la FSSPX sont claudicants, alors cela rend les choses plus obscures.

 

Mais l’abdication de Benoît XVI, le pontificat de François, le synode récent sur la famille, entre autres choses, ne prouvent–ils pas que les choses vont de mal en pis?  Et les bruits de guerre qui s'entendent, les conflits qui menacent de déchirer l'Occident, la persécution massive des chrétiens dans le monde, la progression de l'impiété et de l'idolâtrie diaboliques, tout cela ne compte-t-il pas? Alors, si la FSSPX a cru nécessaire de consacrer un évêque en 1991 (et alors il y en avait cinq), pourquoi en 2015, quand les choses empirent précipitamment, leur semble-t-il inutile de consacrer des évêques, et affirme-t-elle que trois sont suffisants ?

 

En outre, si Menzingen voulait le bien de l'Église catholique, pourquoi cela gêne-t-il qu'il y ait plus d'évêques catholiques ?  Ne devrait-on pas plutôt se réjouir? Ah non, pour la néo-FSSPX, les deux évêques de la Résistance sont "sédévacantistes" et donc probablement "schismatiques".  Bien sûr, avec cette déclaration, Menzingen entend maintenir son "image" devant Rome.

 

S’il y a un état de nécessité, cet état demande des mesures tendant à suppléer ce que les autorités ne réalisent pas quant au salut des âmes. Pourquoi un tel état de nécessité ne devrait-il pas permettre la consécration d'évêques catholiques alors qu’il devrait permettre l’action de la FSSPX?  Donc, l'état de nécessité est mitigé? Cependant le même communiqué de DICI affirme : Dans une lettre datée du 8 juillet 1987, Mgr Lefebvre écrivait au cardinal Ratzinger : « Une volonté permanente d’anéantissement de la Tradition est une volonté suicidaire qui autorise, par le fait même, les vrais et fidèles catholiques à prendre toutes les initiatives nécessaires à la survie et au salut des âmes ». Et il dit aussi que : Tout évêque est tenu d’user de son épiscopat en vue du salut des âmes et du bien commun de l’Eglise, ce qui peut impliquer la transmission du sacerdoce et de l’épiscopat, quand bien même l’autorité suprême de l’Eglise s’y opposerait de manière injuste. Cela étant, nous demandons à nouveau: pourquoi Menzingen condamne-t-il la nouvelle consécration épiscopale ?

 

Sa réponse est : cette mesure n'était pas nécessaire « à la survie et au salut des âmes ». Mais alors, cela signifie que la situation n’est plus ce qu’en disait Mgr Lefebvre, qu’il y a « une volonté permanente d’anéantissement de la Tradition qui est une volonté suicidaire », ce qui justifie des mesures extrêmes. Sans le dire, Menzingen affirme que les choses ne sont plus telles, dans le cas contraire elle ne devrait pas censurer le sacre épiscopal.  Jusqu’à présent, Menzingen n’a donné pas une claire justification de sa condamnation, mais elle a été fondamentalement basée sur le "sédévacantisme" qui serait conséquence d'un "esprit schismatique" de Mgr Williamson et Mgr Faure. Evidemment, sans aucune preuve.

 

Dans ce second communiqué, dédié aux fidèles de la FSSPX, Menzingen, sans ombre de critique aux autorités romaines actuelles, suggère que c’est la FSSPX qui donne les moyens de salut, et donc c’est elle qui assure la continuité de la Tradition.

 

Mais ici nous trouvons une autre contradiction.  La FSSPX a fait une diffusion de ses intentions charitables et apostoliques en beaucoup d’occasions, par exemple quand elle a accepté que Rome levât les excommunications qu'elle considérait nulles, avec l'intention que plus de gens puissent s'approcher de ses chapelles et obtenir ainsi la messe et les sacrements catholiques. Or, si elle a accepté une telle mesure incohérente -qui contredisait sa posture de toujours et que beaucoup ne comprenaient pas- basée sur l'expansion de la portée des moyens de salut pour beaucoup plus fidèles, pourquoi maintenant n'accepte-t-elle pas le sacre qui donnera lieu à l'extension de l'apostolat catholique et les biens spirituels de l'Église pour plus des fidèles ? Ah, non, dit le néo-FSSPX, ce qui se passe, c’est que la Résistance ne reconnaît pas Rome, elle est sédévacantiste. Le plus drôle, c’est que tous les sédévacantistes du monde critiquent furieusement les deux évêques de la Résistance, parce qu'ils ne sont pas sédévacantistes. La Résistance enseigne-t-elle des doctrines hérétiques ? Non. A-t-elle l'intention de former une nouvelle Eglise? Non. Elle fait seulement ce que faisait Mgr Lefebvre :   distinguer entre le Rome éternelle et le Rome moderniste qui s'oppose à la première, continuer le combat de la foi. Mais selon Menzingen, elle est sédévacantiste. Sur quoi s’est-elle basée pour affirmer cela? Rien. Jusqu’ici culmine l'argument de Menzingen, et ça ne débouche à rien. C'est pour ça qu’à l'accusation de sédévacantisme, maintenant elle additionne une nouvelle accusation, aussi subjective : celle d'une "folle précipitation" de la part de Mgr Williamson pour réaliser le sacre. Il semble qu'un matin, il s'est éveillé avec envie de faire un peu de bruit et alors il a décidé de sacrer l’Abbé Faure. Peut-être que dans un prochain communiqué ils accuseront Mgr Williamson de néo-nazisme ?

 

Mgr Williamson a toujours parlé clairement et de façon réaliste tant de la crise de l'Église que de la crise et des dangers à l'intérieur de la FSSPX. Déjà dans une interview en 2007, il affirmait être disposé à consacrer des évêques si c'était nécessaire. Et ce n'étaient pas des mots d'occasion, pour la galerie. Voici un extrait de cette interview:

 

(Mgr Richard Williamson : «Vatican II est un gâteau empoisonné» - Interview par Jérôme Bourbon Rivarol)

 

R. : Où voyez-vous l’Eglise catholique dans vingt ou trente ans ?

Mgr R. W. : Le Nouvel Ordre Mondial, auquel correspond l’apostasie molle dans l’Eglise, avance à pas de géant. Mais l’Eglise est indéfectible. Donc de deux choses l’une : ou bien dans cinq, dix, vingt ans Dieu intervient avec un châtiment exemplaire pour rétablir l’ordre, ou bien l’Eglise en sera à gémir dans les catacombes, en attendant cette intervention. De toute façon, la situation actuelle est irrécupérable par des efforts purement humains.

 

R. : La crise se prolongeant, êtes-vous prêt à sacrer des évêques sans mandat pontifical ?

 

Mgr R. W. : Oui. Mais pas sans la prudence requise par toutes les circonstances, j’espère.

 

R. : S’agissant précisément de votre épiscopat, vous considérez-vous membre de l’Eglise enseignante et du collège apostolique ?

 

Mgr R. W. : Je ne fais partie ni de l’Eglise enseignante conciliaire ni du collège apostolique conciliaire. En revanche, de l’Eglise enseignante catholique et du collège apostolique catholique, je fais bien partie. A l’inverse, les évêques diocésains conciliaires forment un gâteau empoisonné en bloc, mais pas dans toutes ses parties.

 

Nous voyons alors que Mgr Williamson est tout simplement un évêque cohérent dans ses paroles, ayant attendu que les circonstances extrêmes le justifient, et après une longue délibération, il a réalisé le sacre épiscopal de Mgr Faure. Donc l'accusation d'accomplir un acte par surprise et sans réfléchir, sans la prudence requise, n'a pas de justification.

 

Mais peut-être faut-il chercher la cause de toute cette série de communiqués de condamnation de la néo-FSSPX envers le sacre épiscopal de Mgr Faure, dans un autre point qui nous semble clef. Pourquoi cette censure persistante de Menzingen?

La réponse est dans l'affirmation du communiqué, que la Résistance a « la nécessité de se substituer à la Fraternité Saint-Pie X ». Là, nous croyons qu’apparaît le nœud de la question. Sans aucun doute, c’est l'orgueil institutionnel qui doit garder son image victorieuse, son prestige comme "Championne de la tradition", d'abord devant Rome, et puis devant ses propres membres et adhérents. Tout d'abord, en soulignant que la FSSPX n’est pas sédévacantiste ou schismatique comme les rebelles résistants, avec qui elle n'a pas de relation ou lien. Deuxièmement,  en soulignant à ses fidèles que la FSSPX n'a pas cessé d'être la même depuis toujours, en leur offrant la messe de toujours et en s'opposant aux erreurs modernistes de Rome. Pour le premier point, elle ment absolument. Pour le deuxième, elle ment partiellement.

 

La néo-FSSPX se sent comme Esaü, qui a perdu la primogéniture de la Tradition pour un plateau de lentilles … promis par Rome.

 

La néo-FSSPX est dans une grande gêne. D'un côté, elle a peur de recommencer à être stigmatisée si on les met "dans le même sac" que les résistants, éloignant ainsi la possibilité d'être reconnus par Rome. De l'autre côté, elle craint que l'intégrisme catholique de la Résistance provoque une ombre de dissidence dans ses propres rangs, puisqu'il est clair (ce qui est arrivé l’a mis en l’évidence) que les traîtres de Menzingen se découvrent chaque fois plus en public comme ce qu’ils sont.

 

Avec tout cela, on voit qu'il n'y a pas à Menzingen l'amour de la vérité et l'amour de l'Église, mais l'amour d’elle-même. Donc, comme une vagabonde, elle se promène en cherchant approbation, d'abord de Rome, et auprès de ses fidèles. Elle se vend comme un politicien en campagne électorale, avec un sourire et un discours en accord avec chacun. Alors, comme si ce n’était  pas suffisant de poursuive les antilibéraux quand ils étaient à l'intérieur de ses rangs, elle continue persécution et condamnation alors qu’ils sont dehors, en se joignant à l'église conciliaire dont elle dit ne pas faire de partie.

 

Avec une "folle précipitation", Menzingen a lancé son communiqué de condamnation le jour même de la consécration épiscopale (avant même celui de Rome !), non parce qu'un "simple doute" les conduisait à cela, mais plutôt parce qu'ils craignaient d'être publiquement associés à une telle action, ce qui pourrait compliquer leur "pleine réconciliation" avec Rome. Le communiqué de condamnation a été la pire erreur que Menzingen ait commise, car c’est précisément avec ça que s’effacent tous les doutes que l’on pouvait avoir jusqu'à présent de leur intention de plaire Rome.

 

Menzingen n'aura pas signé un papier avec un en-tête Vatican, mais l'esprit de la néo-FSSPX appartient déjà à la Rome moderniste.

 

 

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 Mgr Jean-Michel Faure: «Menzingen n’est plus fidèle à la vérité»

SOURCE - Rivarol - propos recueillis par Jérome Bourbon - 2 avril 2015

Dans un long article paru dans RIVAROL du jeudi 26 mars, nous évoquions le sacre du prêtre français Jean-Michel Faure par Mgr Richard Williamson. La cérémonie eut lieu le 19 mars au monastère bénédictin Santa Cruz de Nova Friburgo au Brésil dans la région de Rio de Janeiro.

Mgr Faure, qui a par ailleurs ordonné prêtre un moine bénédictin le 28 mars, la veille des Rameaux, toujours dans le même monastère brésilien, a bien voulu répondre, quelques jours seulement après sa consécration épiscopale, aux questions que nous lui avons posées, ce dont nous le remercions.

Nous précisons comme nous le faisons régulièrement pour les interviews que les propos tenus par la personne interrogée qui s’exprime dans nos colonnes en toute liberté lui permettent de mieux faire connaître sa position mais n’engagent nullement la rédaction du journal.

RIVAROL : Pour quelles raisons avez-vous accepté d'être sacré évêque le 19 mars au Brésil par Mgr Richard Williamson ?

Monseigneur Jean-Michel FAURE : Pour servir l'Église, pour la gloire de Dieu, pour le salut des âmes. Un évêque est puissant pour tout cela, à condition de rester fidèle. Le but principal de cette transmission est de conférer la grâce de l'ordre sacerdotal et la grâce du sacrement de confirmation. Mgr Williamson ne pouvait voyager dans le monde entier.

R. : Etes-vous certain que la Fraternité Saint-Pie X va se rallier au Vatican?

Mgr FAURE : Là où il y va des deux mystères, de la grâce de Dieu et du libre arbitre des hommes, rien n'est certain. Mais humainement parlant, Mgr Fellay donne maintes indications de sa volonté ferme de rallier l'Église conciliaire, en particulier par la visite de prélats conciliaires auprès des séminaristes et d'après les récentes déclarations de Mgr Pozzo à la suite de la dernière consécration.

R. : Que répondez-vous à ceux qui vous reprochent de ne pas avoir au moins attendu un ralliement public en bonne et due forme de la FSSPX pour procéder à un acte aussi lourd de conséquences ?

Mgr FAURE :Menzingen fait glisser tout les jours un bon nombre de bons prêtres vers ce ralliement désastreux en obligeant, par exemple, les séminaires de la FSSPX à recevoir — et donc à accepter en principe — les visites de ces prélats conciliaires et œcuménistes.

R. : Menzingen a condamné avant même le Vatican votre sacre et beaucoup plus fermement. Qu'est-ce que cela vous inspire comme réaction ?

Mgr FAURE :Menzingen a peur. Elle perd son autorité parce qu'elle n'est plus fidèle à la vérité.

R. :L'Institut Mater Boni Consilli (IMBC) a publié le 20 mars un communiqué dans lequel il dénonce votre sacre comme sacrilège, illicite et schismatique car réalisé en reconnaissant publiquement François comme vicaire du Christ tout en lui désobéissant avec un sacre sans mandat pontifical et destiné à combattre son magistère. Que répondez-vous à cette argumentation ?

Mgr FAURE :Dans la vraie Église Catholique, la Foi prime sur l'autorité, parce que l'autorité n'est là, au fond, que pour servir la vérité. Or, le Pape François possède bien l'autorité papale, personne d'autre n'est, ni ne peut être pape tant qu'il est en vie et ne démissionne pas, mais il ne met pas son autorité au service de la vérité, de la vraie Foi et donc on n'est pas obligé devant Dieu de lui obéir plutôt qu'à Dieu.

R. : Que répondez-vous à l'accusation d'avoir eu recours à un « mandat romain apocryphe », ce qui est jugé comme une faute grave ?

Mgr FAURE :Un mandat romain “apocryphe” s'impose lorsque la Foi est en danger grave.

R. : La soumission au pape est un dogme de foi pour les catholiques. Boniface VIII dans la bulle infaillible Unam sanctam affirme : « Nous déclarons et définissons qu'il est nécessaire pour toute créature humaine d'être soumise au Pontife romain pour faire son salut ». Dans ces conditions, comment pouvez-vous combattre fortement l'occupant du siège de Pierre et le reconnaître en même temps comme l'autorité légitime, le vicaire du Christ qui a le pouvoir des clés et l'infaillibilité doctrinale ?

Mgr FAURE :La soumission et l'obéissance au pape ne sont pas inconditionnelles, mais conditionnelles — à condition qu'elles servent Dieu en servant la Foi. Détacher l'obéissance de la Foi, c'est la faire servir les hommes plutôt que Dieu.

R. : Comment peut-on dire qu'un concile œcuménique (comme se prétend être Vatican II) est faillible et peut enseigner l'erreur et l'hérésie alors que vous dites qu'il a été promulgué par un vrai pape sachant qu'un concile œcuménique promulgué par le pape est nécessairement infaillible (magistère extraordinaire) ?

Mgr FAURE : Les papes conciliaires eux-mêmes ont proclamé qu'avec les Décrets du Concile Vatican II ils ne voulaient pas engager leur Magistère infaillible. Donc l'une des quatre conditions manque pour que celui-ci ait été engagé (la volonté du pape de lier – obliger – toute l'Église).

R. : Comment peut-on dire que la nouvelle messe et les nouveaux sacrements sont un poison pour la foi et affirmer parallèlement qu'ils ont été promulgués légalement par la Sainte Eglise et le Vicaire de Jésus-Christ ?

Mgr FAURE :Mgr Lefebvre affirmait tout simplement que la nouvelle messe ne remplit pas l'une des condition essentielles à une loi valide : elle est contre le bien commun. Le même argument radical de bon sens s'applique à toutes ces apparentes “lois” qui détruisent l'Église.

R. : Ne craignez-vous pas que cette énième division parmi les traditionalistes ne décourage beaucoup de baptisés et ne les éloigne totalement de la foi et de la pratique religieuse ?

Mgr FAURE :Je ne le crains pas du tout. Comme un ami l'a dit, « cette consécration a brisé l'étau de Menzingen et permet à de bons catholiques dans le monde entier de respirer ». Pourquoi ? Parce que l'on restaure une autorité catholique qui est unie à la vérité catholique.

R. : Pouvez-vous nous en dire davantage sur vos projets en France, sur l'ouverture d'un séminaire près du couvent d'Avrillé ?

Mgr FAURE :Ce projet avance.

R. : Que répondez-vous à ceux qui disent que vous êtes trop âgé (74 ans en août 2015) pour devenir évêque, les évêques (ou plutôt ce qui en tient lieu) partant aujourd'hui à la retraite à 75 ans ?

Mgr FAURE : Obliger les évêques à démissionner à 75 ans est une bêtise révolutionnaire, pour empêcher la vieillesse de faire valoir son expérience. Certainement la vérité catholique a besoin de nouveaux champions jeunes, mais en attendant, contentons-nous des vétérans de Mgr Lefebvre qui l'ont mieux compris qu'un grand nombre de jeunes.

R. : Une polémique est née à propos de l'enterrement de votre père en Argentine. Des sites Internet hispaniques vous accusent d'être marrane, des ecclésiastiques qui étaient à l'époque prêtres — comme Mgr Morello, directeur du séminaire de La Reja au moment des faits —, affirment, qu'à la mort de votre père en Argentine votre famille avait procédé à des rituels judaïques et que ce scandale serait l'une des principales raisons (mais non la seule) du départ ultérieur de 25 séminaristes et de 8 prêtres du séminaire de La Reja ?

Mgr FAURE : Le 3 mars 1986, le corps de mon père fut ramené chez moi pour être veillé. Il fut placé sur mon lit et non sur le sol comme le prétendent faussement les calomnies des sédévacantistes. Qu'ils donnent le nom de leurs témoins! Personnellement je peux nommer l'Abbé Canale (FSSPX) qui a célébré la messe de Requiem, l'Abbé Ricardo Olmedo (FSSPX), les professeurs du séminaire qui connaissent les faits, les séminaristes qui sont aujourd'hui prêtres, l'Abbé Schmidberger (FSSPX), qui se trouvait à la messe et au cimetière et aussi les membres de la famille Masuda, qui furent de grands bienfaiteurs du séminaire dès les débuts et qui veillèrent toute la nuit. Eux-mêmes, par la suite, accueillirent dans leur maison de campagne les vingt-cinq séminaristes qui s'enfuirent du séminaire à l'occasion de la rébellion sédévacantiste de 1989. Mon père est enterré dans le petit cimetière du séminaire où sa tombe est bien visible. Les séminaristes et de nombreux prêtres et fidèles assistèrent à la messe. Il n'y eut, dans cet épisode, rien de spécial et rien à cacher, sinon que l'on trouve en cela un exemple de la logique sédévacantiste pour pouvoir dire que Mgr Faure est juif : je suis né en Algérie: les juifs sont nombreux en Algérie; donc je dois être juif! Mais comme les musulmans sont beaucoup plus nombreux, ne serais-je pas un musulman marrane? Contre les calomnies et les inventions ridicules, je dispose en France d'un arbre généalogique bien fait que je rendrai public lors de mon retour.

Au sujet de la crise du séminaire de Buenos Aires, je dois dire que je suis arrivé à Mexico le 24 septembre 1985, cinq jours après le terrible tremblement de terre, après avoir été nommé supérieur du district du Mexique, mais cette crise eut lieu en 1989 dans le cadre de la rébellion sédévacantiste contre Mgr Lefebvre. Le directeur (NDLR : l’abbé Morello, aujourd’hui Mgr Morello), un professeur (NDLR : l’abbé Medina) et plusieurs prêtres de cette tendance, avaient influencé la moitié des séminaristes de La Reja, ceux qui, en 1989, attendirent la visite de l'Abbé Schmidberger pour quitter en masse le séminaire et s'en aller dans un “séminaire” construit par un groupe de laïcs mexicains. Échec total: un petit groupe d'entre eux se rendit dans un monastère abandonné près de Cordoba, en Argentine, et ensuite dans les environs de Lujan et finalement à El Boson (au sud de l'Argentine). Donc il est évidemment faux que le soi-disant scandale de l'enterrement de mon père, survenu trois ans avant, ait provoqué la sortie immédiate de ces vingt-cinq séminaristes. Mgr Tissier a relaté ces faits dans la biographie de Mgr Lefebvre (page 546, 2ème édition corrigée, Édit. Clovis, 2002).

R. : Ne craignez-vous pas d'être pris en sandwich, si vous me permettez, Monseigneur, cette expression familière, entre la Fraternité Saint-Pie X à “gauche” et les sédévacantistes à “droite”, les deux, pour des raisons certes différentes, vous accusant d'être schismatique et d'entrer dans une logique sectaire et non catholique ?

Mgr FAURE : Au nom du Ciel, existe-t-il une Vérité au-dessus de tous les hommes, oui ou non ? Si oui, zut aux libéraux, et zut aux sédévacantistes ! Pour cette vérité volontiers on jouera le rôle de sandwich. Le prêtre est un homme mangé, disait le Curé d'Ars !

R. : Vous vous réclamez de la Tradition. Mais qui est l'interprète authentique et le garant de la Tradition sinon le pape, sinon le magistère ? Comment donc pouvez-vous sortir de cette impasse ?

Mgr FAURE :Lisez l'Évangile de Saint Jean. On y trouve une vingtaine de citations selon lesquelles Jésus en tant qu'homme exprime sa soumission absolue à la volonté de son Père, qui est au-dessus de Lui, et qui est absolue. Cette vérité et cette volonté, il les a transmises (tradidit), et voilà l'origine et l’infaillibilité de la Tradition, qui est donc elle aussi au-dessus des papes, a fortiori, ayant été au-dessus de Jésus (en tant qu'homme). Voilà ce que perdent de vue tous les conciliaristes, mais ce que Mgr Lefebvre n'a jamais perdu de vue : bien comprise, la Tradition est la mesure des papes et non les papes la mesure de la Tradition. Elle reste ce qu'elle a toujours été, indépendamment de leurs éventuelles bêtises.

Toute la raison d'être et la force de cette consécration du 19 mars, c'est sa fidélité à cette Tradition. Que Dieu nous y garde fidèle, par la Très Sainte Vierge Marie.

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Propos recueillis par Jérôme BOURBON.

RIVAROL daté du jeudi 2 avril 2015.

Editions des Tuileries, 82 boulevard Masséna, 75 013 Paris.www.rivarol.com

SAMEDI 28 MARS 2015

Ordination du Père André Zelaya OSB à Santa Cruz

par Mgr Faure


ENTREVUE AVEC MONSEIGNEUR  JEAN-MICHEL FAURE
 
25 mars 2015
Monseigneur, certains s'interrogent sur les motifs pour lesquels votre consécration fut réalisée avec autant de discrétion. N' aurait-il pas été préférable de donner une plus grande publicité à un événement aussi heureux ?
La consécration a dû être réalisée ainsi pour ne pas être empêchée, la situation de Mgr Williamson restant délicate. Nous avons choisi ce monastère d'accès assez difficile qui permettait certaines mesures de sécurité. En outre les installations ici sont suffisantes et l'on dispose d'un bon nombre de ministres pour la liturgie. Avant tout, il s'agissait d'éviter toute manifestation et la cérémonie s'est parfaitement déroulée.
 
Monseigneur, pouvez-vous nous parler de la signature du protocole de 1988? Étiez-vous avec Mgr Lefebvre à ce moment là ?
Non, j'ai appris la nouvelle comme les autres membres de la FSSPX. Le 5 Mai 1988 Mgr Lefebvre a signé un protocole en vue d'un accord avec Rome selon lequel le pape lui reconnaissait le droit de consacrer un évêque choisi parmi les prêtres de la Fraternité. Cela était alors considéré comme nécessaire pour assurer la survie de l’œuvre de Mgr Lefebvre après sa mort, mais cela fut aussi l'hameçon utilisé pour obtenir la signature de Monseigneur. Je pense que Mgr Lefebvre eut alors un moment - très bref – de faiblesse, comme ce fut le cas de Sainte Jeanne d'Arc et, comme elle, il écrivit après “la plus mauvaise nuit de sa vie” une lettre de rétractation à son interlocuteur du Vatican, par laquelle le protocole se trouvait annulé. Mgr Fellay ne peut prétendre imiter la conduite de Mgr Lefebvre en se basant sur ce moment de faiblesse, au sujet duquel il a déclaré: “Je suis allé trop loin”. Quant à la diplomatie, Mgr Lefebvre ne se faisait aucune illusion sur ses interlocuteurs romains. Bon nombre de ses déclarations montrent sa détermination qui apparaît particulièrement dans sa déclaration fondamentale de 1974, sur les deux Rome, qui n'a rien de diplomatique, la Rome éternelle et la Rome moderniste, les deux églises: Catholique et Conciliaire. Mgr Fellay, dans la mesure où il confond la Rome actuelle, officielle, moderniste avec la Rome éternelle se rend infidèle à la Rome éternelle, maîtresse de vérité. Il confond aussi l'église conciliaire, dont Mgr Lefebvre a tant parlé et l'Église Catholique. Pour Mgr Fellay il n'y a qu'une seule église et une seule Rome: c'est l'antithèse de la position de Mgr Lefebvre.
 
Monseigneur, ces jours-ci nous avons pu lire de nombreuses critiques contre vous-même. Le diable ne semble guère apprécier votre consécration. Que nous dites-vous à ce sujet?
La raison en est que nous prétendons suivre le plus fidèlement possible la ligne de Mgr Lefebvre, et c'est pourquoi nous recevons des attaques de la gauche et de la droite, exactement comme Mgr Lefebvre.
 
De la gauche et de la droite?
Oui. À gauche se trouvent ceux qui ont entrepris d'intégrer la FSSPX à l'église conciliaire et à droite se trouvent les sédévacantistes. Le sédévacantisme est une simplification excessive du problème (parfois non exempte de sentiments qu'on peut comprendre) et qui n'a pas été acceptée, après avoir été longuement étudiée par Mgr Lefebvre avec les théologiens et les canonistes qu'il consultait régulièrement. On pourrait parler d'une véritable grâce d'état de Mgr Lefebvre dans un rôle semblable à celui de de Saint Athanase, face au modernisme.  Pour nous, il ne fait pas de doute que la Providence l'a suscité pour nous guider dans cette crise de l'Église qui empire dans ses conséquences mais qui reste substantiellement la même. On ne peut dire que François ait une responsabilité plus grande que Paul VI ou Jean-Paul II dans le développement de cette crise à laquelle firent face Mgr Lefebvre, Mgr de Castro Mayer, le Père Calmel et tant d'autres grands théologiens.
 
Cependant Menzigen prétend que vous-même et Mgr Williamson reconnaissent les autorités romaines « d'une façon purement rhétorique ».
Ni plus ni moins que Mgr Lefebvre. C'est la raison pour laquelle nous attaquent également les sédévacantistes et d'une façon  assez violente.
 
Monseigneur, priez-vous, à la messe, pour le pape François?
Je suis les instructions de Mgr Lefebvre à ce sujet: prier pour le pape et dénoncer ses hérésies, selon l'exemple de Saint Athanase et de tant d'autres saints qui eurent à s'opposer au pape de leur époque dans des circonstances difficiles.
 
Au sujet de ces papes libéraux et modernistes et de la question de l'Église Catholique et de l'église conciliaire, suivez-vous la position que les dominicains d'Avrillé exposent dans leur étude intitulée “Une Hiérarchie Pour Deux Églises” ?
Oui.
 
Continuons sur la question du pape. Dans l'entrevue précédente, nous demandions à l'Abbé Faure ce qu'il ferait s'il était invité à une entrevue avec le pape François. Maintenant nous demandons à Mgr Faure ce qu'il dirait à François.
Avant tout, je dis qu'une telle entrevue est pratiquement irréalisable, car une condition sine qua non est la présence de Mgr Williamson et d'autres prêtres de nos amis, étant exclu absolument tout type de “négociation” en vue d'un accord quel qu’il soit tant que, comme le disait Mgr Lefebvre, n'ait lieu une conversion radicale de Rome, acceptant, en fait et en droit, toutes les encycliques antérieures au Vatican II, ainsi que les condamnations du libéralisme et du modernisme qu'elles contiennent, ce qui apparemment n'arrivera pas avant la troisième guerre mondiale (qui paraît proche). Je dirais au pape, comme Mgr Lefebvre, à quelle église appartenez-vous, à l'Église Catholique ou à une falsification de l'Église ? Votre fonction est de confirmer vos frères dans la foi. Je lui rappellerais ces paroles de Saint Paul: Votre autorité est pour édifier, et non pour détruire (2 Cor 13, 10), pour édifier et non pour détruire la foi et la morale des catholiques. Je lui dirais aussi ceci, citant Mgr Lefebvre: Êtes-vous d'accord avec toutes les grandes encycliques antérieures à Jean XXIII et avec tous les papes jusqu'à Pie XII compris ? Êtes-vous en pleine communion avec ces papes et avec leurs enseignements ? Acceptez-vous le serment anti-moderniste ? Êtes-vous en faveur du règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ ? Si Vous n'acceptez pas la doctrine de vos prédécesseurs, il est inutile de parler avec Vous. C'est parce que nous sommes fidèles à la Rome éternelle que nous nous voyons obligés à nous séparer de la Rome moderniste et libérale actuelle et officielle. Ce n'est pas parce que Menzigen se laisse séduire qu'un Mgr Williamson ou moi tomberions dans le même piège, avec la grâce de Dieu.
 
Revenant aux critiques et mensonges à votre sujet, certaines sont franchement ridicules. Veuillez nous pardonner cette question que nous posons afin d’honorer la vérité et de protéger quelques âmes simples et excessivement crédules. Pouvez-vous nous parler des circonstances qui ont entouré l'enterrement de votre père ?
Le 3 mars 1986, le corps de mon père fut ramené chez moi pour être veillé. Il fut placé sur mon lit et non sur le sol comme le prétendent faussement les calomnies des sédévacantistes. Qu'ils donnent le nom de leurs témoins ! Personnellement je peux nommer l'Abbé Canale FSSPX qui a célébré la messe de Requiem, l'Abbé Ricardo Olmedo FSSPX, les professeurs du séminaire qui connaissent les faits, les séminaristes qui sont aujourd'hui prêtres, l'Abbé Schmidberger FSSPX, qui se trouvait à la messe et au cimetière et aussi les membres de la famille Masuda, qui furent de grands bienfaiteurs du séminaire dès les débuts et qui veillèrent toute la nuit. Eux-mêmes, par la suite, accueillirent dans leur maison de campagne les vingt-cinq séminaristes qui s'enfuirent du séminaire à l'occasion de la rébellion sédévacantiste de 1989. Mon père est enterré dans le petit cimetière du séminaire où sa tombe est bien visible. Les séminaristes et de nombreux prêtres et fidèles assistèrent à la messe. Il n'y eut, dans cet épisode, rien de spécial et rien à cacher, sinon que l'on trouve en cela un exemple de la logique sédévacantiste pour pouvoir dire que Mgr Faure est juif : je suis né en Algérie: les juifs sont nombreux en Algérie; donc je dois être juif! Mais comme les musulmans sont beaucoup plus nombreux, ne serais-je pas un musulman marrane ? Contre les calomnies et les inventions ridicules, je dispose en France d'un arbre généalogique bien fait que je rendrai publique lors de mon retour.
 
Que pouvez-vous nous dire de la crise qui eut lieu au séminaire d'Argentine en 1989. On vous accuse aussi de cela.
Au sujet de la crise du séminaire de Buenos Aires, je dois dire que je suis arrivé à Mexico le 24 septembre 1985, cinq jours après le terrible tremblement de terre , après avoir été nommé supérieur du district du Mexique, mais cette crise eut lieu en 1989 dans le cadre de la rébellion sédévacantiste contre Mgr Lefebvre. Le directeur, un professeur et plusieurs prêtres de cette tendance, avaient influencé la moitié des séminaristes de La Reja, ceux qui, en 1989, attendirent la visite de l'Abbé Schmidberger pour quitter en masse le séminaire et s'en aller dans un “séminaire” construit par un groupe de laïcs mexicains. Échec total: un petit groupe d'entre eux se rendit dans un monastère abandonné près de Cordoba, Argentine, et ensuite dans les environs de Lujan et finalement à El Boson (au sud de l'Argentine). Donc il est évidemment faux que le soi-disant scandale de l'enterrement de mon père, survenu trois ans avant, ait provoqué la sortie immédiate de ces vingt-cinq séminaristes. Mgr Tissier a relaté ces faits dans la biographie de Mgr Lefebvre (page 546, 2ème édition corrigée, Édit. Clovis, 2002).

Un aveu de Menzingen

par Dom Thomas d'Aquin

Le communiqué de Menzingen du 19 mars, bien que bref, nous apprend bon nombre de choses. Entre autres, on y trouve un aveu : à savoir que Mgr Williamson a été expulsé de la Fraternité Saint-Pie X à cause de son opposition à la politique de ralliement de Mgr Fellay.

Jusqu’à présent Menzingen parlait de désobéissance : Mgr Williamson était un indiscipliné, un mauvais sujet qui n’obéit pas aux ordres reçus. Maintenant, Menzingen avoue la vraie raison : « les vives critiques » de Mgr Williamson au sujet des relations de Menzingen avec Rome. De même pour Mgr Faure. Voilà leur tort.

L’affaire de la lettre des trois évêques à Mgr Fellay et à ses assistants n’a pas été digérée. Des rapports avec Rome, Mgr Lefebvre en a bien eus, mais avec l’espoir que Rome se reprendrait, ferait marche arrière. En fait, c’était plutôt Mgr Lefebvre qui menait l’affaire, avec une certitude invincible, parce que son critère était la foi de toujours. Même en agissant de la sorte, il a failli tomber dans le piège de Rome. « Je suis allé trop loin », a-t-il dit.

Par contre, avec Mgr Fellay, les choses se passent bien autrement. Ce n’est par lui qui mène l’affaire. Ce n’est pas lui qui a la force de dire à Rome : « C’est moi, l’accusé, qui devrait vous juger. » Non, Mgr Fellay ne se pose pas comme juge des erreurs de Rome. Il se pose plutôt comme un coupable « en situation irrégulière », qui doit rentrer dans le rang et qui a bien du mal parce que « sa » Fraternité ne le suit pas.

Ouvrons une parenthèse. Juger Rome ? N’est-ce pas là le rôle des supérieurs et non des inférieurs ? Bien sûr. Mais ce sont les supérieurs qui ont déjà jugé. C’est Quanta CuraPascendiQuas Primas, etc., qui condamnent les papes libéraux. C’est Rome, la Rome éternelle, qui a déjà jugé la Rome néo-moderniste et néo-protestante. Cela, Mgr Fellay semble vouloir l’oublier et le faire oublier avec son « Église concrète d’aujourd’hui ». Fermons la parenthèse.

Mgr Williamson bloquait les démarches de Menzingen. Il constituait une entrave. On le savait bien, mais la maison générale donnait une autre version. Maintenant, elle avoue. Ce sont « les vives critiques » de Mgr Williamson contre son opération suicide qui ont été la cause de son expulsion. Il était temps que Menzingen le dise. Maintenant, c’est fait.

Menzingen fausse cependant l’affaire en disant que ces vives critiques portaient sur « toute relation avec les autorités romaines ». Non. Cela n’est pas vrai. Elles portent sur le ralliement qui mettrait la Fraternité Saint-Pie X sous le joug moderniste et libéral par lequel le démon essaye d’arriver à que ce que Corção appelait « le péché terminal » : faire tomber les derniers bastions dans un ultime et monumental affront à Dieu.

A cela il ne saurait être question de prêter notre concours. Le démon n’arrivera pas à ses fins parce que Notre Dame y veille : Ipsa conteret. Voilà notre espérance. Elle ne sera pas déçue, si nous sommes fidèles par la grâce de Dieu : Fidelis inveniatur.

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Sermon de Mgr Williamson

A l’occasion du sacre de Mgr Faure

 

 En cette très grande fête de Saint Joseph, le plus grand de tous les saints catholiques après la Sainte Vierge Marie, et le saint patron de l’Eglise, -je n’avais pas particulièrement réfléchi à cela mais- le fait est que c’est bien en la fête du saint patron de l’Eglise que nous nous trouvons là aujourd’hui pour assurer le sacre d’un deuxième évêque pour la dite résistance.

 

Beaucoup de choses ont été dites, mais le fait est que la vérité de Dieu, la vérité du Christ, la vérité de l’Eglise est aujourd’hui en grand danger. En premier lieu, bien sûr, à cause du concile Vatican II. Le fait est que, depuis quelques siècles déjà, les ennemis de Dieu sont en train de préparer un nouveau monde ;  il se nomme le Nouvel Ordre Mondial. C’est un autre monde qu’ils veulent établir à la place du monde de  Dieu. C’est Dieu qui a créé la nature, qui a créé toutes choses ; ce n’est pas l’homme. C’est Dieu qui est le créateur et le maître de l’Univers, le maître des maîtres, le seigneur des seigneurs, le Roi des rois. C’est Dieu et pas l’homme. Saint Pie X, dans sa première encyclique, dit : «  Le grand problème de l’homme moderne, c’est de vouloir se substituer à Dieu, prendre la place de Dieu ».  Au début de l’Eglise, les papes ne pouvaient pas supporter cette « trahison ».  Mais le monde se donnait de plus en plus à la gloire de l’homme en s’éloignant de la gloire de Dieu. Et enfin, à force de rôder constamment autour de l’Eglise et de ses hommes, ces derniers aussi ont cédé ; ce fut le concile Vatican II. Et là, les hommes d’Eglise, mais hommes quand même, essayèrent de changer la religion de Dieu. Et la contamination était déjà si profonde que la grande majorité des évêques du Concile suivirent, accompagnèrent et approuvèrent la trahison. Incroyable certes, mais pas tant que cela pour quelqu’un qui comprend combien est profonde la corruption du monde moderne. Cette corruption a fini par pénétrer à l’intérieur de l’Eglise.  Les hommes d’Eglise tombèrent en grande majorité et en particulier les papes : Jean XXIII, Paul VI et les papes postérieurs au Concile : Jean-Paul II, Benoit XVI et maintenant le pape François qui s’en démarque comme le plus révolutionnaire tout en appliquant cependant les mêmes principes que ses prédécesseurs du Concile. C’est-à-dire qu’au fond, un pape comme Benoit XVI est autant révolutionnaire que le pape François, mais ce dernier est le plus évident.  Leurs intentions, seul Dieu peut les juger ; mais objectivement, objectivement, ce sont des traîtres à la vraie religion de Dieu.

 

Il y a eu néanmoins un évêque qui résista et resta fidèle. Et aujourd’hui, nous tous qui sommes ici présents, nous le remercions beaucoup pour son courage et sa Foi,  pour sa fidélité à Notre-Seigneur et à Notre-Dame dans la vraie religion de Dieu : Mgr Marcel Lefebvre, bien sûr. Sans lui nous ne serions pas là aujourd’hui, c’est évident. Et le point culminant de sa résistance fut, bien entendu, le sacre qu’il fit de 4 évêques en 1988. Or, lors de sa prédication, il dit : « Ce qu’on est en train de faire ici est l’opération survie en réponse à l’opération suicide. Si nous faisions un compromis comme au concile du Vatican, si nous suivions ce compromis, ce serait le suicide de notre résistance. Parce que notre résistance est menée par la vérité pour la défendre contre le mensonge ; n’oublions jamais cela ». Et il disait aussi : «  Si nous aussi, on faisait un compromis, ce serait une opération suicide. A la place de cela, je sacre des évêques pour assurer l’opération de survie de la foi, de la vérité dans un monde de mensonge  -il ne parlait pas comme ça, ce n’était pas son style, mais c’est un fait : c’est un monde de mensonges, de tromperies, de trahisons-, nous accomplissons aujourd’hui cet acte, nous sacrons 4 évêques pour défendre la vérité. Si nous n’étions pas certains que la foi catholique est la vraie, alors nous ne serions pas catholiques. Au fond des choses il y a la vérité ; et la foi catholique, bien sûr, c’est la plénitude de la vérité ». Or aujourd’hui que faisons-nous ?  Nous accomplissons l’extension des temps modernes, c’est-à-dire, 25 ans plus tard, l’extension de l’opération survie, et pas autre chose !

 

Autrement dit nous réparons, d’une certaine manière, l’éclairage de secours de Mgr Lefebvre.  Il y eut l’Eglise, un grand édifice avec son éclairage électronique normal, et  cet éclairage s’est éteint parce que des ténèbres sont entrées dans l’Eglise. Mgr Lefebvre créa,  alluma  un éclairage d’urgence, et maintenant la FSSPX aussi est en train de suivre le compromis du Vatican II. Ils veulent s’associer, devenir les amis des Romains ; ils veulent suivre les Romains. La Fraternité n’est pas encore morte, mais elle mourra si elle persévère dans son cheminement actuel. Peut-être qu’elle abandonnera ce chemin pour retourner sur celui tracé par Mgr Lefebvre, soit celui de la défense de la vérité. La vérité en premier, deuxième, et troisième lieu ! Beaucoup d’hommes aujourd’hui ont perdu la vérité et c’est le fond de la crise du monde et de l’Eglise. Les hommes ont perdu le sens de la vérité qui consiste dans la correspondance entre « mon » esprit (il pose son doigt sur sa tempe) et la réalité. Les hommes modernes, en vivant leurs vies virtuelles, de commodité,  de bourgeoisie, -que sais-je-,  électronique, toutes ces choses,  se sont créé un monde artificiel où on perd le sens de la vérité. On manque de « paysans » (de gens terre-à-terre) avec un sain jugement, pour comprendre immédiatement que tout ce qu’est en train de faire l’Eglise est faux, et que le chemin que la Fraternité veut suivre de son côté est faux. Mais ils ne le voient pas ; ils ne le voient pas. Alors nous devons jouer le rôle de réparateurs de l’éclairage d’urgence. Ce n’est pas un rôle glorieux. Nous n’avons pas la prétention de sauver l’Eglise. Nous n’avons pas du tout la prétention de sauver l’Eglise. Non, non, non ! Seul Dieu peut sauver l’Eglise aujourd’hui, et il le fera en son temps qui sera le meilleur […] Mais pour le moment Dieu purifie son Eglise. Et il ne dépend que de nous de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour contribuer à sauvegarder les trésors de l’Eglise, pour les restituer à nouveau quand les hommes d’Eglise auront été corrigés, éclairés  véritablement par Dieu.  Cela arrivera, mais probablement par un châtiment inimaginable, puisque seuls des événements gravissimes pourront restituer à un grand nombre le sens de la réalité ;  autrement ils resteraient dans leurs rêves. Alors nous faisons ce que nous pouvons.

 

 

Nous remercions le Prieur,  l’abbé Faure pour cette belle cérémonie et cette « cathédrale en métal » (rire) magnifique, une improvisation magnifique et, comme on dit en anglais, « là où on trouve de la volonté, on trouve le chemin » (« quand on veut, on peut ») et, si nous autres voulons demeurer fidèles à Dieu, nous trouverons le chemin. Il est impossible que Dieu abandonne les âmes qui ne l’ont pas abandonné, Lui. Ce n’est pas Dieu qui nous abandonnera mais c’est bien nous qui L’abandonneront, si nous choisissons de L’abandonner, mais que Dieu empêche cela !

 

[Nous remercions le Père et les sœurs qui ont beaucoup travaillé pour construire cette belle cathédrale improvisée. Nous remercions les moines qui ont aussi beaucoup travaillé pour mener à bien cette cérémonie, et ils l’ont très bien fait.] Et il en sera ainsi demain, après-demain avec, très probablement, de nouvelles trahisons, c’est très probable,  c’est normal si les choses continuent ainsi ; mais peu importe, à chaque jour suffit sa peine. Aujourd’hui nous savons que nous pouvons rester fidèle et nous vous remercions, vous tous, qui êtes venus  pour certains de très loin.

 

Et je m’excuse de n’avoir pas voulu rendre publique l’annonce de cet événement avant, mais nous voulions assurer la cérémonie et la protéger de certains empêchements qui pouvaient surgir : car cette cérémonie n’est pas du goût de tout le monde, c’est évident !  Et nous pouvons espérer que cette cérémonie déplaise beaucoup au démon qui possède foule de serviteurs qui auraient pu l’empêcher. On aurait pu prier,  demander, espérer un signe de la Providence comme Mgr Lefebvre le fit en 1988, mais je pense que l’Eglise ne peux pas  subsister sans évêques qui peuvent ordonner des prêtres et confirmer des enfants, des adultes... Dans la situation politique actuelle, une troisième guerre mondiale peut exploser à n’importe quel moment ; une nouvelle récente de mon pays, l’Angleterre, nous informe que des armes atomiques ont été préparées afin d’être expédiées sur la Russie au cas où (« por anticipo » = par anticipation). C’est une folie, c’est une folie, mais les hommes sont fous et ont l’instinct du suicide, comme les libéraux, et la troisième guerre mondiale sera un produit de cet instinct du suicide. Cela arrivera et alors il est impossible  de dire comment vont se dérouler les événements.  C’est pourquoi rester seul pour confirmer ou ordonner… il me semble que c’est une irresponsabilité ; le monde n’est pas tranquille,  il est très instable. Nous ne savons pas ce qui va arriver. Aussi, puisque nous ne recherchons pas à faire de la publicité, nous ne recherchons aucune gloire, nous ne voulons pas attirer l’attention du monde, je voudrais me  retirer dans l’ombre après cette cérémonie, ou d’autres cérémonies qui sont possibles - seul Dieu le sait- nous faisons cela sans aucune prétention, nous faisons cela pour défendre l’Eglise.

 

Chers fidèles, chers prêtres […] prions  Saint Joseph, le grand Saint Joseph, pour qu’il nous aide, lui, fidèle, très fidèle, par son exemple de fidélité et de protection et son absence de publicité (humilité)… nous ne voulons pas de publicité ! […] Prions donc Saint Joseph pour que chacun d’entre nous sache rester fidèle, discrètement, comme des enfants de Dieu, de Jésus-Christ, et de sa Sainte Mère, la très sainte vierge Marie.

 

 

A nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Amen. 


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Des photos du sacre de Mgr Jean Michel Faure

http://nonpossumus-vcr.blogspot.fr/

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Mandat de suppléance

lu lors de la cérémonie

Nous l’avons par l’Église Romaine qui dans sa fidélité aux saintes traditions reçues des Apôtres nous commande de transmettre fidèlement ces saintes traditions – c’est-à-dire le Dépôt de la Foi – à tous les hommes en raison de leur devoir de sauver leur âme.

Or, d’une part les autorités de l’Église Romaine depuis le Concile Vatican II jusqu’aujourd’hui sont animées d’un esprit de modernisme qui subvertit en profondeur la Sainte Tradition jusqu’à en pervertir la notion même : « Ils ne supportent plus la saine doctrine, détournant toute la Vérité, pour se tourner vers des fables », comme dit St Paul à Timothée dans sa seconde Épître (IV, 3, 5). A de telles autorités que servirait-il de demander un mandat pour sacrer un évêque qui s’opposera en profondeur à leur si grave erreur ?


Et d’autre part, pour avoir un tel évêque les quelques Catholiques qui comprennent son importance pouvaient, même après Vatican II, espérer qu’il viendrait de la Fraternité St Pie X de Mgr Marcel Lefebvre comme celui-ci leur en a sacré quatre par un premier mandat de suppléance en 1988. Hélas, depuis qu’on observe que les autorités de cette Fraternité prennent le même chemin moderniste en se dirigeant constamment vers les autorités romaines, cet espoir s’avère vain.


Et alors ces Catholiques croyants, d’où obtiendront-ils ces évêques essentiels à la survie de leur vraie Foi ? Dans un monde chaque jour plus acharné politiquement contre Dieu et contre son Église, le danger semble tel que l’on ne peut guère plus laisser dépendre cette survie d’un seul évêque pleinement anti-moderniste. C’est la Sainte Église elle-même qui lui demande de s’en associer un second : en l’occurrence Monsieur l’abbé Jean-Michel Faure.


Aucune présomption ni octroi du pouvoir épiscopal de juridiction n’accompagne cette transmission du pouvoir épiscopal d’Ordre, et dès que Dieu interviendra ´pour sauver son Église, à laquelle ne reste aucun espoir humain de salut, les effets de cette transmission et de ce mandat de suppléance seront remis sans tarder entre les mains d’un Pape de nouveau entièrement catholique.

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Entretien exclusif avec Monsieur l'abbé Faure



  
  

Source:
http://nonpossumus-vcr.blogspot.fr/2015/03/entrevista-exclusiva-al-rp-faure…

 

Un peu d’histoire pour commencer : M. l’abbé, comment avez-vous connu Mgr Lefebvre et la Tradition ?

En 1968, étant en Argentine, je suis allé visiter l’Archevêque du Parana, qui m’a dit : « Veux-tu défendre la Tradition ? Au Concile, je l’ai défendue en union avec un évêque courageux, mon ami, Mgr Marcel Lefebvre. » C’était la première fois que j’entendais parler de Mgr Lefebvre. Je suis allé à la recherche de Mgr Lefebvre en Suisse en 1972, à Pâques, et l’y ai rencontré.

 

Où êtes-vous né ? Pourquoi viviez-vous en Amérique du Sud ?

Je suis né en Algérie et ma famille, après l’indépendance, a acquis un terrain en Argentine, près du Parana. Ma famille a été expulsée d’Algérie parce que le gouvernement français a livré le pouvoir aux combattants musulmans qui ont accompli des massacres épouvantables au cours du processus d’indépendance. Mes grands-pères, parents et oncles étaient agriculteurs là-bas dès 1830.

 

En continuant avec l’histoire, comment avez-vous développé votre apostolat dans la FSSPX ?

J’ai été ordonné par Mgr Lefebvre en 1977 à Écône, et 15 jours après je l’ai accompagné dans une tournée aux États-Unis, Mexique (où le gouvernement nous a empêchés d’entrer), Colombie, Chili et Argentine. Mgr Lefebvre m’a demandé de commencer l’apostolat dans cette région. La première année, deux prêtres argentins m’ont aidé et, l’année suivante, un espagnol (de la FSSPX). Tout de suite, le District d’Amérique du Sud a été créé, et confié à ma charge, et j’ai commencé à prêcher des retraites jusqu’au Mexique. Il y a eu, la première année, environ 12 vocations qui se sont installées dans le Prieuré de Buenos Aires, qui était une assez grande maison. Par la suite, en 1980, on a construit le séminaire de La Reja (Buenos Aires), dont Mgr Lefebvre m’a nommé directeur. Là, je suis resté jusqu’en 1985, où j’ai été nommé supérieur du District du Mexique.

Les églises, dans la capitale et à Guadalajara, ont été construites à ce moment. J’ai travaillé avec les abbés Calderón, Angles et Tam, dans les différentes parties du pays. Ensuite, j’ai passé quelques années en France. Puis, j’ai été nommé au séminaire d’Argentine comme professeur d’histoire et je suis resté là jusqu’à l’expulsion de Mgr Williamson d’Argentine (2009).

 

Mgr Lefebvre avait confiance en vous ?

Monseigneur m’a donné libre accès à son courrier et m’a chargé de certains dossiers. Il avait une certaine confiance en moi : par exemple, en 1977, il m’a demandé, à Albano, ce que je pensais à propos des sacres. À une autre occasion, en 1977 encore, il m’a confié : « Ils m’attendent » (le directeur d’Écône et les professeurs). Ils lui suggéraient d’accepter la nouvelle messe et le Concile afin de conserver la messe tridentine. Ils disaient : « Nous sommes maintenant confrontés à Rome. Pour conserver la messe (tridentine), on doit accepter le Concile. » Ils voulaient que Mgr Lefebvre se retire dans une belle maison en Allemagne, mais il leur a dit qu’ils étaient libres de partir s’ils le souhaitaient. Il les a renvoyés.

 

Est-ce vrai que Mgr Lefebvre vous a demandé d’accepter d’être sacré ?

En 1986, lors d’une visite à Écône, il m’a pris à part après un repas et m’a demandé si j’accepterais d’être consacré évêque. Sachant ce qui a suivi, peut-être aurais-je dû accepter.

 

Donc, vous n’avez pas accepté ?

Je lui ai dit que je pensais que Mgr de Galarreta serait plus approprié.

 

Pouvez-vous résumer ce qui s’est passé en 2012 ?

Cette année-là, nous étions très proches d’un accord, qui a échoué au dernier moment, sans doute, à cause de « l’affaire Williamson ». L’accord a échoué pour cette raison et à cause de la lettre des trois évêques. Ces deux raisons ont fait échouer l’accord.

 

On dit que la clé de la stratégie de Mgr Fellay ad intra, c’est d’avoir obtenu le soutien du Chapitre général. Pouvez-vous nous dire quelque chose à ce sujet ?

Le Chapitre général a été bien préparé par Mgr Fellay et les accordistes ont atteint leurs objectifs. Là, j’ai compris ce qui est arrivé à Mgr Lefebvre et à ses amis au concile Vatican II. Mgr Fellay avait décidé une approche politique de Rome et il a réussi à avoir le soutien du chapitre général pour expulser Mgr Williamson, qui était le seul capable d’empêcher cette politique.

 

À votre avis, quelles sont les conditions requises pour faire un accord avec Rome ?

Mgr Lefebvre nous a dit que, tant qu’il n’y a pas de changement radical à Rome, un accord est impossible, parce que ces personnes ne sont pas loyales, et que l’on ne peut pas essayer de transformer les supérieurs. C’est le chat qui mange la souris et non la souris qui mange le chat. Un accord reviendrait à se livrer entre les mains des modernistes : par conséquent, il faut absolument le repousser. C’est impossible. Il faut attendre que Dieu intervienne.

 

Pouvez-vous nous dire ce que vous pensez des visites d’évaluation de divers prélats modernistes aux Séminaires de la Fraternité ? Il est vrai que Mgr Lefebvre a reçu certains prélats. Quelle est la différence maintenant ?

Il s’agissait de visites exceptionnelles dans lesquelles [pour donner un exemple] le cardinal Gagnon n’a pas eu la possibilité de défendre le Concile, alors que maintenant il s’agit des premiers pas de la réintégration (de la FSSPX) dans l’église conciliaire.

 

Que pensez-vous d’une éventuelle reconnaissance unilatérale par Rome de la FSSPX ?

C’est un piège.

 

Entre le chapitre de 2006 et la crise qui a commencé en 2012, on observe un changement d’attitude des autorités de la FSSPX concernant Rome. A quoi est dû ce changement ?

Cela vient de la décision des supérieurs de réintégrer l’Église conciliaire. Dès 1994 ou 1995, le GREC a pris des contacts qui furent des pas significatifs vers la réconciliation, comme l’avait prévu l’ambassadeur Pérol (un ambassadeur de France en Italie) : ce groupe est à l’origine de la levée des excommunications (2009) et du Motu proprio (2007). Cela devait avoir pour contrepartie la reconnaissance du Concile.

 

Que ferait Mgr Lefebvre dans la situation actuelle ?

Il suivrait la ligne qu’il nous a indiquée après les consécrations, en écartant absolument l’éventualité d’un accord.

 

Si à l’avenir vous étiez invité à aller à Rome pour parler avec le Pape, iriez-vous ? Que diriez-vous ?

En premier lieu, je consulterais tous nos amis de la Résistance. J’irais avec Mgr Williamson et d’autres bons prêtres qui mènent le combat de la Résistance avec beaucoup de courage. Et je tiendrais informés tous nos amis, avec une totale transparence.

 

Mgr Fellay a dit que la FSSPX est d’accord avec 95% de Vatican II. Qu’en pensez-vous ?

Mgr Lefebvre a répondu que tout le Concile est envahi par un esprit subjectiviste qui n’est pas catholique.

 

François, qui est un démolisseur efficace de l’Église et un destructeur objectif de la foi, est-il vrai Pape ?

A mon avis, on ne peut pas dire que François soit pire que Paul VI, qui a mis l’Église dans une mauvaise voie ; et donc nous devons conserver l’attitude qui a été celle de Mgr Lefebvre, l’attitude prudente qui exclut le sédévacantisme. Mgr Lefebvre a toujours refusé d’ordonner un séminariste sédévacantiste. Et c’était la politique de la FSSPX jusqu’à sa mort. Donc qu’on ne vienne pas nous dire que Mgr Lefebvre a dit ceci ou cela.

 

Où en êtes-vous dans votre processus d’expulsion de la FSSPX ?

Les dernières nouvelles sont que j’ai trouvé, dans le courrier et par hasard, la deuxième monition. Donc, demain, la FSSPX aura de nouveau quatre Évêques. Ils doivent rapidement me renvoyer ! Deo gratias !

 

Cette décision de vous sacrer évêque doit avoir été très soupesée et méditée pendant longtemps. Suivant l’exemple de Mgr Lefebvre, vous, Mgr Williamson et les prêtres de la Résistance ne voulez pas collaborer à la destruction de l’Église. C’est pour conserver la foi intacte que lui comme vous êtes persécutés, condamnés et souvent calomniés. Votre sacre épiscopal vous apportera une prétendue excommunication. Quelles ont été les principales raisons de ce sacre ?

La raison principale consiste en ce que nous ne pouvons pas laisser la Résistance sans évêques. Comme l’a dit Mgr Lefebvre, les évêques catholiques sont indispensables pour la conservation de la vraie doctrine de la foi et des sacrements.

 

Mgr Lefebvre pensait à vous pour être consacré évêque, et maintenant Mgr Williamson est en mesure de remplir ce désir. Quelle sera votre principale préoccupation ?

M’efforcer de maintenir l’œuvre de Mgr Lefebvre dans le chemin qu’il a tracé, sans dévier à droite ni à gauche.

 

Quel sera votre lieu de résidence ?

La France, où nous avons prévu d’ouvrir un séminaire près des dominicains d’Avrillé.

 

Voulez-vous dire quelques mots aux prêtres et aux fidèles qui sont encore sous la structure de la Fraternité, mais qui sont inquiets de la dérive libérale de la Fraternité de ces dernières années ?

Qu’ils relisent et méditent les textes de son fondateur.

 

Voulez-vous nous expliquer l’essentiel de votre blason épiscopal ?

Dans le centre c’est l’Agneau de l’Apocalypse, l’Alpha et l’Oméga, l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, annoncé par Isaïe. Les Cœurs rappellent la Vendée, martyre de la Révolution, et la fleur de lys est l’emblème de la France catholique. La devise Ipsa conteret (elle t’écrasera) est tirée de la Vulgate (Genèse 3, 15), où Dieu promet la victoire de la Vierge Marie sur le dragon.

 

Y a-t-il autre chose que vous voudriez ajouter ?

Conservons la foi, l’espérance et la charité. Il ne faut pas douter et il faut demander cela à Dieu et à Notre-Dame, qu’ils nous maintiennent dans ces vertus.

 

M. l’Abbé, nous remercions profondément Dieu, sa très sainte Mère et saint Joseph Protecteur de l’Église, pour une si grande grâce. Nous prions que le Bon Dieu vous conserve et vous garde. Nous vous remercions d’avoir accepté une charge si lourde et nous remercions aussi Mgr Williamson de vous consacrer comme successeur des Apôtres. Deo gratias !

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Le commandant du Titanic va nous couler !

Par M. l'abbé Faure

 

Ce texte est la transcription d’un enregistrement de monsieur l’abbé Faure effectué le 5 septembre 2013.
Dix-huit mois plus tard, il garde toute sa pertinence, et permet de mieux connaître notre nouvel évêque.

 

Plusieurs personnes m’ont demandé quelle est ma position au sujet de la Fraternité Saint-Pie X.

Certains prêtres de la Fraternité se trouvent actuellement en liberté surveillée ou provisoire. L’un d’eux, l’abbé Pinaud, se trouve confiné à la forteresse de Jaidhof et attend le jugement illégal d’un tribunal ecclésiastique illégal.

Lorsqu’une affaire passe devant un tribunal, il est d’usage de retracer la vie de l’inculpé. Nous passerons tous au tribunal de l’histoire et même au tribunal de Dieu, même nos supérieurs.

Pour expliquer quelle est ma position, je retracerai brièvement ce qu’a été ma vie dans le cadre de l’histoire de ces dernières décennies.

A propos de tribunal, le commandant Hélie de Saint-Marc (Hélie avec un « H »), héros des deux guerres d’Indochine et d’Algérie, grand-Croix de la Légion d’Honneur et treize citations, est décédé il y a quelques jours, le 26 août 2013. Il était entré en 1961, avec les 7 commandants du Régiment Etranger de Parachutistes, dans Alger. Comment s’était-il risqué dans une telle affaire, aussi risquée qu’elle paraît incroyable aujourd’hui, dans une affaire si contraire à l’obéissance et à la discipline ? Il l’explique au tribunal militaire en ces termes : « M. le Président, on peut demander beaucoup à un soldat, en particulier de mourir, c’est son métier ; on ne peut lui demander de tricher, de se dédire, de se contredire, de mentir, de se renier, de se parjurer. » Et aujourd’hui on pourrait ajouter : dans le cas d’un prêtre de Mgr Lefebvre, on ne peut lui demander de trahir, de se rallier à l’ennemi de la foi au nom d’un prétendu sens de l’Eglise pour éviter un prétendu schisme ou sédévacantisme qui n’existe que dans la tête de Mgr Fellay et dans sa lettre réponse aux trois évêques, et qui n’est au fond qu’un prétexte, qu’un alibi.

Mgr Lefebvre disait que sa vie avait été marquée par 3 guerres mondiales, 14-18, 39-45, 1962-1965, c’est-à-dire le concile Vatican II, qui fut à son avis pire que les deux premières guerres quant à ses conséquences pour l’Eglise et la société. Mgr Lefebvre disait que le concile Vatican II était la plus grande catastrophe de l’histoire de l’Eglise.

A ma petite échelle, je peux dire que ma vie a été marquée par trois immenses trahisons, dont la troisième, grâce à Dieu, n’a pas totalement abouti, mais dont les conséquences sont d’ores et déjà catastrophiques pour l’avenir de l’œuvre de Mgr Lefebvre. La Fraternité Saint-Pie X était le dernier bastion dans la lutte contre le modernisme et le libéralisme dans l’Eglise.

Je suis donc né en Algérie, à Alger en 1941, en pleine guerre mondiale. A cette deuxième guerre mondiale ont participé mon père et mes cinq oncles du début à la fin. L’un d’eux, en France, après la bataille du Nord de mai 1940, s’est évadé deux fois, il a pu rejoindre l’Algérie. En 1942, après le débarquement américain en Algérie, ils ont pu continuer le combat : Tunisie, Italie, France, Allemagne. Quelques années plus tard l’un d’eux a été tué en Indochine, puis un autre en Algérie. Mes premiers souvenirs datent de ces époques. J’ai été éduqué à 40 kilomètres de la ville de Saint-Augustin, dans l’Est algérien, dans une école catholique dont le directeur était le père Barbara, futur directeur d’une revue de la résistance catholique Forts dans la foi. Mon professeur de grec, le père Malcher, restera lui aussi fidèle à la résistance au Concile dans les Pyrénées, à Pau, après l’indépendance de l’Algérie. J’ai poursuivi mes études à Paris, à Sainte-Croix de Neuilly, puis à Alger en 1960, l’année des Barricades. Première trahison.

Petit rappel historique : en 1958, pour accéder au pouvoir, à la suite d’une insurrection algéroise, suivie d’un putsch militaire organisé par les amis du Général de Gaulle, celui-ci a pris des engagements formels, après le 13 mai 1958, devant l’armée et des centaines de milliers de Français musulmans et d’Européens, d’obtenir en Algérie la solution la plus conforme aux intérêts de la France et des populations concernées. Or, le général de Gaulle, en quatre ans à peine, par un retournement complet de la situation, a su imposer la pire des solutions au problème algérien, aux conséquences catastrophiques pour l’Algérie et pour la France qui est en train de devenir de plus en plus algérienne. C’est dans ce retournement complet que je trouve une similitude avec ce qui se passe depuis dix ans dans la Fraternité. Ce retournement complet a été obtenu avec une habileté consommée par un tour de force sans précédent : malgré tous les serments, toutes les promesses, toutes les garanties, par une série d’ambiguïtés, de formules ambiguës, savamment graduées et échelonnées, qui constituent une tromperie machiavélique sans précédent, le général parvint à opposer, malgré une forte résistance, au moyen d’une répression sans faille, au moyen de très nombreuses mutations dans l’armée et chez les fonctionnaires, la pire des solutions, et il envoya ainsi à la mort et à la torture des milliers d’européens et des dizaines de milliers de harkis fidèles à la civilisation française. Dans ce drame, l’arme privilégiée du diable pour tromper les hommes a été comme toujours l’ambiguïté : les formules ambiguës, les paroles à double sens. On comprend pourquoi le Dieu de vérité a dit dans la Bible : « Je hais la langue double », la parole à double sens : Os bilingue detestor.

Un retournement complet de la situation, n’est-ce pas ce à quoi nous assistons aujourd’hui dans la conduite de la Fraternité Saint-Pie X ? Au contraire – en sens contraire – Mgr Lefebvre nous a aidés à nous séparer, à garder nos distances, il nous a mis en garde contre l’Eglise conciliaire qui n’est plus catholique, disait-il, et contre la Rome libérale et moderniste qui a perdu la foi, disait-il aussi.

Mgr Fellay, lui, dit qu’il n’y a pas d’Eglise conciliaire, qu’il n’y a qu’une seule Eglise visible, qu’une seule Rome et qu’il peut faire un accord avec elle, en faisant confiance à ses promesses et aux garanties qu’elle nous offrirait pour rester tels que nous sommes.

Dernièrement les Franciscains de l’Immaculée faisaient confiance à la garantie du Motu proprio du pape Benoît XVI, autorisant soi-disant la vraie messe. Le successeur de Benoît XVI déchire allègrement le Motu proprio de son prédécesseur en interdisant la messe à ces Franciscains à moins d’une problématique autorisation d’on ne sait trop qui. Voilà donc ce que valent, malheureusement, aujourd’hui, les garanties du successeur de Pierre. Et si Benoît XVI avait accepté la Déclaration doctrinale de Mgr Fellay du 15 avril 2012, qu’est-ce que vaudraient aujourd’hui les garanties de Benoît XVI ? Comment pourrions-nous rester tels que nous sommes ? Mgr Lefebvre nous disait au contraire : comment voulez-vous que l’on ait confiance en des gens comme cela ? Qui justifient la négation de Quanta cura, de Pascendi, du Syllabus, etc. Mais Mgr Fellay nous raconte qu’aujourd’hui la situation n’est plus la même qu’en 88, qu’elle a changé. Qui pourrait le croire ? Comme le disait un garde suisse au Vatican à Mgr Lefebvre : « Mais Monseigneur, vous attendez encore quelque chose de ces gens-là ? » C’est dans la biographie de Mgr Lefebvre par Mgr Tissier, à la page 506. Comme quoi il y a encore des Suisses qui ont le sens de la réalité… Je continue ma petite histoire.

Retour dans l’histoire : 1926, autre trahison. En 1962 je prends le chemin de l’exil, du Mexique. J’y découvrirai l’histoire occultée d’une grande trahison. Le gouvernement mexicain franc-maçon attaque l’Eglise et provoque une guerre de Vendée, une insurrection catholique qui se terminera par le meurtre du président de la République Obregon et aussi par un accord avec Rome, qui contient la clause suivante : sous peine d’excommunication les Cristeros doivent rendre leurs armes à la république maçonnique. Malgré les garanties et les promesses leurs chefs sont ensuite assassinés les uns après les autres et bon nombre de leurs hommes. C’est encore une preuve que le successeur de Pierre, Pie XI en l’occurrence, peut commettre de très graves erreurs. 1926, c’est aussi l’année de cette tragédie catholique qui vit la condamnation de l’Action Française, le triomphe de la gauche dans les épiscopats grâce aux aumôniers d’Action catholique qui vont commencer de devenir évêques, et commencer à préparer leur Concile, comme le disait le cardinal Marty de Paris. Année qui marque aussi le retournement à gauche de Jacques Maritain, l’un des pères intellectuels du concile Vatican II.

Deuxième trahison : 1962, c’est donc l’indépendance de l’Algérie, mais c’est aussi le début d’une nouvelle trahison, cette fois-ci de l’Eglise et de la foi, avec le concile Vatican II, qui commence par un coup d’Etat, comme la Révolution de 1789, dont le Concile introduira les idées dans l’Eglise, comme l’ont reconnu plusieurs prélats : Congar, Suenens, et en particulier le cardinal Ratzinger qui parle de deux siècles de culture libérale que l’Eglise devait faire sienne à l’occasion du concile Vatican II. Tout le monde connaît l’histoire, ou devrait la connaître. Pour cela il faut relire les ouvrages de Mgr Lefebvre. Au Concile, comme toujours, l’arme préférée du diable lorsqu’il s’agit de tromper les hommes, c’est l’ambiguïté : les formules ambiguës, les phrases à double sens. Notre-Seigneur nous avait dit : « Ce qui est, est ; ce qui n’est pas, n’est pas. Tout le reste vient du diable. » Or il faudrait compter dans le Concile le nombre d’expressions de ce genre : néanmoins, cependant, mais, toutefois, et aussi, et dans certains cas, etc. Il faudra conserver le latin dans la messe, toutefois dans certains cas il faudra le traduire, on connaît la suite. C’est ça, les bombes à retardement du concile Vatican II, les ambiguïtés voulues, calculées, pour leurs utilisations futures. Ils l’ont dit eux-mêmes, d’ailleurs !

Je continue ma petite histoire. 1969 : après une retraite en Argentine je vais voir l’archevêque de Paraná, à qui je fais part de ma volonté de continuer dans la Tradition de l’Eglise. « Allez donc chez Mgr Lefebvre », me dit-il. C’est la première fois que j’entends parler de Mgr Lefebvre. C’est donc bien l’Eglise qui m’envoie chez Mgr Lefebvre pour garder la Tradition de l’Eglise. Et c’est Mgr Lefebvre qui prêche la retraite de la Semaine Sainte à Ecône. J’y assiste et je rentre au séminaire au mois d’octobre 72. Le 29 juin précédent j’étais à Rome, et j’ai entendu, le jour de la fête de Saint-Pierre et Saint-Paul, j’ai entendu de mes oreilles le pape Paul VI dire : « Après le Concile, la fumée de Satan est entrée dans l’Eglise. » Après, ou à cause du Concile ?

Je vais donc vivre à Ecône les années décisives du combat de la foi de Mgr Lefebvre. Il me fera l’honneur bien immérité de m’accorder sa confiance au point de me laisser libre accès à sa correspondance. Au cours de mes années de séminaire, je constate le sens du combat de Mgr Lefebvre. Il suit la Providence, certes, mais il regarde parfois en arrière, pour voir si ses fidèles combattent, si ses fidèles combattants le suivent, à mesure que le combat gagne en intensité et que les batailles se succèdent. Pour rassurer ses troupes, il leur explique que naturellement nous sommes bien dans l’Eglise, que nous reconnaissons le pape, etc. Il va même jusqu’à signer un accord auquel il renonce tout de suite, donc il ne faut pas s’en prévaloir pour aujourd’hui faire le contraire de ce que lui-même nous a dit de faire, c’est-à-dire attendre avant un accord que Rome revienne à la Tradition. La solution arrivera à l’heure que Dieu décidera. Tant que Rome est occupée, un accord signifierait évidemment un suicide.

Donc Mgr Lefebvre nous tient au courant de ses entrevues à Rome, nous donne ses raisons d’aller toujours plus avant. Il dénonce avec force toutes les erreurs, surtout celles du pape. Et Mgr Lefebvre passe les trois dernières années de sa vie à nous mettre en garde contre les dangers et les pièges que l’autorité moderniste ne manquera pas de nous tendre en nous faisant miroiter les avantages d’un accord avec les modernistes de Rome, particulièrement dans sa dernière conférence aux séminaristes à Ecône. Miroir aux alouettes auquel tant de nos frères d’armes ont succombé et se sont vus ainsi condamnés au silence et à l’abdication du combat de la foi. Comme le dit l’Ecriture : « Ceux qui devaient aboyer contre le loup pour sauver le troupeau, pour sauver les âmes, sont devenus des chiens muets. » Troisième trahison. Et c’est vers ce chemin que le supérieur de la Fraternité, Mgr Fellay, nous oriente depuis des années dans l’espoir d’arriver à un accord avec Rome. Pour préparer les esprits à cette volte-face, à cette capitulation, tous les moyens sont bons.

En premier lieu l’expulsion scandaleuse et injuste de Mgr Williamson. Si Mgr Williamson n’était pas d’accord avec Mgr Fellay, c’est que Mgr Fellay faisait fausse route. Et que Mgr Williamson indiquait ce qui était en accord avec la pensée de Mgr Lefebvre, la bonne route.

Ensuite la réponse aberrante de Mgr Fellay à la lettre que lui avaient adressée les trois évêques.

Ensuite l’expulsion de nombreux prêtres fidèles de leur Fraternité ou de ses œuvres. On a même expulsé des enfants des écoles de la Fraternité, aux Etats-Unis en particulier.

Le chantage aux mutations-sanctions aux prêtres récalcitrants à un accord. Par exemple celle récente de M. l’abbé Beauvais de Saint-Nicolas-du-Chardonnet à Paris !

Le chantage à l’excommunication ou à la privation des sacrements pour ceux qui veulent s’informer de la situation réelle de la Fraternité sur internet, ce qui constituerait, ont dit certains prêtres, un péché mortel. Soi-disant. Ou pour ceux qui refuseraient de fermer leur site internet, par exemple en Angleterre, au Mexique, en Italie, etc. Ces différents chantages expliquent la crainte de ceux qui n’acceptent pas le suicide et se voient obligés de garder leur anonymat pour ne pas perdre leur participation aux biens qui appartiennent, non pas à Mgr Fellay, mais à Notre-Seigneur Jésus-Christ et à l’Eglise. Biens qui d’ailleurs ont été offerts à la Fraternité au prix de gros sacrifices. Par exemple ces personnes qui, au prix de leurs deniers, ont construit églises, chapelles, écoles pour le bon combat de la foi et qui s’en voient, d’une façon ou d’une autre, écartées.

Chantage à l’expulsion dont la menace consiste, par exemple pour Mgr Williamson et pour les prêtres récalcitrants, à se retrouver à la rue, privés de moyens de subsistance, retraites, sécurité sociale, etc.

Chantage de se voir excommunié de fait : interdiction par exemple d’assister à une profession de vœux d’un enfant de nos amis, que nous avons vu naître. Chantage au refus de l’ordination sacerdotale, comme ce fut le cas des Dominicains, Capucins et Bénédictins en 2012.

Nominations aussi, cela est un point essentiel, aux postes-clefs de la Fraternité : directeurs de séminaires, professeurs, supérieurs de district, qui seront inconditionnels du supérieur, comme on l’a déjà constaté. Ce seront en outre les membres du chapitre. Tout cela et bien d’autres choses, bien d’autres décisions ont provoqué le désarroi, le trouble, la crainte chez beaucoup. Personne n’est tenté par l’archipel du Goulag ou l’hôpital psychiatrique.

On commence par la médisance, par traiter les gens d’imprudents, de subversifs, de révolutionnaires, de désobéissants ; en somme on nous refait le coup de l’obéissance d’il y a quarante ans : obéissez, sinon vous êtes des schismatiques, des sédévacantistes qui divisent la Fraternité. On disait de la même façon que Mgr Lefebvre divisait l’Eglise. Et beaucoup plus grave, la conséquence de cette politique obstinée étalée sur plus de dix ans : mutations, nominations de collaborateurs au profil adéquat, etc., c’est que beaucoup de séminaristes, prêtres et fidèles ont perdu leurs convictions et sont mûrs pour l’accord suicide de type Fraternité Saint-Pierre, Campos, etc. Aujourd’hui dans nos écoles un élève qui ne pense pas qu’un accord serait la solution miracle à toutes nos difficultés, eh bien c’est une exception. L’exemple tragique au cours de ces trente dernières années de treize groupes, parfois très importants, monastères, couvents, diocèse comme celui de Campos, Fraternité Saint-Pierre, etc. réduits au silence, transformés parfois en complices, défenseurs de la liberté religieuse et du Concile, comme le monastère du Barroux. Et on entend même maintenant Mgr Fellay nous dire que la liberté religieuse du Concile est très, très limitée, comme d’autres erreurs que nous avons attribuées soi-disant à tort au concile Vatican II, mais qui, comme le disait le pape Benoît XVI, ne sont en réalité qu’une mauvaise herméneutique, interprétation du Concile. Notre-Seigneur l’a dit : « Un bon arbre ne peut produire de mauvais fruits », de mauvais résultats. Si l’arbre est mauvais, eh bien on le coupe et on le jette au feu. C’est Notre-Seigneur qui le dit.

Tout ce qui précède montre à l’évidence que le combat de la foi hérité de Mgr Lefebvre a été détourné et trahi. Il aurait été en voie de disparition si l’accord espéré, objet de tant d’efforts et de tant de pertinacité, avait abouti en juin 2012 selon les espérances de Mgr Fellay. Mais n’oublions pas, Mgr Pozzo est de retour à Rome ! Ce n’est pas pour rien qu’il a été rappelé à Rome. Et il doit toujours travailler à fabriquer un hameçon susceptible d’intéresser Mgr Fellay. On nous dit : mais enfin, l’accord n’a pas été signé ! C’est entendu : le Titanic est passé à côté de l’iceberg, mais pas loin ; pourvu que ça dure ! Mais le commandant du Titanic n’a pas changé de route, lui, de feuille de route, ni de ligne de crête, et donc le prochain iceberg nous fera couler corps et biens. Le coup n’est pas passé loin en ce fatidique mois de juin 2012. D’ailleurs le chapitre qui a suivi devait entériner l’accord et fixer la mise au point, les derniers détails de la normalisation, c’est-à-dire de la prélature personnelle Saint-Pie X – la voilà même déjà baptisée ! Ouf ! on a évité la mort de justesse, mais le capitaine est toujours là et son programme aussi, comme le prouvent la dernière déclaration de Mgr Fellay et des deux autres évêques du 27 juin 2013 et la mutation de l’abbé Beauvais, comme nous le disions : il doit quitter Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Sans parler des dernières nominations des directeurs de séminaires en Allemagne et en Argentine.

Nous dirons un mot maintenant du chapitre auquel nous avons assisté l’année dernière. Bien sûr, il y a la question du secret. Des conjurés qui complotent jurent de garder le secret. Bien ! Mais évidemment le secret a ses limites.

Quand on réalise qu’on a été manipulé, que votre supérieur a voulu vous faire endosser la responsabilité des décisions, des positions que vous n’avez jamais acceptées, jamais votées, par exemple celle de lui donner carte blanche pour une éventuelle expulsion de Mgr Williamson, vous êtes alors libre de dire la vérité. D’ailleurs on lit dans le dernier bulletin officiel du district de France que le supérieur général a autorisé en avril 2013 le secrétaire général à reproduire une lettre de Mgr Tissier de Mallerais du 29 mars 2013 adressée au supérieur général. Le secrétaire déclare : « Cette lettre a été écrite pour défendre l’honneur du Supérieur général et celui des capitulants. » Mais en réalité cette lettre nuit à l’honneur de Mgr Williamson, comme elle le signale explicitement elle-même dans sa conclusion. Il est dit dans cette lettre que Mgr Williamson a attendu un an, ce qui ne correspond pas à la réalité, pour critiquer le résumé de la Déclaration doctrinale de Mgr Fellay.

En réalité, il s’agit des alinéas 4 et 5 de la Déclaration doctrinale de Mgr Fellay du 15 avril 2012, rendus publics par l’abbé Pfluger en mai 2012 dans le sud de la France. Il est dit dans la lettre : « Le chapitre général a étudié ce texte [de la déclaration], les capitulaires ont eu toute liberté pour en dénoncer les faiblesses [ce que je n’ai pas manqué de faire pour ma part], et il a été conclu tacitement qu’il n’y avait pas lieu d’insister sur ce sujet, qu’il était évident que le Supérieur général regrettait. » Quant au terme « tacitement », on pourrait ajouter toutefois qu’un des capitulaires, l’abbé Pagliarani, directeur du séminaire de la Reja en Argentine, a pris la parole pour dire que le chapitre n’allait tout de même pas donner une gifle au supérieur général en lui demandant de reconnaître son erreur, mais que cela résulterait de la déclaration finale du chapitre.

Pour en revenir à Mgr Williamson, la vérité est que chaque capitulaire a trouvé à sa place au petit déjeuner, juste avant l’ouverture du chapitre, une lettre recommandée de Mgr Williamson qui lui était personnellement adressée, dans laquelle se trouvait une critique de ces aliénas 4 et 5 de la Déclaration doctrinale du 15 avril 2012 rendus publics environ un mois auparavant par l’abbé Pfluger. Mgr Tissier ne l’aura donc pas reçue ou pas ouverte, mais la vérité est que Mgr Williamson n’a pas attendu un an pour critiquer la Déclaration doctrinale de Mgr Fellay. D’une façon générale, je peux dire qu’au chapitre j’ai vu dans quelle situation ont dû se trouver Mgr Lefebvre et ses amis traditionalistes, et la conclusion s’impose : la majorité du Concile a été manipulée par la minorité libérale forte de l’autorité des papes Jean XXIII et Paul VI.

De même au chapitre, le seul qui avait une autorité suffisante pour donner une bonne orientation au débat était Mgr Williamson, et c’est la raison pour laquelle les supérieurs l’ont exclu. Maintenant du moins il est libre de dire ce qu’il pense et il ne s’en prive pas. Juste avant le chapitre, la question était la légalité ou l’illégalité de la décision de l’expulsion de Mgr Williamson, que celui-ci venait d’ailleurs de nous mettre sous les yeux par sa lettre recommandée. Que dit le Droit canon ? Eh bien, le Droit canon dit qu’un évêque est jugé par le pape et non pas par Mgr Fellay ; et c’est nous qu’on accusera après d’être sédévacantistes… On a donc voté pour ou contre l’expulsion de Mgr Williamson. Deux heures après le résultat du vote on trouvait sur internet : neuf capitulaires sont contre l’expulsion. Plusieurs la jugent illégale et donc susceptible d’entraîner la nullité du chapitre.

L’une des hontes de la majorité des membres de ce chapitre sera d’avoir accepté l’expulsion de Mgr Williamson et d’avoir donné carte blanche à Mgr Fellay pour l’expulser de la Fraternité. C’était le seul qui avait la carrure suffisante pour sauver le chapitre et la Fraternité du suicide programmé ; un autre l’a fait, d’une certaine façon, pour une raison mystérieuse : le pape Benoît XVI. Dans sa « bienveillance » envers la Fraternité, il a renouvelé une énième fois son exigence de voir Mgr Fellay accepter inconditionnellement le Concile, la nouvelle messe et le magistère conciliaire qui contredisent le magistère de l’Eglise catholique.

Comment en est-on arrivé à une situation tellement confuse ? Qu’aurait-on du faire pour l’éviter ?

Une fois de plus c’est Mgr Williamson qu’il faut citer : « Après avoir lu ou relu l’ouvrage d’Emmanuel Barbier, Mgr Lefebvre aurait dit : si j’avais lu cet ouvrage avant de fonder Ecône, j’aurais donné à mon séminaire une autre orientation. » C’est-à-dire une orientation davantage contre-révolutionnaire. Eh bien, c’est le même conseil que donnait au pape Jean XXIII et au Concile Mgr de Proença Sigaud en 1959, alors qu’il répondait à l’invitation du Pape de faire part de ses souhaits sur ce que devrait décider le concile Vatican II. Nous citerons simplement quelques mots de son exposé : « Je vois néanmoins d’autres choses dans l’Eglise qui me produisent une grande angoisse, elles sont si graves que je les estime dignes d’être considérées par la Commission Pontificale anté-préparatoire et postérieurement par le Concile lui-même. Je vois que les principes, que l’esprit de ce qui s’appelle Révolution pénètrent dans le clergé et dans le peuple chrétien comme autrefois les principes, la doctrine, l’esprit et l’amour du paganisme au moment de la Renaissance et qui ont préparé la société à la Réforme protestante. Nombreux dans le clergé sont ceux qui ne voient pas les erreurs de la Révolution, ils ne s’opposent pas à elle. A d’autres prêtres, la Révolution plaît comme un idéal et ils la propagent, ils collaborent avec elle ; ils poursuivent les adversaires de la Révolution, ils les calomnient, ils mettent des obstacles à leur apostolat. Beaucoup de pasteurs se taisent, d’autres adhèrent aux erreurs, à l’esprit de la Révolution. »

Et donc l’ennemi de l’Eglise, pour Mgr Sigaud, c’est évidemment la Révolution, la franc-maçonnerie, le protestantisme, etc., et même, oui, le judaïsme international. Et on voit bien dans ce document que c’est la formule de la Cité Catholique qui a inspiré cet évêque. Ce mouvement qui a produit tant d’excellents fruits dans les années cinquante et d’où est sorti, d’ailleurs, l’essentiel de la résistance catholique au Concile. Donc c’est certainement là qu’il faudrait faire un effort. J’avais eu l’occasion de le dire, il y a bien des années déjà lors de réunions, mais évidemment on n’en a pas tenu compte. Bien sûr Mgr Lefebvre avait pensé à la formation contre-révolutionnaire et il pensait que les actes du Magistère, c’est-à-dire les encycliques qui ont suivi la Révolution, étaient suffisants pour nous armer dans le combat anti-libéral, mais malheureusement on est obligé de constater que ce n’est pas le cas. Et donc il faudrait ajouter à ces actes du Magistère une formation plus systématique en se basant sur les livres de la Cité Catholique, en particulier les premières éditions du livre de Jean Ousset Pour qu’Il règne ! Et c’est ainsi qu’un jour l’Eglise reconstruira le règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Que Notre-Dame gardienne de la foi nous protège et nous donne le courage nécessaire pour affronter ces difficultés sans cesse croissantes.

M. l'abbé Jean Michel Faure

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Pourquoi un sacre en 2015 ?

Ces explications du père Thomas d’Aquin, supérieur du monastère de Santa Cruz,
sur le sacre du 19 mars 2015 ont été lues et approuvées par Mgr Williamson.

 

Pourquoi un sacre en 2015 ?

Parce que la situation reste essentiellement la même qu’en 1988. La Rome moderniste qui s’est manifestée au Concile reste en place et devient de plus en plus moderniste et libérale. La perversion profonde de l’esprit ne fait que s’accentuer.

 

Mais pourquoi ne pas attendre que la Fraternité Saint-Pie X nous donne des évêques ?

Parce que les autorités de la Fraternité ont pris une nouvelle orientation dans les rapports avec Rome.

 

Voulez-vous dire par là que la Fraternité a abandonné la vraie foi ou le combat de la foi ?

Je veux dire que la direction de la Fraternité a pris progressivement au cours des dernières années, et surtout depuis 2011 et 2012, une nouvelle orientation dans ses rapports avec Rome.

 

Mais la question est de savoir si oui ou non la Fraternité a abandonné le combat de la foi. Qu’en dites-vous ?

Le propre des libéraux est l’incohérence. Or la direction actuelle de la Fraternité a rendu le combat de la Fraternité incohérent. La partie saine de la Fraternité essaye de mener ce combat comme par le passé, mais l’aile dominante, son Supérieur Général en tête avec l’abbé Pfluger, persécute ceux qui veulent continuer ce combat comme avant.

 

Avez-vous des preuves de cela ?

Elles ne sont que trop abondantes. Le refus d’ordonner les candidats dominicains et capucins à la date prévue en 2012 en est une. Les bénédictins de Bellaigue aussi ont été menacés.

Mais beaucoup plus grave et significatif : la scandaleuse expulsion de Mgr Williamson précédée de l’ordre de cesser les Commentaires Eleison. En fait Menzingen ne supporte pas qu’on s’oppose à sa nouvelle orientation. Menzingen ne veut pas qu’on continue publiquement le combat de la foi comme avant, à la suite de Mgr Lefebvre et Mgr de Castro Mayer.

Les prêtres des districts sont surveillés de près et leurs articles ne peuvent pas sortir sans des permissions assez strictes.

 

Mais quel mal y a-t-il en cela ? Toute institution doit surveiller ce qui est dit en son nom !

Pas comme cela. On doit punir ceux qui écrivent contre la foi catholique, mais pas installer un régime comme celui que Mgr Fellay a mis en place.

En outre, ceux de tendance libérale ont de larges permissions pour écrire, tandis que le livre de l’abbé Pivert est retiré de la vente. Le Sel de la terre est mal vu et retiré des stands de presse. Les prêtres les plus fidèles sont désavoués, ou même punis, voire expulsés.

Malheureusement les exemples ne manquent pas. La liste est déjà assez longue, alors que le GREC a pu travailler en toute tranquillité et que l’abbé Pfluger fait ses interviews scandaleuses sans être inquiété.

 

Mais on trouve de bons articles dans Le Chardonnet par exemple. N’est-il pas faux de dire que les anti-libéraux sont persécutés dans la Fraternité ?

Oui, il y a encore de bons articles dans Le Chardonnet, et pas seulement dans Le Chardonnet. Malheureusement, cela est loin d’empêcher la tendance accordiste de Menzingen d’avancer.

 

Voulez-vous dire au fond que Menzingen est en train de trahir le combat de la foi ?

Oui, Menzingen est en train de trahir le combat de la foi. C’est pourquoi un sacre est devenu nécessaire pour assurer la continuité de l’œuvre de Mgr Lefebvre, surtout que Mgr Fellay refuse maintenant d’ordonner des candidats opposés à sa politique, comme c’est le cas pour plusieurs communautés religieuses d’hommes, à qui il refuse aussi les Saintes Huiles (nécessaires pour baptiser les enfants et extrémiser les mourants). « On continue », tout simplement, comme Mgr Lefebvre avait coutume de dire. Et nous sommes persuadés que les bons catholiques nous donnent raison au fond de leur cœur.

Si nous semblons être trop durs envers Menzingen, prenez le temps de repasser la longue série des faits qui ont jalonné l’histoire de la Tradition ces dernières années, et vous verrez que les deux évêques les plus combatifs de la Tradition ont été, l’un expulsé de la Fraternité, l’autre mis au silence, en partie au moins. A cela s’ajoutent les procès iniques des abbés Pinaud et Salenave, et encore tant et tant de faits.

 

Que dites-vous de l’élu ?

Qu’il avait été choisi par Mgr Lefebvre en 1988. Il avait alors proposé un autre nom. C’est tout à son honneur. Aujourd’hui il accepte ce lourd fardeau. Nous lui sommes profondément reconnaissants.

 

Pour conclure, disons aussi et surtout notre gratitude envers Mgr Williamson qui a su protéger et transmettre l’héritage reçu des mains de Mgr Lefebvre et de Mgr de Castro Mayer, qui n’est autre que le dépôt de la foi confié par Notre-Seigneur aux Apôtres.

Un dernier appel : lisez les œuvres de Mgr Lefebvre ; tout y est. Lisez aussi les Commentaires Eleison pour comprendre la gravité du mal actuel.

Corçâo disait : « Il n’y a que les saints qui croient au mal. » Parole profonde qui est un avertissement. Que Notre-Dame nous aide à voir le mal où il est pour travailler avec elle, elle qui a toujours écrasé la tête du serpent infernal : Ipsa conteret. C’est la devise de celui qui, si Dieu le veut, sera demain Mgr Jean-Michel Faure. Que Notre Dame le bénisse et nous le garde ad multos annos.

  

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Catholiques de la Tradition, sortons du tombeau !

Par Maunoir 

 

Le sacre du 19 mars dernier n'a laissé personne dans l'indifférence. Nous avons eu droit à beaucoup de réactions passionnées, frisant l'hystérie. Dieu merci, à côté de tout cela, il y eut aussi des analyses posées et argumentées .  Toutes ces réactions de bon sens ( de Sean Johnson, d'Amicus, du RP Thomas d'Aquin et de bien d'autres catholiques dans le monde )  vont inéluctablement poser un cas de conscience à ce qu'on nommait jusqu'ici la "résistance" interne. 


En effet, si ces derniers suivent la "pensée " de Menzingen et affirment ( mollement certes )  comme la maison générale que ce sacre n'était pas nécessaire actuellement, ils se trouvent alors obligés de le critiquer ou de le désavouer devant les fidèles qui leur posent  des questions à ce sujet ; mais alors, le piège du ralliement se referme inéluctablement sur eux car comment et quand pourront-ils proclamer la nécessité d'un sacre puisque Mgr Fellay s'arrange très bien depuis plus de 20 ans pour avancer dans ses rapports avec Rome sans signature mais par paliers   ( jubilé de l'an 2000, Motu Proprio, levée des excommunications, chapitre de 2012, contacts in membris et in capite, procès, centralisation de la FSSPX ) de façon plus ou moins consensuelle  et indolore. Sans compter que la maison générale  sait éliminer et isoler peu à peu ceux qui résistent en interne ( surtout dans le district de France)...  Menzingen apporte la dernière touche à sa politique . 


En se positionnant de façon très rapide contre le sacre de Mgr Faure ( la cérémonie venait juste de s'achever : les cierges de l'autel fumaient encore !), Menzingen y trouvait de nombreux avantages : satisfaire leurs nouveaux maîtres ( la Rome conciliaire), continuer à faire passer Mgr Williamson pour un imprudent et un jusqu'au-boutiste aux yeux des fidèles de la Tradition  et surtout obliger les prêtres les moins favorables au ralliement à se ranger derrière eux . 


Il n'est pas difficile d'imaginer les nouvelles réunions du district de France : comment vont réagir les prieurs de Caen, Lanvallay, Nantes et autres prieurs dubitatifs face à la politique de Menzingen,  devant la colère réelle ou simulée de leurs supérieurs vis-à-vis du sacre de Mgr Faure ? Auront-ils l'audace de dire que cet acte est bon en soi et qu'on ne saurait blâmer Mgr Williamson d'avoir reproduit ce que Mgr Lefebvre avait fait en 1988 ? Auront-ils enfin ce courage que tous les bons fidèles attendent d'eux ?  Resteront-ils mercenaires  ou deviendront-ils de bons pasteurs qui ne craignent plus de donner leur vie sacerdotale              ( réputation) pour leurs brebis ? 

Il est à craindre que bon nombre suivront, la mort dans l'âme, la voie du silence ... voir de la dénégation ("je ne connais pas cet évêque " ...) 


Dernière remarque en passant ... Le ciel nous donne toujours des signes qu'une âme de Foi saura comprendre pour guider sa prudence ; que s'est-il  vraiment passé en ce 19 mars ? Trois événements, trois signes du ciel. 


Le premier s'est passé à Bruxelles, ville de l'épicentre mondialiste et maçonnique : Mgr Fellay inaugura la réfection coûteuse et  pharaonique des peintures de l'église St Joseph : figure parlante de la façade mondaine que veulent donner les supérieurs de la néo FSSPX à l'ordre mondial. Plaire au monde qui hait Jésus-Christ tout en gardant une façade traditionnelle. 


Le deuxième s'est passé à Aurenque : l'abbé de Cacqueray y prit l'habit capucin. Celui qui fut l'espoir d'une réaction française devant la trahison de Menzingen disparaît alors dans le silence de la vie religieuse. Celui que la Providence avait peut-être choisi pour seconder la réaction épiscopale s'échappe de son rôle.  Ainsi disparaît celui qui fut le symbole de la "résistance" interne. 


Troisième fait : le sacre de Mgr Faure.  Le Ciel met fin à trois années d'angoisses pour le monde catholique. Tout comme ces trois jours au tombeau qui faisaient penser aux apôtres que cette belle aventure avec Notre Seigneur était définitivement achevée, ces trois années éprouvèrent la Foi et l'Espérance de nombreuses âmes dans la Tradition . 


Puissent désormais le plus d'âmes possible sortir du tombeau de la diplomatie et reprendre les armes de lumière ! 

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